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Roger Garaudy: les vraies raisons d’une double occultation par Yacine BENABID 1

14 juillet 2012

Yacine BENABID 1

Roger Garaudy: les vraies raisons d'une double occultation par Yacine BENABID 1 dans Yacine BENABID 1 Roger-Garaudy-300x212
«Je voudrais que rien de ce qui me fut apporté par tant de combats, de chutes et d’erreurs, d’épreuves et de rencontres fraternelles, ne fût enseveli avec moi.» Roger Garaudy Fallait-il que Roger GARAUDY s’excuse d’avoir existé, de la façon que l’on sait, pour mériter un hommage, même des moins solennels? C’est là une raison pour rappeler à ceux qui ont un problème de mémoire qu’enterrer une conscience vivante est la meilleure manière de la maintenir en vie!

La presse occidentale, à l’exclusivité presque, a passé sous silence sa disparition, elle qui d’habitude met les détails les moins signifiants, et les personnages les plus insignifiants, sous les feux des projecteurs. Relayée par un dispositif médiatique arabo-oriental tout aussi défaillant que suiviste, elle en a fait un non-événement, de la manière la plus choquante qui donne à s’apitoyer sur la réalité d’un phénomène de société qui n’a d’autre nom que la guerre aux valeurs.

Il ne s’agit pas de faire le thrène d’un personnage dont la notoriété a excédé toutes les limites, et dont le renom d’homme d’engagement politique et intellectuel a mis à l’abri de tout besoin de complaisance, même à titre posthume. Loin s’en faut, ce n’est qu’un devoir de civilisé que de s’arrêter sur les mérites d’un homme qui a marqué son temps, et que la difficulté d’intégration des milieux qui lui étaient contraires, par sa tendance à l’autonomie et son honnêteté intellectuelle, n’ont pas aidé à se concilier avec les dispositions qui n’ont jamais voulu de son genre comme interlocuteur incontournable.

En puisque on y est, il paraît aisé de signaler que les sphères repoussant les avant-gardistes de la trempe de GARAUDY agissent en conséquence avec leur nature et conformément à leurs orientations, téléguidées, au demeurant, par la phobie et la haine outre-mesure. Aurait-il coûté à quiconque de plaindre un monde des valeurs déchues, comme le nôtre, qui vient de perdre un auteur prolifique et un orateur de grand talent qui a toujours épousé la cause des plus démunis et défendu les peuples sans droits?! C’est à ses détracteurs – si le désaveu de leur silence peut les porter au-delà de leur mépris – de répondre!

En fait, c’est en tournant le dos aux idéologies moribondes du marxisme essoufflé, dans un contexte mondial qui n’en fait plus cas, que GARAUDY s’est vu extrader d’un système de pensée arrivant à son terme. Ayant été son chantre et son critique à la fois, des décennies durant, il s’en est démarqué sans pour autant céder d’un pouce sa référentialité et son autorité intellectuelle. On continue à lui reconnaître une théorisation de l’art bien propre à lui, et des échanges historiques, avec Sartre particulièrement, sur l’engagement de l’intellectuel que la mémoire collective continue de qualifier d’inédits.

Et c’est en cessant d’être athée à partir de la fin des années soixante-dix du siècle dernier, que GARAUDY a commencé à indisposer les milieux judéo-chrétiens, gênés par une conversion à l’Islam qui en dit long sur une «hémorragie» qui s’attelle à vider le système culturel occidental de beaucoup de ses élites, les poussant à aller chercher leurs repères métaphysiques ailleurs qu’en Europe et en Amérique.

Roger GARAUDY, s’il ya lieu de le rappeler, a essentiellement intégré l’espace culturel oriental à partir de son livre «L’Islam habite notre avenir», que les pratiques de censure dignes du moyen-âge européen ont empêché la diffusion.2 (Le même sort, à peu près, attendait d’autres titres, tels que « Promesses de l’Islam). Il y a pris place, dès ses premières connexions avec l’Orient, dans toute sa configuration. Il a précocement compris que l’Occident ne peut pas disposer du destin de l’humanité. L’autorité morale lui faisant défaut, il ne peut percevoir la Vérité (avec majuscule) loin de ses aspirations à la suprématie matérielle.

