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L’effet ambassadeur-papillon par Kamel Daoud

28 juin 2012

Kamel Daoud

L'effet ambassadeur-papillon par Kamel Daoud dans Kamel Daoud tarek-mameri-225-300x197
C’est un cycle serré : Tarek Mameri, Mohammed Smaïn, une journaliste, des militants accusés d’avoir eu l’idée de tentative d’attroupement… etc.

Quelque chose est en marche en Algérie, pendant que quelque chose est en panne à la Présidence. Sauf que ce n’est même pas une dictature normale, certifiée, connue et labélisée. Il n’y a pas de dictateur, sauf un homme assis dans cercle fermé, entouré par un système debout sur le dos d’un peuple assis. C’est ce qui fait que la machine est en marche pendant que le volant est en méditation sur ses fins dernières et l’au-delà. C’est ce que Chawki Amari d’El Watan a appelé « l’abus d’obéissance », versant obscur et larbin de « abus de pouvoir ». La machine qui roule au pétrole brut ne connaît que cela comme exercice : réprimer ou ne rien faire. Donc, elle réprime, par cycles d’éveils et de ralentissements, souvent dans la cécité mais aussi dans l’application. Le Président assis peut jurer que le délit de presse, d’opinion et de gestion n’est plus pénal, cela n’empêche pas la machine animale de mastiquer puis de mâcher et d’avaler. La machine sans yeux croit que c’est ainsi qu’elle peut plaire ou que c’est sa mission : casser et dévorer. La machine ne fait pas de politique mais use de la force. La politique, on la laisse aux figurants : le FLN, Belkhadem et son tampon, Ouyahia et son don de trapéziste entre dictionnaires vertigineux. Donc, pas de pitié : militants condamnés, Alger fermé, Tarik condamné, Youtube inculpé, chômeurs accusés… etc. Quand le système n’a pas de consigne, il revient à sa nature. Vers où va le système ? C’est une machine d’instinct : cela sent la faiblesse de l’autre, le crash du printemps « arabe », le retour du vide et la solitude du militant. Cela pressent un peu le calcul de l’Occident, la sécurité de l’approvisionnement en gaz, le pétrole, le Sahel et le Mali et les besoins des voisins. Donc cela se traduit sur le terrain et sur la peau des militants algériens et leur os. Donc le système va frapper dans le vide et l’inattention internationale, durant cet intermède qui va du discrédit de « la révolution », au mandat de 2014. On le sait : les Rois malades sont propices aux gouvernants méchants et aux seigneurs obscurs. C’est quand les Présidents sont malades que le système s’emballe, lâche ses chiens et ses dents et frappe et met en prison. Dans une sorte de mélange entre la panique et l’excès de licence et de liberté. Quand l’ambassadeur adjoint du Royaume-Uni, en Algérie, M. Bernhard Garside, affirme, en assureur tout risque, que l’Algérie est un pays «stable et crédible», cela se traduit et se comprend aisément par la machine. C’est le fameux effet papillon : un mot gentil pour le régime, au Japon est une tempête sur la tête d’un Tarek Mameri, en Algérie.

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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2 Réponses à “L’effet ambassadeur-papillon par Kamel Daoud”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    3 ans de prison requis contre le blogueur algérien Tarek Mameri
    OUELD BLADI 13 JUIN 2012 0

    C’est aujourd’hui, mercredi 13 Juin que Tareq Mameri, blogueur qui avait appelé au boycott des élections législatives à travers des videos sur Youtube, passait devant le tribunal de Sidi M’hamed, dans la banlieue d’Alger pour 4 chefs d’accusations: destruction de documents administratifs, incitation à attroupement, outrage à corps constitué et destruction des biens d’autrui.

    Or tous ces chefs d’accusation cache la véritable accusation, celle d’avoir appeler ouvertement et publiquement au boycott, à travers des vidéos postées sur Youtube. « J’envoie ce message à tous les enfants de la capitale et de l’Algérie en général : ne cassez pas, ne brûlez pas pour qu’ils ne puissent pas dire qu’on est des voyous. Enlevez juste les panneaux et mettez-les de côté pour qu’ils passent les prendre », disait‑il dans l’une de ses vidéos. Il avait été arrêté puis relâché grâce à la mobilisation de tout le web algérien et des jeunes de son quartier, celui de Belouizdad à Alger. Le verdict sera prononce le 27 Juin prochain.

