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Lettre ouverte à Robert Ménard et Thierry Rolando Par : Tahar Benabid*

16 juillet 2012

Universitaires

   Lettre ouverte à Robert Ménard et Thierry Rolando  Par : Tahar Benabid* dans Universitaires booksJeudi, 12 Juillet 2012 09:50

Cette contribution du Pr Tahar Benabid vise à démonter et démasquer l’argumentaire fallacieux et mensonger de Robert Ménard et Thierry Rolando dont le livre Vive l’Algérie française est de la même veine que la scélérate loi sur les aspects positifs de la colonisation.

Au regard de vos parcours professionnels, j’étais convaincu de l’opportunité d’apprendre des choses inédites sur l’histoire coloniale française. Friand du débat contradictoire, je me suis empressé d’acquérir le livre. D’emblée, vous annoncez la couleur par votre “assez ! assez !”, trahissant l’état d’esprit partial et vindicatif du nostalgique pied-noir. Du point de vue académique, le document, d’une médiocrité déconcertante, n’apporte absolument rien de nouveau.
Dénonçant ce que vous qualifiez de frénésie mémorielle à sens unique, vous vous adonnez au même exercice dans le sens inverse en nous servant un ramas de vérités tronquées et des faits présentés avec une légèreté et une subjectivité déroutantes. Vous vous essayez, à travers un poncif au ras des pâquerettes, à l’exercice malsain de recycler les évènements à l’avantage des bourreaux du peuple algérien.
Passons sur les glissements rhétoriques, à la limite de l’indécence, et examinons quelques passages. Vous affirmez que le bilan de la colonisation était largement positif. À croire que lorsque les Français ont débarqué en Algérie, ils ont trouvé un désert implanté de quelques tentes où vivaient des autochtones à l’état primitif. Ne savez-vous donc pas que cette région a connu les civilisations amazighe, romaine et arabo-musulmane. Ignorez-vous que c’est à partir du Maghreb arabe que la civilisation arabo-musulmane a rayonné sur l’Europe occidentale. Vous avancez un chiffre de 4,8% d’étudiants musulmans inscrits à l’université d’Alger en 1929-1930. Trente longues années plus tard, 1960-1961, ce chiffre augmente timidement pour atteindre à peine 18,1% et vous le présentez comme bilan positif. La durée de temps ne vous dérange point ! C’est vous départir du sérieux qui sied à votre statut que de faire l’amalgame entre un bilan positif et des statistiques.
Un bilan, messieurs, c’est le rapport entre les opérations réalisées et celles qui auraient dû l’être, ou qui étaient programmées. Quelques pourcentages pour une population largement majoritaire est un bilan qui renseigne sur la ségrégation raciale pratiquée à grande échelle à cette époque. Par ailleurs, très rares étaient les enfants de paysans ou de simples ouvriers musulmans qui accédaient à ce niveau d’instruction.

Le bilan de la colonisation est un désastre
Mille fois non ! Le bilan de l’occupation française se résume ainsi : plus d’un million et demi de morts et de disparus, un taux d’analphabétisme excessivement élevé et un niveau d’instruction très limité, des milliers d’enfants privés de leurs parents et de femmes privées de leur mari, un sous-développement terrifiant, des richesses naturelles spoliées et, cerise sur le gâteau, toute une région du Sud algérien contaminée par un essai nucléaire.
Quel palmarès ! Quant aux infrastructures, je suis persuadé que si les Français pouvaient les amener dans leurs valises, ils l’auraient fait car elles ont été réalisées pour assurer leur confort dans l’optique d’une colonisation à vie. Vous prétendez que de 1830 à 1930, la superficie des terres cultivables appartenant aux musulmans a doublé. Passant sur le fait que les Algériens ont été spoliés des terres les plus fertiles, je suis surpris que la durée de temps, pourtant si évidente, vous échappe. Ne vous rendez-vous pas compte que la période que vous citez est énorme ; un siècle ! Mes bons messieurs, sans la politique des expropriations et de discrimination, ces terres auraient dû être multipliées par 100, voire plus, comme c’est le cas sous l’Algérie indépendante en deux fois moins de temps.
Aussi, je suis outré par tant d’impertinence à vouloir occulter que la majorité des Français s’accommodaient parfaitement d’une république à deux collèges. Le silence complice face à une injustice flagrante vis-à-vis de ce que vous appeliez “les indigènes” ne suffit-il pas pour interpeller votre conscience ? Défenseurs patentés de la colonisation, vous ne vous gênez même pas pour désigner de martyrs les criminels de l’OAS. En en faisant l’apologie, vous vous rendez coupable de soutien moral à des actes barbares qu’aucun être humain ne peut tolérer car rien ne pouvait les justifier.
Comble de paradoxe, vous mettez au même niveau des gens au service d’un État d’occupation et des combattants qui luttaient pour recouvrir la liberté et les droits d’un peuple. Il est quand même ahurissant que la justesse de la cause de la Révolution algérienne et les rapports de forces extraordinaires déséquilibrés en faveur de vos paras et autres troupes belliqueuses ne vous gênent en rien dans votre analyse ?

