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Tombouctou, Tombouctou, Tombouctou ! Par : Amine ZAOUI

5 juillet 2012

Amin Zaoui

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Tombouctou, Tombouctou, Tombouctou !  Par : Amine ZAOUI dans Amin Zaoui tombouctou-la-cite-aux-333-saints-photo-afp1-296x300Jeudi, 05 Juillet 2012 09:50

…SOUFFLES…

Ces jours-ci, elle est triste, Tombouctou ! Sous les cris Allah Akbar, les inquisiteurs fanatiques débarquent ! Ils démolissent la mémoire de l’âme. Cassent l’encrier humain ! Nous hommes de lettres, communauté de lecteurs, qui parmi nous, au moins une fois dans sa vie, n’a pas entendu parler de Tombouctou. Qui parmi nous n’a pas lu un petit quelque chose sur Tombouctou, la cité immortelle. Mémorial. Tatouage ! Je parle de notre Tombouctou qui n’a aucun rapport avec une autre “Tombouctou”, celle qui n’est que titre exotique d’un roman sur les chiens, j’aime les chiens, écrit par le célèbre écrivain américain Paul Auster, publié en 1999. Tombouctou, dans la mémoire universelle, est le carrefour des civilisations. Elles débarquaient sur le lieu enfourchant les dos des chameaux ou ceux des chevaux. Elle symbolise le plus grand centre des manuscrits qu’a connu l’histoire de l’humanité. Tous les alcoolivres du monde, des siècles successifs, ont rêvé de franchir les portes magiques de cette ville mystérieuse. Franchir les portes du savoir. Les savoirs ! Tombouctou est une ville ne ressemblant qu’à elle-même, qu’à son miroir ! Unique ! Les pieds dans le sable chaud et prophétique, Tombouctou dormait et se réveillait sur les secrets des trésors impérissables de l’humanité. Les poètes, les fous du verbe, ceux du nord comme ceux du sud, ont toujours célébré cette cité africaine rivale de l’ancienne Athènes méditerranéenne. Tous les grands globe-trotters littéraires nous ont légué, à propos de Tombouctou, des perles témoignages, des gros volumes gorgés de fascination et d’amour. Ibn Batouta comme Al Bekri ou d’Al Makdissi ou de Léon l’Africain (Hassan El Ouazzane) et d’autres, tous sont tombés amoureux de cette cité énigmatique. Tombouctou fut la Kaaba africaine. Il n’y a pas d’Afrique sans Tombouctou. Elle est plus grande que le Mali. Tombouctou n’est pas un château de sable ! Cette cité africaine ancestrale, à l’image de notre Tamentit située aux portes d’Adrar, était l’espace frétillant où se croisaient, dialoguaient, conversaient toutes les cultures, toutes les religions : monothéistes, polythéistes et athéistes. Dans cette ville, Tolède d’Afrique, on parlait le haoussa, le tamasheq, l’arabe, le souahili, le habachi, somali, l’hébreu et d’autres… Aujourd’hui, de Tokyo jusqu’à Dakar, de Tananarive à Caracas, tous les alcoolivres du monde sont tristes, abattus. Le paradis des manuscrits est brûlé ! Immolation, le feu est mis dans l’éden ! Tombouctou tombe entre les mains des fanatiques, des intégristes islamistes. Les inquisiteurs ! C’est tout un patrimoine universel qui s’écroule, qui s’en va. Le rêve cauchemardesque habite la nuit africaine ! Une mémoire s’éteint. J’imagine Ibn Batouta, se retourne dans sa tombe. Et Hassan El Ouazzane ou Leo Africanus, peu importe l’appellation, revoit, corrige son itinéraire et les détails de son voyage. Les milliers de caravanes changent leurs orientations, rebroussent leurs chemins. Tombouctou cité située sur les frontières entre le réel et l’imaginaire perd ses langues, ôte son image et son imaginaire. Les alcoolivres ont peur, liseurs et vendeurs comme acquéreurs des manuscrits, qui jadis arrivaient des quatre coins du monde pour s’installer dans cette légendaire cité. Il n’y a plus d’odeur d’encres. Tombouctou, Tombouctou, Tombouctou, on sent la mort et la trahison, mes chers alcoolivres.
A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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4 Réponses à “Tombouctou, Tombouctou, Tombouctou ! Par : Amine ZAOUI”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Tombouctou (Timbuktu ou Tin-Buktu en tamasheq) est une ville située sur le fleuve Niger et une commune du Mali. Elle est surnommée « la ville aux 333 saints » et « la perle du désert ».
    Tombouctou est le chef-lieu du cercle de Tombouctou et de la région de Tombouctou

