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La nouvelle de Yasmina Hanane L’amour perdu

17 août 2012

Yasmina Hanane

 

Par : Yasmine HANANELa nouvelle de Yasmina Hanane     L’amour perdu  dans Yasmina Hanane 200_200_150

Sara n’était pas particulièrement belle, mais elle avait ce quelque chose qui la rendait très attirante… Ce petit « grain de sel » qu’on appelait le charme… Eh oui ! La beauté prend parfois des détours inattendus… On dit que le charme s’accentuait au fur et à mesure que l’âge avançait. La preuve est que, souvent, on retrouve des femmes d’âge mûr encore belles et désirables. C’était le cas pour Sara… Elle n’est pas aussi vieille que ça. Mais enfin à trente-cinq ans, elle n’est pas de la prime jeunesse non plus… C’est ce que pensaient du moins ses amis et son entourage, à commencer par ses parents qui craignaient pour elle le célibat éternel… Quel crime !
Mais Sara ne pouvait se soumettre à leur insistance de la voir mariée, tant qu’elle n’avait pas encore trouvé « chaussure à son pied ».
Bien sûr, elle avait cessé de croire au prince charmant depuis longtemps, mais cela ne veut pas dire qu’elle allait se contenter de s’allier au premier venu. Non ! La jeune fille rêvait plutôt de rencontrer quelqu’un qui fera vibrer quelque chose en elle… Un peu d’amour, pourquoi pas ? Et puis ne dit-on pas que lorsqu’on prenait tout son temps pour choisir l’élu de son cœur, la récompense ne pouvait être que plus spectaculaire.
Sara croyait dur comme fer à cette perspective. Pour cela, elle sortait tous les matins  pour se rendre à son travail, tout en espérant  rencontrer  l’homme de ses désirs.
Mais plus le temps passait, plus elle désespérait. Elle sentait que ses efforts d’être toujours présentable et sur son trente et un ne servaient plus à rien… De temps à autre pourtant, un homme la courtisait… Alors elle le laissait courir un moment, avant de tirer un trait final sur les tentatives de ce prétendant improvisé.
Pourquoi ? Eh bien c’est clair : l’homme ne répondait pas à ses aspirations… Sara pouvait parfois deviner les intentions de ses courtisans… Elle savait que le physique n’était pas tout… Mais savait aussi qu’un bel homme ne pouvait passer inaperçu… Cependant si ce dernier se permettait un brin de causette avec  elle, la jeune femme s’apercevait rapidement que son interlocuteur ne possédait pas l’intelligence ou le savoir requis. Pour Sara, un homme ignorant ne pouvait faire office d’un bon mari  et d’un bon père.
Souvent aussi, quelque audacieux lui faisait des propositions malsaines : sortir, se balader, aller manger quelque part… Pour finir par Dieu seul sait sur quoi. Ici aussi la jeune femme se mettait tout de suite sur ses gardes. Ces Roméo des temps modernes ne connaissaient rien au respect de la femme, et leurs intentions n’était pas toujours honnêtes… Alors autant les éviter…
à ce rythme, vous en convenez, Sara devenait de plus en plus difficile et stricte dans ses relations. Certes, elle était toujours coquette et dépensait des sommes extravagantes pour son entretien, mais c’était plus pour se sentir en confiance que pour autre chose.
Voici donc notre Sara livrée à ses rêves, sans pouvoir décrocher l’élu de son cœur.
Un jour, alors qu’elle souffrait d’une rage de dent, la jeune femme, qui avait une peur bleue des blouses blanches et des dentistes, ne savait pas à quel saint se vouer.
Elle tenta tant bien que mal de traiter « son mal » en absorbant d’énormes quantités d’anti-inflammatoires. Mais la douleur persistait… Pire, elle devenait insupportable.
Le lendemain, sa joue arborait un abcès gros comme le poing… Ah quelle calamité !
Elle avait ce jour-là justement une réunion très importante et son directeur ne tolérait  ni les retards ni les absences… Mais dans son cas, il n’aura qu’à jeter un coup d’œil sur sa pauvre joue qui prenait toutes les couleurs de l’arc en ciel, pour comprendre que la jeune femme subissait les caprices d’une dent gâtée dont la carie avait choisi ce jour-là justement pour se manifester et faire des siennes.

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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62 Réponses à “La nouvelle de Yasmina Hanane L’amour perdu”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 2e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Sara décide malgré tout de se rendre à son travail en ayant soin d’avaler encore deux comprimés d’aspirine.
    Elle arrive à son boulot le corps couvert de sueur et la mine défaite. Ah cette souffrance ! Cette torture ! Pourquoi n’avait-elle pas tout bonnement envoyé un arrêt de travail… et tant pis pour les convenances. Elle est malade… vraiment malade. Pourquoi se forcer à jouer aux héroïnes alors que sa dent lui rappelait qu’elle n’était qu’une créature vulnérable.
    Elle se laisse tomber sur une chaise et se tint la tête avant de se mettre à sangloter. Les larmes inondèrent sa joue. Elle tente de les essuyer mais son geste lui rappelle sa douleur. Elle passe une main apaisante sur l’abcès qui continuait de gonfler.
    Fella, sa collègue de bureau, arrive à ce moment précis et demeure interdite un moment avant de s’approcher de Sara :
    - Tu ressembles à un monstre de la préhistoire ma petite…
    Sara hoche la tête et tente de répondre tout en tenant sa joue :
    - Tu ne m’apprends rien… J’ai passé une nuit d’enfer.
    - Pourquoi n’es-tu pas passée chez le dentiste avant de venir ?
    Sara hausse les épaules :
    - Tu connais ma phobie des blouses blanches… Je crois que je vais plutôt rentrer chez-moi.
    - Mais tu n’y penses pas ! Regarde-toi un peu… Non seulement tu souffres, mais je t’assure que tu as une mine affreuse, et une tête qui fait peur. Sara, je t’en prie, va te faire arracher cette dent et repose-toi pour aujourd’hui… Il n’y a pas le feu au bureau… Nous ferons reporter la réunion pour demain.
    Sara fait un signe de négation :
    - Non… je vais encore avaler un ou deux comprimés… Cela ira mieux dans quelques minutes.
    Elle s’empare de son sac et en sorti la boîte d’aspirine. Mais Fella la lui arrache des mains :
    - Tu en as déjà pris combien ?
    - Deux ou trois ou quatre… Oh ! Je ne sais plus… Cette douleur va me rendre dingue… S’il te plaît, rends-moi mon aspirine.
    Elle se lève et se met à marcher nerveusement à travers le bureau. Fella met la boîte d’aspirine dans sa poche et se met en face d’elle :
    - Je ne te rendrais pas cette boîte… Non ! Tu vas t’intoxiquer ! Et pour rien… Seul un dentiste pourra mettre fin à ta torture.
    - Tu sais bien que j’ai la phobie des…
    Fella l’interrompt :
    - Oui, tu as la phobie des blouses blanches… Tu m’as assez ressassé tout ça… Mais il se trouve ma chère que ton état actuel, nécessite la consultation d’une blouse blanche, à moins que tu ne préfères subir ce calvaire éternellement.
    Sara porte encore la main à sa joue et constate que l’abcès devenait de plus en plus dur et apparent. À ce rythme, la journée ne sera pas de tout repos. Pis encore, elle va souffrir davantage et aucun médicament ne lui sera d’un quelconque secours. Cependant, sa phobie l’empêchait de voir les choses sous leur aspect réel.
    - Heu… heu… Fella, je… je crois que cette dent finira bien par lâcher prise… Ce n’est pas la première fois qu’elle me fait mal.
    Fella se met à rire :
    - Ma pauvre Sara, ta peur me semble bien pire que ta souffrance… Ta dent te faisait mal auparavant, certes, mais aujourd’hui tu as un abcès. Ta dent est infectée ! Tu comprends ce que cela veut dire je présume… !
    Sara pousse un long soupir :
    - Oui… aïe… aïe ! (elle porte encore la main à sa joue). Je crois que ma tête va éclater… Je n’en peux plus.
    Fella la tire par le bras :
    - Allez, suis-moi et arrête tes chichis…
    - Où… où vas-tu donc m’emmener Fella… ?
    - Là où on va te soulager… Et s’il te plaît, ne fait pas la difficile car je serais obligée de te faire porter par l’agent de sécurité jusqu’au cabinet du dentiste le plus proche.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 3e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Sara, qui arrivait à peine à tenir sur ses pieds, porte la main à son front et le sentit chaud et fiévreux. Elle tremblait déjà à l’idée de se retrouver chez un dentiste, mais savait qu’elle n’avait plus le choix. Fella avait raison… la douleur finirait par la rendre folle si elle continuait sur sa lancée.
    Fella insiste encore :
    - Alors, tu viens… ?
    Sara lève un regard de chien battu vers son amie :
    - Ai-je le choix ? Tu ne me laisses aucune issue…
    Fella sourit :
    - Madame me sermonne… Tu me remercieras bientôt. Allez, viens…
    Elle la pousse devant elle et l’aide à descendre les escaliers. Elles se retrouvèrent dans la rue et Fella lance :
    - Il y a un cabinet dentaire non loin d’ici. Nous allons traverser… il se trouve juste au coin de la deuxième rue.
    - Tu le connais au moins ?
    - Qui… ? le dentiste… ? non… Je n’ai pas eu besoin de me rendre chez-lui. Moi je me traite chez le dentiste de la famille… Je ne laisserai jamais une dent faire sa loi. Pour cela je vais régulièrement me faire ausculter la dentition… Je n’aimerais pas passer des nuits d’enfer comme toi… et je n’aimerais pas non plus voir mes dents tomber l’une après l’autre. Je ne veux pas vieillir, tu comprends… ?
    Elle se met à rire :
    - C’est pour plaisanter, bien sûr, Sara… Nous voici arrivées… J’espère que tu passeras rapidement.
    Le dentiste qui, vraisemblablement, venait d’arriver leur ouvrit lui-même la porte. Il n’eut pas besoin d’explications. Un coup d’œil à la joue enflammée de Sara le renseigna sur son supplice.
    Il leur indiqua d’un geste de la main la salle de consultation :
    - Installez-vous, je vous prie !
    Fella jette un regard sur son amie et constate que cette dernière tremblait de tout son être :
    - Un peu de courage voyons… Ce dentiste ne va tout de même pas t’égorger.
    Mais rien n’y fait. Sara croise ses doigts et se tint toute raide sur sa chaise.
    Le dentiste, qui venait d’enfiler sa blouse et de mettre des gants, revint vers elle :
    - Je vois que votre dent vous fait terriblement souffrir… Il y a aussi un vilain abcès qui ne cesse de gonfler… mais ce que j’appréhende le plus c’est votre état psychologique…
    - Hein… ? Je … j’ai un peu peur… il est vrai…
    Le dentiste sourit :
    - Vous n’avez pas peur… vous êtes terrorisée. Allons donc… je vais mettre fin à votre calvaire et, d’ici quelques minutes, vous allez vous sentir beaucoup mieux. Mettez-vous sur le fauteuil dentaire s’il vous plaît.
    Tel un automate, Sara s’exécute. Le dentiste lui demande d’ouvrir la bouche et n’eut aucun mal à détecter la coupable :
    - La molaire droite ne tardera pas à rendre l’âme… elle est totalement cariée, ce qui explique son infection. La racine est atteinte profondément… Je vais devoir vous arracher cette dent. Mais vu l’abcès, il va falloir patienter encore un jour ou deux…
    Sara écarquille les yeux, et le dentiste, remarquant son air déçu, reprend :
    - Rassurez-vous donc, je vais vous donner un calmant et des antibiotiques… Vous allez devoir vous reposer aussi… Dès que l’abcès se résorbe, nous procèderons à l’extraction.
    - Vous voulez dire que pour aujourd’hui c’est terminé… ?
    Le médecin se met à rire :
    - C’est le cas, mais votre calvaire n’est pas encore terminé si vous vous entêtez à garder cette dent… Je vous préviens donc : le calmant ne va pas faire des miracles… la douleur va s’apaiser momentanément, ce qui veut dire que si vous ne revenez pas pour arracher cette dent, vous risquez de retomber dans le cercle infernal de la rage dentaire.
    Sara acquiesce :
    - Je crois que j’ai eu ma dose pour cette semaine… Je ne veux pas souffrir davantage.
    - Bien, voici donc votre ordonnance et un arrêt de travail pour deux jours. Prenez vos antibiotiques rapidement afin de traiter l’infection et revenez me voir dès que l’abcès se dégonfle… Cela ira vite avec le traitement que je viens de vous prescrire.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 4e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Plus ou moins soulagée de n’avoir pas eu à arracher sa dent le jour même, Sara ressort du cabinet dentaire un peu plus sereine. Sa phobie lui avait fait sentir un moment que la douleur n’existait pas… Mais elle savait que la peur rendait l’être humain si vulnérable, que parfois il ne ressentait plus la douleur.
    Ayant acheté ses médicaments, elle remercia Fella, et rentra chez elle pour se reposer.
    Deux jours passent. L’abcès et la douleur n’étaient plus qu’un vilain souvenir. Sara se sentait beaucoup mieux. Elle était plutôt prête à affronter l’étape délicate de l’extraction de sa dent, et chose curieuse, cette fois-ci, elle ne ressentait aucune appréhension.
    Elle se rendit au cabinet dentaire très tôt dans la matinée, mais attendit tout de même une bonne heure avant de passer.
    Le dentiste la reçoit, et à l’instar de sa première visite, il fut très prévenant avec elle :
    -Alors mademoiselle, comment vous sentez-vous ?
    -Beaucoup mieux docteur… Je reviens pour l’extraction.
    -Ah ! Je vois que vous devenez plus raisonnable… La peur joue parfois de vilains tours, il faut donc savoir la dominer, si vous ne voulez pas tomber dans son piège.
    -Je sais… Mais vous comprenez… On a beau essayer de faire face à certaines situations, il y a toujours un moment dans la vie où l’on devient un peu plus sensible.
    -Mettez-vous donc sur le fauteuil, on va voir où on est cette infection qui vous a tant fait souffrir.
    Sara se sentit un peu nerveuse, mais ne pouvant plus reculer, elle n’eut plus de choix que de s’en remettre à son dentiste :
    - Vous allez arracher la molaire docteur ?
    - Oui … Mais voyons d’abord si cela est possible…
    Il lui demande d’ouvrir la bouche toute grande et se met à donner de légers coups avec son « instrument » autour de la gencive et de la dent concernée :
    -Vous ne ressentez pas de douleur ?
    -Non… Pas en ce moment.
    -Parfait… L’infection est maîtrisée. Nous pouvons procéder à l’extraction.
    Il se lève et prend une seringue. Sara blêmit :
    -Vous allez me « piquer » ?
    -Passage obligé… Ou bien préférez-vous que je vous arrache cette molaire sans anesthésie ?
    Sara porte la main à sa bouche :
    -Oh mon Dieu !
    -Voyons mademoiselle, vous avez peur d’une « aiguille » à votre âge ?
    Sans lui laisser le temps de répondre, le dentiste se penche vers elle et introduit un doigt entre sa joue et la gencive, l’obligeant ainsi à maintenir sa bouche ouverte. Il n’eut aucun mal à lui administrer l’anesthésie, avant d’arracher d’un seul coup la dent qui l’avait tant torturée.
    -Et voilà… C’est terminé pour aujourd’hui.
    Cela s’était déroulé tellement vite, que Sara n’eut même pas le temps de paniquer ou de se rendre compte de quoi que ce soit.
    Elle porte la main à sa joue et ne sentit presque rien. Sa langue chercha la dent coupable, mais elle ne se heurta qu’à un bout de coton alcoolisé qui couvrait encore la cavité dentaire :
    -Je… Vous avez terminé docteur ?
    -Oui… Voici la vilaine dent…
    Il lui montre le bout de sa pince qui enserrait encore le fragment tout noir :
    -Je pense que vous devriez consulter régulièrement un dentiste afin de prévoir les caries… De nos jours, nous pouvons facilement traiter toutes les anomalies de la denture et les caries à leur début. Ceci vous permettra aussi et surtout de jouir d’une bonne hygiène bucco-dentaire et de garder une dentition saine et sans problème très longtemps, voire même à vie.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 5e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Sara, qui n’en revenait pas encore de cette première extraction, hoche la tête et balbutie :
    - C’est… c’est formidable ! Vous m’avez arraché la dent sans que je ne ressente quoi que ce soit. Si c’est comme ça que vous procédez à chaque fois, je crois que ma phobie des dentistes ne sera plus qu’un mauvais souvenir.
    - Dans ce cas, n’hésitez pas à revenir bientôt pour une exploration plus approfondie de votre dentition… J’ai déjà relevé une ou deux petites caries, très faciles à traiter, mais si vous ne les prenez pas en considération, vous renouerez bientôt avec la rage de dent.
    - Oh non ! Pas ça ! Je préfère traiter mes caries.
    - Cela ne dépendra que de vous, jeune femme. Au fait… je ne connais pas votre nom…
    Sara sourit :
    - Je m’appelle Sara D… Mais moi aussi je ne connais pas le vôtre docteur…
    - Ah ! Vous avez pourtant une pancarte sur la porte d’entrée. Qu’à cela ne tienne.
    Il tendit sa main :
    - Yacine… Dr Yacine B…
    Sara sourit en lui serrant la main :
    - J’avoue que je n’arrive pas encore à croire que je suis débarrassée de cette dent qui m’a rendu la vie infernale durant plusieurs jours.
    - Et cela ne vous a prit que quelques minutes. Si vous n’aviez pas été un peu poltronne -excusez le terme- vous auriez pu venir un peu plus tôt et éviter bien des tracas.
    - Oui, je le reconnais ; et même pour cette initiative, c’est plutôt ma collègue de bureau qui m’y avait poussée. Je… j’avais peur… Si peur, que j’avais préféré supporter la douleur plûtot que de passer chez un dentiste.
    - Tout ça c’est du passé… Je suis certain que maintenant que vous connaissez les lieux et le dentiste, votre peur ne pourra plus vous jouer des tours.
    Sara acquiesce :
    - Je suis plutôt pressée de revenir pour traiter mes caries.
    - À la bonne heure mademoiselle… Vous serez toujours la bienvenue.
    - Oh… Je crois qu’il y a encore des patients qui attendent pour passer… excusez-moi…
    Dr Yacine secoue la tête :
    - Vous n’avez pas à vous excuser… La discussion avec mes patients fait partie de la thérapie… Je dois mettre le malade en confiance.
    - Et vous réussissez à tous les coups, j’en suis certaine.
    - Pas forcément, disons que je réussis mieux avec les femmes qu’avec les hommes.
    Sara se sentit tout d’un coup gênée. Sans savoir pourquoi, elle se hâte de récupérer son sac et ses affaires et remercia une dernière fois le dentiste avant de quitter le cabinet.
    La journée s’annonçait printanière. Voyant que la matinée était déjà bien avancée, Sara se dit qu’elle ferait mieux de flâner un peu avant d’aller déjeuner. Elle se rendra en début d’après-midi au bureau pour relever certains détails et s’enquérir de l’issue du dernier conseil de direction.
    Elle porte la main à sa joue et sentit un picotement. L’anesthésie commençait à se dissiper, et la douleur n’était plus qu’un mauvais souvenir… Que la vie est belle… !
    La jeune femme se sentit heureuse… Si heureuse qu’elle n’hésita pas à rentrer dans le premier magasin du prêt-à-porter qui se trouvait sur son chemin pour s’acheter une nouvelle tenue de sortie. Elle était une femme coquette et tenait à avoir toujours une garde robe bien garnie. Tant pis pour les dépenses, lorsqu’on peut, par un simple geste, retrouver un bon moral et la joie de vivre.
    Elle opte pour un petit tailleur de ville et une paire de chaussures classiques.
    Comme ses cheveux avaient piètre allure depuis la veille, elle se rendit dans un salon de coiffure pour les laver et les coiffer…
    C’est une Sara métamorphosée qui revint au bureau dans l’après-midi, le sourire aux lèvres et la mine rayonnante.
    Fella s’écrie :
    - On dirait que tu reviens du paradis… Tu ressembles à une petite fée. On peut conclure que cette visite chez le dentiste t’a remonté le moral.
    - Bien plus que tu ne le penses ma chérie. Je me sens si légère, si heureuse… Plus de douleur, plus de stress…
    - Tu vois comme j’avais raison de te conduire chez le dentiste…
    - Oui… et je t’en remercie. Sans toi, que serais-je devenue ?
    - Eh bien, peut-être folle de douleur…
    - Tu as amplement raison, j’avais perdu jusqu’à la notion du temps.
    - Oublions tout ça Sara… Tu as bravé ta peur et tu as réussi à extraire cette vilaine dent.