Le FLN a mené la lutte comme le lui a imposé l’adversaire
De quels moyens disposait le FLN pour faire face à la puissante machine de guerre coloniale ? Le FLN n’a pas mené sa lutte comme il a voulu mais comme le lui a imposé son adversaire ; ce qui rend, par transitivité, ce dernier responsable du malheur des uns et des autres.
C’est là la différence fondamentale que vous savez parfaitement mais que vous vous obstinez à éluder. Les Français que vous fustigiez, comme Frantz-Fanon, Maurice Audin, Francis Jeanson, Gilbert Meynier, Henri Maillot, et bien d’autres, ne témoignent pas de la simple sympathie à la Révolution algérienne, bien plus, ils manifestaient de la noblesse d’âme et d’esprit à l’égard d’une cause juste. Jeanson écrivait en 1960 : “ (…) Ce que nous avons fait, nous l’avons fait pour défendre une cause, sans doute juste mais pour défendre, je le répète, l’honneur de la France.” Frantz-Fanon disait que chaque fois que la liberté et la dignité de l’homme sont en question, nous sommes tous concernés, Blancs, Noirs ou Jaunes. L’OAS et ses supporters ne se sentaient évidemment pas concernés et n’ont jamais défendu autre chose que leurs intérêts et leur confortable hégémonie finissante. Toute honte bue, vous citez en guise de comparaison, 2 410 pieds-noirs ou militaires français assassinés, selon vos dires, par le FLN durant la guerre. Vous n’êtes pas sans le savoir, rien que durant les six mois de la bataille d’Alger, la sinistre unité du général Aussaresse, dénommée “escadron de la mort”, a arrêté 24 000 personnes dont 3 000 ont disparu. Je vous rappelle, entre autres, les évènements de Sétif, Guelma et Kherrata, du 8 Mai 1945, ayant fait 45 000 morts. Je ne voudrais pas polémiquer au sujet des harkis et des tortionnaires.
Toutes proportions gardées, je vous dis simplement que si vous voulez honorer le général Bigeard et les harkis, vous devriez soutenir les nostalgiques de l’Allemagne nazie qui souhaiteraient ériger en héros national l’innommable Adolf Hitler et qui envisageraient de rendre hommage aux collaborateurs français durant l’occupation allemande. En ce qui concerne les poseuses de bombes, exemples de bravoure et de courage, je vous renvoie à la réplique faite par Larbi Ben M’hidi aux journalistes après son arrestation en mars 1957 : “(…) Donnez-nous vos bombardiers et on vous donnera nos couffins.”
Je passe sur le reste au risque de produire une lettre bien plus consistante que votre livre de petite poche. Apprenez, messieurs, que se remettre en cause par examen de conscience est une vertu. Manifestement, vous faites partie des gens à opinions figées pour l’éternité.
Je ne suis donc pas surpris de vous voir verser votre venin sur l’Algérie à la fin de votre document à deux sous. N’en déplaise à vos soutiens, je serais peut-être l’un des rares Algériens désabusés en raison de ma curiosité intellectuelle, à l’avoir acheté.
Néanmoins, il a le mérite de me rappeler à quel point des hommes qu’on peut admirer un jour peuvent nous tirer le lendemain vers le bas fond de l’absurdité intellectuelle. Que vous demandiez réparation à l’État français au nom des pieds-noirs et des harkis, tout le monde vous l’accorde mais, de grâce, arrêtez de mettre, pêle-mêle, tout dans le même panier. Je compatis au malheur de ceux qui ont quitté leurs biens et leur confort, de manière subite, fussent-ils responsables ou complices de ma tragédie.
Ils ont emporté ce qu’ils ont pu comme argent, bijoux et meubles. Le minimum, gîte et nourriture, leur a été assuré par l’État français durant cette période transitoire. Pensez, quant à vous, à la misère dans laquelle ce même État a laissé les Algériens.
Messieurs, c’est sous le regard impassible des pieds-noirs que l’armée française est venue me priver à jamais de mon père en ce triste jour d’hiver 1958. J’avais à peine deux ans. Nous étions cinq frères et sœurs dont l’aîné avait huit ans et ma petite sœur avait trois mois. Nous vivions au seuil de la pauvreté.
Avec la disparition de notre père, nous sommes entrés de plain-pied dans la misère extrême. Je n’attends pas de vous de manifester de la mansuétude envers les Algériens ou de faire pénitence pour les avoir offensés. Ayez au moins, si ce n’est de la pudeur, un peu de retenue et du respect pour les peuples qui se sont sacrifiés pour le droit et la liberté.
*Professeur