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Étymologie

    Le nom « Tombouctou » viendrait du tamasheq, langue des Touareg qui auraient fondé la ville au xiie siècle, de Tin (ou Tim), qui signifie « puits » ou « lieu », et de Bouctou, nom donné à la femme présente à l’arrivée des Touareg, gardienne d’un puits, et qui désignerait une personne originaire d’Essouk – ce qui donne « le lieu de Bouctou »2. À cette étymologie proposée par Abderrahmane Es Saâdi au xviie siècle dans son Tarikh es-Sudan (Histoire du Soudan), l’explorateur allemand Heinrich Barth au xixe siècle, lui, oppose une origine songhaï du mot Tombouctou qui désignerait une « dépression entre les dunes »2.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoire

    Portes de la Medersa de Sankoré
    La légende (dans le Tarikh es-Soudan) rapporte que Tombouctou fut formée autour du puits d’une femme appelée Bouctou (originaire d’Essouk) d’où le nom de la ville (Tin Bouctou, le puits de Bouctou). Les premiers campements pourraient remonter aux premiers siècles de l’histoire écrite. Campement des nomades berbères du xiie siècle, la ville n’apparaît cependant dans l’histoire qu’au xive siècle : l’empereur du Mandé Mansa Moussa y fit construire une prestigieuse mosquée, par l’architecte Abou Ishaq es-Sahéli.
    Au xve siècle, la construction par une vieille femme de la mosquée de Sankoré, qui comprenait une medersa, est à l’origine d’une université islamique de renommée internationale. Jusqu’à 25 000 étudiants fréquentèrent la ville sous le régime de Sonni Ali Ber (Sonni Ali le Grand). La ville a construit sa prospérité sur les échanges commerciaux, dont l’esclavage, entre la zone soudanaise du Sahel africain et le Maghreb. Elle eut son apogée au xvie siècle. Sa richesse déclina lorsque les Européens ouvrirent la voie maritime pour le commerce entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire. Le déclin de la ville commença au xviie siècle avec l’instabilité politique et l’apparition de la traite négrière qui rapprochait cette activité des côtes.
    Lorsque les Français prennent le contrôle de la ville en 1894, sa population est d’environ 4 000 habitants3. Elle était dirigée jusque là par une élite musulmane payant tribut aux Touaregs3.
    Alors que le Soudan français est une colonie française, Tombouctou devient par la loi française du 18 novembre 19554, une commune de moyen exercice, dirigée par un maire, fonctionnaire nommé par le chef de territoire, assisté d’un conseil municipal élu par un collège unique5. La loi du 10 janvier 1957 intègre Tombouctou dans l’Organisation commune des régions sahariennes6.
    La loi du 2 mars 1966 donne un statut commun à toutes les communes créées avant l’indépendance du Mali en 1960. Un conseil municipal élu désigne en son sein le maire et un ou plusieurs adjoints5.
    Le 1er avril 2012, dans le cadre de l’insurrection au Nord-Mali menée par le MNLA, l’armée malienne perd le contrôle de la ville au profit de divers mouvements rebelles touareg7. Le 30 juin suivant, les islamistes du mouvement Ansar ed-Dine se lancent dans la destruction systématique des tombeaux des saints musulmans, puis des mosquées de la ville8.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Culture et monuments

    Cour de la mosquée Djingareyber
    Article détaillé : Mosquée Djingareyber de Tombouctou.
    Tombouctou est aujourd’hui plus connue par sa légende que par les différents sites présents. Cependant, différents lieux sont dignes d’intérêt. La ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988.
    Première caractéristique de la ville, le désert est très proche des premières maisons. On trouve à différents endroits plusieurs zones de culture en terrasse, disposées en entonnoir autour d’un puits ou d’un point d’eau. Ces puits de Bouctou sont un bel exemple de culture dans un environnement difficile. L’ensemble des maisons est construit en banco mais à Tombouctou le crépi est remplacé par un parement en pierres. Les trois mosquées de la ville, Djingareyber, Sidi Yahiya et Sankoré, sont la mémoire de l’apogée de la ville. Seule la première se visite. On peut aussi visiter les restes des maisons qui abritèrent René Caillé, le major Alexander Gordon Laing et le docteur Heinrich Barth, dont certaines ont été transformées en musée.
    Une place abrite le monument « de la Flamme de la Paix » qui symbolise la fin de la rébellion touarègue, le 26 mars 1996. La cérémonie commémorative a lieu tous les ans.
    En 2007, Tombouctou a également été en compétition pour obtenir le titre de Merveille du Monde moderne, mais elle n’a pas été retenue dans le choix final.
    Le 28 juin 2012, l’UNESCO classe la ville au patrimoine mondial en péril après sa prise par des islamiques radicaux. Visiblement en représailles de cette décision, au moins une trentaine de membres armés d’Ançar Dine ont commencé à détruire les mausolées jugés impies de la ville, devant une population non-armée déconcertée. Le 1er juillet sept des seize mausolées érigés pour certains des 333 saints que compte la ville12 sont déjà détruits, malgré l’indignation internationale. La procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda qualifie les faits de « crime de guerre »13.

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