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 6e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Sara porte la main à sa joue encore une fois :
    -Je n’arrive pas encore à le croire… Je n’ai absolument rien senti… Ce dentiste a des mains d’or… Et …
    Elle secoue sa tête :
    - Je me sens si légère, si sereine depuis que j’ai quitté son cabinet.
    - Bien ma chère… Maintenant, revenons à notre boulot… J’ai pris quelques notes qui peuvent t’intéresser… Nous avons programmé une autre réunion pour demain dans la matinée.
    - Heu… Oui… C’est bien… C’est gentil à toi d’avoir noté ces quelques lignes sur mon agenda… Je vais les étudier ultérieurement… Mais pour la réunion de demain matin, je ne sais pas si je pourrais y assister.
    - Pourquoi donc… ? Tu n’es plus malade à ce que je constate.
    - Non… Je me sens même en pleine forme… Mais je prévois de retourner chez le dentiste.
    Fella regarde son amie curieusement :
    - Il y a à peine deux jours, tu avais la phobie des dentistes et des blouses blanches, et te voilà à peine revenue d’un cabinet dentaire, que tu veux déjà y retourner… J’avoue que je ne comprends plus rien…
    - Il n’y a rien à comprendre Fella… Je vais juste traiter mes caries…
    - Ah ! Madame se découvre des caries maintenant et ne craint plus ni la fraise ni la blouse blanche.
    - Non. Je veux dire que le Dr Yacine m’a conseillé de traiter mes dents, pour éviter justement la douleur et les extractions… Il m’a conseillé de revenir le plus tôt possible.
    Fella pousse un soupir :
    -Tu n’as pas travaillé depuis deux jours… Je me suis tapée tout le boulot et te voilà encore prête à t’absenter pour je ne sais combien de temps… Ce dentiste ne pourra pas attendre la semaine prochaine… ?
    Sara sourit :
    -Ce n’est pas au dentiste de me dicter ma conduite… Disons que je veux en terminer avec mes soins dentaires… Mais si tu y vois un inconvénient, je pourrai programmer la séance pour un autre jour.
    Fella hausse les épaules :
    -Fais ce que tu veux Sara… Je te rappelle seulement tes obligations professionnelles.
    Sara s’approche de son amie :
    -Fella, c’est toi qui m’a entraîné chez ce dentiste… Tu es la première coupable dans l’affaire… Je vais devoir y retourner autant de fois qu’il sera nécessaire…
    Elle fait une moue et poursuit :
    -Ma foi, si tu ne veux pas que j’aille, tu n’as qu’à le dire sans passer par les détours et les raccourcis.
    Fella demeure bouche bée un moment avant d’afficher une expression d’étonnement. Elle allait répondre, lorsque Sara éclate de rire et la tire par le bras avant de lancer :
    -Je t’ai eue… Hein ? Je t’ai eue Fella…
    Elle l’embrasse sur la joue et poursuit :
    -Grâce à toi ma chère amie je ne souffre plus… Et tu trouves qu’il est inconvenant de retourner chez le dentiste… ? Non… Ne dis rien… Je comprends ta réaction… Boulot… Boulot… Te rends-tu compte que nous ne faisons que ça ? Que trimer à longueur de journée durant des années, sans prendre le temps d’aller ni au cinéma ni au théâtre, ou même de se promener… Nous sommes devenues par la force des choses les esclaves de nous-mêmes…
    Elle soupire, et Fella demande :
    -Que veux-tu donc faire d’autre ?
    -Rien de spécial… Je voulais juste me rendre chez un dentiste, et le toit m’est tombé sur la tête… Tu sais pourquoi… ? Tout simplement, parce que durant tout mon parcours professionnel, j’ai été très stricte sur la discipline… Pas d’absence, pas de retard, pas de laisser-aller dans le travail… Et à quoi tout ça m’a-t-il menée… ?
    - A avoir une belle carrière pardi…
    - Ah ! Oui j’ai oublié… Une belle carrière… Un poste de travail qui me permet tout juste d’être à l’abri du besoin… Tu appelles ça une belle carrière, alors que je ne fais que m’installer devant mon bureau depuis plus de dix ans. Mon travail est devenu si routinier que je ne sais rien faire d’autre.
    Sara pousse un long soupir :
    - Pour une fois laisse-moi manquer un peu à la discipline et au règlement… Tant pis pour les conséquences… Cela me changera de mes journées régulières et stressantes, et me permettra de comprendre pourquoi nos collègues s’obstinent tant à arriver en retard et s’absenter sans restriction…

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 7e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Fella, qui avait jusque-là gardé le silence, interrompt son amie d’un geste :
    - Sara… Arrête, je t’en supplie. Arrête ! Tu en as trop dit ou pas assez…
    Je ne sais plus…
    Ce que je constate par contre, c’est que cette visite chez ce dentiste,ne t’a pas uniquement permis d’arracher ta dent.
    - Que veux-tu dire ?
    - Rien de compliqué…
    Tu as bien saisi ma pensée…
    On dirait qu’on a procédé à un lavage complet sur tes neurones.
    Sara se met à rire :
    - Peut-être… Mais c’est plutôt positif. Conçois-en.
    Fella hausse les épaules :
    -Tu as toujours été une fille un peu bizarre des fois. Mais aujourd’hui, avoue que tu dépasses les bornes… Que s’est-il donc passé chez ce dentiste ?
    -Il m’a arraché une dent. Une vilaine dent cariée…
    -Et quoi d’autre… ?
    -Mais rien… Pourquoi ces questions futiles… ?
    -Elles ne sont pas du tout futiles si j’en déduis de par le petit exposé que tu viens de faire sur ta vie, ton boulot, la routine, le stress et je ne sais quoi… Alors que d’habitude tu es la première à faire des remarques acerbes sur les retards, et le travail manqué…
    Sara sourit et porte la main à sa joue :
    -Je suis devenue, disons, un peu plus quiète depuis que je ne ressens plus cette terrible douleur…
    -Que vas-tu donc décider pour demain ? Aller chez le dentiste ou assister à la réunion ?
    -Eh bien… Puisque mon passage chez ce dentiste te paraît bizarre, je vais devoir ajourner mon rendez-vous. à quelle heure a-t-on programmé cette réunion ?
    -Dans la matinée, probablement vers 9h30 ou 10h.
    -Aucun problème… Je vais préparer tout juste les dossiers des projets en cours… Peut-être aura-t-on besoin de quelques détails supplémentaires.
    -Sûrement Sara…
    La semaine se termine sans que la jeune femme ait pu retourner chez son dentiste.
    Elle avait gardé en mémoire la conversation qu’elle avait eue avec lui, et s’était promis de se faire traiter les dents dans les jours à venir.
    Mais des empêchements survinrent.
    Il y eut des missions, des séminaires, des déplacements, et des dizaines de réunions dans les journées qui suivirent, que la jeune femme oublia totalement sa denture.
    Cela fait plus de deux mois qu’elle ne savait plus où donner de la tête.
    Elle travaillait sans relâche.
    Si bien que sa collègue Fella lui en fera la remarque et l’obligera à maintes reprises à déposer son stylo ou à quitter son ordinateur pour aller déjeuner ou prendre un café.
    L’été arrive. Avec les départs en congé, les charges devinrent encore plus intenses…
    Fella prit quelques jours de repos. Sara a dû faire face à des tâches qui la dépassaient.
    Le surmenage la guettait… Et elle savait que le rythme infernal qu’elle avait adopté n’allait pas tarder à avoir raison de sa santé physique et même mentale.
    De temps à autre, elle ressentait une douleur à la mâchoire droite… Une légère douleur qui se réveillait à chaque fois qu’elle prenait quelque chose de chaud ou de froid.
    Un jour en se brossant les dents, elle ouvrit sa bouche toute grande devant la glace du lavabo, et constate une tache noire sur une prémolaire…
    La petite carie que le dentiste avait relevée avait évolué… Sara laisse tomber sa brosse à dents et se met à inspecter sa dentition… Elle s’était promis de retourner chez le dentiste, mais, comme à ses habitudes, elle s’était oubliée…
    Tel un automate, elle s’est plongée dans un boulot interminable, et de plus en plus routinier…
    Ses journées n’étaient plus d’une longue et éternelle répétition.

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 8e partie
    Par : Yasmine HANANE

    La jeune femme revint dans son bureau et, sans trop réfléchir, se saisit de son sac à main et quitte les lieux.
    Dans la rue, elle se met à marcher d’un pas sûr et rapide…
    Il était 13h.
    Elle risque de ne pas trouver le dentiste au cabinet, mais elle se dit que si elle ne s’y rendait pas tout de suite, elle risquerait de ne plus trouver le temps de traiter ses caries.
    Elle sonne à la porte du cabinet, et une minute plus tard l’assistante la reçoit :
    - Le dentiste n’est pas là…
    Vous venez pour une extraction ?
    - Non… Je viens pour des soins… Je sais qu’il est encore tôt, mais… je patienterais… J’espère que le dentiste ne tardera pas…
    - Le Dr Yacine est en congé pour le moment madame… Je suis désolée…
    - En congé ?
    - Oui… Depuis trois semaines…
    Sara repense à ses caries et au travail qui l’attendait au bureau…
    Aura-t-elle le temps de repenser à sa denture dans les jours à venir ?
    - Je suis désolée madame, reprend l’assistante, mais je vous conseillerais de revenir d’ici une dizaine de jours…
    - Oui… J’essayerai… Je… J’espère trouver le temps nécessaire pour revenir.
    Un peu déçue par l’absence inattendue de son dentiste, Sara se met à redescendre les escaliers, l’esprit préoccupé par toutes les tâches qu’elle devrait effectuer dans les prochains jours.
    Elle se sentait lasse, fatiguée…
    Depuis quelques jours déjà, elle n’arrivait plus à trouver un sommeil réparateur qui la remettrait d’aplomb.
    Elle était presque au rez de chaussée, lorsqu’elle se heurta à quelqu’un. Elle relève la tête et se retrouva face à… son dentiste !
    -Alors on est distraite ?
    Sara qui ne réalisait pas encore ce qui lui arrivait se sentit nerveuse :
    -Euh… Je… Excusez-moi… Je… je suis un peu dans les nuages… Mais vous… Vous êtes censé être en congé, votre assistante vient de me l’apprendre, et j’étais un peu déçue par cette nouvelle…
    Elle se mordit les lèvres…
    Pourquoi s’était-elle sentie confuse et désorientée ?
    -Effectivement c’est le cas… Je suis en congé… Je passais juste pour récupérer des documents…
    Comment vous sentez-vous Sara ?
    -Heu… Bien… Je suis un peu dépassée par le travail ces derniers temps…
    - C’est pour cela que vous n’êtes plus revenue au cabinet ?
    -Oui… Mais aujourd’hui alors que j’ai décidé de faire traiter mes dents, vous voilà vous aussi en congé…
    Le Dr Yacine se met à rire :
    - Paradoxalement c’est le cas…
    Il pousse un soupir et se met à la regarder. Sara se sentit de nouveau mal à l’aise…
    Elle déglutit et reprend :
    - De ce fait, je ferais mieux de revenir une autre fois… Au revoir Dr…
    - Attendez…
    Le dentiste l’avait interrompue si brutalement qu’elle sursaute :
    - Pardon ?
    - Attendez… Je pourrais faire une exception tout de même.
    - Une exception ?
    Il reprend d’une petite voix :
    -Oui… Puisque je suis là, pourquoi ne ferais-je pas un premier soin…
    On va commencer le traitement… Vous serez alors obligée de revenir dans une semaine pour une deuxième
    séance…
    -Vous ferez ça pour moi ?
    Elle se mordit encore une fois les lèvres.
    Pourquoi avait-elle posé la question de cette manière ?
    Mais le docteur Yacine ne semblait pas près de lâcher :
    - Je ferais encore plus que ça pour vous obliger à prendre soin de votre denture… Rappelez-vous donc cette douleur qui vous rendait folle…
    Instinctivement, Sara porte la main à sa joue :
    - Vous avez raison… Je… je crois que je devrais écouter votre conseil et commencer tout de suite mes soins.
    - à la bonne heure…
    Il l’invite d’un geste à remonter les escaliers :
    -Après vous Sara.

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 9e partie
    Par : Yasmine HANANE

    La jeune femme se retrouve un instant plus tard installée dans le fauteuil dentaire, alors que le dentiste se lavait les mains avant d’enfiler ses gants.
    Il sort des instruments d’un stérilisateur et demande à son assistante de déposer un verre d’eau et une serviette à côté de la patiente.
    Curieusement, Sara ne ressentait aucune peur cette fois-ci.
    Dr Yacine semblait sûr de lui, et ses gestes étaient très précis. Sara n’avait pas eu le temps d’avoir mal. Elle ne pouvait avoir mal…
    Elle était plutôt contente d’être là, dans ce cabinet et avec cet homme. La révélation la surprend.
    Un bruit la tire de ses pensées. Le dentiste venait de déposer sa fraise :
    -Voilà j’ai nettoyé… Je vais mettre un pansement, et à la prochaine séance, je vais obturer…
    -La prochaine séance ?
    -Oui… Dans une semaine…
    D’ici là je serai rentré de mon congé…
    -Très bien…
    Je vais de ce pas inscrire ce rendez-vous sur mon agenda pour ne pas
    l’oublier…
    -Si vous l’oubliez, la dent vous le fera rappeler… Si vous tardez trop à revenir au cabinet, le pansement finira par tomber, et vous aurez mal.
    -Je ne pense pas oublier ce rendez-vous docteur… Si je dois l’inscrire, c’est juste par précaution…
    -Alors Sara, je vous attendrai.
    -Heu…Oui… Bien sûr… Je… Vous m’attendrez docteur…
    -Yacine…
    -Pardon… ?
    -Appelez-moi Yacine… Je pense qu’on se connaît assez maintenant pour éviter les formalités…
    -Mais…
    Sara ne savait plus quoi répondre… C’était la troisième fois qu’elle se rendait dans ce cabinet dentaire… Ce dentiste, elle ne le connaissait pas du tout… Pourtant, il lui inspirait confiance… Elle le sentait si proche, si attentif.
    - Vous ne voulez pas m’appelez par mon prénom Sara… Je le fais pourtant moi… Je vous appelle par votre prénom… Euh… Je crois qu’il est inutile aussi de se vouvoyer…
    Sara s’essuie les lèvres avant de répondre :
    - Vous ne trouvez pas qu’il est… inconvenant pour une patiente d’appeler son dentiste par son prénom ?
    Sans se départit de son sourire, le dentiste répondit sans hésitation
    aucune :
    - Je crois qu’entre jeunes de la même génération, il est inutile de passer par les formalités classiques…
    Bien sûr je ne peux pas me hasarder à tutoyer n’importe quel patient que je reçois, ou à l’appeler par son nom…
    Mais avec toi Sara, je sens que je n’aurais aucune peine à me familiariser… Cependant si tu y vois un inconvénient…
    Sara confuse l’interrompt :
    -Non… Ce n’est pas ça…
    Je voulais juste garder un certain respect entre nous, et…
    - Mais bien entendu.
    Nous aurons toujours à nous respecter mutuellement… Qui te parle du contraire ?
    -Excusez-moi… Je crois que je me suis mal prise… Heu… Je suis si fatiguée ces derniers temps, que mon cerveau refuse d’assimiler certaines choses… Je… je vous demande pardon, mais je dois absolument retourner au bureau.
    Le Dr Yacine lève les bras au ciel :
    -Mais je ne t’ai pas ligotée Sara… !
    Elle se met à rire nerveusement :
    -Je ne vous reproche rien… Je… je vous remercie d’avoir pris la peine de me recevoir et d’entamer mes soins alors que vous êtes en congé.
    -Tout le plaisir est pour moi… N’oublie pas ton prochain rendez-vous…
    Sara qui s’apprêtait à quitter les lieux se retourne :
    -Non… Je ne pourrais pas l’oublier, puisque la douleur me le rappellera…
    -Ah, ah… Mademoiselle a bien appris la leçon…
    Sara sourit et sortit promptement.

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 10e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle revint au bureau, mais elle n’avait plus envie de travailler. Elle voulu occuper son esprit à quelque chose d’utile, et tenta d’entamer une recherche sur internet. Tiens, pourquoi ne pas se renseigner sur la chirurgie dentaire, après tout, on apprend tous les jours…
    Mais ce n’était pas justement le cas… Sara sentait ses idées s’embrouiller. L’image du dentiste revenait sans cesse devant ses yeux. Elle revoyait ses petites grimaces taquines, son rire frais, et ressentait même jusqu’à la douceur de ses mains sur sa peau, lorsqu’il avait frôlé son visage.
    Elle se demanda soudain s’il était marié. Après tout, cet homme avait tout pour réussir dans la vie. Il était bel homme, avait un beau métier, et semblait être assez cultivé pour tenir une conversation. Elle savait que la conversation qu’elle venait d’avoir avec lui n’avait rien de sorcier, mais tout de même, les manières de ce jeune dentiste lui plaisaient. Il avait du savoir-vivre. Là, elle n’en doutait pas !
    La sonnerie du téléphone la tire de sa rêverie. Elle maudit le travail, et son entêtement à travailler durant la période estivale, alors que tout le monde s’accordait un congé bien mérité… Même le dentiste !
    La revoici encore qui repense à lui !
    Elle décroche le combiné, et répondit hâtivement. Quelqu’un avait besoin d’un renseignement technique, et elle s’empressa de donner suite à la réclamation.
    La journée tirait à sa fin. Sara referme ses dossiers et met de l’ordre dans son bureau avant de se décider à rentrer.
    Comme elle était trop épuisée pour marcher, elle héla un taxi et se retrouva rapidement chez-elle.
    La nuit s’annonçait douce. La jeune femme, qui souffrait d’insomnie ces derniers temps, s’empare d’un livre et s’installe sur le balcon de sa chambre pour un moment de lecture.
    Un petit vent frais venait de temps à autre caresser ses cheveux, et elle se sentit soudain relaxée et heureuse. Pourquoi ? Elle-même ne le savait pas.
    La semaine passe. Fella revint de son congé, et Sara pu enfin respirer. Elle aussi aimerait prendre un petit congé et se reposer, et maintenant que sa collègue était là, il ne pouvait y avoir d’inconvénient.
    Soudain, elle se rappelle son rendez-vous avec le dentaire et les soins qu’elle devrait entamer dans les prochains jours. Ses idées bifurquèrent alors vers son dentiste… Elle devrait terminer ses traitements avant de songer à prendre quelques jours de vacances.
    Elle se sentit un peu nerveuse en repensant à la dernière conversation qu’elle avait eue avec le docteur Yacine…
    Va-t-il encore lui demander de le tutoyer ou de l’appeler par son prénom… ? Elle sourit à cette pensée, et Fella la remarque :
    - Mademoiselle semble aux anges. Quelque chose est arrivé durant mon absence ?
    Sara lève la main d’un air amusant :
    - Rien… sauf que mon dentiste m’avait demandé de l’appeler par son prénom…
    - Je ne te suis pas Sara… Tu… tu parles de ce dentiste où je t’ai emmenée pour arracher ta dent, n’est ce pas ?
    - Oui… mais j’ai dû repasser chez lui pour traiter une carie… Il était en congé…
    - Je ne te suis toujours pas. Tu étais repartie pour te faire traiter une carie, et il était en congé, donc il ne t’a pas reçue…
    - Mais si. Il m’a reçue.
    Fella s’approche de son amie et lui touche le front :
    - Je crois que le stress a eu raison de tes nerfs ma pauvre Sara. Je n’arrive pas à comprendre ce que tu racontes.
    Sara se met à rire :
    - Attends ! laisse-moi donc t’expliquer. Je ne t’ai pas encore tout dit.
    La jeune femme explique alors à son amie ce qui s’était passé chez le dentiste, et l’insistance de ce dernier à l’appeler par son prénom et à la tutoyer. À la fin du récit, Fella regarde son amie d’un air curieux :
    - Petite gourd… Tu es une petite gourde… Cet homme ne te connaissait pas, certes, mais tu as dû lui taper dans les yeux lors de ta première visite…
    - Ne raconte donc pas de sottises Fella, je ne suis qu’une patiente parmi tant d’autres.
    - Cesse de jouer à l’innocente Sara. Tu ne veux donc pas voir la réalité en face ? Cet homme te courtise. Tu lui plais et il te courtise. Que veux-tu de plus comme explication ?

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 11e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Sara garde le silence un moment avant de répondre :
    - Pourquoi me fera-t-il la cour… ? Je pense qu’il reçoit à tout moment dans son cabinet des femmes bien plus jeunes, et bien plus belles que moi.
    Fella hausse les épaules :
    - Tu ne sortiras jamais de ta coquille toi… Ce dentiste ne veut pas d’une autre femme. C’est toi qui lui plait… Ne tente pas de fuir une réalité aussi limpide que l’eau de roche…
    - Tu es trop romantique Fella. Tu vois la romance partout et…
    Fella l’interrompt :
    - Ah… ! Que connais-tu donc au romantisme toi ?
    Elle s’approche encore de son amie et lui chuchote :
    - Dis-moi Sara… ce dentiste te plait-il ?
    Sara rougit et porte la main à sa bouche :
    - Mon Dieu… Je… je n’en sais rien… C’est un homme comme les autres. Pourquoi cette question ? Pourquoi voudrais-tu qu’il me plaise alors que je le connais à peine ?
    Fella lui pince le bras :
    - Ne joue pas aux innocentes avec moi. Quelque chose a dû remuer en toi. Ce qui explique ton euphorie. Allons, ne fais pas cette tête. Je ne vois pas de mal à ce qu’un homme te courtise… Tu es encore jeune et belle, et puis ce qui ne gâche rien, ce dentiste n’est pas mal non plus.
    Sara sourit :
    - Tu trouves ?
    - Aller, petite idiote… la vie est belle. Dieu peut devenir parfois généreux avec ses créatures et leur offrir le bonheur sur terre. Alors pourquoi le refuser.
    Sara se met à rire :
    - Ne saute pas aussi loin. Jusqu’à présent, ce dentiste m’avait juste demandé de le tutoyer…
    - Il a aussi consenti à traiter ta carie, alors qu’il était en congé…
    - Simple coïncidence. Il m’avait rencontrée à l’entrée de l’immeuble…
    - Qu’est-ce que ça lui aurait coûté de te demander de revenir à son retour de congé ?
    - La galanterie.
    - Alors s’il est aussi galant que ça, ne le rate pas. La galanterie aujourd’hui n’est pas l’apanage du premier venu.
    Sara sourit. Au fond d’elle-même, elle ne demandait qu’à faire sa vie… Et si ce dentiste s’intéressait réellement à elle… ?
    - Je ne sais pas quoi te dire Fella… À vrai dire j’ai un peu peur.
    - Mais de quoi donc ?
    - Je ne sais pas. Tout semble aller trop vite à mon avis.
    - Raison de plus pour ne pas te plaindre. Pourquoi faire traîner les choses lorsque le destin se manifeste sous de bons auspices.
    - Tu anticipes trop les choses, Fella… C’était juste un…
    Fella lève la main :
    - Ne recommence pas Sara… Tu as très bien compris… Je te laisse méditer sur ton sort puisque tu ne veux pas m’écouter.
    Sara replonge dans son travail. Elle tente de ne penser qu’au moment présent. Mais son esprit vagabondait. Elle ne pouvait se concentrer. Elle repousse le dossier sur lequel elle était en train de travailler et se lève pour prendre son sac. Fella lui jette un regard surpris et interrogateur. Elle devance alors ses questions et lance :
    - Puisque tu es là Fella, je vais sortir un peu tôt aujourd’hui… Je ne me sens pas d’aplomb pour terminer la journée.
    Fella lui sourit :
    - Je pensais que tu allais te rendre chez ce dentiste.
    - Heu… non… pas pour aujourd’hui. Demain peut-être… Oui, je passerai chez le dentiste demain. Bonne fin de journée Fella.