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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6 Réponses à “Lettre ouverte à Robert Ménard et Thierry Rolando Par : Tahar Benabid*”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Vive l’Algérie française !

    par

    Robert Ménard
    Thierry Rolando

    Assez ! Assez, à l’heure où nous commémorons le 50e anniversaire de la fin de la guerre et de l’indépendance de l’Algérie, de ces contrevérités sur les pieds-noirs, qui n’étaient pas tous des colons roulant en décapotables américaines. Assez des mensonges sur le bilan de la colonisation, largement positif en termes d’infrastructures, de santé, d’agriculture ou d’éducation, n’en déplaise à nos directeurs de conscience. Assez de ces historiens qui ne parlent que des membres du FLN torturés mais si peu de ceux qui ont été torturés par le FLN, des victimes de l’OAS mais jamais des milliers de pieds-noirs disparus. Assez de ces pétitionnaires professionnels toujours prêts à se mobiliser pour des sans-papiers mais avares de leur signature dès qu’il s’agit des harkis. Assez de cette presse qui continue de faire l’éloge des porteurs de valises mais s’offusque du transfert des cendres du général Bigeard aux Invalides. Bref, assez de cette perpétuelle repentance. Alors, oui, vive l’Algérie française !

    (© BEO Story 2012)

    .

    Fiche détaillée : Vive l’Algérie française !
    Auteur Robert Ménard
    Editeur Mordicus
    Date de parution 07/06/2012
    ISBN 2918414530
    EAN 978-2918414537
    Prix : 4,95 €

    Robert Ménard

    Né en Algérie le 6 juillet 1953. Robert Ménard a quitté Oran en juin 1962. Il est le fondateur de l’organisation Reporters sans frontières qu’il a dirigée durant plus de 20 ans. Il est aujourd’hui journaliste sur iTELE et Sud Radio, et anime un blog wwvv.robertmenard.fr

    Thierry Rolando

    Petit-fils et arrière petit-fils de journalistes et de photographes algérois. Thierry Rolando est né a Alger le 28 mai 1959 Ses parents lui font quitter son pays natal à l’ âge de trois ans, au lendemain de la fusillade de la rue d’Isly à Alger il préside, depuis 2002 le Cercle Algerianiste. la plus importante association culturelle et mémorielle de Français d’Algérie.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Robert Ménard : “On raconte l’Histoire avec des lunettes idéologiques, et de cela, nous en avons assez”

    1/ Vous publiez ces jours-ci un nouveau petit livre d’une trentaine de pages, “Vive l’Algérie Française”. Après “Vive le Pen”, pourquoi avoir choisi ce thème ?

    D’abord, bien sûr, parce que je suis moi-même pied-noir. Je suis né à Oran et j’ai quitté l’Algérie en juin 1962, quelques semaines avant l’indépendance. Ce livre, né d’une rencontre avec Thierry Rolando, le président du Cercle Algérianiste — la plus importante association culturelle et mémorielle des Français d’Algérie — m’a permis de me pencher sur ces années de guerre qui m’ont tellement marqué. Mais ce n’est pas uniquement pour cette raison que nous avons signé ce livre ensemble. Il s’agit aussi, avant tout, de dénoncer, une fois de plus, le manichéisme des médias, des intellectuels, des historiens. Aujourd’hui, la guerre d’Algérie est toujours racontée de la même manière, avec les bons (les militants FLN) et les mauvais (les pieds-noirs). On parle des membres du FLN torturés mais jamais ou presque de ceux qui ont été torturés par le FLN. Bref, on raconte l’Histoire avec des lunettes idéologiques. Et de cela, nous en avons assez. D’où ce petit pamphlet à l’occasion du cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie et de la proclamation de l’indépendance.

