Nos visages dégoulinants de sueur sont déformés par la chaleur. Le soleil sans pitié brille de ses mille feux comme pour nous défier. La climatisation, seule alliée, ronronne toute la journée et de nuit elle pénètre dans nos têtes. De bon matin, on a l’impression que notre cerveau a été labouré telle une terre aride qui refuse de se laisser entreprendre. Tout fonctionne au ralenti. Les températures trop élevées ne donnent aucune possibilité à l’air de circuler. La mer, quant à elle, stagne comme fatiguée de se déchaîner pour répondre au feu du ciel. Une humidité forte naît de cette confrontation. Les gens sont mouillés par une atmosphère chargée d’une condensation chaude. Celle-ci nous enveloppe et nous transforme en chamalo. Trempés jusqu’aux os. Nos habits, alourdis par l’eau et le sel, pèsent sur nos pas et nous empêchent de nous mouvoir sans effort. Chaque mètre, chaque geste, chaque mouvement a son prix de difficulté. Et là, on se met à rêver à une brise qui caresserait notre peau et la rafraîchirait sans douleur. Avec douceur. Le bitume fond, les trottoirs sont collants et nos semelles accrochent. Le sol nous appelle, le ciel nous écrase.
Les cafés n’ont pas assez de frigos pour stocker les boissons au frais. L’eau coule à flots en nous et sur nous.
L’homme rampe. Le soleil campe. Nos maisons assombries contribuent à notre retrait. Leurs fenêtres fermées et leurs volets rabattus -non-stop – sont comme des tombeaux dans lesquels chacun attend une accalmie patiemment. Les rues désertées, le monde insomniaque réfugié dans les boutiques climatisées, les autres faisant leur sieste, le silence devant un déchaînement de la nature qui ne laisse aucun salut. Fatalisme prend tout son sens. Voilà qu’arrive un délestage. Tout se débranche. Ventilo, frigo, clim, télé
la pompe
plus d’eau
Ouel hamdou li Allah !
16 juillet 2012
El Guellil