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 12e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle sortit précipitamment, sans laisser le temps à son amie de poser d’autres questions ou de lui faire encore d’autres remarques.
    Elle se met à marcher d’un pas cadencé et se retrouve en quelques minutes devant l’immeuble de son dentiste.
    Elle se demande s’il était rentré de congé. Elle eut tout de suite une réponse à sa question. Un homme dévalait les escaliers en tenant un mouchoir devant sa bouche… Il venait sûrement de subir une extraction dentaire.
    Sara s’empresse de monter jusqu’au deuxième étage. Elle se sentait un peu nerveuse. Est-ce la peur de souffrir ou est-ce autre chose qui la rendait si agitée ? Le fait de retrouver encore ce dentiste par exemple.
    Pour couper court à ses hésitations, elle tendit la main et appuya sur la sonnette. Une minute passe avant que Yacine ne vienne lui-même lui ouvrir la porte.
    Il sourit à sa vue :
    - Ah ! bonjour Sara… Te voila de retour… Est-ce la douleur dentaire qui t’a rappelé ton rendez-vous ?
    Sara sourit :
    - Non pas vraiment… Je n’ai pas eu mal. Comme… comme j’avais terminé plus tôt mon travail aujourd’hui… j’ai pensé que….
    - Tu as bien pensé… Entre donc et viens t’installer. À vrai dire, comme je viens de reprendre, je n’ai pas eu beaucoup de monde ces deux derniers jours, si bien que même mon assistante ne m’était pas indispensable.
    Sara passe une main nerveuse sur son visage. Le geste n’échappe pas bien sûr au dentiste :
    - Ne sois pas aussi effrayée… Cela se passera bien… Je n’aurais qu’à t’enlever le pansement, et à obturer. La carie n’était pas aussi profonde que je le craignais.
    Sara, qui s’était déjà installée sur le fauteuil dentaire, suivait les gestes du médecin. Ce dernier ne semblait pas du tout incommodé par sa présence. Bien au contraire, Sara le découvre plus gai et plus sûr de lui. Contrairement à elle-même, qui comme pour retrouver un peu d’assurance, s’accrochait de toutes ses forces au fauteuil.
    Le dentiste dépose enfin sa fraise et se met à colmater la dent. Cela prend quelques minutes encore. Sara ne ressentant aucune douleur, se tenait toute sage.
    - Et voila ! c’est fini ! lance le médecin en reculant et en lui tendant une serviette :
    - Tu peux te rincer Sara. Cette dent est terminée.
    Sara se rince la bouche avant de pouvoir répondre :
    - Je ne savais pas qu’on pouvait traiter une dent aussi rapidement et sans douleur.
    - Et pourtant le résultat est là… Je te laisse le soin de tirer une conclusion définitive pour tes prochaines visites chez le dentiste. Cela t’aidera peut-être aussi à surmonter tes phobies.
    Sara sourit :
    - Je crois que je les ais déjà surmontées.
    - Tu en es sûre… ?
    Il avait parlé d’une voix très douce et très calme. Sara lève les yeux et affronte son regard :
    - J’en suis plus que certaine. La peur m’a toujours empêchée de regarder certaines choses en face… Une véritable calamité. Mais je pense qu’en ce qui concerne les soins dentaires, je n’aurais plus jamais de phobie.
    - Bien… Je récapitule : Tu viens pour une extraction dentaire… Je te donne des antibiotiques pour traiter un vilain abcès… Tu reviens plus morte que vive pour une extraction. Ensuite tu suis mes conseils et tu viens pour traiter tes caries. Maintenant tu es prête à revenir au cabinet autant de fois qu’il est nécessaire pour poursuivre tes soins, et cette fois-ci sans aucune appréhension.
    Sara sourit :
    - Oui… Je crois que c’est le cas…
    - Mais cette fois-ci la peur a changé de camp.
    - La peur a changé de camp… ? J’avoue que je ne te suis pas…
    - Tu me tutoies, donc tu me suis déjà.
    Il se met à rire, alors que Sara devenait rouge comme un piment.
    - Ne rougis pas Sara… Tu deviens plus belle, et tu me fais encore plus peur…
    - Hein… ? Je…je te fais peur, moi… ?
    Il s’approche d’elle et lui prend la main :
    - Oui Sara… j’ai peur…
    Elle se sentait encore plus nerveuse et ne réussit qu’à balbutier :
    - Je ne comprends plus rien…
    - Moi non plus…

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  12. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 13e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Un silence s’installe soudain. Yacine court se mettre derrière son bureau comme pour se protéger d’elle :
    -Je ne sais comment t’expliquer Sara… Lorsque je t’ai vue pour la première fois dans mon cabinet, je me suis demandé si je ne rêvais pas… Par la suite, à notre seconde entrevue, j’ai compris que je ne rêvais pas.
    Il devint soudain pensif, et Sara toussote :
    -Hum… Je crois que je devrais rentrer… Il se fait tard.
    Le dentiste se lève d’un bond :
    -Excuse-moi Sara. Je me suis laissé aller… C’est que… je ne sais comment m’exprimer.
    - Une autre fois tu t’exprimeras mieux… Je…je dois rentrer…
    Le dentiste reprend son assurance et s’approche d’elle:
    - Je pense que je t‘ai brusquée. N’oublie pas de revenir pour traiter la molaire gauche…
    - Je tenterais de repasser dès que j’aurais un moment.
    Il lève une main pour l’interrompre :
    -Tu reviendras demain Sara. Il le faut d’ailleurs.
    -Pourquoi donc ?
    - Mais pour traiter ta dent pardi !
    Sara le regarde dans les yeux :
    -Je vois que tu me prends pour une idiote… Ma dent pourra attendre une semaine ou deux n’est-ce pas ?
    Yacine hoche la tête :
    - Effectivement…Mais je préfère traiter le mal à sa racine et…
    Sara s’emporte :
    - Arrête donc de débiter des balivernes… Tu crois que je ne comprends pas tes insinuations. Finissons-en Docteur Yacine. Que veux-tu au juste de moi ?
    Surpris par son emportement et sa réponse, le dentiste contourne encore une fois son bureau et s’installe sur sa chaise avant de se prendre la tête :
    - Je… j’aimerais qu’on soit amis Sara… S’il te plaît ne refuse pas !
    - Mais je ne vois pas la nécessité de toute cette comédie… Une amitié ne se commande pas… Elle vient à point au moment opportun et sans même que l’on se rende compte.
    Yacine ne répondit pas tout de suite…Il se tenait toujours la tête.
    Sara se détourne de lui et s’avance vers la sortie :
    -Une minute Sara !
    La jeune femme se retourne et le fixe :
    -Que veux-tu Yacine ? Si tu continues à me harceler ainsi, je finirai par partir pour ne plus jamais revenir.
    -Mais… Et tes caries… ?
    -Eh bien tant pis… Je les garde. Le jour où j’aurais une rage de dents, je chercherai un autre dentiste. Cela te va ?
    -Non cela ne me va pas… Je suis ton dentiste et je ne veux pas que tu ailles chez un autre… Cela pourrait me rendre jaloux.
    Il s’approche d’elle et reprend :
    - Bien plus jaloux que tu ne le penses.

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  13. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 14e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Il prend une carte de visite sur son bureau et la lui tendit :
    -Reviens quand tu voudras… Mais reviens je t’en supplie… Je te conseillerais de traiter cette carie au plus vite… Tu pourras m’appeler avant de te présenter au cabinet… Il y a mes deux numéros sur cette carte.
    Pressée de quitter les lieux, Sara prend la carte et la met dans son sac, avant d’ouvrir la porte et de sortir.
    Elle n’en revenait pas ! Fella aurait-elle vu juste… ? Ce dentiste la courtisait sans vergogne. Et puis, il lui avait confié qu’il avait peur d’elle. Pourquoi ? Etait-il épris au point de ne pas pouvoir maîtriser ses sentiments. Jamais auparavant elle n’avait rencontré un tel énergumène.
    Elle se met à marcher vite pour chasser ces idées. Après tout, il lui était déjà arrivé de rencontrer des hommes bizarres. Seulement cette fois-ci, il faut le reconnaître, les choses semblent aller trop rapidement… Yacine ne lui faisait pas la cour…Il la voulait… Et sans protocole… Elle avait compris ses intentions…
    Elle relève une mèche de cheveux qui se baladait sur son visage et s’aperçut qu’elle était presque arrivée chez elle. Elle avait marché d’un pas si rapide qu’elle ne s’en était pas rendu compte.
    Quelques jours passent. Sara avait plusieurs fois repensé à la conversation qu’elle avait eue avec Yacine. Elle n’était pas retournée au cabinet le lendemain, comme il le lui avait demandé… Non ! Elle ne voulait pas qu’il pense qu’elle exécutait ses conseils à la lettre… Elle irait traiter sa dent certes. Mais quand cela lui plaira.
    Comme elle était seule au bureau, elle se met à chercher dans son sac la carte de visite qu’il lui avait remise, mais qu’elle n’avait même pas regardée. La carte comportait le nom, le prénom, la qualification professionnelle, l’adresse et deux numéros de téléphone.
    Sara n’avait pas reporté toute la conversation à Fella… Cette dernière avait dû donc se contenter de quelques « conseils dentaires ». Comprenant que son amie ne voulait pas en dire davantage, elle n’était plus revenue sur le sujet.
    Sara se met à réfléchir rapidement : devrait-elle ou non revoir Yacine ?
    Elle regarde encore la carte et se dit qu’elle devrait l’appeler au préalable. Oui… Elle irait au cabinet… Elle irait se faire traiter la molaire gauche… Sans plus cependant. Si Yacine s’avère trop entreprenant, elle n’aura qu’à quitter les lieux.
    Elle se saisit de son portable et compose le numéro. Aussitôt une voix lui répondit :
    - Cabinet du Dr Yacine…
    - Bonjour Yacine… C’est Sara.
    Elle l’entendit pousser un long soupir :
    -Enfin tu consens à m’appeler…
    Sans trop prendre en considération la remarque elle lance :
    -Pourrais-je passer en fin de journée ?
    - Bien sûr… Tu viens quand tu voudras Sara, mon cabinet te sera toujours ouvert et…
    Elle l’interrompt :
    - Parfait… Je passerai vers 17h.
    Sans lui laisser le temps de répondre, elle coupe la communication. Avec les hommes, il faut savoir être ferme parfois.
    Elle termine hâtivement l’étude de quelques dossiers, puis jette un coup d’œil à sa montre bracelet. On était déjà presque à la fin de la journée…
    Elle s’étire, puis se lève et met un peu d’ordre dans son bureau avant d’aller se laver les mains et se brosser les cheveux.
    Il était 17h000 précises lorsqu’elle sonne à la porte du cabinet dentaire.
    L’assistante lui ouvrit et lui indique la salle d’attente.
    - Le dentiste reçoit une patiente…
    - J’ai pris rendez-vous…
    - Cela ne fait rien madame, vous passerez dans un petit moment.
    La jeune femme s’installe sur une chaise et s’empare fébrilement d’une revue, qu’elle se met à feuilleter nerveusement. Elle la dépose au bout de quelques minutes, et se met à arpenter les lieux.
    Yacine recevait une patiente… Et alors ? Il lui avait demandé de passer vers 17h et voilà qu’il n’était pas encore libre pour elle. Au fait qui est donc cette patiente tardive ? Une jeune femme qu’il courtise aussi ?
    Sara sentit un pincement au cœur. Pourquoi se posait-elle donc autant de questions ?
    Elle entendit soudain des voix dans le couloir. Yacine a raccompagné lui-même cette patiente… Pourquoi ?

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  14. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 15e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle se donne un petit coup sur le visage : Vilaine femme… Tu es jalouse ou quoi ?
    -Ah te voici Sara ! Comment vas-tu ?
    Elle sursaute. Yacine venait de la tirer de ses méditations. Elle se lève promptement et lance d’une petite voix :
    - Je vais bien… Et toi ?
    - Maintenant que tu es là, ça ira beaucoup mieux.
    - Je pensais que tes rendez-vous étaient fiables.
    - Mais ils le sont ma chère, pourquoi dis-tu cela ?
    - Il y avait bien une patiente au même moment dans ton cabinet.
    - Oui … Il y a des patients qui s’amènent à la dernière minute. Tout comme toi…
    - Elle avait aussi pris rendez-vous ?
    - Oui… Mais elle était arrivée un peu en retard.
    Il sourit :
    - Tu es contrariée Sara ?
    - Moi ! Mais pas du tout, s’exclame-t-elle.
    Comme il souriait toujours, elle se lève :
    - Je suis là pour traiter ma dent, pas pour négocier un rendez-vous.
    Il lui indique alors la salle de consultation :
    - Allons-y…
    Sara s’installe sans plus tarder sur le fauteuil dentaire, et Yacine entame les soins. Un silence de plomb s’était installé entre eux.
    Enfin il met un pansement tout comme pour la dent précédente, avant de brandir son index :
    - Il ne faut pas mâcher sur cette dent jusqu’à ce que je termine les soins…
    Sara se redresse et prend une serviette en papier pour s’essuyer la bouche avant de demander :
    - La carie est aussi profonde que ça… ?
    - Assez… Le pansement ne tiendra pas longtemps si tu la sollicites trop… Et surtout pas de chewing-gum…
    - Je ne mâche jamais de chewing gum.
    Il sourit :
    - De temps à autre, il faut en mâcher. On appelle ça une gymnastique faciale… C’est surtout bénéfique pour les muscles du visage et du cou.
    - Je n’aime pas le chewing-gum et encore moins le fait mastiquer comme ça dans le vide…
    Yacine souriait toujours :
    - Et moi tu m‘aimes… ?
    - Pardon… ?
    Le dentiste reprend d’une voix plus sûre et sur un ton plus ferme :
    -Et moi tu m’aimes Sara ? éprouves-tu un sentiment pour moi… ?
    Débitée, la jeune femme demeure interdite. La question l’avait prise au dépourvu. Yacine la regardait toujours en souriant. Se moquait-il d’elle ?
    Elle quitte le fauteuil dentaire et tente de remettre un peu d’ordre dans ses cheveux. Yacine s’approche alors d’elle et relève une mèche sur son front :
    - Tu ne veux pas répondre à ma question Sara ?
    Elle relève la tête et le regarde en face :
    -Tu te payes ma tête maintenant ?
    Yacine se rembrunit :
    - Tu me prends pour un idiot ?
    - Tu es loin de l’être mon cher… Où veux-tu en venir donc ?
    Il la regarde et elle lut une grande affliction dans ses yeux. Honteuse, elle baisse la tête et murmure :
    -Je suis désolée… Je ne voulais pas te blesser.
    Il se tut un moment puis reprend d’une petite voix :
    - Je voulais te faire une proposition Sara.
    - Une proposition ?
    - Oui… Veux-tu m’épouser ?

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  15. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 16e partie
    Par : Yasmine HANANE

    La jeune femme ouvre les yeux tout grands et demeure muette un moment avant de prononcer :
    - Maintenant, c’est toi qui me prends pour une idiote.
    - Pas du tout Sara…, murmure-t-il en s’approchant d’elle.
    Il la prend par les épaules et l’attire vers lui :
    - Je veux t’épouser Sara. Je veux que tu sois à moi pour la vie. S’il te plaît ne refuse pas.
    Elle porte une main à son front, puis la laisse tomber. Non elle ne délirait pas… Elle n’avait pas de fièvre.
    - S’il te plaît Sara, ne me repousse pas.
    - Mais c’est insensé Yacine.
    - Pourquoi insensé ?
    - Je crois que tu vas trop vite en besogne. On se connaît à peine.
    - Pourquoi attendre davantage, alors que le destin semble propice ?
    - Je ne connais encore rien de toi Yacine… Et toi non plus, tu ne connais rien de moi.
    - Assez cependant pour passer des nuits blanches à penser à toi. S’il te plaît Sara ne me repousse pas… J’en mourrais ! Je suis si épris que je ne sais plus quoi faire… Il m’arrive de faire des cauchemars… Je te vois partir avec d’autres hommes… Je me réveille alors en sursaut et trempé de sueur… Que veux-tu de plus que ça pour te montrer mon attachement ?
    Elle pousse un long soupir avant de répondre :
    - Je ne peux pas prendre l’initiative de t’accorder ma main parce que tu me demandes en mariage à un moment et à un endroit fort mal choisis.
    Il sourit :
    -C’est le seul moment et le seul endroit que j’ai pu trouver jusqu’à présent. J’aurais pu bien sûr te proposer un rendez-vous plus galant… Mais j’appréhendais tant ta réaction…
    Elle toussote :
    - Bien… Tentons de nous conduire en gens de bonne société… Nous avons tous les deux nos familles aussi… Ne juges-tu pas opportun donc de les consulter d’abord avant de prendre une décision ?
    - Mais je voulais tout d’abord avoir ton opinion…
    Elle soupire encore :
    - Je pensais que les choses sérieuses, telles que le mariage, prenaient bien plus de temps… Mais je découvre que parfois cela ne prend que quelques secondes…
    - Pourquoi attendre, lorsque Dieu lui-même me mets en face d’une réalité que je ne peux nier. J’ai pris cette décision bien plus tôt qu’aujourd’hui…
    Il soupire :
    - Je voulais déjà t’en parler lors de notre précédente entrevue, mais tu ne m’as pas facilité les choses… Alors, ne voulant pas encore rater l’occasion aujourd’hui, je n’ai pas jugé opportun de prendre des gants pour te demander d’être ma femme. Bien sûr, nous allons aussi informer nos familles respectives… Cela va de soi… Tu n’auras qu’à fixer la date qui t’arrange pour que mes parents se présentent chez les tiens, selon nos traditions.
    Il se tait et contemple ses ongles. Sara se met à réfléchir rapidement. Cela fait des années qu’elle échafaudait les scénarios les plus fous sur ce « prince charmant » qui deviendra un jour son compagnon dans la vie, et sur le romantisme élégant qu’il allait déployer pour demander sa main. L’homme de ses rêves n’était pas venu… Enfin pas avec la manière à laquelle elle s’attendait.
    Elle ne savait plus quoi répondre à Yacine. Refuser sa proposition ? Rater le coche ? Alors qu’elle voulait justement rencontrer un homme aimant et prévenant ? C’était trop beau. Trop rapide aussi… Yacine la rencontre deux ou trois fois et lui propose le mariage. Cela s’est passé aussi vite qu’un orage après une journée torride.
    - Alors Sara, tu as perdu ta langue ?
    Elle le regarde et sourit :
    - Non pas ma langue. J’ai perdu plutôt ma sagacité. Je ne devrais pas tarder ainsi dans un cabinet dentaire après les heures de travail et surtout après avoir terminé ma séance de soins.
    Il hausse les épaules :
    - Pourquoi détournes-tu la conversation ?
    - Je ne la détourne pas. Je voulais juste te dire que si j’avais gardé, ne serait-ce qu’un semblant de sagesse en moi, je n’aurais pas hésité à quitter les lieux, mais… Je crois que je deviens moins sage avec l’âge. Je suis un peu folle… Voilà…
    - Une douce folie. J’aime bien ta folie Sara. Elle me permet de comprendre que tu ne refuses pas ma proposition.

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  16. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 17e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle baisse la tête et sourit :
    - A condition que tu prennes le temps de me connaître mieux. J’aimerais aussi que tu comprennes qu’il m’est impossible de me lier à un homme sur lequel j’ignore tout.
    - Nous aurons toute l’existence pour nous connaître et nous découvrir. Pourquoi perdre du temps lorsque le destin devient généreux avec nous ?
    Sara secoue sa tête :
    - Tout de même, cela semble aller trop vite à mon goût.
    - Que veux-tu donc connaître de moi ? Mon âge ? J’ai 42 ans… Mon métier ? Arracheur de dents. Mon adresse ? J’habite dans la même ville que toi. Mes ambitions ? Faire plus tard de la recherche dans mon domaine et devenir pourquoi pas un grand professeur dans ma spécialité… Mon souhait le plus cher ? T’épouser au plus vite.
    Interloquée Sara le regarde un moment, avant d’éclater de rire :
    - Tu es si imprévisible, si… entreprenant. Je n‘arrive pas encore à admettre que tu viens de demander ma main aussi rapidement.
    - Dis oui Sara, je t’en supplie. Dis oui…
    Il joignit les mains et se met à genoux devant elle :
    -Je suis prêt à passer ma vie ainsi à te supplier, jusqu’à ce que tu répondes favorablement à ma demande.
    Emue, Sara s’essuie les yeux et répondit cette fois-ci d’une voix plus calme :
    - Que connais-tu donc de moi Yacine ? Tu ne sais même pas si j’ai un mari ou un petit ami ou tout simplement une relation avec un homme que j’aimerais épouser.
    - Je tuerais tous les hommes qui s’approcheraient de toi…
    - Je t’assure que je ne plaisante pas…
    - Moi non plus…
    - Tu a donc enquêté sur moi… Hein c’est ça ?
    Yacine se relève :
    - Je n’ai pas enquêté, mais j’ai pu avoir tous les renseignements que je voulais sur toi.
    - Tiens ! Tu m’en apprends des choses… Comment as-tu donc procédé ?
    - Je n’ai eu qu’à te suivre.
    Elle le regarde ébahie :
    - Tu m’as suivie ?
    - Oui… Lorsque tu étais venue traiter ta dent alors que j’étais en congé… Je t’ai laissée partir, puis je n’avais eu qu’à te suivre. J’ai appris entre-temps que tu étais cadre dans une entreprise et que tu gagnais assez bien ta vie… Oh rassure-toi… Ce n’est pas l’argent qui m’intéresse, c’est ce sens des responsabilités que tu as développé sans t’en rendre peut-être compte. Mais c’est ta beauté et ta classe qui m’avaient au premier coup d’œil séduit.
    Sara se mordit les lèvres. Cet homme venait de lui confier ses sentiments sans formalités. Il a emprunté le chemin le plus court pour la courtiser. Sa demande en mariage, aussi rapide soit-elle, était suffisante pour la renseigner sur ses intentions… Elle n’avait plus l’âge de jouer à la belle au bois dormant.
    Elle se met à jouer nerveusement avec la lanière de son sac à main puis relève les yeux et lance :
    - D’accord Yacine.
    - Pardon ?
    - J’accepte ta demande en mariage.
    Il sourit en l’attirant contre lui et tente de l’embrasser. Elle le repousse brutalement, et met son sac en bouclier devant son visage :
    -Tu me prends pour qui donc ? Pour une fille sans scrupules ?
    Yacine semblait intimidé :
    -Excuse moi… Je suis désolé… Je n’ai pas pu dominer mon élan… Je voulais juste exprimer mon bonheur… Mais je n’ai pas su m’y prendre… Pardonne-moi Sara… Je ne recommencerai plus. Du moins jusqu’à notre mariage.