    2/ Votre “Vive le Pen” vous avait amené pas mal de souci, notamment d’être viré de RTL, ne craignez-vous pas d’attirer sur vous à nouveau les foudres de la bien-pensance ?

    Je vous avoue que je m’en moque. Et puis je fais confiance à mes employeurs actuels – i>TELE et Sud radio – pour ne pas céder à une éventuelle campagne de nos éternels donneurs de leçons. Il y a plus de 25 ans que je me bats – hier à la tête de Reporters sans frontières, aujourd’hui comme journaliste-éditorialiste – contre la mainmise d’une certaine façon de penser – ou plutôt de ne pas penser – dans les médias : je ne vais pas jeter l’éponge…

    3/ Nous avons constaté un traitement médiatique à sens unique sur la guerre d’Algérie, l’historien Benjamin Stora étant bien plus invité que d’autres historiens ayant une analyse moins favorable au FLN que la sienne. Vous le constatez aussi dans votre livre, d’où cela vient-il et comment inverser la tendance ?

    D’abord d’une inculture historique qui fait que les journalistes, dans leur immense majorité, ne se posent jamais de question sur la manière dont on nous raconte tel ou tel événement. Ensuite, de ce qu’il faut bien appeler une certaine facilité, pour ne pas dire fainéantise : on connaît Benjamin Stora, pourquoi se donner la peine d’aller chercher ailleurs ? Enfin, un suivisme généralisé qui fait qu’on se copie d’un média à l’autre, qu’on répète à satiété les mêmes choses, qu’on ne veut pas faire de vagues… Comment changer tout cela ? Je n’en sais rien si ce n’est qu’il est hors de question de baisser les bras. Aujourd’hui, le politiquement correct n’est pas imposé aux médias. Il est le fait des journalistes eux-mêmes qui pensent trop souvent la même chose, fréquentent les mêmes lieux, lisent les mêmes livres…

    4/ François Mitterrand avait justifié la torture en Algérie en tant que Ministre de la justice sous la IVe République, pourtant la gauche parvient encore à faire la leçon à Jean-Marie le Pen qui aurait torturé en Algérie mais qui était sous les ordres du gouvernement, donc de Mitterrand. Pourquoi la droite est-elle si complexée en général et sur la guerre d’Algérie en particulier ?

    Tout simplement parce que la droite a honte d’elle-même. Elle a toujours peur que la gauche vienne lui faire la morale. Elle court sans arrêt après la bénédiction d’intellectuels qui sont des affidés de la gauche. Souvenez-vous avec quel empressement la droite a reculé sur la question des « aspects positifs » de la colonisation. Comme s’il n’y en avait aucun ! Qui peut sérieusement le penser ? Il ne s’agit pas de faire l’apologie du colonialisme, mais simplement de tenter de regarder les choses telles qu’elles sont. En France, la droite se croit « moderne » quand elle adhère à certaines loufoqueries de ses adversaires politiques. Bien incapable de gagner la bataille des idées, elle perd aussi sur le front électoral. C’est d’abord de sa faute. Il faut ajouter à cela, concernant la guerre d’Algérie, le culte de De Gaulle, partagé aujourd’hui par la droite comme par la gauche, et qui rend quasi impossible tout regard distancié sur ce qui s’est passé de 1954 à 1962 en Algérie…

    5/ Votre ex-confrère de RTL, Eric Zemmour, est sous la menace d’une sanction de cette station pour avoir trop critiqué la nouvelle ministre de la Justice : lui apportez-vous votre soutien alors que lui-même ne vous a pas soutenu publiquement quand vous vous êtes fait limoger de RTL ?

