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Spécial centenaire du théâtre algérien: L’engagement dans l’art dramatique par Mohamed Ghriss

27 juillet 2012

Mohamed Ghriss

Spécial centenaire du théâtre algérien: L'engagement dans l'art dramatique par Mohamed Ghriss dans Mohamed Ghriss Mohamed-Ghriss
Répondant au vœu de la résistance algérienne de se doter d’une formation culturelle chargée de faire connaître à l’étranger les idéaux du peuple algérien, en 1958 se tint à Tunis la première réunion de la troupe artistique du FLN, après que de nombreux artistes, comédiens, musiciens, danseurs, aient rejoint cette ville, en provenance de France surtout.

La responsabilité de la troupe d’art théâtral et d’art lyrique échut à Mustapha Kateb, groupe qui comptait également, en se fiant à certaines références quoique incomplètes: Adelmadjid Ghafa, délégué politique, H’sissen, Mohamed Hamdi, Zinet, Ba Dahmani, Alilou,Ahmed Wahi, Farid Reda, Ouafia, Mohamed Khelifi, Tahar Ben Ahmed, Sid Ali Kouiret, Hallit, Maamar Boulaouinet, Yahia Benmabrouk, Djaafr Beck, Hinda, Mohamed Souag, Taha El Amiri, Abdelhalim Rais, Hamou Saadaoui, Mohamed Benyahia, Brahim Derri, Hai Reda, Hacène Chafai, Hamid Nemri, Said Sayah, Mohamed Bouzidi, Sahnoun, El Hadi Radjeb, etc.on ne pourrait jamais les citer tous, malheureusement…

Parmi les auteurs connus de pièces théâtrales sur la période de lutte anticoloniale Abdelhalim Rais qui a signé «Les enfants de la Casbah», «El khalidoun» (les éternels) et «Le serment», pièces empreintes en général d’un discours manichéen classique, comme l’ont vu certains critiques, mais qu’il faut situer dans leur contexte de choc entre 1958 et 1962. Le ton est sensiblement différent chez Mouloud Maameri qui fait état surtout du caractère injuste du fait colonial tout en observant des traits d’humanisme dans les deux camps opposés. C’est le cas également du théâtre de Assia Djebar qui évoque le caractère meurtrier de cette guerre et les absurdités des violences de la bourrasque enchaînant oppresseurs – oppressés. Ould Abderrahmane Kaki, lui, baignant dans la tradition populaire orale de proximité, songe à présenter une épopée, ou un montage poétique d’évènements qui on caractérisé la longue présence coloniale en Algérie ( pièce 132 ans).

Le théâtre algérien de l’époque ne comptait pas seulement des pièces en arabe dialectal, mais aussi en langue française Les textes de Kateb Yacine furent montés grâce à Jean Marie Serreau et «Le cercle des représailles» fut publié en 1959. L’ouvrage se compose de trois pièces et d’un poème dramatique, en l’occurrence «Le cadavre encerclé» ; «Les ancêtres redoublent de férocité», «La poudre d’intelligence» , soit un ensemble dramatique inspiré des événements de l’époque, et tendant à exprimer dans une langue simple, non dénuée de lyrisme et d’esthétisme, la tragédie de tout un peuple, à travers un récit structuré en abyme et investi, d’un bout à l’autre par la référence à l’histoire des rapports conflictuels complexes, depuis son aube naissante jusqu’a la question actuelle de son devenir demeurée ouverte… Naturellement, le théâtre à cette période en Algérie était sous surveillance de l’administration coloniale, et monter des pièces de Kateb Yacine, Mohamed Boudia, de Henri krea ou de Hocine Bouzaher, était impossible. Pratiquement toute idée allusive à la politique condamnait irrémédiablement la pièce à la trappe, comme toute parole libre d’ailleurs, jugée subversive et frappée en conséquence de censure pour «illégalité».