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  17. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 18e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle rabaisse son sac et rit :
    - J’y compte bien… Je dois rentrer, il se fait tard.
    - Je pourrais te déposer… Tu seras chez toi en quelques minutes…
    - Non… Je ne préfère pas… J’aime marcher.
    - Alors à bientôt ma chérie.
    - Oui c’est ça… A bientôt.
    - Une minute Sara… Où pourrais-je te contacter ?
    - A mon bureau…
    - Comme un étranger ?
    - Oui… Tu l’es encore… Je ne pourrais te donner dans l’immédiat le numéro de mon portable. Disons… pas avant que les choses ne s’officialisent.
    - Tu es aussi sage d’une déesse indienne… Je ne vais pas te harceler… Mais je pense que ma famille se présentera très bientôt chez toi…
    Sara redescendit les escaliers, en ayant l’impression d’avoir vécu toute une vie dans ce cabinet dentaire, alors qu’elle était venue se faire traiter une dent !
    Elle retrouve peu à peu ses esprits et rentre chez elle. Sa sœur aînée venait d’arriver avec ses deux enfants et son mari.
    Il y avait du monde à la maison, et Sara s’en réjouit. Elle n’aimait pas trop la vie trop paisible et trop calme qu’elle menait avec ses parents… Son existence manquait d’entrain… Ce soir, ses neveux mettaient de l’ambiance… Ils jouaient, riaient, plaisantaient et couraient dans tous les sens… En un mot, ils redonnaient vie au « foyer des retraités » comme elle s’amusait à qualifier son petit « chez-elle »…
    Elle joua un moment avec les petits, discuta avec son beau-frère et sa sœur, puis aida sa mère à préparer le dîner.
    Elle ne sentit pas le temps passer. Lorsque les enfants s’endormirent sur le tapis du salon, elle se rendit compte qu’il était presque 23h. D’habitude à cette heure-ci, elle était déjà dans les bras de Morphée.
    Elle se lève et aide sa sœur à mettre les enfants au lit, puis s’occupe de la vaisselle.
    Ghania vint lui donner un coup de main et elles se mettent à tout ranger dans la cuisine.
    Sara regarde sa sœur… Elle semblait épanouie… Le mariage lui avait redonné confiance et assurance… Ghania est enseignante dans un lycée. Dans ce même lycée où elle avait rencontré son mari. Lui avait-il fait une cour assidue ? Sara n’en savait rien… Elle n’avait jamais voulu pénétrer dans le jardin secret de ce couple qu’elle avait toujours envié… Elle savait que sa sœur avait pour la première fois de sa vie flanché devant le regard brûlant d’un homme aussi formidable que Djamel, son mari.
    - A quoi pense ma petite sœur ?
    La voix de Ghania met fin à ses méditations
    Sara sourit :
    - A rien. Je repense à ma journée…
    - Qui a sûrement était bonne, je présume…
    - Si on veut… Mais je me sens si lasse, si fatiguée ces derniers temps…
    - Pourquoi ne prends-tu pas quelques jours de congé ?
    - J’y ai pensé figure-toi… Mais il se trouve que je viens d’entamer des soins dentaires et je ne peux pas les interrompre… Donc, il m’est impossible pour le moment de penser à me reposer…
    Comme pour confirmer ses dires, elle porte la main à sa joue et l’image de Yacine passe devant ses yeux :
    - Je ne peux pas interrompre mes soins dentaires Ghania.
    - Je ne suis pas sourde. J’ai entendu… Mais tu as mal choisi la période… Les gens sont en vacances et…
    - Non… Pas du tout… Mon dentiste voulait que j’entame les soins le plus tôt possible. Il avait raison… Il y a quelques semaines, j’ai cru devenir dingue par une rage de dent…
    - J’en connais un bout moi aussi… Hier j’ai eu le même problème. Mes dents se gâtent et je n’ai plus le temps de penser à moi… L’école, les élèves, les enfants, les courses… C’est infernal…
    - Mais toi tu es en vacances… Pourquoi ne profites-tu pas de cette opportunité pour traiter tes caries ?
    - Je ne connais pas de bons dentistes dans mon quartier.
    Sans réfléchir, Sara s’exclame :
    - Eh bien, tu n’auras plus à t’en soucier, je t’emmène chez le mien… Il est formidable, gentil, beau et il veut m’épouser…

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  18. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 19e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle était en train d’essuyer les assiettes et suspendit son geste. Elle se mordit la langue puis les lèvres. Elle venait de débiter une phrase qu’elle n’avait pas préparée… Ghania la regardait sans rien dire. Elle tenait un verre sous le robinet d’eau et ne semblait pas prête à le rincer.
    Sara dépose la serviette et l’assiette qu’elle venait d’essuyer. Elle ferme le robinet d’eau qui coulait dans le vide et prend le verre des mains de sa sœur.
    - Viens Ghania… Assieds-toi un moment… Je vais tout te raconter.
    Sans laisser le temps à sa sœur de poser des questions qu’elle pourrait juger indiscrètes, Sara se met à lui narrer son aventure chez ce dentiste qui non seulement voulait traiter ses dents, mais aussi faire d’elle la compagne de ses jours.
    Elle n’omettra aucun détail, et ira jusqu’à certifier à Ghania qu’elle trouvait qu’il précipitait trop les choses, et que c’était pour elle, trop beau, mais trop rapide aussi.
    Ghania l’écoute jusqu’au bout.
    À la fin du récit, elle lance d’une voix plutôt gaie :
    - Tu me cachais des choses… hein petite sœur…
    - Je t’assure qu’il y a à peine quelques heures que Yacine m’a proposé le mariage et…
    Ghania lève sa main et l’interrompt :
    - J’ai tout saisi. Voyons, je ne suis pas née de la dernière pluie Sara.
    - Alors, qu’en penses-tu ?
    Ghania sourit :
    - Parfois le destin prend des tournures inattendues. Mais le seul juge dans cette affaire c’est bien toi. Cet homme te plaît-il assez pour que tu consentes à partager ta vie avec lui ?
    - Ma foi… oui ! Il est beau, jeune, et ne semble pas idiot…
    - Alors, tu as bien fait d’accepter sa proposition. Quand enverra-t-il ses parents ?
    - Je n’en sais rien… Mais je pense que ça sera pour bientôt . Cependant, il y a quelque chose qui me fait encore hésiter Ghania…
    - Quoi donc ?
    - J’ai l’impression d’avoir rêvé toute la scène de tout à l’heure. Ne trouves-tu pas qu’on ne se connaît pas encore assez, Yacine et moi, pour décider de nous unir ainsi ?
    - Non… Pourquoi attendre de se connaître… À trop vouloir perfectionner les choses, on se goure souvent, et c’est là où ça ne marche plus.
    - Tu as pourtant connu ton mari. Tu enseignais avec lui…
    - Oui… mais je ne le voyais pas souvent pour le connaître assez. Moi aussi avant de me lier à lui… j’étais encore une novice dans l’enseignement, alors que Djamel avait déjà de longues années d’expérience. Lorsqu’il a demandé ma main, je n’en revenais pas . Au fond, j’étais secrètement amoureuse de lui… C’était le cas pour lui aussi… mais nous ne nous sommes confié l’un à l’autre que bien plus tard, lorsque nous étions devenus mari et femme.
    - Tu ne regrettes rien donc ?
    - Non. Je peux dire que j’ai beaucoup de chance… Combien de filles de ma génération sont-elles encore là à se morfondre dans leur solitude en espérant qu’un jour la providence va leur envoyer un compagnon pour le restant de leurs jours ? Rien qu’à cette pensée, j’en ai froid au dos. Tu imagines un peu la vie d’une vieille fille… ? Un avenir sombre, et de longues journées d’angoisse. Grâce à Dieu, j’ai pu faire ma vie au moment opportun, et ne t’amuse pas à rater la tienne Sara.
    Sara ne répondit pas tout de suite. Elle se sentait heureuse mais un peu mélancolique. Yacine semble l’aimer sincèrement, et n’était pas passé par quatre chemins pour lui déclarer son intérêt pour elle. Que voulait-elle donc au juste ?
    Elle repense à ses parents. On les avait mariés alors qu’ils étaient encore des adolescents. Comme tous les couples de leur génération, ils ne s’étaient connu qu’après leurs noces. Et pourtant ils avaient vécu heureux et comblés… Leur vie a été un fleuve tranquille.
    Elle revint vers sa sœur et lance :
    - Yacine connaît tout de moi en fait. Il m’a suivie et a dû enquêter pour connaître mon âge, ma situation de famille, ma profession…
    - Quel mal y a-t-il a cela… ? Tu n’as rien à cacher je présume ?
    Elle rit :
    - Oh Sara ma chérie ! Tu n’as plus l’âge de jouer à la fine bouche. Je pense que le destin a déjà décidé pour toi…
    - C’est ce que je me disais aussi.

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  19. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 20e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Quelques jours passent… Un après-midi, alors qu’elle revenait de son boulot, Sara trouve ses parents et sa sœur en pleine discussion avec des gens qu’elle ne connaissait pas… Et pourtant lorsqu’elle rencontre le regard espiègle de Yacine, elle comprit.
    Deux mois suffirent pour officialiser les fiançailles et célébrer le mariage…
    Yacine s’avéra un être très attentionné et très épris. Sara ne pouvait mieux tomber. Ils convolèrent en justes noces et partirent passer des jours heureux dans un pays méditerranéen.
    Sara découvrit que Yacine avait déjà un appartement confortablement meublé, pas trop loin de son lieu de travail. Ce qui l’arrangeait elle aussi.
    Elle pensa à passer son permis de conduire, et se dit qu’avec ses petites économies elle pourra s’offrir bientôt un véhicule.
    Elle se sentait cependant un peu nostalgique. Elle était habituée à vivre auprès de ses parents, et surtout de sa mère qui la gâtait….
    Jamais auparavant elle ne se souciait de préparer le dîner, ou à faire le ménage lorsqu’elle rentrait trop fatiguée en fin de journée. Hélas ! Ce temps-là était révolu. Désormais, elle avait un mari et était responsable d’un foyer.
    Ses beaux-parents habitaient une ville de l’intérieur, et Yacine lui assura qu’ils ne venaient que rarement lui rendre visite. Ils étaient vieux, et c’était plutôt lui qui songeait de temps à autre à se rendre auprès d’eux.
    Le temps s’écoulait paisiblement. La jeune femme découvrait en Yacine le mari qu’elle avait toujours recherché. Il était bon avec elle et tentait de répondre à toutes ses sollicitations sans rechigner. Il l’aidait à entretenir la maison, faisait les courses avec elle, la déposait chez son esthéticienne ou sa coiffeuse, lui offrait des cadeaux somptueux…
    Elle repensait de temps à autre à la scène qu’elle avait eue dans son cabinet, alors qu’il lui proposait de partager sa vie. Elle avait faillit rater le coche par ses nombreuses hésitations. Heureusement qu’il avait vu juste et s’était empressé d’effacer toutes ses craintes… Et le résultat était là. Elle ne trouvera jamais ailleurs un mari tel que le sien.
    Elle feuilletait une revue au salon, lorsqu’elle entendit la clé tourner dans la porte d’entrée. Yacine venait de terminer sa journée. Elle jette un coup d’œil à sa montre : 21h. Ce n’était pas trop tôt. Cela faisait déjà quatre mois depuis qu’ils étaient mariés, et Sara savait que parfois son mari était retenu par des rendez-vous tardifs. Des hommes d’affaires, des diplomates, des gens de la haute société qui n’aimaient trop attendre, et tout ce monde voulait se faire traiter chez son mari, car il comptait parmi les meilleurs dentistes de la ville.
    Un soir, alors qu’elle lui reprochait ses retards, Yacine lui certifia que s’il n’avait pas cette clientèle, il aurait fermé son cabinet depuis des lustres. Les coûts excessifs des traitements et des soins dentaires n’étaient pas à la portée de toutes les couches sociales. Parfois, il se voyait même contraint de revoir ses tarifs, alors qu’il savait qu’il ne pouvait rentrer dans ses comptes, et amortir ses dépenses.
    Compréhensive, Sara se voit contrainte de respecter les retours tardifs de son mari et s’habitua à son emploi du temps irrégulier.
    Pour ne pas trop s’ennuyer, elle faisait les courses, préparait le dîner, mettait de l’ordre dans la maison, avant de se mettre devant la télé, ou de s’adonner à l’une de ses passions favorites : la lecture.
    Elle avait de la chance, car Yacine possédait une bonne bibliothèque et elle ne se faisait pas prier pour se “servir” des titres qu’elle recherchait depuis des années, et qui n’étaient plus disponibles dans les librairies contemporaines.
    Elle aimait les œuvres classiques. Et bien qu’elle en possédât des dizaines, Yacine avait collectionné des séries et possédait pratiquement des œuvres inédites ou édités en quantités limitées.
    Comme il voyageait souvent, il n’avait pas hésité à enrichir sa bibliothèque. Il était heureux de constater que sa propre femme partageait sa passion dans ce domaine. Et pour cela, ils passaient tous les deux des heures entières à discuter des titres lus et des histoires écrites par des hommes de lettres, méconnus à leur époque, mais que la notoriété avait fini par rattraper après leur disparition des siècles plus tard..

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  20. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 21e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Sara aimait ces discussions où elle découvrait que son mari n’était pas un « inculte ». Elle avait eu à rencontrer des hommes prétendus cultivés mais qui, en réalité, ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez.
    Elle avait toujours eu un penchant inné envers les hommes de culture… La voici donc bien servie dans ce domaine.
    Un soir, alors qu’elle débattait d’un sujet sur l’Atlantide avec son mari, la sonnette d’entrée retentie. Yacine alla ouvrir, et revint une seconde plus tard accompagné d’un homme que Sara ne connaissait pas.
    - Nous avons de la visite ma chère, lance-t-il gaiement… Sara, je te présente Nassim… un ami d’enfance. Nous avons usé les fonds de nos culottes sur les mêmes bancs scolaires. Après ses études supérieures, Nassim est parti en France pour préparer une spécialité en informatique.
    Nassim tendit la main à Sara :
    - Mes hommages madame. Yacine m’a fortement surpris en m’apprenant son mariage. Je vois qu’il n’a pas menti et qu’il a fait le bon choix aussi.
    - Merci Nassim.
    Elle interroge son mari du regard. Lisant dans ses pensées, il la devance :
    - Bien entendu, Nassim va dîner avec nous. Cela fait des siècles qu’on ne s’est pas revus, et je n’ai pas l’intention de le lâcher de sitôt.
    - Qu’il soit le bienvenu… Je vais dresser la table, nous allons dîner dans quelques minutes.
    Durant tout le repas, Nassim ne cessa de plaisanter et de raconter des anecdotes. Il posa des questions à son ami, l’interrogea sur certaines de leurs connaissances, puis revint vers Sara :
    - J’ai toujours entendu dire que le destin faisait bien les choses. Maintenant je le crois. J’espère qu’il fera la même chose avec moi (il rit). Je suis un peu jaloux de Yacine. Il a non seulement choisi une femme belle à souhait, mais aussi élégante et cordon bleu…
    - Et très cultivée, rajoute Yacine en faisant un clin d’œil à sa femme.
    - Comment as-tu donc fait pour dénicher une perle aussi rare ?
    - Je n’ai pas eu à la dénicher… Tu viens de le souligner toi-même, le destin a tranché pour moi. Souhaitons qu’il en fasse autant pour toi. Au fait, je me demande comment un homme tel que toi, qui a vécu dans pratiquement tous les pays d’Europe, n’a pas encore le pied dans l’étrier.
    Nassim soupire :
    - J’ai consacré beaucoup de temps à faire de la recherche. J’avoue que j’ai rencontré des femmes de tous les niveaux et de toutes les catégories, les unes plus belles que les autres, mais aucune d’entre elles ne m’a accroché.
    Yacine se met à rire :
    - Nous prenons de l’âge mon vieux. Notre jeunesse commence à se rider…
    - Je sais… Mais toi non plus tu n’as pas pensé à te marier plus tôt, hein ?
    - Oui… j’étais hésitant comme toi… Mais lorsque j’ai rencontré Sara, j’avoue que j’étais prêt a brûler les étapes. D’ailleurs j’ai tellement précipité notre mariage que même nos deux familles n’arrivèrent pas à réaliser que nous nous étions enfin décidés à mettre fin tous les deux à un célibat plus qu’endurci.
    Nassim rit :
    - Eh bien, j’aimerais moi aussi être contaminé par une telle fièvre… Mais jusqu’à présent, je n’ai pas trouvé chaussure à mon pied.
    - Ne sois pas trop exigeant, sinon tu vas rater le coche.
    - Je ferais confiance à la providence… Qui sait… ? Peut-être qu’en sortant de chez-vous, je tomberais sur la femme de mes rêves.
    Sara, taquinée, demande :
    - Tu la vois comment donc cette femme ?
    Sans hésitation aucune Nassim lance :
    - Tout à fait comme toi.

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  21. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 22e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Sara rougit. Elle avait senti que Nassim la dévorait des yeux. Il était bel homme lui aussi… Lorsqu’il riait, deux fossettes se creusaient sur ses joues, lui donnant un air de jeune premier. Son sourire dévoilait de belles dents blanches et bien alignées. Ses yeux avaient la couleur des braises ardentes d’un âtre qu’on venait d’allumer. Sara se disait que si elle l’avait rencontré plus tôt, elle serait tombée à coup sûr sous son charme.
    Le dîner terminé, ils passèrent au salon où la jeune femme servira un thé à la menthe accompagné de petits fours aux amandes. De nature gaie et joyeuse, Nassim ne cessa de rire et de plaisanter le long de la soirée. Grâce à lui, ils passèrent d’agréables moments et ne virent pas le temps passer.
    Lorsqu’il les quitta vers minuit, le jeune couple se rendit compte que cela faisait belle lurette qu’ils n’avaient pas veillé autant. Pris tous les deux dans l’engrange de leur travail, ils sortaient de temps à autre le week-end, mais ne tardait pas trop… Une ou deux fois, ils avaient diné au bord de la mer, puis dans un restaurant non loin de la grande route… Juste pour changer… Mais Sara avait trouvé ces soirées monotones.
    Elle aimait plutôt les grandes sorties printanières et les vacances. Pour elle, sortir, c’est s’éloigner. Quitter la ville. Changer d’entourage… C’était là le seul moyen de se déstresser.
    Que ce soit pour un week-end ou pour une seule journée, tourner en rond en ville ou aux alentours ne changeait pas grand-chose.
    Ce soir, la seule présence de Nassim avait égayé la maison. Le jeune homme avait mis de l’ambiance et détendu l’atmosphère.
    - Il est né au printemps, lance Yacine d’un air amusé. Je l’ai toujours connu comme ça… Un peu fou, un peu lui-même, un peu drôle. À l’époque du lycée, toutes les filles étaient amoureuses de lui.
    Sara sourit :
    - À cet âge, on tombe facilement amoureuse du premier garçon qui nous fait rire.
    Yacine lui jette un regard curieux :
    - Dois-je comprendre que tu es tombée toi-même amoureuse du premier garçon qui t’a fait rire.
    Elle rit puis prend un air mi-sérieux mi plaisantin pour répondre :
    - En seras-tu jaloux si je te disais que j’ai aimé un garçon qui était un peu comme Nassim… Un véritable Don Juan.
    - C’est bien le mot. Un Don Juan… Nassim sera toujours ainsi. C’est un tombeur de dames… Combien de cœurs brisés a-t-il laissés derrière lui ? Dieu seul le sait.
    - C’est un gentil bonhomme tout de même. Avec le temps, il finira par s’assagir.
    - Avec le temps ? Quand donc ? Il a déjà la quarantaine bien sonnée.
    - Oh ce n’est rien… Ce n’est pas toujours l’âge qui apporte la sagesse. Nassim aurait plutôt besoin d’une femme qui le comprendra, et qui saura faire vibrer sa corde sensible.
    Yacine l’attire à lui :
    - Tout à fait comme moi… n’est ce pas ma chérie ?
    Elle hoche la tête :
    - Pourquoi pas ? Le destin fait toujours bien les choses… n’est-ce pas ce que tu as tenté de faire comprendre à ton ami ?
    Il sourit :
    - On dirait que tu as bien assimilé le cours, ma puce…
    Elle prend un air courroucé :
    - D’abord je ne suis pas une puce… ensuite ce n’est pas toi qui va m’apprendre un cours sur le destin et ses secrets.
    Ils rirent et Yacine lance :
    - Je récapitule… Dans le noir d’une nuit que rien ne prédestinait à des confidences, un couple méditait sur son sort. Facteur déclenchant : un intrus dans la cellule familiale…
    Une semaine plus tard, Nassim les invite à diner dans un grand restaurant sur la côte. Il offrira, à l’occasion, un parfum coûteux à Sara, et un portable fort sophistiqué à Yacine.
    - C’est vraiment trop… s’écrie Sara émue. Tu n’aurais pas dû faire autant de folies Nassim.
    - Je jugerais plutôt aberrant de n’avoir rien offert à mon ami Yacine et à son épouse. Certes je n’ai pas assisté au mariage, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Tout le plaisir est pour moi d’ailleurs.
    - Merci Nassim… Yacine ne pourra jamais rencontrer un ami aussi fidèle que toi. N’est-ce pas Yacine ?