    Si l’on ne devait soutenir que ceux qui se comportent bien… il n’y aurait pas beaucoup de boulot. Mais le plus important n’est pas là. Bien sûr que je soutiens Eric Zemmour. Le procès en place publique qui lui est fait témoigne du climat d’intolérance qui pourrait gagner les médias si nous n’y prenons pas garde. En France, on n’aime pas la liberté. On ne pratique le débat qu’entouré de garde-fous. On ne défend la liberté d’expression que pour ses amis, que pour ceux qui pensent comme vous ! Ce goût, cet attrait pour la censure est partagée par la droite et la gauche. La seule différence est que la gauche est convaincue, non seulement de détenir la Vérité, mais d’incarner le Bien. Le fond de l’air est rouge, comme disait feu le Président Mao Tsé-toung. Attention à ce que certains ne se retrouvent pas dans quelque mine de sel…

    6/ L’affaire Pierre Salviac, lui aussi limogé de RTL pour avoir fait une blague jugée insupportable par la direction de RTL sur la femme du nouveau chef de l’Etat, annonce-t-elle une reprise en main des médias par la gauche ?

    Je ne sais pas si cette blague de mauvais goût est annonciatrice d’une reprise en mains. Elle témoigne de la crainte qui s’empare des directions des médias dès qu’elles voient se profiler la menace d’une campagne lancée par des associations de lutte contre le racisme, l’homophobie ou le machisme. Des associations qui sont devenues, au fil des années, les premiers censeurs. Il suffit que l’une d’entre elles élève la voix pour que tout le monde se couche. Elles n’ont plus besoin de faire des procès, la seule menace d’une procédure suffit à faire rentrer tout le monde dans le rang.

    7/ Les néo-réac comme on les a appelés, c’est-à-dire vous-même, Ivan Rioufol, Eric Zemmour, Elisabeth Lévy, Eric Brunet, Natacha Polony et quelques autres, ont connu de belles années sous Sarkozy, et sont aujourd’hui menacés, y a-t-il un rapport selon vous ?

    Si l’arrivée de la gauche au pouvoir va encore davantage cadenasser le débat, je suis convaincu que les médias n’ont besoin d’aucune pression pour faire d’eux-mêmes le sale boulot. Ce qui a protégé jusqu’ici – encore que, comme vous le rappeliez au début de cet entretien, on m’a vidé de RTL sans grand ménagement… – ceux qu’on a appelé les « néo-réacs », c’est notre « popularité » auprès du public.
    Détestés par la quasi-totalité de la profession, nous sommes applaudis par tous ceux – et ils sont nombreux – qui ont le sentiment qu’on leur vend toujours la même soupe. Est-ce que cette protection suffira à l’avenir ? Je n’en suis pas sûr…
    Merci d’avoir répondu à nos questions Robert Ménard.

    Source : http://www.enquete-debat.fr/

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Philippe Bilger a été juge d’Instruction et avocat général. Il est actuellement magistrat honoraire-Conseiller spécial au cabinet D’Alverny, Demont et Associés.
    Son blog Justice au singulier aborde tous les sujets de l’actualité judiciaire ou non.
    Le débat sur l’Algérie française souffre-t-il d’un trop-plein de complaisance ? Pour notre blogueur associé Philippe Bilger, l’ouvrage provocateur de Robert Ménard et Thierry Rolando aura le mérite de rétablir l’équilibre des points de vue.

    Il y a des livres dont il faut parler. Parce qu’ils emplissent des vides ou s’opposent au trop-plein. J’ai d’autant moins de scrupules à recommander Vive l’Algérie française ! de mon ami Robert Ménard et de Thierry Rolando (éditions Mordicus, 4,95 euros) que le lecteur n’aura, au plus, que vingt minutes à consacrer à ce petit ouvrage et que surtout, médiatiquement, je fais le pari qu’on ne parlera pas de lui.

    Il est évident qu’une telle provocation, si ostensiblement réactionnaire, ne trouvera grâce nulle part et qu’on préférera nous infliger ces faux dialogues de complaisance réciproque, ces échanges promotionnels qui sont devenus une manière, notamment pour les hebdomadaires, de laisser croire qu’ils ont de la substance quand ils se mettent en réalité au service de la publicité personnelle, artistique ou intellectuelle. Souvent les mêmes interlocuteurs : Amanda Sthers, Denis Podalydès, Christine Orban, et je pourrais en mentionner d’autres.

    Pourtant, quel débat authentique et stimulant pourrait naître de la confrontation entre les tenants obsessionnels de la repentance et du masochisme antifrançais d’un côté et Robert Ménard de l’autre !
    Non pas que tout, dans ce libelle de trente pages, soit forcément exact ou mesuré mais force est de reconnaître qu’il apporte enfin une réplique avec verve et un excès assumé au sentiment dominant qui fait de l’Algérie d’aujourd’hui une victime exclusive du colonialisme français en oubliant notamment la part positive de ce dernier, les horreurs commises par le FLN au cours de la guerre d’indépendance et le lâche et scandaleux abandon des Harkis.