Belle reprise de René GUÉNON, il est vrai, mais plus en rapport avec les données civilisationnelles, que l’ère de GUÉNON n’a pas connu, GARAUDY s’est fort investi dans le dialogue intercivilisationnel dont la perspective, à travers la création, en 1974 à Neuchâtel, de l’« Institut International pour le Dialogue des Civilisations », qui a enfanté l’« Institut Iranien pour le dialogue des Civilisations », en 1977 à Téhéran, co-inauguré avec la princesse d’Iran d’alors, Farah Diba. Cette entreprise, ajoutée à une grande partie de son œuvre écrite, cache le malaise d’un intellectuel occidental se cherchant dans le miroir de l’Autre. Cela incline à dire qu’il s’agit d’un homme dont la synthèse de vie et la substance d’œuvre se résume à la solitude des idées, des situations et des comportements. Son livre autobiographique «Mon tour du siècle en solitaire», publié en 1999, n’en est que révélateur. Il révèle le solitaire autant qu’il caractérise le charisme d’un personnage ayant toujours refusé d’assister en observateur aux changements de son époque, et à ses bouleversements les plus impossibles.

En outre, la jonction avec le guénonisme appelle à éclaircissement. Ce sont deux projets qui n’ont pas eu, à leurs débuts bien entendu, les mêmes assises et les mêmes finalités. Néanmoins, les deux se sont rejoints dans la dénonciation des revers matériels du monde appelé civilisé. Même si GARAUDY en parle peu, il tient de GUÉNON l’obsession de s’affirmer dans un monde de valeurs différent de celui qui l’a enfanté, sans pour autant s’y noyer, en termes d’appartenance ethnique et d’acquis cognitifs, en ceci que ni l’orientalité ni l’occidentalité ne répondent aux critères réducteurs de la géographie et de l’histoire. Cette philosophie est aussi dominante dans le guénonisme qu’elle est omniprésente, selon les contextes de débats, chez GARAUDY. Que ces deux projets se complètent ou se tournent le dos, est un détail qui n’intéresse pas directement notre propos.

C’est cette facette-là de GARAUDY qui me paraît la plus révélatrice de ce qu’il était réellement. Et c’est cette culture du «Moi» intellectuel, jaloux de sa volonté de vivre ses choix qui a à sa charge la confection d’une œuvre qui l’a définitivement voué au silence dictateur des médias et des sphères politico-intellectuelles.

En écrivant, en 1996, «Les mythes fondateurs de la politique israélienne», GARAUDY savait qu’il allait s’attirer la foudre des milieux politico-socio-culturels, qui se faisaient l’hypocrisie de défendre une entité juive qu’ils ont eux-mêmes combattue, il n’y a pas très longtemps, et se donnaient le droit, au nom d’un antisémitisme aussi négationniste qu’imbécile, de réduire au silence toute conscience qui se veut garante de la liberté d’expression, si chère aux donneurs de leçons occidentaux.

Ainsi a vécu GARAUDY, et ainsi il n’a pas disparu. À plus de quatre-vingt-dix ans de vie et plus de soixante-quinze ans d’échanges intellectuels, nourris par l’idéologie d’un monde perçu dans la différence et la philosophie d’un homme qui se retrouve dans l’adversité, il aurait voué toute une vie à une humanité capable de s’investir dans ses valeurs et de se préserver de tout ce qui est en reste. C’est la raison de ses voyages d’une culture à une autre, et de son engouement pour l’affront, au prix que l’on sait. Du dialectisme matériel, au catholicisme radical, à l’Islam socioculturel, à la spiritualité comme mode d’être, il a toujours associé son parcours à une quête de la vérité impossible à croiser dans les rouages de la pensée moderne, et trop précieuse pour être livrée à ce que Massignon appelait «les polémistes partiaux».

Je me souviens lui avoir demandé, dans les années quatre-vingt, à la fin d’une conférence donnée à la salle des actes, à la faculté centrale d’Alger, de m’expliquer son intérêt manifeste pour Ibn ‘Arabî plutôt que pour al-Gazâlî, pourtant tous deux mystiques (soufis en termes islamiques), il n’a pas tardé à signifier que c’est le premier qui a su répondre aux attentes et attiser la soif de toute une communauté de savants occidentaux en mal d’être.