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  22. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 23e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Ce dernier hoche la tête en souriant :
    -Lorsque j’ai connu Nassim, il avait de la morve au nez et chialait comme une fontaine lorsque l’enseignant le sermonnait. C’était un garçon timide et effacé que j’ai toujours assisté.
    Nassim se met à rire :
    - Et toi tu étais la terreur de la classe… Combien de fois ne t’a-t-on pas mis au piquet ?
    - Oui. Mais je ne me bagarrais pas pour rien… Je défendais les faibles comme toi…
    - Oui c’est ça. Tu étais le superman…
    Il se retourne vers Sara :
    -Un jour, il s’était même procuré un couteau pour faire peur à un autre gamin de son espèce… Il l’avait menacé de lui arracher toutes ses dents, s‘il continuait à lui mettre de l’ombre… Monsieur voulait être le seul chef de la classe.
    - Il voulait lui arracher ses dents ? C’était donc une prédisposition vers sa profession future.
    - Peut-être. Mais qui aurait dit que le terrifiant Yacine allait s’assagir, devenir dentiste et épouser une femme aussi formidable que toi.
    Sara toussote :
    -Hum… A propos de femmes, vous avez dû en faire des malheureuses dès votre adolescence.
    Les deux amis se regardèrent avant d’éclater de rire… Sara les regarde curieusement à tour de rôle :
    -Pourquoi riez-vous autant… Ai-je dis quelque chose de ridicule ?
    Les larmes aux yeux, Yacine lève une main pour protester :
    -Non… Nous rions parce que tu nous a rappelé une anecdote…
    -Ah ! Une anecdote avec une femme ?
    Nassim s’arrête de rire pour lancer :
    -Il va falloir que je te raconte ce passage inoubliable de notre jeunesse.
    Il regarde Yacine qui riait toujours et prend une longue inspiration :
    -Nous allions sur nos dix-sept ans tous les deux, et nous étions en terminale. Il y avait des filles dans notre classe… Les unes étaient belles, les autres moins belles, mais bien plus intelligentes… On dirait que la nature s’était amusée à doter d’un don les unes, aux dépens des autres… Bref ! Nous étions plusieurs garçons à courir derrière la “reine”, une jolie fille de l’Est, qui ne laissait personne indifférent… Nous allions jusqu’à lancer des paris sur elle… Qui pourra lui parler le premier, qui pourra l’accompagner, qui pourra lui prêter ses livres, ou l’aider à faire ses devoirs. Mais cette “reine” ne s’intéressait ni aux garçons ni même aux filles… Elle avait un seul but dans la vie : décrocher son bac et aller à l’université.
    Il se met à rire et Yacine en fit de même :
    -Tu te rappelles de tout ça Nassim ?
    -Et comment ! Je ne pourrai jamais oublier ce qui s’était passé.
    Il revint vers Sara :
    -Nawel, notre fameuse reine, avait fière allure. Elle était moyenne en classe et n’était pas très intelligente. Ce qui ne voulait pas dire qu’elle était idiote… Disons qu’elle était futée. Il fallait donc user de la ruse pour l’approcher. Yacine lance alors un pari devant les garçons : il va la harceler et lui faire une cour assidue, jusqu’à ce qu’elle consente à sortir avec lui.
    Pour commencer, il se met à rédiger un texte assez “chaud” à son intention. Une lettre d’amour dans laquelle il déclarait sa flamme. Il termine par des vers poétiques et parfume le papier avant de le glisser dans une enveloppe. Voilà tout est là pour un premier pas… Seulement, il fallait aussi songer à la façon de lui transmettre cet écrit.
    Quelqu’un proposa alors de le glisser dans un des livres de cours que parfois nous nous passions pour les révisions. Un garçon propose le livre de géographie que Nawel devait lui emprunter. Yacine glisse alors l’enveloppe entre les plis de l’ouvrage et attendit. C’est alors qu’un événement inattendu se produit. Une fois le livre entre ses mains, et sans même prendre le temps de l’ouvrir, Nawel le passe à une “grosse patate” moche comme un pou, en échange d’un livre de littérature….
    Cela s’était passé si vite que nous nous en sommes à peine rendu compte… Mais le comble, c’est que le message romantique de Yacine avait atterri chez cette fille !

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  23. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 24e partie
    Par : Yasmine HANANE

    - Tu ne pourras jamais imaginer la suite… (il rit). En plein cours, cette fille, fort surprise de recevoir pour la première fois de sa vie un écrit aussi enflammé, se lève et se dirige tout bonnement vers Yacine, qu’elle se met à embrasser et à étreindre en plein cours. Yacine se débattait comme un diable et lançait des appels au secours… Nous étions tous pris d’un fou rire et aucun des garçons n’avait pu faire quoi que ce soit… En fin de compte, c’était notre professeur qui avait mit fin à cette mascarade. Depuis ce jour, Yacine n’avait plus jamais osé courtiser une fille… du moins jusqu’à l’âge adulte.
    Sara regarde son mari qui riait :
    - C’était ta première leçon dans le domaine je présume…
    - Oui… et la dernière. Depuis ce jour, j’ai décidé d’être plus vigilant avec les femmes.
    - Il a eu la peur de sa vie. La pauvre fille avait cru un moment qu’elle l’intéressait vraiment.
    - C’était bien méchant de notre part Nassim. Nous avions fait vivre à cette malheureuse un mauvais quart d’heure par la suite.
    - Oui… Elle avait eu une sanction, et tu avais nié avoir rédigé cette lettre. Le prof avait compris que c’était une simple farce. Une farce qui avait faillit virer au drame.
    - Vous étiez tous les deux de vilains garçons.
    - La jeunesse ma chère amie… Il fallait bien vivre cette époque. Ah ! le bon vieux temps ! À l’université, Yacine avait fait des jaloux… Il était beau et très élégant, et c’était plutôt les femmes qui le courtisaient. De quoi rendre malade son entourage masculin.
    Sara se met à rire :
    - Et toi donc… ?
    Nassim cesse de rire :
    - Heu… moi… je cherchais la fille de mes rêves.
    - Et tu l’as trouvée… ?
    - Pas jusqu’à ces derniers temps.
    Yacine lance sur un ton taquin :
    - Ce qui veut dire que tu vas bientôt nous présenter ta future compagne.
    - Peut-être… lance Nassim sur un ton qui, paradoxalement, semblait triste.
    - Allons mon ami… nous sommes tous un peu “craintifs” lorsqu’il s’agit de s’allier… Mais tu n’as plus l’âge de faire languir cette fille. Et puis de quoi pourras-tu te plaindre, si c’est cette femme que tu recherchais depuis longtemps…
    Nassim soupire :
    - Je ne sais pas encore si elle partage mes sentiments.
    - Pose lui donc la question. Nous ne sommes plus des enfants pardi !
    Nassim hoche la tête :
    - Oui… j’essayerai.
    - Je pourrais peut-être t’aider, lance Sara.
    Il relève brusquement les yeux vers elle :
    - C’est vrai… ? Tu feras ça pour moi… ?
    - Et pourquoi pas… ?
    Il se met à se gratter la tête :
    - Je… je vais tenter de discuter avec elle…
    - Vit-elle à l’étranger ?
    - Non… je… je l’ai connue içi, au bled… Je viens de faire sa connaissance.
    - Une Algérienne alors ?
    - Bien entendu… Malgré mes voyages à travers l’Europe et même ailleurs, j’ai toujours préféré une fille de mon pays.
    - Alors le problème ne se pose pas Nassim…Tu n’auras qu’à l’inviter à prendre le thé chez-nous.
    - Oui. Renchérit Yacine… pourquoi ne pas la ramener à la maison ?
    Nassim garde le silence un moment avant de répondre :
    - Je vais lui en faire la proposition.
    - Donne-lui aussi le temps de s’habituer un peu à toi.
    - Oui… heu… Oui, c’est çà… Il me faut du temps…

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  24. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 25e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Deux jours passent. Un soir, alors que Sara était occupée à préparer le dîner, on sonne à la porte. Elle s’empresse d’aller ouvrir tout en espérant que ce soit Yacine.
    - Salut, lance une voix joviale.
    - Oh ! salut… Salut Nassim… Je pensais que c’était mon mari…
    - Ce n’est que moi…
    Il l’embrasse sur les deux joues :
    - Tu vas bien Sara ?
    - Oui ça va… Entre donc.
    - J’aimerais bien… Mais si Yacine n’est pas encore là, je pourrais revenir plus tard.
    - Allons donc…. tu n’es pas un étranger Nassim. Viens t’installer au salon. Yacine ne tardera pas à rentrer.
    - Il rentre tous les jours aussi tard ?
    - Cela dépend de sa clientèle. Il y a, comme cela, des jours où il est retenu par son travail.
    Elle le précède au salon et met la télé :
    - Je te sers quelque chose ? un café ? un jus… ?
    - Ce que tu voudras Sara… Je ne suis pas sensé passer ce soir, mais comme je dois repartir en Europe dans deux jours, j’ai pensé à venir vous faire mes adieux…
    - Des adieux… ? Pourquoi dis-tu cela… ? Ce n’est peut-être qu’un “au revoir et à bientôt”.
    Nassim toussote :
    - J’aurais aimé m’installer définitivement dans mon pays.
    - Qu’est-ce qui t’en empêche ?
    Nassim la regarde mais ne répondit pas. Il s’approche de la bibliothèque, et se met à parcours les titres des livres alignés sur les rayonnages. Il passe une main caressante sur une encyclopédie, puis se saisit d’une revue qu’il se met à feuilleter. Sara se sentit mal à l’aise tout à coup. Elle s’esquive pour se rendre dans la cuisine, où elle éteint le feu sous la marmite qui bouillait et qu’elle avait presque oubliée. Elle prend une bouteille de jus d’orange dans le réfrigérateur, dépose deux verres sur un plateau et retourne au salon.
    Nassim se tenait toujours devant la bibliothèque. Il lui prend le plateau des mains et le dépose sur la table basse avant de remplir les verres :
    - Assieds-toi Sara… J’aimerais t’avouer quelque chose. Je pense que le moment est bien choisi… Ce que je vais te dire ne concerne que nous deux.
    Sara sursaute. Que voulait-il dire par là… ?
    Nassim vint s’asseoir auprès d’elle et se met à la contempler. Elle baisse les yeux et se met à jouer avec son verre. Une gêne s’installe entre eux. La télé diffusait un documentaire sur la musique universelle et des airs classiques emplirent l’atmosphère. Le jeune homme s’approche de Sara, qui tente de s’éloigner de lui. Mais il lui prend la main et la porte à ses lèvres :
    - Sara … Oh Sara ! Si tu savais…
    - Je dois savoir quoi au juste Nassim ? Lance-t-elle d’une voix craintive tout en tentant de se relever.
    Mais il retint sa main et l’oblige à se rasseoir.
    - Je ne sais pas où tu veux en venir Nassim… mais Yacine ne va pas tarder à rentrer…
    - Raison de plus pour profiter de ces précieux moments où nous sommes encore seuls.
    - Pour… pourquoi… Que veux-tu dire par là ?
    Pour toute réponse, Nassim approche ses lèvres des siennes et se met à l’embrasser. Elle est prise au dépourvu mais ne tenta ni de crier ni de le repousser, et encore moins de lui résister. Surprise par sa propre réaction, elle se laisse aller contre lui. Il resserra son étreinte et se met à lui caresser les cheveux, avant de lui chuchoter à l’oreille :
    - Je n’ai jamais apprécié une femme dans ma vie autant que toi Sara… Je ne savais pas que le l’amour pouvait me foudroyer ainsi au moment où je ne m’y attendais pas et surtout dans la maison d’un ami qui m’est très cher. Je suis honteux de moi-même… Honteux pour nous deux…. Sara se détache de lui et s’éloigne comme si elle venait de se rendre compte que ce qu’elle venait de faire n’était pas correct. Elle porte une main à sa bouche et s’écrie :
    - Qu’avons-nous fait Nassim ?
    - Rien de mal ma chérie… Nous nous aimons… Nous nous apprécions….
    - Mais je suis mariée… Je suis la femme de ton ami.
    - Et c’est ça qui me chagrine. Pourquoi… pourquoi ne t-ai-je pas rencontrée plus tôt Sara ?
    Elle hausse les épaules et se met à se ronger un ongle :
    - Ce que nous venons de faire n’est pas du tout correct Nassim… Je t’ai ouvert ma porte, je t’ai reçu, et voila que…

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  25. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 26e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Il lève une main et l’interrompt :
    - J’ai lu l’amour dans tes yeux, ma chérie, à la première minute où nous nous sommes rencontrés… J’ai ressenti les pulsations de ton cœur, et j’ai failli devenir fou en découvrant que ton âme appelait la mienne. Sara, sois honnête… ne me dis pas que je te suis indifférent…
    Elle tente de protester mais il poursuit :
    - Tu aurais pu te dégager de mes bras, crier, m’insulter… Mais tu ne l’as pas fais. Pourquoi ? Je vais te le dire : tu ne pouvais pas… L’élan qui te poussait vers moi était au dessus de tes forces. Regarde donc la vérité en face.
    - Mais… mais je suis mariée… J’ai un mari.
    - Qu’à cela ne tienne… Tu divorceras…
    - Pardon… ?
    - Tu divorceras et je t’emmènerais loin d’ici… Tu seras ma reine et je serais ton esclave…
    - Mais tu es fou. Nous n’avons que quelques mois de vie commune moi et Yacine… Je n’ai aucune raison valable pour demander le divorce.
    - Il y en a justement une. Et elle est bien valable : nous sommes amoureux l’un de l’autre.
    Elle tente de protester :
    - Non. Je ne suis pas amoureuse de toi… Je suis mariée… Mon mari est très attentionné. Très correct avec moi. Je ne pourrais pas jouer avec ses sentiments et le faire souffrir. Je ne pourrais pas me conduire comme une épouse infidèle et…
    - Trop tard ! C’est déjà fait Sara… s’écrie Nassim en l’interrompant.
    Elle le regarde d’un air curieux :
    - Quoi donc… ?
    - Tu es tombée amoureuse de moi. Tu ne voulais pas le reconnaître .Tu as tenté de lutter contre tes propres sentiments. En vain. Alors tu as fini par nager dans le sens des vagues sentimentales. N’est ce pas ?
    Sara se laisse tomber dans un fauteuil et se prend la tête entre les mains :
    - Mon Dieu… Mon Dieu… Qui aurait cru qu’un jour, je vais tomber aussi bas…
    - Aussi bas ? Tu veux-dire que tu regrettes ?
    Elle hoche la tête :
    - Je ne pourrais plus regarder mon mari en face.
    Nassim semble aussi consterné qu’elle. Il se met à marcher de long en large avant de lancer sur un temps empreint d’amertume :
    - Quand je pense à Yacine… Je sens mon cœur se serrer moi aussi. Yacine est un ami d’enfance. Un mec très bien. Il a toujours été correct et respectueux. Malheureusement tu es sa femme… Tu me vois désolé, mais je ne pourrais jamais dominer mes sentiments envers toi.
    À ce moment précis, on entendit la clef tourner dans la serrure de la porte d’entrée. Sara sursaute, mais Nassim pose une main rassurante sur son épaule :
    - Ne change rien à ton comportement… Je suis venu, tu m’as reçu… Nous avons discuté. Tu t’esquiveras pour servir le dîner comme d’habitude…
    Yacine apparaît au seuil du salon en défaisant sa cravate. Il est surprit de rencontrer Nassim chez-lui :
    - Nassim… Quelle surprise ! Si je m’y attendais…
    - Et moi qui pensais te trouver déjà rentré.
    - Désolé cher ami, des patients tardifs…
    - C’est ce que vient de m’expliquer Sara.
    - Je vois qu’elle a fini par comprendre… Au début de notre mariage, elle me sermonnait souvent sur mes retours qu’elle trouvait trop tardifs, mais depuis quelque temps, j’avoue que j’ai la paix.
    Ils rirent.
    Profitant de leur conversation, Sara s’était levée et avait quitté le salon. Elle se rendit dans la cuisine et se laisse tomber sur une chaise. Comment pourra-t-elle affronter le regard de son mari alors qu’elle venait de le trahir avec son propre ami ? Cet ami qui était justement en train de rire avec lui comme si de rien n’était.
    Elle repense à ce qui s’était passé entre eux et se sentie coupable. Pourra-t-elle supporter cette sensation et la cacher aux yeux de Yacine ? Elle n’en savait rien. Ce qu’elle savait par contre, c’est que quelque part en elle, quelque chose s’est brisé et elle ne pourra plus jamais le recoller.
    Elle entendit Nassim taquiner son ami et plaisanter… Comment pouvait-il paraître aussi naturel alors qu’il venait de commettre un délit sur les mêmes lieux. Elle revoit la scène “interdite” et ressentit ce souffle rauque et cette chaleur qui se dégageait de lui.

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  26. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 27e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Lorsqu’elle était célibataire et sans aucune attache, elle pensait que les histoires qu’on lui rapportait sur les femmes adultères n’étaient que chimères. Elle savait que parfois les femmes cherchaient le réconfort dans les bras des hommes qui pouvaient les combler et leur faire oublier les soucis de l’existence. Il n’y avait peut-être pas de mal à cela. Qu’on recherche un peu de protection quand on a besoin d’être rassurée, il ne pourrait-y avoir du mal… Non, ce n’est pas mal.
    Elle se pince très fort afin de s’assurer qu’elle ne faisait pas un cauchemar. L’endroit sur son bras devint rouge et, une minute plus tard, prend les couleurs de l’arc en ciel !
    Non, elle ne rêvait pas… Ce qui s’était passé, était bien réel.
    - Sara… ! Mais que fais-tu donc toute seule dans la cuisine ?
    La voix de son mari la fera sursauter. Comme prise en flagrant délit, elle se retourne vivement :
    - Heu… Yacine… Je…
    - Que se passe-t-il.. ? Tu ne te sens pas bien ? Tu me parais bien pâle ce soir.
    - Je n’ai rien… Juste un peu de fatigue… Je vais… je vais servir le dîner.
    - Justement je viens pour cela. Notre ami semble pressé de nous quitter… Ne veux-tu pas tenter de le retenir ?
    - Heu… il ne veut pas dîner avec nous ?
    Yacine lève les bras :
    - J’ai l’impression qu’il n’est pas très à l’aise ce soir… Quelque chose le préoccupe…
    Sara retint son souffle avant de lancer d’une petite voix :
    - Tu le connais mieux que moi Yacine, je ne sais quoi te répondre là-dessus.
    - Tu oublie Sara, que cela fait des années que je ne l’ai pas revu.
    Sara regarde son mari. Il semblait las… Sa journée a dû être longue et exténuante. Le son de sa voix semblait éteint… Elle tente de lui sourire avant de répondre :
    - Laisse-moi faire… Rejoins Nassim au salon, je vais servir le dîner, et il sera obligé de le partager avec nous.
    - Tu feras ça pour moi ma chérie ?
    - Bien sûr… que ne ferais-je pas pour mon cher mari ?
    Il s’approche d’elle et l’embrasse sur le front :
    - Merci Sara… J’ai eu une chance inouïe le jour où je t’ai rencontrée.
    Yacine retourne au salon et Sara laisse couler deux longues larmes sur ses joues… Il va lui falloir supporter une rude épreuve… celle d’affronter le regard profond de Nassim durant tout le dîner.
    Elle essuie ses larmes et s’empresse de mettre la table. Elle sentit les pulsations rapides de son cœur et le tremblement de ses mains… Mais Yacine, ne se doutant de rien, lui souriait :
    - Veux-tu un coup de main Sara ?
    - Non. Vous pouvez passer à table, je vais servir.
    Comment avait-elle réussi à avaler quelques cuillères de soupe… ? Elle n’en savait rien. En face d’elle, Nassim n’avait cessé de parler et de plaisanter comme à son habitude. Elle avait gardé les yeux baissés sur son assiette et s’était mise à émietter son pain d’un geste nerveux.
    Yacine lui prend la main :
    - Tu sembles éreintée Sara… pourquoi ne vas-tu pas te mettre au lit ?
    - Je vais d’abord débarrasser la table et servir le dessert et le café.
    - Laisse ! Je m’en occupe.
    Elle se lève et ose lever ses yeux qui rencontrèrent ceux de Nassim… Il ébauche un sourire :
    - Désolé Sara… je ne voulais pas rester, mais Yacine avait insisté…
    Elle secoue sa tête :
    - Ce n’est rien, le dîner était déjà prêt… Je suis désolée, mais je crois que je ne pourrais pas tenir plus longtemps.
    Elle quitte les lieux et se dirige vers sa chambre. Elle entendit les deux hommes discuter encore un moment. Nassim prit enfin congé, et Yacine vint la rejoindre :
    - Tu dors Sara… ?

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  27. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 28e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Yacine la trouvant trop pâle, lui propose d’aller se mettre au lit. Elle est soulagée. Son mari ne vint la rejoindre qu’après le départ de son ami. Elle fera semblant de dormir profondément.