Dans ces conditions, il ne restait que les tréteaux de l’exil pour s’exprimer, et encore ? Et n’était-ce le courage d’un Jean, Marie Serreau, «Le cadavre encerclé» de Kateb Yacine par exemple, n’aurait jamais pu être monté à l’époque. C’est le cas hélas pour les pièces «Naissance» et «L’olivier» de Mohamed Boudia, «Des voix dans la Casbah» de Hocine Bouzaher, «Le séisme» et «Au bord de la rivière» de Henri Kréa, «La dernière porte» de Mostefa Lacheraf, qui ne connurent jamais la scène. Le contenu de l’ensemble de ces pièces avait trait naturellement à la tragédie de l’Algérie sous occupation coloniale. Dans «Le cadavre encerclé» Kateb Yacine évoque notamment les dramatiques événements du 8 mai 1945 à Sétif, le récit s’articulant autour du personnage ambivalent de Lakhdar, déchiré entre une lutte individuelle (idéal d’amour éperdu) et une lutte collective (idéal d’une nation). Le docteur Ahmed Cheniki, spécialiste émérite en critique d’art, et d’art, et d’art dramatique plus particulièrement, voit dans la poursuite de ces deux quêtes paradoxalement opposées, et qui caractérisent l’ensemble de l’œuvre Katebienne la présence évidente chez le dramaturge « d’Eschyle » (notamment au niveau du fonctionnement du chœur ) et de Shakespeare (dans le rapport qu’entretient l’Histoire avec le mode tragique) ».

De tous les textes de pièces théâtrales écrites en français durant le période 1945-1962 seule  » Le cercle des représailles » de Kateb Yacine semble jouir d’une force et éloquence dramatique incontestable. Les autres pièces, de l’avis de Ahmed Cheniki, procédant souvent d’une attitude, manichéenne, présentant d’un coté les bons, de l’autre les méchants. A l’exception de Mouloud Maameri, plus nuancé, Boudia, Kréa et Bouzaher affirment dès les premières répliques leur projet politique et leurs intentions idéologiques. Leur théâtre s’inscrivant résolument dans le cadre d’une littérature engagée et d’un art de combat Ecrire signifiait pour eux témoigner, dire leur peuple.

Et dans tout témoignage, il y a toujours, bien sur, prise de parti. « Naissance » de Mohamed Boudia raconte l’histoire d’une famille marquée par la guerre. « Des voix dans la Casbah » de Hocine Bouzaher évoque la situation politique et sociale d’un quartier algérois ravagé par les bruits et les rumeurs militaires. « Le séisme » de Henri Kréa met en scène l’Histoire de l’Algérie, avant et pendant la colonisation. C’est une tentative d’affirmation de l’être national algérien. Tous ces textes, parfois pauvres sur le plan dramaturgique se, distinguent par la violence du ton et la présentation de deux espaces antagoniques : celui des colonisateurs et celui des colonisés, la conception manichéenne par endroits simples de l’histoire, obéit au discours politique dominant et correspond à des nécessités historiques immédiates. L’essentiel pour les autres était de mettre en forme les idées du Front de Libération Nationale (FLN). C’était donc un théâtre d’information lié aux nécessités de la période de guerre (….)» (Ahmed Cheniki, in article «Théâtre et lutte de libération», Le Quotidien d’Oran du 31/10/2004).

LE PREMIER NOVEMBRE DANS L’ART DRAMATIQUE : Mustapha Kateb, une vie consacrée au théâtre

Fondateur de l’institution du théâtre national algérien (TNA), Mustapha Kateb a consacré près d’un demi-siècle de sa vie au service du quatrième art national, oeuvrant avec passion et abnégation pratiquement jusqu’à sa disparition le 28 octobre 1989, laissant un grand vide dans le milieu artistique en deuil. Mustapha Kateb est né le 8 juillet 1920 à Souk-Ahras. Il s’initie au théâtre auprès du virtuose Mahieddine Bachtarzi qui lui confie un rôle dans une pièce radiophonique «Tebbib esquelli», produite à la radio d’Alger en avril (1939).