Il n’était pas le premier à appeler à l’actualisation du patrimoine akbarien, dans un contexte qui avait vu, d’une part, le retour du religieux dans une dimension un tant soit peu universelle, et d’autre part, la tentative de récupération par l’islam politique montant, de ce retour, sans discernement aucun entre les musulmans de souche et ceux venus d’ailleurs. Autant rappeler que GARAUDY ne cachait pas son penchant pour un islam spirituel, ce qui lui a coûté un boycott presque parfait des masses fondamentalistes qui n’ont pas tardé à lui en vouloir de s’être livré, lui le révolutionnaire averti, au défaitisme des spiritualistes. C’est justement en sa qualité de révolutionnaire averti qu’il avait opté pour un islam de conscience et de sobriété, loin du populisme du discours intégriste et de sa démagogie.

Cela lui a valu aussi des procès d’intention, certains sont allés même jusqu’à douter de son islamité, à l’image de l’égyptien Muhamed Mustapha Hilmî qui a consacré au procès de GARAUDY un ouvrage qui n’en est pas un, au sens où l’académisme l’entend, pour l’interprétation égarée à laquelle il voue certaines de ses déclarations, telles que: « Je suis venu à l’Islam avec la Bible sous un bras, et le Capital de Marx sous l’autre. Je suis décidé à n’abandonner aucun des deux. »

On dira, en conclusion, que de par l’horizon intellectuel immensément large qui était le sien, et de par sa formation diversifiée et intensifiée par tout ce qui a contribué à tisser son étoffe d’intellectuel racé, GARAUDY a le droit d’être lu dans le cadre de son œuvre et dans le contexte de ses choix existentiels surtout. Omettre de le faire, serait dénaturer une expérience qui mérite mieux qu’une disparition programmée !!!

Notes:

1- Vice-Doyen de la faculté des Lettres et des Langues/Université de Sétif

2- Le clergé a acheté l’intégralité de l’édition de ce livre, pour empêcher sa circulation. À notre connaissance,

il n’a pas été réédité.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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11 Réponses à “Roger Garaudy: les vraies raisons d’une double occultation par Yacine BENABID 1”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Roger Garaudy est un homme politique, philosophe et écrivain français né le 17 juillet 1913 à Marseille et mort le 13 juin 2012 à son domicile de Chennevières-sur-Marne1. Jusqu’en 1970, c’est une figure importante du Parti communiste français dont il est alors exclu. Il se convertit par la suite au catholicisme puis à l’islam. À partir de 1996, il fait parler de lui par des prises de position négationnistes ; celles-ci lui valent d’être condamné pour contestation de crimes contre l’humanité, diffamation raciale et incitation à la haine raciale. Il est l’auteur de nombreux ouvrages qui reflètent ce parcours

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Biographie
    Protestant dans sa jeunesse, tandis que son père était athée et sa grand-mère maternelle fervente catholique, Roger Garaudy se revendique volontiers comme « polémique et hérétique ». Alors qu’il suit des études universitaires, il adhère au Parti communiste français (PCF) en 1933. Il est reçu cinquième à l’agrégation de philosophie en 1936. Mobilisé en 1939, il obtient la Croix de Guerre après s’être battu dans la Somme, mais de retour dans le Tarn, il est arrêté le 14 septembre 1941 et déporté dans un camp d’internement vichyste d’Afrique du Nord (camp de Djelfa, Algérie) jusqu’en février 1943. Il devient ensuite rédacteur en chef de Radio-France à Alger, mais démissionne au bout de quelques mois pour devenir le collaborateur d’André Marty à l’hebdomadaire communiste Liberté. Membre du Comité central du PCF en 1945, il est élu député communiste du Tarn (1945-1951), puis de la Seine (1956-1958), et sénateur de Paris (1959-1962). C’est à l’époque de sa députation qu’il rencontre et se lie d’amitié avec l’abbé Pierre, également député (MRP) au sortir de la guerre. En janvier 1949 il est témoin cité par les avocats de la défense du journal Les Lettres françaises, attaqué en diffamation par Victor Kravtchenko que Garaudy fustige en déclarant qu’il devrait chercher des adeptes dans l’arrière-garde nazie.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Itinéraire intellectuel