    Ce n’est pas la première fois que pour une simple vidéo, ou une manifestation, un algérien est arrêté et emprisonné. Prenons le cas de Abdelkader Kherba, membre de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH), qui a été condamné à un an de prison avec sursis pour « incitation à attroupement et usurpation d’identité » lors d’une manifestation de soutient aux huissiers algériens. Ce ne sera surement pas le dernier au vue de la fuite en avant opérée par les autorités, qui n’ont apparemment ni compris le principe de web, à savoir que si vous en emprisonnez un, il y en 10 autres qui arrivent, et rien appris des exemple tunisiens ou égyptiens et de la mobilisation des jeunes.

    Source: TSA

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Mohamed Smaïn risque une arrestation

    Par Le Matin DZ | 02/03/2012 19:18:00 |

    Mohamed Smain est ce défenseur des droits de l’homme qui avait dénoncé les exactions commises à Relizane. Plusieurs organisations des droits de l’homme se mobilisent. Communiqué.

    Mohamed Smaïn montrant des ossements de victimes.
    « L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA), le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) et SOS-Disparus dénoncent la poursuite du harcèlement subi par Mohamed Smaïn, qui n’a jamais cessé de se battre aux côtés des familles de victimes de la guerre civile des années 1990. Ce dernier risque en effet d’être arrêté à tout moment, en exécution d’une décision de la Cour suprême algérienne le condamnant à deux mois de prison ferme pour avoir dénoncé des exactions graves commises par des tortionnaires présumés de Relizane.

    A l’origine de ce procès se trouve une plainte pour « diffamation », « outrage » et « dénonciation de crimes imaginaires » déposée par Mohamed Fergane, ancien maire de Relizane et responsable de la milice dite de légitime défense pour la wilaya de Relizane, ainsi que huit autres ex-membres de cette milice. Cette plainte avait été introduite après que Mohamed Smaïn eut alerté la presse algérienne, le 3 février 2001, de l’exhumation et du déplacement vers un lieu inconnu par les services de gendarmerie et la milice de Fergane d’un charnier qu’il avait découvert. Après dix années de procédure, la Cour suprême d’Alger, par une décision du 27 octobre 2011, a condamné Mohamed Smaïn pour “dénonciation calomnieuse » et « dénonciation de crimes imaginaires” à deux mois de prison ferme, 50 000 dinars algériens d’amende (environ 510 €) et 10 000 dinars algériens (environ 101 €) dedédommagement en faveur de chacun des plaignants.

    En application de l’arrêt rendu par la Cour suprême, le procureur général de la wilaya de Relizane vient d’ordonner aux forces de police de procéder à l’arrestation de Smaïn, et ce alors qu’une demande de surseoir à exécuter la peine de prison, faisant suite à une demande de grâce introduite par Mohamed Smaïn le 15 décembre 2011, est en cours d’examen par le procureur général.

    Le harcèlement judiciaire dont est victime Mohamed Smaïn est symptomatique du climat d’impunité qui prévaut en Algérie. Les activités de Mohamed Smaïn à Oran et Relizane en faveur des familles de disparus et son action pour que la vérité soit faite sur les violations perpétrées en Algérie, particulièrement pendant le conflit civil qui a ravagé le pays dans les années 1990, lui valent d’être la cible des autorités. Pour rappel, suite à une plainte pour actes de torture et de barbarie déposée par la FIDH et de la Ligue française des droits de l’Homme et du citoyen (LDH), soutenues par la section de Relizane de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH), Mohamed Smaïn a été appelé à se constituer partie civile devant la justice française dans le cadre d’une instruction ouverte à Nîmes contre d’anciens miliciens, les frères Mohamed accusés de s’être livrés à de nombreuses exactions contre la population civile et avoir semé la terreur.

    Nos organisations appellent les autorités à mettre fin au harcèlement judiciaire subi par Mohamed Smaïn et considèrent que la décision rendue à son encontre par la justice algérienne et sa mise à exécution ont pour réel motif de sanctionner Mohamed Smaïn pour son rôle dans la lutte contre l’impunité en Algérie.

    Elles demandent aux autorités algériennes de donner une suite positive à la demande de grâce déposée par l’avocat de Mohamed Smaïn et dans l’intervalle d’accueillir favorablement sa demande de surseoir à l’exécution de sa peine.

    Enfin, nos organisations appellent les autorités algériennes à mettre un terme à toute formede harcèlement à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme algériens, afin qu’ilspuissent mener leurs activités de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave, et rappellent aux autorités algériennes leur obligation de se conformer, en toutes circonstances, aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’Homme, ainsi qu’aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme, qui prévoit notamment en son article 6.b que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, d’étudier, discuter, apprécier et évaluer le respect, tant en droit qu’en pratique, de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales, et par ces moyens et autres moyens appropriés d’appeler l’attention du public sur la question ».

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