    Elle murmure en faisant semblant d’avoir été tirée d’un sommeil profond :
    - Hum… Oui… je dors…
    Il passe une main rassurante sur sa tête et caresse ses cheveux avant de remonter la couverture sur ses épaules et d’éteindre la lumière.
    - Dors bien ma chérie.
    Sara étouffe un sanglot. Elle se mordit l’index jusqu’au sang, et sentit les larmes inonder son oreiller.
    Le lendemain, Yacine lui apprend que Nassim partait le soir même et qu’il les avait invités tous les deux à se rendre chez lui à Paris pour passer quelques jours avant la fin de l’année.
    Sara voulu protester, mais elle ne trouva pas les mots requis pour justifier son refus. Yacine sera déçu si elle lui apprenait qu’elle ne pouvait, ou ne pourrait l’accompagner… Tel qu’elle le connaissait, il ira même jusqu’a décliner l’invitation de son ami. Or, elle ne voulait pas que Yacine soit obligé de renoncer à ce voyage à cause d’elle alors qu’il méritait quelques jours de repos et avait dû promettre à son ami de le retrouver à Paris.
    Elle pousse un soupir qui n’échappa pas à son mari.
    - Encore fatiguée, Sara ?
    Elle se passe une main sur le visage avant de répondre :
    - Non… Cela va mieux… Je vais me préparer pour me rendre au travail.
    - Tu ne sembles pas apprécier l’invitation de Nassim.
    - Moi… ? Mais bien sûr que je l’apprécie. Quand partirons-nous ?
    Yacine fronce les sourcils :
    - Je viens de te l’annoncer : avant la fin de l’année… Cela m’arrange d’ailleurs, c’est à cette époque où je travaille le moins…
    Et toi pourras-tu avoir un congé de quelques jours pour ce voyage ?
    - Je ne sais pas encore, mais je pense que c’est faisable.
    - Parfait… alors je n’aurais plus qu’à demander nos visas, et faire les réservations. Plus morte que vive, Sara se rendit au bureau, la mine défaite et les traits tirés. Elle passe une grande partie de la matinée à “pianoter” sur le clavier de son ordinateur, sans s’intéresser réellement à ce qu’elle faisait.
    Fella qui avait remarqué son air préoccupé, vint se poster derrière elle avant de demander :
    - Tu ne sembles pas en forme ce matin Sara… Des soucis… ?
    Sara pivote sur son siège pour lui faire face :
    - Cela se voit autant ?
    - Bah… J’ai tout simplement remarqué que tu n’es pas comme d’habitude… Tu sembles mélancolique… malheureuse… Enfin, c’est cette impression qui se dégage de toi ce matin.
    Sara se met à contempler ses doigts. Elle se demande si elle pouvait se confier à son amie mais s’abstint. Après tout, elle était la seule responsable de ses actes et personne ne devrait être mis au courant de ce qui s’était passé la veille. Même pas sa meilleure amie.
    Elle relève la tête et répondit :
    - Je me sens juste un peu fatiguée.
    Fella sourit :
    - Ne serais-tu pas enceinte par hasard ?
    Sara fronce les sourcils :
    - Qu’est-ce qui te fais dire ça ?
    - Ta pâleur… ton air abattu… les cernes sous tes yeux…
    Sara secoue sa tête :
    - Non tu te trompes . Je ne suis pas aussi mal au point que tu le dis… Hier, j’ai reçu des invités… heu… des amis à Yacine… Alors tu imagines que j’ai dû me surpasser pour préparer le dîner et veiller jusqu’à une heure tardive.
    Fella acquiesce :
    - Je te comprends fort bien…
    Moi aussi j’ai reçu des invités la semaine dernière. Des invités que je n’attendais pas du tout. Inutile de te préciser que cela m’avait gâché la soirée.
    - Tu comprends donc les raisons de ma fatigue.
    - Fort bien mon amie… Mais pourquoi ne profites-tu pas de cette période “creuse” de l’année, pour prendre quelque jours de repos.
    - Je vais bientôt devoir le faire…
    Yacine veut que nous passions des vacances de fin d’année chez un ami à lui à Paris.
    - Super ! Tu es chanceuse Sara. À ta place j’aurais sauté de joie.
    - Je ne suis pas tellement emballée par ce voyage.
    - Pourquoi donc ? Tu vas changer d’air, changer d’entourage, faire du shopping…

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  28. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 29e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle hausse les épaules :
    - Bof… Je ne m’attendais pas trop à cette “escapade”. C’est plutôt Yacine qui veut qu’on parte pour faire plaisir à son ami. Moi, Paris ne me tente pas durant l’hiver. Il fait froid et c’est tellement monotone à cette période de l’année.
    - Voyons Sara, tu n’as pas soixante-dix ans. C’est formidable de pouvoir s’esquiver ainsi et de changer d’air. Ne fais pas trop la fille gâtée. Tu vas partir avec ton mari et cela te fera une seconde lune de miel. Sara sursaute… Elle repense à ce qui s’était passé entre elle et Nassim alors qu’elle venait juste de se marier… Fella lui parle même d’une seconde lune de miel… Ce qui s’assimile à sa nouvelle vie de femme fraîchement mariée. Tout le drame était là ! Elle venait de succomber aux charmes d’un homme qui lui était presque inconnu, alors qu’elle venait de lier sa vie à un autre voici à peine quelques moi. Elle tente de chasser les idées embarrassantes et se retourne vers son amie :
    - Tu as raison Fella… Je vais surement bien m’amuser… Yacine semble heureux de pouvoir souffler durant quelques jours. Il… il travaille comme un forçat et rentre bien tard ces derniers temps.
    - Je suis certaine que ce voyage vous fera du bien à tous les deux…
    Les jours et les semaines passent. Yacine n’avait eu aucune difficulté à obtenir les visas et les billets d’avion.
    Sara appréhendait de plus en plus ce voyage… Pourra-t-elle résister à la tentation et faire face aux yeux enflammés de Nassim ? Elle avait si peur de sa propre personne qu’elle demande à son mari de ne pas la quitter d’une semelle durant tout le voyage.
    Yacine se met à rire :
    - On dirait qu’on va changer de planète… Pourquoi as-tu donc si peur Sara ? Tu as la phobie des voyages ou quoi ?
    - Non ce n’est pas le cas… Mais j’ai toujours tendance à devenir mélancolique quand je me retrouve à l’étranger et surtout seule.
    - Mais je serais avec toi.
    - Je sais… Peut-être es-ce pour cela que je te demande de rester avec moi. Comme… comme lorsque nous étions en voyage de noces.
    - Ah ! Nous y voila ! Tu veux revivre le voyage de noces…
    Il rit :
    - Quel mal y a-t-il à cela ? J’aimerais t’offrir tous les jours une lune de miel ma chérie.
    La jeune femme déglutit difficilement :
    - J’en suis convaincue Yacine.
    - Tu ne regrettes donc pas notre mariage ?
    Elle blêmit, et sentit ses mains trembler :
    - Bien sûr que non ! Voyons… pourquoi me poses-tu cette question ?
    Il hausse les épaules :
    - C’était juste une idée comme ça… Je me demandais si tu étais heureuse avec moi.
    - Me suis-je plainte de quelque chose ?
    - Non… À vrai dire, je crois que nous ne communiquons pas tellement ces derniers temps… Je suis un petit voyou qui rentre de plus en plus tard le soir… Et toi tu es si fatiguée que souvent tu te retires pour aller te coucher. Je ne m’en plains pas bien sûr, car s’il y a quelqu’un à blâmer, c’est bien moi…
    Elle se mordit les lèvres :
    - Je crois que nous devrions faire ce voyage… Cela nous permettra de nous retrouver.
    Deux jours plus tard, ils embarquèrent pour Paris. Comme pour se rassurer, Sara prend la main de son mari et la maintint dans la sienne durant tout le voyage. Yacine s’était plutôt laissé aller. Il avait dormi durant le vol, et ce n’est qu’à l’atterrissage qu’il consentit enfin à ouvrir ses yeux.
    Une pluie torrentielle les accueille à leur sortie de l’aéroport. Sara avait l’impression qu’il faisait déjà nuit, alors qu’il était à peine treize heures. Nassim les attendait !
    - Ah ! Vous voilà enfin, j’ai cru que vous n’alliez jamais arriver avec tous ces retards enregistrés sur les vols internationaux.
    Il embrasse son ami, puis se penche vers Sara qui devint écarlate et lui tendit sa main. Faisant fi de son geste, il l’embrasse elle aussi sur les deux joues.
    - Soyez les bienvenus mes chers amis… J’espère qu’on va passer d’agréables moments ensemble.
    - J’en suis certain. Sara appréhendait un peu ce voyage mais je crois qu’elle va bientôt me donner raison de l’avoir ramenée dans la capitale des anges et des démons.
    - Sûrement. Elle va pouvoir apprécier à leur juste valeur les anges et les démons de Paris.
    Il se retourne vers elle et lui fait un clin d’œil :
    - N’est ce pas ?
    Elle cru défaillir… Le sourire narquois de Nassim en disait long sur ses intentions. Elle tremblait déjà à la perspective d’avoir à l’affronter tous les jours durant son séjour à Paris.

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  29. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 30e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Yacine s’empare des bagages :
    - Je crois que nous devrions rentrer. Il fait un froid de canard !
    Nassim les précède vers son véhicule :
    - Je vais tout de suite vous mettre à l’aise dans mon appartement, il fait chaud et vous aurez tout le loisir de manger et de vous reposer avant mon retour. J’ai un important projet à mener à bon port. Dans deux jours au maximum, je serais plus libre. On pourra alors sortir et nous amuser. Heu… je veux dire si vous êtes là pour ça tous les deux !
    Il souriait et Sara frissonne. Avait-elle froid ou peur ? Elle n’en savait rien. Elle s’attendait un peu à cette attitude trop familière de Nassim, mais ne comprenait toujours pas comment elle avait pu tomber dans le labyrinthe des tentations. Son cœur battait à se rompre devant cet homme qui pouvait “charmer” toutes les femmes, mais qui l’avait choisie elle précisément. Devenait-elle folle ?
    Comme pour se donner du courage, elle se retourne vers son mari et tente de lui sourire :
    - J’ai froid… Je… je crois que je ne suis pas assez habillée pour la température de Paris en cette période de l’année.
    Yacine lui rendit son sourire :
    - Moi aussi Sara…
    Il se frotte les mains :
    - Nous serions bientôt au chaud. Je pense que Nassim va nous mettre tout de suite à l’abri des inconvénients de la “nature parisienne”.
    Ils arrivèrent chez leur ami et Sara découvrit que ce dernier habitait un bel et confortable appartement dans un quartier des plus en vue de Paris. Nassim était aisé, et ne semblait pas se refuser quoi que ce soit. Il devait mener une existence paisible et sans problèmes.
    Elle était en train de contempler “Déjeuner sur l’herbe”, un tableau d’Auguste Renoir, qui était accroché au dessus d’une cheminée dans le salon lorsqu’une voix la fera sursauter :
    - Comment te sens-tu Sara… ?
    Elle se retrourne vivement et rencontre le regard brûlant qu’elle appréhendait tant :
    - Heu… bien… bien, merci !
    Elle regarde autour d’elle. Yacine était allé déposer les bagages dans leur chambre et elle se retrouve tout d’un coup seule avec cet homme qui lui faisait, certes, peur mais qui l’attirait aussi… Elle sentait que ses tentatives de le maintenir à distance, seraient vaines.
    - On dirait que tu t’intéresses à Renoir.
    - Heu… oui. C’est un peintre que j’apprécie. Je suis contente de retrouver une de ses œuvres chez-toi.
    - Une copie… comme pour tous les grands peintres, ses œuvres originales ne sont pas à la portée de tous.
    Elle hoche la tête et il poursuit d’une petite voix :
    - Une œuvre d’art est toujours difficile à acquérir… C’est un peu comme une jeune et jolie femme. On la désire, mais souvent on ne sait pas comment conquérir son cœur.
    Elle se sentit de plus en plus mal à l’aise, et se demande ce que pouvait fabriquer Yacine.
    - Il n’y a que les connaisseurs qui savent arriver à leur fin, poursuit-il en la regardant intensément.
    À ce moment précis, Yacine revint au salon :
    - Je me sens beaucoup mieux dans cet appartement chauffé. Je ne suis pas du tout tenté par une sortie aujourd’hui. À vrai dire, je crois que le voyage m’a fatigué, et le climat de Paris en ce moment n’incite pas à s’aventurer à l’extérieur, n’est-ce pas Sara ?
    Elle prend place dans un fauteuil avant de répondre :
    - Toi au moins tu as pu dormir durant tout le voyage, par contre moi…
    Il rit :
    - Je me fais vieux. Ton mari se fait vieux Sara…
    -Alors fais comme les vieux…Mets tes pantoufles et viens te réchauffer devant la cheminée.
    -Je vais chercher du café… Ou bien préférez-vous déjeuner d’abord…… ?,
    -Qui te prépare à manger .. ? Demande Yacine….Je pensais que tu passais tes journées dans les restaurants.
    Nassim prend un air effaré :
    -Quel calamité…. ! Je ne suis pas aussi inutile que tu le penses….Je fais la cuisine aussi bien qu’une femme avertie…Bien sûr je ne peux pas valoir le cordon bleu de Sara, mais je sais me débrouiller….Pour être plus honnête, pour aujourd’hui j’ai fais une exception : J’ai commandé notre déjeuner chez un traiteur.
    Il se lève :
    -Je vous sers un café, et je mets la table.
    Sans trop réfléchir Sara se propose :
    -Laisse-moi faire ….Il suffira de me montrer la cuisine..
    -Au fond du couloir….Heu…Je viens avec toi.
    Elle se rendit compte de sa bévue mais ne pu reculer. Nassim la précède et elle le suit.

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  30. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 31e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Ils se retrouvèrent dans la cuisine et comme pour balayer sa gêne elle se met à déballer les plats qu’il avait déposés sur la table :
    -Il y a un micro-ondes sur le potager… Tu as aussi la plaque chauffante…
    Il branche la cafetière électrique, mais elle arrête son geste :
    -Nous prendrons le café après le déjeuner, inutile de le préparer tout de suite.
    -Bien… Je retourne donc auprès de Yacine, tu n’auras qu’à nous appeler quand tout sera prêt.
    Sara est surprise…
    Elle ne s’attendait pas à ce que Nassim la quitte aussi vite… Ou bien était-elle déçue de se voir ainsi plantée là toute seule ?
    Qu’espérait-elle donc ?
    Elle secoue la tête, comme pour chasser ses mauvaises idées, et se met à réchauffer le déjeuner.
    L’appartement était bien chauffé, et elle se débarrassa de son gros pull et de ses chaussures.
    Pour être plus à l’aise, elle court mettre un jeans, une chemise, et des chaussures plates.
    Ses cheveux mi-longs retombaient sur ses épaules. Elle les retint en queue de cheval.
    Elle revint dans la cuisine et débrancha la micro-ondes. Au menu, Nassim avait prévu un poulet, des frites, une salade variée et une tarte aux pommes.
    Elle dépose le tout sur la table et prend des couverts dans le placard de la cuisine.
    -Tu es très bien dans cette tenue Sara…
    Elle faillit lâcher les assiettes qu’elle tenait dans les mains.
    -Oh ! Je suis désolé… Je ne voulais pas te faire peur.
    Elle reprend son souffle et lance d’une voix à peine audible :
    -Tu peux appeler Yacine, le déjeuner est prêt… Nous passons à table.
    Nassim hésite une seconde, puis tourne les talons. Elle l’entendit discuter avec Yacine, et tous les deux la rejoignirent dans la cuisine.
    Ils déjeunèrent en discutant de choses et d’autres. Sara débarrasse ensuite la table et prépare du café.
    Nassim s’excusa de ne pas pouvoir rester davantage avec eux.
    Il prend son cartable et les quitte en leur promettant de rentrer tôt en fin de journée.
    Sara s’allongea sur le canapé du salon et ne tarda pas à s’endormir. Le voyage l’avait fatiguée.
    Mais plus encore que la fatigue, elle se sentait stressée. Avait-elle bien fait, en fin de compte, d’écouter son mari et de venir avec lui à Paris pour habiter durant ces quelques jours de congé sous le même toit que Nassim ?
    Elle avait mal pour elle et pour Yacine. Ce dernier l’aimait et la respectait… Et elle ? Qu’était-elle donc pour se conduire comme une mauvaise épouse ?
    Elle se laisse enfin emporter par un profond sommeil et ne se réveilla qu’en fin de journée.
    Quelqu’un sonnait à la porte… Elle sursaute avant de se relever promptement tout en se demandant où elle se trouvait.
    La mémoire lui revint instantanément et ses idées se stabilisèrent. Elle se dirige vers le vestibule et ouvrit la porte d’entrée.
    -Alors… Vous dormez ou quoi…. ?
    Nassim la détaillait un sourire au coin des lèvres.
    -J’ai oublié mes clés… Mais comme vous êtes là tous les deux…
    Il s’interrompt et se met à regarder autour de lui :
    -Tu es seule ? Yacine n’est pas là ?
    Sara s’étonne :
    -Il était là… Heu… Je ne sais plus… J’ai dormi comme une marmotte…
    C’est la sonnerie de la porte qui m’a réveillée.
    Nassim dépose quelques provisions sur la table de la cuisine et revint vers elle :
    -Apparemment notre ami est allé se balader…
    Sara prend peur :
    -Il me l’aurait dit… Peut-être qu’il est juste sorti pour acheter les journaux…
    Nassim s’approche d’elle et lui prend les mains :
    -Ton cher mari n’est pas là ma chérie… Il est sorti sans t’avertir…
    Ce n’est pas gentil ça… !
    -Je suis certaine qu’il ne va pas tarder à revenir…
    -Sûrement.
    Il sourit, et ses yeux brillèrent tel deux étoiles dans le noir de la nuit.
    Sara sentit une émotion s’emparer d’elle. Elle tente de retirer ses mains de celles de Nassim, mais ce dernier les resserra davantage dans les siennes :
    -Je sais que tu as peur. J’avoue que moi aussi.
    -Hein… ?
    -J’ai peur moi aussi Sara… J’ai peur de ce sentiment qui nous a pris tous les deux au dépourvu…

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  31. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 32e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Il approche ses mains de ses lèvres et se met à les embrasser. Sara se sentit défaillir… Elle avait l’impression de flotter sur un nuage qui montait de plus en plus haut dans le ciel… Elle perdit pied et serait tombée si les bras puissants de Nassim ne l’avaient pas retenue.
    Il la soulève et l’emporte au salon où il la déposa sur un sofa.
    Sara tremblait de tout son être… Qu’allait-il se passer maintenant ?
    Nassim se met à genoux devant-elle et elle ferme les yeux tout en sentant son souffle sur son visage… Il était si près d’elle… Si proche… et prêt à la faire encore monter dans ce ciel qu’elle venait de frôler.
    Quelqu’un sonnait à la porte. Sara reprend alors ses esprits et bondit sur ses pieds.
    Nassim se relève et murmure :
    - Ce n’est que partie remise ma chérie.
    Elle courut ouvrir à son mari, qui semblait frigorifié :
    - Oh là là… il fait un froid de canard. Je gèle.
    Il se débarrasse de son manteau et se frotte les mains.
    - Je voulais juste faire un tour dans le quartier mais il est pratiquement impossible de tenir trop longtemps dehors par ce temps…
    Comme pour se déculpabiliser, Sara s’approche de lui :
    - Je vais réchauffer le café. Cela te fera du bien.
    Nassim, qui était resté au salon, lance d’une voix forte :
    - J’en veux un moi aussi, si cela ne te dérange pas.
    Elle ferme les yeux et pousse un long soupir en repensant à ce qui aurait pu se passer si son mari n’était pas arrivé au bon moment.
    Dès le lendemain, elle s’activa à un programme quotidien, afin de quitter très tôt la maison avec Yacine, et de ne rentrer que le soir.
    Malgré le froid et les averses, Paris lui parut assez attrayant en cette période de l’année. Les gens semblaient heureux de courir les magasins à la recherche de cadeaux pour les fêtes de Noël et du jour de l’an.
    Frissonnant sous de chauds manteaux, le jeune couple se met lui aussi au shopping et aux différentes distractions proposées par les affiches artistiques.
    Sara propose de faire un tour à l’opéra dans l’après-midi, ou au théâtre dans la soirée. Yacine, qui aimait la musique classique, ne trouva pas le temps de s’ennuyer. Partout où ils passaient, il y avait de quoi meubler largement leur temps.
    Nassim ne les accompagna pas pour cette première semaine, mais leur promet de rattraper le temps perdu, dès qu’il aura l’esprit plus libre.
    En fin de semaine, Sara se rendit au marché, et acheta de quoi préparer un bon dîner. On était à la fin du week-end et il n’était plus question de manger dans les restaurants alors qu’elle pouvait cuisiner.
    Nassim fut heureux de “retrouver” ses amis autour d’une même table. Enfin… ce fut l’impression qui se dégagea de lui alors qu’il rentrait de son travail.
    Il sourit en remarquant que Yacine et Sara étaient rentrés plus tôt que d’habitude et qu’ils l’attendaient.
    - Je pensais réellement à vous inviter à dîner dans un restaurant ce soir, mais vu que ma journée n’a pas du tout raccourci, j’ai dû battre en retraite en me promettant de le faire dès demain. Bah ! je vois que vous avez pris les devants, n’est ce pas Sara ?
    Sans attendre sa réponse, il se met à humer les différentes senteurs culinaires qui parvenaient à ses narines :
    - Hum… cela sent vraiment bon. Je suis sûr que c’est un délice ce diner… J’en ai déjà l’eau à la bouche.
    Il se débarrasse de ses affaires et s’installe devant la table alors que Sara s’affairait à servir.
    Yacine tendit son assiette, puis la redépose. Sara lui jette un regard interrogateur.
    - Je… je n’ai pas faim… Je crois que je vais me mettre au lit… Je ne me sens pas bien.
    Sara dépose sa louche :
    - Qu’est-ce qui ne va pas Yacine ? Tu as passé l’après-midi à paresser, alors que j’étais au marché…
    - Justement, j’aurais pu t’accompagner, si ce n’était cette migraine qui m’en avait empêché. J’ai l’impression que ma tête va éclater.
    Il porte une main à son crâne, et Sara lui touche le front :
    - Tu es brûlant !
    - Ce n’est rien… cela me passera. Je vais prendre de l’aspirine, et m’allonger un moment.
    Il se retourne vers Nassim qui le regardait sans rien dire :
    - Désolé mon vieux… mais je ne peux pas tenir… surtout ne te dérange pas… Tu dîneras avec Sara. Nous aurons le temps d’aller quelque part dès demain.