    Roger Garaudy a d’abord été l’un des philosophes officiels du Parti communiste jusqu’à son ralliement aux thèses de l’extrême gauche autogestionnaire en mai 1968. Il est exclu du PCF en 1970 pour ses positions non-orthodoxes (la révolution scientifique et technique impose une nouvelle analyse de la lutte des classes — « le bloc historique nouveau » — et une démocratisation du parti) et sa dénonciation après l’intervention militaire en Tchécoslovaquie du « modèle » de socialisme imposé par l’Union soviétique. Il s’implique alors dans le dialogue international des cultures, et, sans renoncer au marxisme, se convertit à l’islam après être auparavant revenu au christianisme, dont il était issu.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Du marxisme à l’Islam
    Directeur du Centre d’études et de recherches marxistes, il fut pendant des années l’un des philosophes officiels du Parti, avant d’en être exclu en juin 1970, époque où il était en dissidence marxiste, proche des idées de Mai 68. Il redevient alors catholique avant de se convertir en 1982 à l’islam. Le cheikh salafiste saoudien Ibn Baz l’a nommé membre du Conseil supérieur international des mosquées. Cependant, en novembre 1996, Roger Garaudy déclare : « j’ai atterri dans l’islam sans me défaire de mes croyances personnelles ni de mes convictions intellectuelles ». Ce qui a fait dire au cheikh que le philosophe français était un « hypocrite » et un « impie originel »2.
    Titulaire d’un doctorat de philosophie avec une thèse sur la Théorie matérialiste de la connaissance (Sorbonne, 1953), il enseigna à l’université de Clermont-Ferrand — où il subit l’hostilité de Michel Foucault, qui le poussa à solliciter sa mutation3 —, puis à l’université de Poitiers.
    Roger Garaudy a créé sa propre fondation en Espagne à Cordoue, la fondation Roger-Garaudy. Elle est abritée dans la Tour de la Calahorra. À l’intérieur, on découvre plusieurs personnages qui retracent l’histoire de l’islam, à Cordoue, à la fin du Moyen Âge.
    Roger Garaudy a déclaré vivre en banlieue parisienne lors de l’émission Second regard, diffusée le 28 janvier 2007 sur Radio-Canada, qui l’interrogeait sur l’amitié qui le liait à l’abbé Pierre.

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    De l’antisionisme au négationnisme
    Roger Garaudy est l’auteur d’un ouvrage intitulé Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, qui fut publié en 1995 par les éditions La Vieille Taupe qui ne le servit qu’à ses propres abonnés, puis réédité en 1996. Cet ouvrage, se compose de trois chapitres principaux : « Les mythes théologiques », « les mythes du xxe siècle » et « l’utilisation politique du mythe ».
    Il soutient la thèse négationniste d’un complot sioniste, qui aurait inventé la Shoah pour justifier l’expansionnisme israélien, nie le génocide commis par les nazis contre les Juifs, et rejette les thèses que les historiens ont admises depuis des décennies. Il adopte ainsi des thèses fondamentales du négationnisme : Hitler n’aurait pas donné l’ordre de l’extermination ; le mot extermination serait une fausse traduction et désigne en fait l’expulsion des Juifs ; les Juifs furent décimés par le typhus et les crématoires servaient à brûler les cadavres des victimes de la maladie ; il n’y aurait pas de témoins fiables ; les crimes des Alliés seraient pires que ceux des nazis ; les chambres à gaz n’existeraient pas ; des tortures auraient été infligées aux prisonniers nazis pour leur faire avouer le génocide ; théorie du complot juif, absence prétendue de réfutation des thèses du négationnisme, impossibilités matérielles liées au Zyklon B et au fonctionnement des crématoires. L’antisionisme radical de Roger Garaudy l’avait conduit, dès 1982, à comparer sionisme et nazisme.
    L’« affaire Garaudy » est d’abord révélée par Le Canard enchaîné en janvier 1996, suivi par quelques quotidiens nationaux, entraînant contre lui, le dépôt de plusieurs plaintes avec constitution de partie civile pour contestation de crime contre l’humanité, diffamation publique raciale et provocation à la haine raciale par des associations de résistants, de déportés et des organisations de défense des droits de l’homme. Puis, le scandale est médiatisé en avril 1996, lorsque Roger Garaudy et son avocat Jacques Vergès, annoncent le soutien de l’abbé Pierre4, qui est exclu de la Licra et est contraint de s’éloigner de la vie médiatique. Converti à l’islam depuis le début des années 1980, Roger Garaudy avait aussi reçu pendant le procès le soutien d’intellectuels de pays arabes et musulmans.
    Roger Garaudy a été condamné, le 27 février 1998 pour contestation de crimes contre l’humanité, diffamation raciale. Dans ses attendus, le tribunal souligne que « loin de se borner à une critique du sionisme […] Roger Garaudy s’est livré à une contestation virulente et systématique des crimes contre l’humanité commis contre la communauté juive ». Rejetant l’argument selon lequel son livre serait « antisioniste » et non « antisémite », les magistrats expliquent que l’auteur, « bien qu’il s’en défende, présente sous forme d’une critique politique […] d’Israël ce qui n’est qu’une mise en cause de l’ensemble des Juifs ». Ce jugement a été confirmé en appel le 16 décembre 1998, Garaudy étant en outre condamné pour provocation à la haine raciale5,6,7,8. Ses pourvois en cassation ont été rejetés par la chambre criminelle le 12 septembre 20009. Son recours devant la Cour européenne des droits de l’homme, fondé sur la violation de l’article 10 (liberté d’expression) de la Convention européenne des droits de l’homme, de l’article 6 (droit à un procès équitable) de la Convention, de l’article 4 du Protocole no 7 (droit de ne pas être jugé ou puni deux fois) et des articles 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion) et 14 (interdiction de la discrimination) de la Convention, a été déclaré irrecevable par la Cour, les juges européens déclarant :
    « Comme les juridictions nationales l’ont démontré, que le requérant a fait siennes les thèses négationnistes et a remis en cause systématiquement les crimes contre l’humanité commis par les nazis envers la communauté juive. [Ce livre, qui a] dans son ensemble, un caractère négationniste marqué, va à l’encontre des valeurs fondamentales de la Convention, à savoir la justice et la paix. […] Aucun élément ne permet d’établir que M. Garaudy n’a pas bénéficié d’un procès équitable10. »