A l’âge de 20 ans à peine, il constitue sa propre troupe «El Masrah» (avec Allel El Mouhib et Haouet Chaâbane dit Sid Ali Fernandel) qu’il dirigera jusqu’en 1947 avant de se voir confier par la suite la direction du théâtre municipal par un Bachtarzi bienveillant. Cette troupe participera sous la férule de Kateb, au festival de Varsovie pour se fixer par la suite en France où elle se produit devant un chaleureux public algérien. Cependant, en raison des idées nationalistes véhiculées par certaines représentations (tableaux colonialistes, liberté), la formation El Masrah est frappée d’interdiction en avril 1956 par l’administration coloniale française qui annule notamment ses tournées à Saint Denis (France) et surveille de très près les artistes algériens. Ces derniers, acquis à la question nationale, poursuivent leurs représentations en privé. Et en 1957 ils marquent leur présence au festival de Moscou avec une oeuvre au titre révélateur «Vers la lumière». En 1957, le comité de coordination et d’exécution (CCE) du Front de Libération Nationale, ayant décidé de créer une troupe théâtrale et musicale pour répercuter ailleurs la voix de l’Algérie combattante et contrecarrer la propagande colonialiste, charge Mustapha Kateb de mener à bien cette mission. C’est ainsi, qu’en 1958, Kateb quitte Paris pour Tunis, discrètement, où sa troupe composée de 35 comédiens donnera en avril sa première représentation «Vers la lumière» (juillet- août 1958). Puis se rend en Yougoslavie, la Chine et d’autres contrées… Le quatrième art algérien contribuant, ainsi à jouer un rôle prépondérant dans la tache de sensibilisation de l’opinion internationale sur le combat libérateur du peuple algérien. Témoignage de Mustapha Kateb: «Nous avons de 1958 â 1962 parcouru pas mal de contrées et indépendamment de la Tunisie où se trouvait notre siège, nous avons fait des tournées aussi bien dans la République tunisienne qu’en Libye ou au Maroc, etc. Nous avons représenté l’Algérie à un anniversaire de la révolution irakienne en 1961 et auparavant nous avons visité la Yougoslavie, la Chine populaire, l’Union soviétique en passant bien sûr par l’Egypte, etc.» (interview in Parcours maghrébins N°22 de nov. 1988).

Après le recouvrement de la souveraineté nationale, Mustapha Kateb s’atèle avec Mohamed Boudia à la tâche de création du TNA en élaborant plusieurs travaux de réflexion, dont notamment le rapport intitulé «De l’orientation» conçu en 1962. A cette période, dira Mustapha Kateb «nous avons réfléchi à la question de savoir, comment nous entendions proposer au premier gouvernement de la République algérienne de l’indépendance l’idée d’un théâtre national (…). Entreprise d’Etat, le théâtre national avait à l’époque sous la tutelle, les théâtres nationalisés qui étaient ceux d’Alger, Annaba, Constantine, Oran, Bel- Abbès. Je vous renvoie d’ailleurs, au manifeste de l’époque où l’Algérie devait choisir le genre de théâtre qu’elle entendait instaurer. Un théâtre populaire intimement lié aux orientations de la révolution algérienne, et tout cela ne pouvait se faire que si le contenu de la pièce était un contenu progressiste. Nous avons fait tout notre possible pour découvrir des auteurs authentiquement algériens. Je citerai entre autres et indépendamment de Abdelhalim Raïs qui était notre auteur durant la guerre de libération dans la troupe artistique du FLN, – Raïs dont nous avons d’ailleurs repris toutes les pièces pour le TNA, – mais il y avait des auteurs comme Rouiched et les productions de Kaki. Cependant les auteurs algériens étaient limités dans le nombre bien que leur talent soit très grand, il nous a permis de puiser alors, dans le répertoire universel progressiste (…)» (In Parcours maghrébins, option citée).

Durant dix ans, de 1963 à 1973, Mustapha Kateb assurera la direction du théâtre national, accomplissant sa mission avec beaucoup d’ardeur et de conviction, marquant son parcours dans cette institution par la réalisation de treize pièces, dont «Les enfants de la Casbah», «Hassan Terro» (qui sera portée à l’écran par M.L. Hamina) et participera également dans des oeuvres cinématographiques (notamment La nuit a peur du soleil de Mustapha Badie, L’opium et le bâton, de Mohamed Rachedi…)

En 1973, Kateb quitte le TNA, n’étant pas d’accord sur la question de décentralisation du TNA qu’il a jugée «trop hâtive», mais il ne s’éloignera pas pour autant de l’activité théâtrale, s’occupant alors de 1974 à 1986 de l’animation culturelle et artistique en milieu. universitaire. A ce propos il déclarera: «ainsi nous avons poursuivi l’expérience pendant 10 ans de 1963 à 1973 et par la suite les responsables ont voulu tenter une autre expérience, celle de la décentralisation. Entre temps, j’étais occupé par l’animation culturelle en milieu universitaire et cela a duré de 1974 à 1986. C’est un retour, certes, mais c’est aussi un retour qui ne doit pas prendre le problème là où il a été laissé. Parce qu’il y a eu 16 ans et une autre expérience qui a bien sûr enrichi ce théâtre. Nous partons sur des bases nouvelles maintenant. D’abord parce que 1988 n’est pas 1963 et ensuite parce qu’il y a des réalités qu’il faut connaître et bien analyser pour continuer le chemin…» (In Parcours Maghrébin n° 22 de Nov. 1988). Il était dit que ce grand artiste engagé dans la bataille de rénovation du TNA et de la formation reprenne la direction du théâtre algérien vers la fin de l’année 1988 et ce, jusqu’à ces derniers jours où il s’impose par ses convictions. Mustapha Kateb, le dramaturge, le metteur en scène, l’acteur, le gestionnaire artistique, etc., est parti mais il aura légué des oeuvres inestimables au quatrième art algérien et ses jeunes continuateurs. L’artiste dévoué a été décoré, à titre posthume le 22mai1992, de la médaille du mérite national…