    L’indignation de Ménard et Rolando tient plus au fait incontestable qu’en permanence la balance est faussée, qu’on n’entend sur cette Histoire douloureuse, dramatique et équivoque que les mêmes «experts», analystes et militants, que les mêmes artistes et cinéastes, qu’une seule vision est offerte et présentée et une même contrition formulée. A-t-on jamais pu, sur un plateau de télévision traitant de l’Algérie d’hier et des Français d’Algérie chassés dans les conditions qu’on sait avec une très lourde responsabilité toute de cynisme froid de Charles de Gaulle, bénéficier d’un autre point de vue que celui de Benjamin Stora, habitué, irremplaçable pour les partisans de l’hémiplégie historique culpabilisante ?

    Bonne conscience et démagogie

    Le pire est que les pouvoirs, quels qu’ils soient, les instances officielles, les médias, les cercles influents prétendent même interdire aux Français d’Algérie, aux rapatriés de rendre hommage à tout ce qui a constitué leur histoire, sang, morts, douleurs et bonheurs mêlés.
    On a le devoir, pour l’Algérie d’aujourd’hui, par prudence diplomatique, par lâcheté historique, d’effacer ce qui pourrait accabler l’incurie et les incompétences présentes en acceptant un procès expéditif contre le rôle de la France là-bas dans le passé. Mais on n’a pas le droit de sauver avec émotion et fidélité ce qui pourrait consoler de l’arrachement et apaiser la mémoire.

    Le trop-plein, c’est cela. Trop de pensée unique, trop d’absolutisme, trop peu de nuance, trop de bonne conscience dans la désolation à sens exclusif, trop peu de courage dans l’analyse, trop de démagogie, trop peu de compassion, une Histoire absurdement tirée au cordeau comme un bloc, un humanisme unilatéral, une réalité mutilée, un Etat privilégiant l’accommodement par rapport à la vérité même si elle est subtile et contrastée, trop peu de Camus, trop de Sartre.

    Pour faire lire cette dénonciation brève, pugnace et, dans le climat actuel, audacieuse, si je n’avais qu’un argument à faire valoir, qu’on s’attache à sa conclusion où est cité un texte superbe et vengeur d’Alain Finkielkraut renvoyant dans leur bêtise idéologique deux élus communistes de la ville de Paris hostiles au transfert des cendres du général Bigeard aux Invalides.
    Un extrait que je privilégie : «Nous vivons en temps de paix. Et ce qui est réclamé à tous les bleu-bites que nous sommes, c’est juste un peu d’humilité devant l’histoire…»

    Philippe Bilger

    Source : http://www.marianne2.fr/Algerie-francaise-Trop-de-Sartre-pas-assez-de-Camus_a219613.html

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Fiche détaillée : Vive l’Algérie française !
    Auteur Robert Ménard
    Editeur Mordicus
    Date de parution 07/06/2012
    ISBN 2918414530
    EAN 978-2918414537
    Prix : 4,95 €

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    La provocation de Robert Ménard et Thierry Rolando
    « Vive l’Algérie française ! » Pour les 50 ans de l’indépendance de l’Algérie, le titre est osé. Robert Ménard et Thierry Rolando cosignent un pamphlet sur le traitement historique, médiatique de cette histoire coloniale.

    Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, le livre n’évoque pas une certaine nostalgie de l’Algérie française, mais exige un droit d’inventaire. Au travers de 29 pages les auteurs nés en Algéri commémorent davantage, à leur manière, « le calvaire des pieds-noirs », comme ils l’écrivent, et exorcisent leur passé. Pas de nouvelles révélations, mais un appel à compléter l’histoire trop partiale et partielle selon les deux écrivains.

    « Le titre c’est pour interpeller, je ne suis pas dans l’apologie, c’était comme pour mon livre Vive le Pen, je ne fais pas l’apologie de Le Pen, mais je ne trouve pas ça normal qu’il y ait cette censure. Sur l’Algérie c’est la même démarche, il y a beaucoup de choses passées sous silence pour ne pas se mettre à dos les dirigeants algériens, explique Robert Ménard.