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    Mandats politiques

    Député
    21/10/1945 – 10/06/1946 : député communiste du Tarn
    02/06/1946 – 27/11/1946 : député communiste du Tarn
    10/11/1946 – 17/04/1951 : député communiste du Tarn
    02/01/1956 – 08/12/1958 : député communiste de la Seine
    Sénateur
    26/04/1959 – 31/10/1962 (démission) : sénateur de la Seine (groupe communiste).

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    Œuvres principales

    Antée (roman), Éditions Hier et Aujourd’hui, 1945
    Le Communisme et la renaissance de la culture française (1945)
    Le Huitième jour de la création (roman), Éditions Hier et Aujourd’hui, 1946
    Contribution historique de la civilisation arabe, Éditions Liberté, Alger, 1946.
    Les sources françaises du socialisme scientifique, Éditions Hier et Aujourd’hui, 1948
    L’Église, le communisme et les chrétiens, Éditions Sociales, 1949
    Grammaire de la liberté, Éditions Sociales, 1950
    Le manifeste du Parti communiste : révolution dans l’histoire de la pensée socialiste, 1952
    Théorie matérialiste de la connaissance, PUF, 1953
    La Liberté, Éditions Sociales, 1955
    Mésaventures de l’anti-marxisme – Les malheurs de M. Ponty (ouvrage collectif), Éditions Sociales, 1956
    Humanisme marxiste, Éditions Sociales, 1957
    Questions à Jean-Paul Sartre, précédées d’une lettre ouverte, 1960
    Du surréalisme au monde réel : l’itinéraire d’Aragon, Gallimard, 1961
    Perspectives de l’homme, PUF, 1961
    Dieu est mort, PUF, Paris, 1962
    Qu’est-ce que la morale marxiste?, Éditions Sociales, 1963
    D’un réalisme sans rivages Picasso Saint-John Perse Kafka, préface de Louis Aragon, Plon, 1963
    Karl Marx, Seghers, Paris, 1965
    D’un réalisme sans rivage, Plon, 1965
    De l’anathème au dialogue, Plon, 1965
    Marxisme du xxe siècle, La Palatine, Paris-Genève, 1966
    La Pensée de Hegel, Bordas, 1966
    Le Problème chinois, Seghers, 1967
    Lénine, PUF, Paris, 1968
    Pour un réalisme du xxe siècle siècle – Étude sur Fernand Léger, Grasset, 1968
    Pour un modèle français du Socialisme, Gallimard, 1968
    Peut-on être communiste aujourd’hui ?, Grasset, 1968
    La liberté en sursis – Prague 1968, Fayard, 1968
    Le Grand tournant du socialisme, Gallimard, Paris, 1969
    Marxistes et chrétiens face à face, en collaboration avec Q. Lauer, Arthaud, Paris, 1969
    Toute la vérité, Grasset, 1970
    Reconquête de l’espoir, Grasset, Paris, 1971
    L’Alternative, Robert Laffont, Paris, 1972
    Danser sa vie, préface de Maurice Béjart, Le Seuil, 1973
    60 œuvres qui annoncèrent le futur, Esthétique, Éditions Skira, Genève, 1974.
    Parole d’homme, Robert Laffont, 1975