LE PREMIER NOVEMBRE DANS L’ART DRAMATIQUE : Abderrahmane Kaki ou le théâtre pop

Le 14 février 1995, s’éteignait une grande figure du théâtre national: Ould Abderahmane Abdelkader surnommé Kaki, 1‘homme du peuple, connu pour sa troupe «Masrah el garagouz» et ses fameuses pièces «132 ans», «Afrique en avant!» qui l’ont catapulté au rang de grand metteur en scène et dramaturge, aux dons particuliers d’une rare passion.

Abderrahmane Kaki est né un 18 février 1934 à Mostaganem où il a tôt été imprégné par les caractéristiques de la culture populaire de la région, très riche par ses célèbres chants, son karkabou, El Melhoun, ses zaouiates, ses récits épiques … etc. Et c’est dès l’âge de 10 ans qu’il s’initie à la pratique théâtrale, en adhérant aux scouts musulmans algériens.

Il est d’abord membre de la troupe amateur «Essadia» de 1947 à 1948, puis, passant à l’étape suivante, il crée avec Abdelkader Benaïssa la troupe «El Masrah» qui deviendra le célèbre «masrah el garagouz». Il en assumera la direction de main de maître jusqu’à l’indépendance après avoir contribué avec toute la puissance et la plénitude de son art au combat titanesque pour le recouvrement de la souveraineté nationale.

La toute première pièce de Kaki, alors qu’il n’avait que 17 ans, vantait les vertus de la voie noble de l’amour, «Derb el hob». Promu instructeur national de l’art dramatique, il réalise coup sur coup une série de pièces avec pourtant les moyens réduits dont il disposait alors. En professionnel aguerri et homme averti de son métier qui est toute sa joie de vivre, Kaki signe entre autres «La valise» de Piante», «L’oiseau vert» de Carlo Gozzi, «La cantatrice chauve» d’Eugène Ionesco (1955- 1958). Parallèlement au travail entrepris durant cette période, il participe à des stages de formation de troisième degré. Plein d’ardeur et en vrai créateur, il produit aussi un grand spectacle intitulé «Avant théâtre», comportant les volets «Le filet, la caravane et le voyage» et remporte un franc succès. L’homme a su être à la fois authentique et ouvert sur l’universel. Tout en se ressourçant dans la culture populaire, il a eu un regard des plus attentifs sur les oeuvres d’écrivains, poètes et dramaturges universels où il retrouvait cet hymne de l’aspiration à la paix, la liberté et la dignité humaine auxquels il tenait tant.

Aux lendemains de l’indépendance, Kaki occupe plusieurs postes de responsabilité en tant que directeur du théâtre national de l’Ouest algérien (TMO- 1963- 1965), directeur artistique au théâtre national algérien (TNA, 1965- 1966), directeur du théâtre régional d’Oran (TRO, 1977-1983). En artiste talentueux, passionné, soucieux également de la relève, kaki a été aussi un des promoteurs actifs du festival du théâtre amateur qui se déroule chaque année à présent, dans sa ville natale, Mostaganem.

Devant des officiels et délégations étrangères en 1962, la pièce «132 ans» reçoit un vibrant hommage. Che Guevara présent à Alger, avait déclaré alors: «On m’avait dit qu’il n’y a ni théâtre algérien, ni théâtre arabe, mais je viens de voir une pièce révolutionnaire faite par des jeunes algériens». D’autres pièces sont toutes aussi intéressantes telles «Le peuple de la nuit (1962)», ((Afrique avant (1963)», «Diwan el garagouz (1965)», «Les vieux (1964)», «El guerrab wa salhine (1966)», «Koul wahed ou hakmou (1967)», «Beni kalboun (1973)»,«Diwan el Mellah(1977)».