    On doit cesser de voir l’histoire seulement à travers le regard de Benjamin Stora. On ne donne la parole qu’aux victimes algériennes, c’est important mais ce n’est pas l’essentiel. Faire œuvre d’histoire ce n’est pas faire œuvre de mémoire. Tout ce que je veux c’est que l’on nuance »

    Toutefois, à trop vouloir traiter l’histoire des français d’Algérie, le pamphlet finit par comparer l’incomparable, la souffrance des algériens musulmans contre la souffrance des pieds-noirs. Les auteurs veulent en finir avec une histoire manichéenne, avec les mauvais Français contre les bons Algériens, mais proposent une histoire de camps où l’on comptabiliserait le nombre de torturés et de morts de chaque côté pour être à égalité.

    « Avec Thierry Rolando on espère qu’il y aura un débat, que l’on trouve une alternative à cette pensée prémâchée. Je veux que les gens disent que le FLN a été torturé mais également qu’il a torturé. Que l’on parle des Français tués. Cette Histoire doit être dans les médias algériens, français, dans les livres d’histoires.»

    Enfin, l’ouvrage saisit l’occasion pour revenir sur une ancienne polémique : les effets positifs de la colonisation.

    « Bien sûr il ya eu des effets positifs, est-ce que vous connaissez un phénomène historique qui n’a pas eu d’effets positifs ? On ne peut réduire la colonisation aux exactions. C’est stupide. La repentance est la pire des solutions. On ne peut nier leur existence, on ne peut interdire d’en discuter. »

    Robert Ménard, Thierry Rolando, Vive l’Algérie française, éditions Mordicus, 2012.

    Amina Boumazza

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    La provocation de Robert Ménard et Thierry Rolando
    « Vive l’Algérie française ! » Pour les 50 ans de l’indépendance de l’Algérie, le titre est osé. Robert Ménard et Thierry Rolando cosignent un pamphlet sur le traitement historique, médiatique de cette histoire coloniale.

    Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, le livre n’évoque pas une certaine nostalgie de l’Algérie française, mais exige un droit d’inventaire. Au travers de 29 pages les auteurs nés en Algéri commémorent davantage, à leur manière, « le calvaire des pieds-noirs », comme ils l’écrivent, et exorcisent leur passé. Pas de nouvelles révélations, mais un appel à compléter l’histoire trop partiale et partielle selon les deux écrivains.

    « Le titre c’est pour interpeller, je ne suis pas dans l’apologie, c’était comme pour mon livre Vive le Pen, je ne fais pas l’apologie de Le Pen, mais je ne trouve pas ça normal qu’il y ait cette censure. Sur l’Algérie c’est la même démarche, il y a beaucoup de choses passées sous silence pour ne pas se mettre à dos les dirigeants algériens, explique Robert Ménard.

    On doit cesser de voir l’histoire seulement à travers le regard de Benjamin Stora. On ne donne la parole qu’aux victimes algériennes, c’est important mais ce n’est pas l’essentiel. Faire œuvre d’histoire ce n’est pas faire œuvre de mémoire. Tout ce que je veux c’est que l’on nuance »

    Toutefois, à trop vouloir traiter l’histoire des français d’Algérie, le pamphlet finit par comparer l’incomparable, la souffrance des algériens musulmans contre la souffrance des pieds-noirs. Les auteurs veulent en finir avec une histoire manichéenne, avec les mauvais Français contre les bons Algériens, mais proposent une histoire de camps où l’on comptabiliserait le nombre de torturés et de morts de chaque côté pour être à égalité.

    « Avec Thierry Rolando on espère qu’il y aura un débat, que l’on trouve une alternative à cette pensée prémâchée. Je veux que les gens disent que le FLN a été torturé mais également qu’il a torturé. Que l’on parle des Français tués. Cette Histoire doit être dans les médias algériens, français, dans les livres d’histoires.»

    Enfin, l’ouvrage saisit l’occasion pour revenir sur une ancienne polémique : les effets positifs de la colonisation.

    « Bien sûr il ya eu des effets positifs, est-ce que vous connaissez un phénomène historique qui n’a pas eu d’effets positifs ? On ne peut réduire la colonisation aux exactions. C’est stupide. La repentance est la pire des solutions. On ne peut nier leur existence, on ne peut interdire d’en discuter. »

    Robert Ménard, Thierry Rolando, Vive l’Algérie française, éditions Mordicus, 2012.

    Amina Boumazza
    http://www.algerie-focus.com/blog/2012/06/27/la-provocation-de-robert-menard-et-thierry-rolando/

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