    Le Projet espérance, Robert Laffont, Paris, 1976
    Pour un dialogue des civilisations Denoël, 1977
    Qui dites-vous que je suis ? (roman), Éditions du Seuil, 1978
    Appel aux vivants, Éditions du Seuil, Paris, 1979, prix des Deux Magots
    Comment l’homme devint humain, Éditions Jeune Afrique, 1979
    Il est encore temps de vivre, Stock, 1980
    Promesses de l’Islam, Seuil, 1981
    Pour l’avènement de la femme, Albin Michel, Paris, 1981
    L’Affaire Israël : le sionisme politique, Papyrus, 198311
    Éduquer au dialogue des civilisations, ouvrage en collaboration, 1983, Éditions du Sphinx, Québec (ISBN 2-920123-04-1)
    Biographie du xxe siècle, Tougui, Paris, 1985
    Pour un Islam du XXe siècle (Charte de Séville), Tougui, Paris, 1985
    Les Fossoyeurs – Un nouvel appel aux vivants, L’Archipel, Paris, 1992
    Mon tour du siècle en solitaire, mémoires, Robert Laffont, Paris, 1989
    Intégrismes, Belfond, 1990
    Les Orateurs de la Révolution française, 1991
    À Contre – Nuit (1992)
    Avons-nous besoin de Dieu ?, introduction de l’abbé Pierre, Desclée de Brouwer, Paris, 1993
    Souviens-toi : brève histoire de l’Union soviétique, Le Temps des cerises, Pantin (1994)
    Vers une guerre de religion ? Débat du siècle, Desclée de Brouwer, Paris, 1995
    L’Islam et l’intégrisme, Le Temps des cerises, Pantin, 1996
    Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, Librairie du savoir, Paris, 1996
    Grandeur et décadences de l’Islam, Alphabeta & chama, Paris (1996)
    Réponse au lynchage médiatique de l’abbé Pierre et de Roger Garaudy, Samizdat, brochure de 38 pages, juin 1996
    Mes témoins, Éditions À Contre-Nuit, Paris, 1997
    Les États-Unis avant-garde de la décadence, Éditions Vent du Large, Paris, 1997
    Le Procès du sionisme israélien, Éditions Vent du Large, 1998, Samiszdat Roger Garaudy, 199612
    Le Procès de la liberté, en collaboration avec Jacques Vergès, Vent du large, Paris, 1998
    L’Avenir, mode d’emploi13, Vent du large, Paris, 1998
    L’Islam en Occident, Cordoue capitale de l’esprit, L’Harmattan, Paris, 2000
    Le XXIe siècle – Suicide planétaire ou résurrection, en collaboration, L’Harmattan, 2000 (ISBN 978-2-7384-9074-2)
    Le Terrorisme occidental, Al-Qalam, Luxembourg, 2004
    Qu’est-ce que l’anti-américanisme ?
    Plusieurs articles importants dans la revue À contre-nuit

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    Théâtre

    1958 : Prométhée 48 de Roger Garaudy, Théâtre de l’Apollo
    Distinctions

    Croix de guerre 1939-1945
    Médaille de la déportation et de l’internement pour faits de Résistance
    Prix Fayçal en 1986
    Prix Kadhafi des droits de l’homme, décerné par la Jamahiriya arabe libyenne, en 2002