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  32. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 33e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Nassim hoche la tête :
    - Pas de soucis Yacine. Va te reposer… Sara me tiendra compagnie.
    La jeune femme allait protester, mais trouvant qu’en cas de refus elle va plutôt susciter des interrogations auprès de son mari, elle baisse les yeux et se remet à servir.
    Yacine quitte la salle à manger et se rendit dans sa chambre.
    - On dirait que la providence est avec nous, lance Nassim d’une petite voix.
    - Pourquoi dis-tu cela ? Yacine est souffrant… Le changement de climat ….
    Nassim l’interrompt d’un geste impatient :
    - Je sais… j’ai compris…
    Il sourit et la regarde dans les yeux :
    - Je suis heureux… Oh ! Tu ne peux pas t’imaginer à quel point je suis heureux de me retrouver enfin seul avec toi. Cela fait …(il se met à calculer mentalement)… cela fait quatre jours que je n’ai fait que t’entrevoir comme une ombre furtive. Ce soir, nous pourrions nous rattraper tous les deux.
    Il vint se mettre juste à côté d’elle et lui tendit son assiette :
    - Sers-moi. Sers-moi ton amour et ta tendresse, et fais-moi oublier mes peines, mes souffrances, et tous les désagréments passés… À ta source je boirais le calice jusqu’à la lie… Je supporterais ce goût d’amertume qui me paraîtra d’ailleurs plus doux que le nectar le plus mielleux… Sara… pour toi je vendrais mon âme… Oh ! ma chérie, pourquoi me fais-tu tant languir ?
    Il dépose son assiette et la regarde. Elle avait tenté de l’interrompre… en vain. Il remarque le tremblement de ses mains, et se rendit compte de son désarroi :
    - Tu as encore peur Sara ?
    Je te fais peur ?
    Elle s’assoit et se verse un grand verre d’eau. Elle se rappelle soudain de son mari, et se lève pour s’enquérir de son état. Elle court vers leur chambre et entrouvrit la porte.
    Yacine était allongé sur le lit et semblait dormir.
    Elle s’approche de lui et touche son front. La fièvre avait dû tomber de plusieurs degrés.
    Elle remarque un tube d’aspirine sur la table de chevet.
    Yacine s’était rapidement endormi. La fatigue avait eu raison de lui. Elle tire la couverture sur lui et éteignit la lumière.
    Elle aspire l’air à grande goulées et referme la porte derrière-elle. Une ombre surgit alors… Elle sursaute :
    - Oh… ! On dirait que tu ne peux pas t’empêcher de me coller comme une sangsue…
    - Si je le pouvais… J’en serais le plus heureux des hommes… Hélas ! Je ne suis pas une sangsue….
    Il l’attire vers lui :
    - Yacine dort… Nous avons toute la nuit devant nous…
    Elle se dégage et s’éloigne de quelques pas :
    - Tu n’y penses pas. Il risque de se réveiller d’une minute à l’autre.
    Nassim secoue sa tête :
    - Mais même dans ce cas, je ferais en sorte qu’il ne remarque rien… Tu devais dîner avec moi… N’est ce pas ? Alors ne ratons pas cette occasion je t’en supplie.
    Il laisse tomber ses mains et murmure d’un air triste :
    - J’aimerais tant te garder auprès de moi Sara. J’aimerais tant te voir heureuse et comblée…
    - Mais je le suis… Yacine est un bon mari. Je ne me plains pas…
    Il l’interrompt :
    - Ne racontes pas des histoires… Au premier regard, j’ai compris que tu n’étais pas aussi heureuse que tu voulais le paraître.
    J’ai aussi flairé cette attirance mutuelle que nous avions ressentie tout de suite l’un vers l’autre.
    Sans répondre, Sara se dirige vers la salle à manger et se remet à servir le dîner qui commençait à refroidir. Nassim prend une cigarette et l’allume tout en la regardant faire :
    - Tu es sublime. Tu m’attires, tu me rends fou, et tu mets des barrières. Je comprends fort bien ta réaction… Tu n’es pas de ces femmes qui ne connaissent rien à la morale…

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  33. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 35e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Nassim n’a pas eu une enfance heureuse… Il était orphelin sans vraiment l’être… Il fut élevé par sa grand-mère, puis par une tante de qui il garde un mauvais souvenir, avant d’être pris en charge par un oncle. Enfin il lui parle de Yacine.
    Nous écoutions les mêmes chansons, allions aux mêmes spectacles, échangions nos lectures, et faisions la cour aux mêmes filles afin de démontrer qui avait le plus de succès… C’était toujours lui bien sûr… Pourquoi ? Eh bien non seulement il était bel homme, mais était toujours major de promo… Tu imagines donc la fierté qu’avaient nos amies d’avoir à sortir avec un mec qui se l’affichait toujours en tête de liste.
    Je t’avoue que j’étais un peu jaloux… Mais comme nous étions bons perdants tous les deux, Yacine me laissait le choix de sortir le soir avec une fille, alors que lui allait dîner chez ses parents… Question de me montrer que malgré son succès, il était toujours aussi modeste et aussi prévenant que lorsque nous usions encore nos culottes sur les bancs du primaire.
    Mon oncle mourut alors que je n’avais pas encore terminé l’université. Ma tante Zineb était inconsolable. J’avais beau user de toute ma patience et de tout mon savoir-faire pour lui assurer que je serai toujours à ses côtés, elle ne voulut rien savoir… Pour elle, le monde s’est écroulé à la minute même où son mari avait rendu son dernier souffle.
    Elle s’alita et refusa de manger ou de recevoir quiconque… Même moi ! Je savais alors que la meilleure solution pour elle était de rejoindre au plus vite le défunt.
    Elle m’appela à son chevet pour me recommander de prendre soin de tout ce qu’ils me laissaient en héritage : La maison, le commerce de mon oncle, les bijoux, les véhicules, etc.
    Je ne pouvais faire mieux que de promettre de ne jamais dilapider cette petite fortune, édifiée à coups de privations et avec beaucoup de patience.
    On avait déjà prévu un testament… Je ne le sus que lorsque le notaire m’appela pour me le faire lire.
    Voilà… Je suis riche, me dis-je après avoir pris possession de tous les papiers requis à la légation des biens de mes “parents”.
    Je n’étais pas heureux ! L’argent ne pouvait remplacer les deux personnes que j’ai aimées le plus, après ma grand-mère… Désormais j’étais seul au monde… La richesse ne pouvait remplacer l’affection des miens ni combler ma solitude.
    Je décrochais mes diplômes d’études supérieures. Yacine qui avait opté pour la chirurgie dentaire faisait des stages dans un hôpital… Il me proposa de venir partager sa chambre à l’internat. Il avait compris que je ne pouvais plus supporter le silence et le vide qui meublaient ma maison.
    J’accepte sa proposition pour un temps. Je cherchais du travail, et un jour je tombe sur une annonce dans la presse. Une entreprise étrangère cherchait des ingénieurs en informatique. Ce fut le début d’une grande aventure… L’informatique était une seconde nature pour moi… Je découvrais tous les jours ses secrets… Je tentais de faire de la recherche et de suivre les progrès les plus récents dans ce domaine… C’était donc une aubaine cette proposition qui me permettait non seulement d’occuper mes journées, mais surtout d’approfondir mes connaissances.
    Formations, voyages, missions, conférences, débats… Je devais faire face à un quotidien chargé… C’était ce qu’il me fallait pour oublier mes journées ternes et monotones.
    Je rencontrais des gens intéressants, échangeais des idées, proposais des projets, etc. Au bout d’une année, on ne pouvait plus se passer de mes services. Mieux encore, on me proposa de prendre la gestion d’une section d’informatique au sein d’un grand bureau d’études à l’étranger… Je ne pouvais rater cette occasion… En moins d’un trimestre, j’étais installé en Europe. On m’avait trouvé un pied-à-terre dans une banlieue non loin de Paris. De là, je me déplaçais régulièrement vers d’autres pays… Je visitais l’Italie, l’Espagne, la Suisse, l’Angleterre, avant de m’envoler vers l’Asie, puis vers les Etats Unis et le Canada. A chaque escale, j’en apprenais un peu plus. Pas uniquement dans mon domaine, mais dans tous les autres domaines… Je découvrais des villes et leur histoire… Des monuments, des œuvres d’art, la musique, la poésie, la danse et toutes les expressions du corps et de l’esprit humain… Je me sentais à chaque fois inculte devant ces découvertes… J’étais un informaticien reconnu certes, mais mes modestes connaissances dans ce domaine, ne suffisaient pas à faire de moi un homme du monde… J’étais loin d’avoir une bonne culture générale avant d’avoir foulé le sol de ces pays qui font de l’art et du savoir leur raison de vivre.
    Enfin je pus respirer ! Je rentrais en France pour reprendre mon travail… J’étais devenu un homme cultivé qui pouvait tenir n’importe quelle conversation. Ce qui me redonnait confiance en moi. Je ne pouvais pas faire mieux que de m’investir totalement dans ma tâche… Je grimpais les échelons sans encombre. Sans trop de peine, je décrochais le poste de directeur adjoint… Je gagnais bien ma vie. J’avais un véhicule somptueux, un appartement confortablement meublé, une garde-robe bien garnie… J’allais jouer au tennis les week-ends et pratiquais l’aérobic et la natation régulièrement… J’étais encore jeune, et l’avenir me souriait… Mais je n’étais pas heureux !

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  34. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 36e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Nonobstant ma réussite, j’étais seul… ! Je ne pouvais combler ce vide qui persistait en moi, malgré le grand monde que je rencontrais… Je rentrais chaque soir chez moi épuisé et n’aspirant qu’à trouver un semblant de repos, dans un sommeil qui était loin d’être réparateur.
    Je faisais des insomnies et j’étais souvent agité. Ce qui me poussait à abuser des sédatifs et des somnifères.
    J’ai tenté des psychothérapies, mais cela n’avait rien donné… J’étais malade dans mon âme… Malade et profondément blessé… Où pouvais-je donc trouver ce port de sérénité où je pouvais accoster sans encombre ?
    Un psychologue ira jusqu’à suspecter une homosexualité… Je me défendis en lui assurant que j’étais plutôt “normal”, même si les femmes ne m’intéressaient pas. Il me demanda alors les raisons de mon célibat, et ira jusqu’à me proposer de sortir et de rencontrer des gens de mon milieu afin de dénicher une compagne.
    Je n’avais pas besoin de ses conseils… J’étais plutôt sollicité… Mais j’avais peur… Je ne pouvais m’expliquer ces appréhensions à chaque fois qu’une femme m’intéressait.
    Un jour, alors que j’étais en mission, on me présenta à une femme qui me plut tout de suite… Elle avait mon âge, et était très belle… Nous nous plaisions mutuellement, et le courant passa rapidement entre nous… Je décidais alors de lui proposer de partager ma vie… Elle accepta… Je fus heureux de constater que je lui plaisais… Elle était très douce et savait me remonter le moral. Rejetant ma proposition de mariage, elle préféra le concubinage. Je ne fus pas contre… Pendant plus de deux années, nous avions mené une vie calme et heureuse… Hélas ! Cela ne dura pas longtemps.
    Un matin, elle me quitte sans crier gare, en me laissant un simple mot : “Je ne reviendrai pas… Je suis malade.”
    Je ne compris rien à tout cela… Je tentai même de mener une enquête afin de déterminer les raisons réelles de cette rupture… Avait-elle rencontré un autre homme ?
    Personne ne pourra me renseigner là-dessus…
    Cette femme qui travaillait dans une agence d’import-export avait aussi quitté son travail, et apparemment avait rejoint ses parents qui vivaient quelque part en Allemagne.
    Je ne connaissais pas grand-chose de sa famille… Je ne pouvais donc la rechercher… Mais je ressentit un choc et une déception qui n’étaient pas pour arranger mon état d’âme déjà ébranlé. Depuis, je ne voulus plus m’approcher d’une femme… Du moins pour une relation durable…
    Il soupire et regarde Sara en face :
    -Tu veux bien réchauffer la soupe… Le dîner est complètement froid.
    Entraînée dans son récit, Sara qui avait déposé sa cuillère et sa serviette sur la table eut du mal à reprendre rapidement ses esprits… Elle se rendit compte après quelques secondes qu’elle était encore à la table du dîner, et que Nassim venait de lui raconter sa vie… Elle sentit quelque chose d’humide rouler sur sa joue : ses propres larmes… Elle avait pleuré !
    Emue, elle se lève et se dirige vers la cuisine pour réchauffer la soupe et les côtelettes… Il était presque minuit, et elle se rendit dans la chambre pour s’enquérir de l’état de Yacine : il dormait profondément.
    Elle retourne dans la cuisine et reprend la soupière avant de retourner au salon… Nassim avait allumé un feu dans la cheminée, et la lumière tamisée rendait l’atmosphère romantique :
    -Je n’avais plus jamais été attiré vraiment par une autre femme, avant de te rencontrer Sara… !
    Il la regardait le servir et prend une cuillère avant de poursuivre :
    -Quand nous étions chez toi… Heu… Je veux dire lorsque nous nous sommes embrassés, j’ai senti pour la première fois de ma vie que tu étais la femme la plus sentimentale du monde… Toi aussi tu cherchais l’amour…
    Sara prend une assiette et se ressert un peu de soupe avant de s’asseoir… Elle n’avait plus faim… Sa gorge était serrée… Le récit de Nassim ne l’avait pas laissée insensible… Lui non plus ne lui était pas indifférent.
    Elle tente de prendre un air serein avant de lancer :
    -Tu as raison… Je cherchais le sentiment… J’ai toujours été une romantique… Hélas… Les années sont passées et je n’ai pas rencontré l’amour… Alors quand Yacine m’avait proposé le mariage, j’ai pensé que n’étant plus de la prime jeunesse, je ne pouvais tomber sur un meilleur parti…
    -Tu regrettes ton mariage Sara ?

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  35. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 36e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Nonobstant ma réussite, j’étais seul… ! Je ne pouvais combler ce vide qui persistait en moi, malgré le grand monde que je rencontrais… Je rentrais chaque soir chez moi épuisé et n’aspirant qu’à trouver un semblant de repos, dans un sommeil qui était loin d’être réparateur.
    Je faisais des insomnies et j’étais souvent agité. Ce qui me poussait à abuser des sédatifs et des somnifères.
    J’ai tenté des psychothérapies, mais cela n’avait rien donné… J’étais malade dans mon âme… Malade et profondément blessé… Où pouvais-je donc trouver ce port de sérénité où je pouvais accoster sans encombre ?
    Un psychologue ira jusqu’à suspecter une homosexualité… Je me défendis en lui assurant que j’étais plutôt “normal”, même si les femmes ne m’intéressaient pas. Il me demanda alors les raisons de mon célibat, et ira jusqu’à me proposer de sortir et de rencontrer des gens de mon milieu afin de dénicher une compagne.
    Je n’avais pas besoin de ses conseils… J’étais plutôt sollicité… Mais j’avais peur… Je ne pouvais m’expliquer ces appréhensions à chaque fois qu’une femme m’intéressait.
    Un jour, alors que j’étais en mission, on me présenta à une femme qui me plut tout de suite… Elle avait mon âge, et était très belle… Nous nous plaisions mutuellement, et le courant passa rapidement entre nous… Je décidais alors de lui proposer de partager ma vie… Elle accepta… Je fus heureux de constater que je lui plaisais… Elle était très douce et savait me remonter le moral. Rejetant ma proposition de mariage, elle préféra le concubinage. Je ne fus pas contre… Pendant plus de deux années, nous avions mené une vie calme et heureuse… Hélas ! Cela ne dura pas longtemps.
    Un matin, elle me quitte sans crier gare, en me laissant un simple mot : “Je ne reviendrai pas… Je suis malade.”
    Je ne compris rien à tout cela… Je tentai même de mener une enquête afin de déterminer les raisons réelles de cette rupture… Avait-elle rencontré un autre homme ?
    Personne ne pourra me renseigner là-dessus…
    Cette femme qui travaillait dans une agence d’import-export avait aussi quitté son travail, et apparemment avait rejoint ses parents qui vivaient quelque part en Allemagne.
    Je ne connaissais pas grand-chose de sa famille… Je ne pouvais donc la rechercher… Mais je ressentit un choc et une déception qui n’étaient pas pour arranger mon état d’âme déjà ébranlé. Depuis, je ne voulus plus m’approcher d’une femme… Du moins pour une relation durable…
    Il soupire et regarde Sara en face :
    -Tu veux bien réchauffer la soupe… Le dîner est complètement froid.
    Entraînée dans son récit, Sara qui avait déposé sa cuillère et sa serviette sur la table eut du mal à reprendre rapidement ses esprits… Elle se rendit compte après quelques secondes qu’elle était encore à la table du dîner, et que Nassim venait de lui raconter sa vie… Elle sentit quelque chose d’humide rouler sur sa joue : ses propres larmes… Elle avait pleuré !
    Emue, elle se lève et se dirige vers la cuisine pour réchauffer la soupe et les côtelettes… Il était presque minuit, et elle se rendit dans la chambre pour s’enquérir de l’état de Yacine : il dormait profondément.
    Elle retourne dans la cuisine et reprend la soupière avant de retourner au salon… Nassim avait allumé un feu dans la cheminée, et la lumière tamisée rendait l’atmosphère romantique :
    -Je n’avais plus jamais été attiré vraiment par une autre femme, avant de te rencontrer Sara… !
    Il la regardait le servir et prend une cuillère avant de poursuivre :
    -Quand nous étions chez toi… Heu… Je veux dire lorsque nous nous sommes embrassés, j’ai senti pour la première fois de ma vie que tu étais la femme la plus sentimentale du monde… Toi aussi tu cherchais l’amour…
    Sara prend une assiette et se ressert un peu de soupe avant de s’asseoir… Elle n’avait plus faim… Sa gorge était serrée… Le récit de Nassim ne l’avait pas laissée insensible… Lui non plus ne lui était pas indifférent.
    Elle tente de prendre un air serein avant de lancer :
    -Tu as raison… Je cherchais le sentiment… J’ai toujours été une romantique… Hélas… Les années sont passées et je n’ai pas rencontré l’amour… Alors quand Yacine m’avait proposé le mariage, j’ai pensé que n’étant plus de la prime jeunesse, je ne pouvais tomber sur un meilleur parti…
    -Tu regrettes ton mariage Sara ?

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  36. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 37e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle secoue la tête :
    -Pas vraiment. Yacine est un bon mari… Il est même amoureux de moi… Je tente de le rendre heureux… Il ne mérite pas que je sois insensible à toutes ses attentions… Nous sommes ensemble depuis quelques mois, et je n’ai jamais eu à me plaindre de lui.
    -Sauf, lorsqu’il rentre tard le soir.
    Elle hausse les épaules :
    -Son travail l’oblige à rester dans son cabinet jusqu’à une heure tardive… Il y a des concessions à faire dans un couple… Tu ne trouves pas ?
    Nassim prend une serviette et s’essuie les lèvres avant de répondre :
    -Oui… Il faut qu’il y ait des concessions… Mais… si jamais un jour, tu découvrais une autre vérité ?
    -C’est-à-dire ?
    -Je ne sais pas. Peut-être une relation extraconjugale par exemple…
    -Yacine… ?
    -Oui… Yacine… C’est tout de même un homme… Un bel homme… Et il a toujours eu du succès auprès des femmes…
    -Mais dans ce cas-là, pourquoi était-il resté célibataire aussi longtemps… ?
    -Je ne sais pas… Peut-être cherchait-il une femme comme toi… Et le jour où il t’a rencontrée, il n’a pas hésité à s’engager.
    Elle secoue la tête :
    -Je ne me suis jamais posé la question… Mais je sais que Yacine, n’est pas un homme à femmes… C’est quelqu’un de très réservé… Il ne pense qu’à son travail…
    -Et cela n’arrange pas non plus les choses dans un couple. Moi je ne laisserai pas ma femme se morfondre toute seule dans notre appartement, pour attendre des clients nocturnes…
    -Je ne peux pas partager ton avis Nassim…
    Il l’interrompt :
    -Tu sais pourquoi… ? Parce que ton sentiment envers lui n’est pas assez fort… Il n’y a pas d’amour entre vous… Il y a eu peut-être une attirance au début… Mais la flamme s’est éteinte parce que vous n’avez pas su l’alimenter.
    Sara dépose sa fourchette :
    -Il se fait tard Nassim… Nous devrions aller nous coucher…
    Il regarde la pendule sur la cheminée :
    -Il est une heure du matin… J’ai toujours été un couche- tard… Mais si tu es fatiguée…
    -Oui… Je ne tiens plus… Tu m’excuseras mais je devrais penser à aller me reposer.
    Elle contourne la table et s’apprête à quitter les lieux, lorsqu’il la retint par le bras :
    -Sara… Reste avec moi…
    Elle tente de dégager son bras, mais il la serre contre lui :
    -Je t’aime tant ma chérie… Je t’aime tant…
    Elle sentit ses jambes défaillir, et tente de se dégager de son étreinte. Mais il était bien plus fort qu’elle, et la retenait fermement.
    -Pourquoi refuses-tu d’écouter ton cœur ? Tu m’aimes. Cela se voit dans tes yeux…
    Elle ne répondit pas, mais met ses bras autour de son cou. Il la soulève alors et la dépose sur le tapis devant la cheminée. Le feu crépitait… On entendit les cliquetis de la pendule… La nuit avançait… Nassim se lève et éteignit la lumière.
    Au petit matin, quelque chose réveilla Sara. Elle tendit sa main et touche la toison de la peau d’ours sur laquelle elle s’était endormie. Elle se dégage de la lourde couette qui la couvrait et se demanda ce qu’elle faisait devant la cheminée alors qu’elle devait être dans sa chambre.
    Quelqu’un donne la lumière ! C’était Yacine !
    -Sara ! Mais que fais-tu donc ici par ce froid… ?
    Elle s’étire et la mémoire lui revint… ! De cette nuit, elle se rappellera très longtemps !
    Elle sursaute et se met à regarder autour d’elle : Nassim n’était pas là !
    Elle pousse un long soupir de soulagement, avant de répondre à Yacine :
    -Je me suis endormie devant la cheminée… Nous… Nous étions en train de discuter tranquillement moi et Nassim, et le sommeil a fini par avoir raison de moi… Je n’ai pas l’habitude de veiller aussi tard.
    Elle indique la couette :
    -Nassim avait dû me couvrir alors que je dormais profondément.
    Yacine s’assoit auprès d’elle. Il avait les traits tirés :
    -Moi aussi j’ai dormi profondément jusqu’au petit matin… Mais une migraine atroce m’a réveillé.
    Sara se mordit les lèvres. Son mari était malade. Elle n’aurait pas dû l’abandonner ainsi… Comme pour camoufler sa culpabilité, elle se lève :
    -Je vais te préparer une tisane… Tu as peut-être pris froid… Si cela persiste, nous ferions mieux de consulter un médecin.

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  37. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 38e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Yacine porte la main à sa tête :
    -Je suis certain que c’est le changement de climat qui me provoque tous ces désagréments…
    Nous ne sommes pas encore habitués à ce froid glacial…
    -Il y a aussi le surmenage Yacine…
    Tu oublies que tu as travaillé comme un forçat durant l’année…
    C’est les conséquences de toutes ces longues journées que tu passais au cabinet.
    Il hoche la tête :
    -Peut-être. Mais toi aussi tu sembles fatiguée Sara…
    La jeune femme rougit… De honte ? Peut-être…
    Mais elle savait que ce qui c’était passé avec Nassim allait lui gâcher le reste de son séjour à Paris…
    Elle devrait plutôt demander à son mari de changer de résidence.
    Afin de masquer le tremblement de ses mains, elle se dirige vers la cuisine et pris une casserole pour préparer hâtivement une tisane.
    Elle revint vers Yacine avec un bol :
    -Voila… C’est de la verveine… Cela te fera du bien… Mais je crois que tu seras plus à l’aise dans ta chambre.
    -Nous serions tous les deux plus à l’aise dans notre chambre Sara.
    Elle remarque qu’il la regardait intensément, alors qu’elle portait encore son jean et son petit pull en laine. Ses cheveux étaient en bataille. Elle prend un élastique et les attache.
    -Tu es belle Sara…
    Elle baisse les yeux et tente de garder son calme avant de répondre :
    -Apparemment tu dois avoir des problèmes de vue… Je suis toute débraillée…
    -Mais c’est ainsi que tu me plais le plus ma chérie… Sans artifice, sans coiffure. Là tu es toi-même. Tu m’attires encore plus dans cette tenue décontractée.
    Il tendit le bras pour lui caresser la joue et elle s’éloigne d’un pas :
    -Allons dans la chambre… Nassim risque de nous surprendre.
    Yacine sourit :
    -Tu es toujours aussi soucieuse de ton intimité… J’aime bien cet aspect de ton caractère…
    Il se lève et elle le précède :
    -J’ai sommeil… Je crois que je pourrais dormir encore toute une journée.
    Elle avait débité cette phrase sans trop de mal.
    Elle avait trouvé les mots qu’il fallait pour “éviter” Yacine.
    Comme ils étaient dans leur chambre, elle se débarrasse de ses habits et met un petit pyjama, avant de se glisser dans le lit :
    -Tu devrais te reposer Yacine… Prends encore de l’aspirine avec ta tisane…
    Il fait la moue :
    -Non pas d’aspirine, j’en ai assez pris…
    Elle renchérit :
    -Tu veux que j’aille te chercher un somnifère dans la boite à pharmacie ?
    -Non… Je crois que j’ai assez dormi… Je vais essayer de lire un peu… Ah… j’oublie.. ! La lumière te dérangera…
    Sara se met à bâiller :
    -Je sens que je vais me rendormir même si un bataillon passe par là… Tu peux lire… Tu me dérangeras pas.
    Il se penche et l’embrasse sur la joue :
    -Dors bien ma puce… Je veillerai sur toi.
    Sara déglutit difficilement, avant de se retourner afin qu’il ne voit ni sa rougeur ni ses larmes…
    Elle était surprise de découvrir qu’elle pouvait mentir et prendre un air dégagé devant Yacine.
    Elle sentait encore le souffle de Nassim dans son cou, et ses caresses sur son corps…. Leur étreinte avait duré un temps interminable…
    Elle s’était sentie si légère dans ses bras. Tout comme la première fois…
    Elle avait touché le summum d’une harmonie qu’elle ne connaissait pas…
    On dirait qu’ils étaient faits l’un pour l’autre…
    Elle ferme les yeux, alors que Yacine allumait la veilleuse et rabattait l’abat-jour afin de ne pas la déranger.
    Elle ne pouvait fermer l’œil…
    Elle savait que si elle s’endormait, son sommeil ne sera pas de tout repos, et elle risquait de faire des rêves et de parler à haute voix…
    Elle se rappelle que Nassim n’était pas près d’elle lorsque Yacine l’avait réveillée.
    Cet homme semblait bien connaître non seulement les femmes, mais se conduisait avec les hommes d’une manière qui balayait tous les doutes.
    Elle se pince, puis se gratte…
    Non elle était là…
    La vérité aussi était là : elle était folle amoureuse de Nassim !
    Que va-t-il se passer ? Est-ce réellement elle qui se conduisait ainsi ?