La réputation de Kaki traverse les frontières et il est plusieurs fois honoré. Il obtient le grand prix au premier festival maghrébin de théâtre à Sfax, en Tunisie. Au festival du théâtre arabo -africain de Tunis, il reçoit également la médaille d’or en 1987. Il glane entre-temps, le vermeil en 1990 alors que sa ville natale lui rend également hommage en 1993 et annonce la création de la fondation Ould Abderahmane Kaki. Le grand homme de théâtre avait aussi enseigné à l’Institut national d’art dramatique et chorégraphique de Bordj e! Kiffane et produit de 1967 à 1969 des émissions sur le théâtre, à la radio chaîne III. Comme il a été président d’honneur du 1er festival du théâtre professionnel en 1985 et responsable de la culture au niveau de la wilaya de Mostaganem en 1992. A l’âge de 61 ans, le prodige Kaki quitta ce monde, suite à une grave maladie qui le ravit aux siens et à ses nombreux fans, plongeant le théâtre algérien dans le deuil et léguant à la postérité le souvenir de ses attachantes oeuvres populaires.

LE PREMIER NOVEMBRE DANS L’ART DRAMATIQUE : Mohamed BOUDIA (1932- 1973) ou le théâtre engagé

Militant de la cause nationale, Mohamed Boudia s’évade en 1961 de prison pour aller rejoindre à Tunis la troupe théâtrale du FLN sous la direction de Mustapha Kateb. Après l’indépendance, il contribuera avec ce dernier à la création du Théâtre National Algérien dont il deviendra par la suite directeur. On doit également à Mohamed Boudia la création en 1963 d’une revue littéraire Novembre et en 1964 un quotidien Alger ce soir, où y contribuent à coté de futurs talentueux journalistes, d’illustres plumes de la littérature, tels que Malek Haddad, Rachid Boudjedra, Mourad Bourboune, etc. Se consacrant à la cause palestinienne, après son exil en France suite à la prise de pouvoir de Boumedienne en 1965, il y militera activement (sans se départir de sa passion pour théâtre, devenant notamment administrateur du  » Théâtre de l’Ouest Parisien » ) jusqu’à sa tragique disparition en juin 1973 victime d’un attentat des agents du « Mossad ». Parmi ses écrits et pièces légués, on compte l’ouvrage intitulé Naissances conçu avant l’indépendance et publié à Lausanne l’année de la promulgation du cessez –le feu entre bélligérants Français – Algériens. L’extrait ci-dessous de la pièce Naissances, à travers les dialogues de ses protagonistes, livre déjà une idée des inévitables négociations franco-algériennes à venir, tournant autour des droits souverains de tout peuple colonisé.

LE PREMIER NOVEMBRE DANS L’ART DRAMATIQUE : Henri KREA, le théâtre militant

Petit-fils de Marcel Cachin et de mère algérienne, Henri Krea est né le 6 novembre 1933 à Alger Ville où il poursuit ses études secondaires tout en militant pour la cause algérienne. Adepte des arts et lettres, il écrit et publie de nombreux poèmes à Paris, dont liberté première (éditions P. –J. Oswald, 1957); La révolution et la poésie sont une seule et même chose (éditions P. J. Oswald. 1957) ; réédition en 1960 avec une préface de Jean Amrouche; La Conjuration des égaux (éditions Présence africaine, 1964); Le Séisme, pièce théâtrale (éditions P-J. Oswald, 1958) ; réédition en 1962).

Le Séisme est donné en lecture – spectacle au théâtre de l’Alliance française à Paris le 16 mai 1959, par la Compagnie J.-M. Serreau. La pièce est rééditée dans Théâtre algérien, en 1962, conjointement avec une nouvelle pièce « Au bord de la rivière » (P.-J. Oswald, S.N.E.D, Tunis)

Henri Krea compte aussi un roman « Djamal » publié aux éditions Calmann-Lévy, (Paris 1961); et un récit « Tombeau de Jugurtha » (SNED, Alger 1968).

N’omettons pas de signaler d’autres voix, quoique restreintes, abordant d’autres sujets durant cette phase, tels «La dévoilée» de Kaddour M’hamsadji, pièce publiée en 1955 ou «La kahéna» de Ahmed Djelloul (1957), mais d’une manière générale le théâtre des années de braise était essentiellement un théâtre de combat…

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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