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    Références
    ↑ Luc Cédelle, « Roger Garaudy, figure du négationnisme, est mort » [archive], Le Monde, 15 juin 2012, sur le site lemonde.fr, consulté le 15 juin 2012.
    ↑ Antoine Basbous, l’Arabie Saoudite en question, Perrin, 2002, p. 147.
    ↑ Didier Eribon, Michel Foucault, Flammarion, 1989, p. 163.
    ↑ La lettre de l’abbé Pierre à Roger Garaudy, 15 avril 1996 [1] [archive]
    ↑ « La cour d’appel alourdit la peine de Roger Garaudy », La Croix, 17 décembre 1998.
    ↑ « Cour d’appel de Paris : peines alourdies pour Roger Garaudy », Le Figaro, 17 décembre 1998.
    ↑ Armelle Héliot, « Jugement le 27 février – Procès Garaudy : Me Vergès et le catalogue des horreurs », Le Figaro, 17 janvier 1998.
    ↑ Armelle Héliot, « L’écrivain reconnu coupable de contestation de crimes contre l’humanité – Garaudy : les Mythes sans excuses », Le Figaro, 28 février 1998.
    ↑ Pourvois nos 98-88200 [archive], 98-88201 [archive], 98-88202 [archive], 98-88203 [archive] et 98-88204 [archive]
    ↑ CEDH, décision du 24 juin 2003 sur la recevabilité, Garaudy c. France, requête no 65831/01 [archive] ; Damien Roets, « Épilogue européen dans l’affaire Garaudy : les droits de l’homme à l’épreuve du négationnisme », Recueil Dalloz 2004 p. 239.
    ↑ Garaudy et ses censeurs bruxellois, par Marcel Liebman, Points critiques, juillet 1983 [2] [archive]
    ↑ Le texte de Roger Garaudy en ligne [archive]
    ↑ Présentation du livre [archive] sur Radio Islam. Consulté le 13 mars 2010

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    Bibliographie

    R.P. Cottier, Chrétiens et marxistes. Dialogue avec Roger Garaudy, préface du père Chenu, Mame, Tours, 1967
    Serge Perottino, Garaudy, Seghers, collection Philosophes de tous les temps, 1969
    Claude Glayman, Garaudy par Garaudy, La Table Ronde, 1970
    André Dupleix, Le socialisme de Roger Garaudy et le problème religieux, Privat, 1971
    Salim Bustros, Socialisme, christianisme et libération de l’homme dans la pensée de R. Garaudy, Thèse de théologie, Université de Louvain, 1976
    Lemba-Tiebwa, Fondements philosophiques du socialisme de Roger Garaudy. Pour une remise en question du socialisme africain, Thèse, Université Lumumbashi, 1982
    Robert Goulon, L’itinéraire spirituel de Roger Garaudy, Thèse, Université de Metz, 1983
    Michaël Prazan, Adrien Minard, Roger Garaudy, itinéraire d’une négation, Calmann-Lévy, 2007 (ISBN 978-2702137604)

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  11. Abdelhak Mekki Dit :

    Les contributions retraçant la biographie intellectuelle, politique et religieuse de feu Roger Garaudy sont on ne peut mieux complémentaires et donnent un aperçu large de l’œuvre de ce Grand philosophe.Néanmoins, je me permets d’apporter deux précisions.
    D’abord Roger Garaudy n’est pas revenu au christianisme et n’a pas embrassé en définitive l’Islam par hasard. Ami proche de l’Abbé Pierre, Il fut pendant longtemps, en tant que membre du comité central puis du bureau politique du Parti Communiste Français, chargé de la relation avec les intellectuels et avec les religions. C’est ainsi qu’il a nourri un dialogue fort précieux et enrichissant avec toutes les religions humaines. Mais c’est aussi ainsi qu’il s’est brouillé avec beaucoup d’intellectuels de gauche,de droite et des membres de son parti.
    Son arrivé dans l’Islam est un processus qui a commencé par la comparaison en bon marxiste du discours religieux entre le judaïsme, le christianisme et l’Islam. Garaudy trouvait que ce dernier s’adresser à un être concret puisqu’il indique comment être musulman dans la vie quotidienne alors que les deux autres s’adressait à un être abstrait.
    On connait la répugnance que cultivaient les marxistes pour l’abstraction. De là notre philosophe appliquait adroitement l’analyse marxiste pour affirmer que la doctrine islamique résulte d’un mouvement dialectique (notamment avec les notions de djihad et Ijtihad)qui se rapproche de la démarche communiste.
    En tous les cas, ostensiblement, Garaudy développait une image positive et donc attrayante de l’Islam.
    Ce trait m’a paru très ambigu, Lors d’une conférence qu’il donnait à l’université de Genève en 1980,que je n’ai pas hésité de lui poser la question s’il ne s’éloignait pas de l’athéisme communiste et du postulat marxiste que « la religion est l’opium du peuple » et surtout s’il ne se sent pas déjà musulman. La réponse fut cinglante:qu’il n’embrasserai jamais l’Islam, ni autre religion, que le matérialisme dialectique reste son crédo et il le restera parce que d’une part sa conviction idéologique n’a pas été ébranlée par son effort intellectuel et sa fonction au sein du parti communiste, lui a permis de mieux comprendre les religions et de voir leur dangerosité.
    Nous nous sommes revus quelques temps après avec Chikh Abdelhamid Bouzouzou, recteur de la mosquée de Genève, après qu’il eut embrassé l’Islam, mais l’Islam à sa manière parce qu’il a comme il le disait une longue vie avant sa reconversion. En effet plus d’un demi siècle tous ses combats,toute l’immensité de son érudition,l’éminence de sa pensée philosophique, la profondeur de sa philosophie humaniste et son talent d’homme de science et de conscience il n’a de cesse combattu tous les dogmatismes religieux et idéologiques, les régimes fondée sur la violence, la spoliation et liberticides notamment ceux qui gouvernent le monde musulman.
    Il rattachait parfois sa conversion à l’Islam au simple fait qu en 1944, en Algérie, à Djelfa, trois soldats musulmans ont épargné sa vie et celle de ses compagnons français de la résistance, en refusant l’ordre de leur tirer dessus. «L’honneur d’un guerrier du Sud c’est la plus belle figure que je puisse trouver de l’Islam. Peut-être que ma venue à l’Islam était due à cette expérience».
    En tous les cas, il se convertit à l’islam peu de temps après son mariage avec une jeune musulmane qu’il rencontra lors de cette conférence à laquelle j’assistais.
    Cependant, ne nous méprenons pas ceux-ci ne sont que des anecdotes car face à l’effondrement des idéologies au cours des années 80-90, Roger Garaudy continue depuis son enracinement intellectuel à détester le triomphalisme libérale et fait de son islamité un crédo semblable à la théologie de la libération du Cardinal brésilien Dom Elder Camara parce que comme tous les adeptes de ce courant au sein de l’église, le français Roger Garaudy ne peut ignorer les milliards de personnes qui croupissent dans la misère et la pauvreté qui meurent de famine et de geurres à cause du modèle occidental et de sa politique de rapine.
    Pour lui l’Islam contient des valeurs hiératiques pour rompre avec ce modèle.Mais les musulmans doivent être vigilants face à l’avenir. Car comme le disait il «Le problème de l’avenir de l’Islam se pose en termes très simples et très clairs : ou bien il entrera dans l’avenir à reculons, les yeux fixés sur le passé, rabâchant des commentaires et des commentaires de commentaires sur les problèmes juridiques qui se posaient au temps des Omeyades et des Abbassides, ou bien il se montrera capable de résoudre le problème d’un nouveau modèle de croissance et il reprendra son vol victorieux comme au temps où il résolvait au Ier siècle de l’Hégire les problèmes posés par la décadence des deux empires de Byzance et de Perse.»
    Je n’irai pas qualifier la thèse de Garaudy sur l’holocauste et l’État d’Israël « de ruse imbécile » Comme le fait le talentueux intellectuel arabe Edward Said, mais au vu des réactions à la mort du philosophe français dans le monde arabe,j’en appelle aux jeunes musulmans de ne pas encenser Roger Garaudy pour ses thèses dites « négationistes »,mais de retenir son message sur comment l’Islam doit aborder les questions de maintenant et de demain pour construire une alternative humaniste, démocratique, digne de l’islam, triomphant du modèle occidental .

    Abdelhak Mekki

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