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  38. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 38e partie
    Par : Yasmine HANANE
    Yacine porte la main à sa tête :
    -Je suis certain que c’est le changement de climat qui me provoque tous ces désagréments…
    Nous ne sommes pas encore habitués à ce froid glacial…
    -Il y a aussi le surmenage Yacine…
    Tu oublies que tu as travaillé comme un forçat durant l’année…
    C’est les conséquences de toutes ces longues journées que tu passais au cabinet.
    Il hoche la tête :
    -Peut-être. Mais toi aussi tu sembles fatiguée Sara…
    La jeune femme rougit… De honte ? Peut-être…
    Mais elle savait que ce qui c’était passé avec Nassim allait lui gâcher le reste de son séjour à Paris…
    Elle devrait plutôt demander à son mari de changer de résidence.
    Afin de masquer le tremblement de ses mains, elle se dirige vers la cuisine et pris une casserole pour préparer hâtivement une tisane.
    Elle revint vers Yacine avec un bol :
    -Voila… C’est de la verveine… Cela te fera du bien… Mais je crois que tu seras plus à l’aise dans ta chambre.
    -Nous serions tous les deux plus à l’aise dans notre chambre Sara.
    Elle remarque qu’il la regardait intensément, alors qu’elle portait encore son jean et son petit pull en laine. Ses cheveux étaient en bataille. Elle prend un élastique et les attache.
    -Tu es belle Sara…
    Elle baisse les yeux et tente de garder son calme avant de répondre :
    -Apparemment tu dois avoir des problèmes de vue… Je suis toute débraillée…
    -Mais c’est ainsi que tu me plais le plus ma chérie… Sans artifice, sans coiffure. Là tu es toi-même. Tu m’attires encore plus dans cette tenue décontractée.
    Il tendit le bras pour lui caresser la joue et elle s’éloigne d’un pas :
    -Allons dans la chambre… Nassim risque de nous surprendre.
    Yacine sourit :
    -Tu es toujours aussi soucieuse de ton intimité… J’aime bien cet aspect de ton caractère…
    Il se lève et elle le précède :
    -J’ai sommeil… Je crois que je pourrais dormir encore toute une journée.
    Elle avait débité cette phrase sans trop de mal.
    Elle avait trouvé les mots qu’il fallait pour “éviter” Yacine.
    Comme ils étaient dans leur chambre, elle se débarrasse de ses habits et met un petit pyjama, avant de se glisser dans le lit :
    -Tu devrais te reposer Yacine… Prends encore de l’aspirine avec ta tisane…
    Il fait la moue :
    -Non pas d’aspirine, j’en ai assez pris…
    Elle renchérit :
    -Tu veux que j’aille te chercher un somnifère dans la boite à pharmacie ?
    -Non… Je crois que j’ai assez dormi… Je vais essayer de lire un peu… Ah… j’oublie.. ! La lumière te dérangera…
    Sara se met à bâiller :
    -Je sens que je vais me rendormir même si un bataillon passe par là… Tu peux lire… Tu me dérangeras pas.
    Il se penche et l’embrasse sur la joue :
    -Dors bien ma puce… Je veillerai sur toi.
    Sara déglutit difficilement, avant de se retourner afin qu’il ne voit ni sa rougeur ni ses larmes…
    Elle était surprise de découvrir qu’elle pouvait mentir et prendre un air dégagé devant Yacine.
    Elle sentait encore le souffle de Nassim dans son cou, et ses caresses sur son corps…. Leur étreinte avait duré un temps interminable…
    Elle s’était sentie si légère dans ses bras. Tout comme la première fois…
    Elle avait touché le summum d’une harmonie qu’elle ne connaissait pas…
    On dirait qu’ils étaient faits l’un pour l’autre…
    Elle ferme les yeux, alors que Yacine allumait la veilleuse et rabattait l’abat-jour afin de ne pas la déranger.
    Elle ne pouvait fermer l’œil…
    Elle savait que si elle s’endormait, son sommeil ne sera pas de tout repos, et elle risquait de faire des rêves et de parler à haute voix…
    Elle se rappelle que Nassim n’était pas près d’elle lorsque Yacine l’avait réveillée.
    Cet homme semblait bien connaître non seulement les femmes, mais se conduisait avec les hommes d’une manière qui balayait tous les doutes.
    Elle se pince, puis se gratte…
    Non elle était là…
    La vérité aussi était là : elle était folle amoureuse de Nassim !
    Que va-t-il se passer ? Est-ce réellement elle qui se conduisait ainsi ?

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

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  39. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 39e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Il lui avait encore demandé de divorcer et de revenir vivre avec lui, sans encombre, sans état d’âme. Mais le pas était difficile à franchir…
    Yacine lisait toujours en sirotant sa tisane… Elle le sentait si près d’elle et si prévoyant. Comment aura-t-elle le courage de le quitter ainsi sans raison… ? Comment va-t-elle lui demander de divorcer alors qu’il faisait de son mieux pour la rendre heureuse… ?
    Elle soupire et se retourne vers lui :
    -Yacine…
    -La lumière te dérange ma chérie… ?
    -Non… Je veux… Je veux…
    Il la regarde curieusement :
    - Oui… Que veux-tu ma chérie… ?
    Elle laisse sa phrase en suspens et se serra contre lui. Il la prend alors dans ses bras. Sara ferme les yeux et se laisse aller.
    Quelques heures plus tard, alors qu’elle prenait son bain, elle se traita de tous les mots… Pourquoi n’avait-elle pas pu aller jusqu’au bout et terminer sa phrase ?
    Elle avait tenté d’entamer le premier pas et de demander à Yacine de divorcer. Comment va-t-il donc réagir le jour où il le saura ? Et s’il s’entêtait à refuser ?
    Nassim lui avait dit que dans un tel cas, elle n’aura qu’à avouer sa relation extraconjugale !
    Mais elle savait qu’elle manquerait de courage.
    Elle porte ses mains à son visage et sentit la mousse savonneuse lui picoter les yeux. Sa vie était devenue un enfer, alors que rien ne le prévoyait !
    En sortant de la salle de bain, elle se cogna à Nassim qui la retint :
    -Bonjour Sara.
    -Bonjour Nassim… Je vais… m’habiller, poursuit-elle en serrant sa sortie de bain autour d’elle.
    Elle avait remarqué qu’il la regardait intensément, et voulait éviter de prolonger la conversation.
    Il sourit d’un air ironique :
    -Tu veux jouer aux pudiques ?
    Elle tente de prendre un air offusqué :
    -Tu as quitté le salon alors que je dormais devant la cheminée et…
    -Chut… J’ai préféré m’esquiver… Je crois que j’ai bien fait d’ailleurs.
    -Yacine s’était réveillé…
    Il hoche la tête :
    -Je sais, je l’ai entendu ouvrir la porte de la chambre.
    Il s’approche d’elle et effleure sa joue :
    -Figure-toi que je ne supporte plus de te savoir avec lui.
    Elle le repousse d’une main ferme :
    -Tu oublies qu’il est encore mon mari.
    -Pas pour longtemps j’espère.
    Elle pousse un soupir et se dirige vers sa chambre où Yacine terminait de s’habiller. Il lui sourit :
    -Je vais sortir m’acheter un gros pull et des chaussures… Tu veux m’accompagner ?.
    -Je ne suis pas encore habillée…
    -Eh bien je patienterai… Nous irons déjeuner dans un restaurant. J’en connais un où la nourriture est excellente… Qu’en dis-tu… ?
    -Heu… Oui… Pourquoi pas… ? Après tout nous sommes en vacances.
    Elle met de chauds vêtements, se maquille et se sèche les cheveux. Alors qu’elle se dirigeait vers le salon, où l’attendait son mari, elle rencontre encore Nassim. Ce dernier prend
    un air dégagé pour lancer dans un souffle :
    -Yacine m’a parlé de votre programme… Je ne vais pas pouvoir vous accompagner ce matin, mais ce soir je t’emmènerai danser comme tu ne l’as jamais fait.
    -Et Yacine… ?
    -Il pourra nous accompagner bien sûr. Mais tu penses bien que j’aimerais plutôt être seul avec toi.
    Elle ne répondit pas et se contenta de hocher la tête. Rien en elle ne réagissait maintenant… Elle sentait que si elle continuait à jouer ainsi à cache-cache avec son mari, elle ne tardera pas à perdre la raison.
    -Alors tu es prête ?
    C’était Yacine qui s’adressait à elle. Elle ne l’avait même pas entendu s’approcher.
    -Oui… Allons-y. J’ai hâte de sortir… J’étouffe dans cette maison.
    -Tu ne te sens pas bien Sara ?, lui demande-t-il d’un air inquiet, tout en scrutant son visage.
    -Oh, je vais bien… J’ai peut-être un peu le cafard… Ce temps n’arrange pas le moral.
    -C’est vrai. Moi aussi je me sens stressé ces derniers temps…
    Il sourit :
    -Allons nous amuser un peu, cela va te changer à coup sûr.

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  40. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 40e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Ils déambulèrent dans les grandes avenues parisiennes, flânèrent dans les grandes galeries, puis allèrent déjeuner dans ce restaurant dont avait parlé Yacine. Sara apprécia la nourriture. Les plats traditionnels qu’on leur avait proposés étaient tout bonnement succulents.
    Elle repense à l’invitation de Nassim. Va-t-elle refuser ? Elle savait qu’elle n’en aurait pas le courage.
    Ils revinrent à la maison et se réchauffèrent devant la cheminée. La jeune femme prépare du thé qu’ils dégustèrent avec des biscuits fourrés.
    Yacine lui sourit :
    -Tu es heureuse Sara ?
    Elle avait les joues rougies par la chaleur qui se dégageait du feu, et ses cheveux qu’elle portait sur ses épaules lui donnaient l’air d’une madone.
    -Heu… Oui… Bien sûr que je le suis… Tu es bien gentil avec moi.
    Il s’approche d’elle et entoure sa taille de ses bras :
    -Et si jamais un jour je disparaissais ?
    -Hein… ?
    Il se met à rire :
    -Ai-je dis quelque chose de déplacé ?
    Elle lève la main :
    -Non… Non tu n’as rien dis de mal… C’est un… C’est un peu insensé de penser ainsi à la mort alors que tu es encore jeune et en bonne santé.
    Il fait la moue :
    -Et alors ? Je pourrais avoir un accident… Un…
    -Oh arrête ! S’il te plaît arrête.
    Elle se bouche les oreilles avec ses mains :
    -Tu ne peux pas parler d’un sujet plus gai ?
    Il sourit :
    -C’était juste pour plaisanter… Bien que la chose ne soit pas impossible.
    Elle s’écrie :
    -Arrête te dis-je… Je ne veux plus rien entendre.
    Elle se lève et se dirige vers sa chambre. Un vent glacial pénétrait à travers la fenêtre restée entrouverte. Elle s’empresse d’aller refermer, et se laisse tomber sur son lit.
    Elle repense à Nassim et à sa joie de vivre… Lui n’aurait pas eu l’idée de lui parler de disparition ou de quelque chose de ce genre. Lui pensera plutôt à ce grand amour qu’il espérait vivre un jour auprès d’elle.
    Elle se lève et s’approche de la coiffeuse. Son maquillage avait coulé… Elle prend un coton et l’imbibe d’une lotion démaquillante avant de le passer sur son visage… Là… Elle se sentit plus fraîche… Elle se rallonge alors sur son lit et ne tarde pas à s’endormir.
    Lorsqu’ elle ouvrit les yeux, il faisait nuit noire… Elle entendit quelqu’un parler dans le couloir. C’était la voix de Yacine… Il ouvrit la porte de la chambre et s’approche d’elle à pas de loup. Elle tendit alors le bras vers la veilleuse et donna la lumière :
    -Je suis réveillée…
    Quelle heure est-il ?
    -Bientôt dix-neuf heures… Je viens de rentrer… J’ai fait une longue promenade sur les Champs-Elysées…
    -Ah ! Tu t’es promené… ?
    -Excuse-moi. Mais tu dormais si bien que je n’ai pas eu le courage de te réveiller…
    Comme je m’ennuyais seul au salon, j’ai préféré sortir…
    -Nassim n’est pas rentré… ?
    -Si… Il vient de rentrer lui aussi… Il m’a proposé de passer la soirée à l’Opéra, mais j’ai refusé. Je ne me sens pas d’aplomb pour ce soir… Bien entendu, si tu veux sortir, je ne te retiens pas…
    Tu es là pour t’amuser.
    Sara s’étire… Nassim lui avait promis de l’emmener danser…
    -Je vais voir… Je ne sais pas si je supporterai de rester dehors jusqu’à une heure tardive avec tout ce froid et la pluie qui n’a pas cessé de tomber depuis ce matin.
    -Qu’à cela ne tienne… Tu n’auras qu’à t’habiller chaudement… Et puis Nassim est véhiculé… Tu n’auras pas à affronter les caprices de la nature…
    Elle fait mine d’hésiter, et Yacine l’oblige à se lever en rabattant la chaude couverture sous laquelle elle s‘était blottie.
    -Aller debout… Je vais avertir Nassim… Ne tarde pas trop à te préparer.

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  41. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 41e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Contrairement à ce qu’elle craignait, la nuit était douce. La pluie s’était arrêtée, et elle ne sentit pas le froid piquant des nuits précédentes.
    Nassim conduisait d’une main ferme. Il lui sourit :
    -Alors, comment te sens –tu ?
    -Heu… bien…
    -C’est tout ?
    Elle hausse les épaules :
    -Que veux-tu que je te dise de plus ?
    -Que tu m’aimes et que tu es heureuse d’être avec moi.
    -J’ai comme l’impression que nous sommes en train de narguer le destin.
    -Pourquoi dis-tu cela ?
    -Je ne vais pas te faire un dessin, Nassim. Nous somme coupables tous les deux de ce qui nous arrive.
    -Pourquoi compliques-tu les choses ainsi? Divorce vite, et nous nous marierons.
    -Tu crois que c’est aussi facile que tu le penses ?
    -Cela te sera facile, si tu ne t’entêtais pas à jouer à cache-cache.
    Pourquoi n’essayes-tu pas de discuter avec Yacine ?
    Elle baisse la tête et murmure :
    -J’ai déjà essayé.
    -Ah ! Tu ne m’avais rien dit, et alors ?
    -je n’ai pas pu aller jusqu’au bout….
    -C’est une faiblesse de ta part Sara.
    Elle secoue sa tête :
    -Non, ce n’est pas une faiblesse. Je ne peux pas froisser les sentiments de mon mari, il a toujours été correct et…
    Nassim lève la main :
    -Je connais la suite.
    Il te fait de la peine. Tu ne veux pas le choquer, mais ma chérie, à ce rythme-là, nous n’avancerons jamais.
    Préfères-tu jouer la comédie tous les soirs avec lui, alors que ton cœur m’appartient ?
    Elle lui serre le bras avant de répondre :
    - Mon cœur t’appartient certes, mais j’appartiens encore à Yacine. Tant qu’il est là, je ne pourrais jamais vivre en paix. Te rends-tu compte que nous sommes en train de le trahir tous les deux ?
    - Je m’en suis rendu compte, et depuis longtemps.
    Crois –tu que je ne souffre pas moi aussi? Ou bien as-tu oublié qu’il a toujours été mon meilleur ami?
    - Jusqu’à ces derniers temps.
    - Il est toujours mon ami, mais tu es entrée dans ma vie et les choses ont changé. Je n’aimerais pas lui faire du mal moi non plus.
    Hélas ! C’est un sacrifice par lequel il faudra passer si tu veux vivre le restant de tes jours avec moi.
    Il arrête le véhicule, et se met à la contempler.
    Elle s’était emmitouflée dans un manteau en fourrure, qui la couvrait des pieds à la tête et ses cheveux soyeux relevés sur son crâne lui donnait un air jeune et innocent.
    Il se penche et l’embrasse :
    -J’ai quelque chose pour toi.
    Il tend son bras et prend un grand sac en carton sur le siège arrière :
    -Tiens, ouvre, et dis-moi si j’ai bon goût.
    Elle s’exécute et découvre une jolie robe en soie rouge, au large décolleté avec une longue fente sur le côté gauche. Une paire de chaussures en lamé argenté et une pochette assortie complétaient la tenue.
    -Oh ! Tu as dû dépenser une fortune, c’est une folie, Nassim.
    -Je l’aime bien celle-là Sara. Je t’offrirais tout ce qu’il y a de plus beau sur terre. Consens à partager ma vie, c’est tout ce que je te demande.

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  42. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 42e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle remet ses cadeaux dans le sac en papier et le redépose sur le siège arrière :
    -Tu connais ma situation… Nous attendrons le temps qu’il faudra pour…
    -Attendre ! Mais je vais devenir fou… Je ne peux plus attendre Sara… Je deviens dingue rien qu’à te regarder…
    -Il ne fallait pas alors proposer ces vacances à Yacine.
    -Comment ? Tu regrettes d’être là ? Tu n’apprécies pas ma compagnie ?
    -Non… Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je pense que si nous étions loin l’un de l’autre, nous aurions mieux supporté nos sentiments…
    -Je rêve ou quoi ? Te rends-tu compte que les jours que j’ai passés loin de toi ont été les plus pénibles de ma vie ?
    -Je le conçois… Mais il fallait résister à ces sentiments qui sont en train de nous détruire… Je ne voulais pas accompagner Yacine… Lorsqu’il m’avait proposé ce voyage, je voulais me dérober… Mais il avait tant insisté que j’ai fini par accepter. Je savais que le séjour ne sera de tout repos pour moi.
    -Tu ne voulais pas me revoir Sara ? C’est ça ?
    Elle le regarde, et il remarque que deux longues larmes avaient tracé son visage. Alors il la prend dans ses bras et la serre contre lui :
    -Oh ! Ma chérie… Oh ! Sara… Je ne voulais pas t’attrister… Excuse-moi. Je t’avais promis de t’emmener t’amuser et voilà que je te chagrine.
    Elle se met à sangloter contre lui :
    -Oh ! Nassim que m’arrive t-il ? Je n’aurais jamais cru qu’un jour je serais prise entre le marteau et l’enclume…
    Il lui relève le menton et lui embrasse les yeux et le front :
    -L’amour est un farceur… Il aime taquiner les âmes sensibles… Nous ne sommes que ses victimes.
    Il la secoue :
    -Ne te laisse donc pas aller à la tristesse et au chagrin… Nous finirons par trouver la bonne solution… En attendant, allons dîner et nous amuser.
    Elle se dégage et tente de remettre un peu d’ordre dans ses cheveux… Son maquillage avait coulé, et son visage en était tout barbouillé.
    -Tu veux te refaire une beauté ? Qu’à cela ne tienne. Dans le restaurant où nous nous rendons, il y a des vestiaires où tu pourras te changer et te remaquiller. J’aimerais que tu portes la tenue que je viens de t’offrir… Tu veux bien ?
    Elle acquiesce d’un signe de tête et il sourit :
    -Je suis certain que tu seras la plus belle femme de la soirée.
    Lorsqu’ils sortirent du restaurant, l’aube commençait à poindre. Sara s’était amusée comme une folle… Elle avait oublié ses souffrances et ses craintes, et s’était laissée aller dans les bras de Nassim… Ils avaient dansé et il lui avait raconté des blagues qui l’avaient fait rire aux éclats… Elle s’était sentie heureuse pour quelques heures… Quelques heures seulement.
    Ils revinrent à la maison en se tenant par le bras… Nassim ouvrit la porte et la laisse passer.
    L’appartement était plongé dans le silence… Yacine devait dormir. Sara se débarrasse de son manteau et l’accroche à la patère de l’entrée. En dessous, elle portait encore sa robe de soirée et une petite écharpe :
    - Je ferais mieux de me dépêcher d’aller mettre quelque chose de plus chaud…
    - Je te trouve magnifique dans cette tenue Sara…
    - Oui… Mais maintenant j’ai froid.
    Il lui prend le bras :
    -Allons au salon, le feu doit être encore allumé…
    Elle voulait lui résister cette fois-ci encore, mais son cœur l’emporte sur le reste. Nassim la soulève dans ses bras et la dépose sur le sofa :
    -Là tu seras bien au chaud…
    Elle se met à rire nerveusement :
    -Je serais mieux dans mon lit… Je ne veux pas que Yacine se doute de quelque chose.
    -Eh bien c’est la meilleure chose qui pourrait nous arriver… Ainsi il saura la vérité et consentira à divorcer au plus vite.
    Elle ne répondit pas, car il ne lui en laissa pas le temps… Elle retrouve la chaleur de ses bras, et se laisse bercer par sa tendresse.
    Un matin gris se levait sur la ville lorsque Sara émerge de sa torpeur. Encore une fois, la raison lui avait fait
    défaut.

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  43. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 43e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Pour marquer la fin de l’année, Nassim organisa une réception et convia des amis qu’il présenta à Sara et à Yacine.
    Tel un trophée, il avait présenté la jeune femme à ses connaissances, et avait semblé heureux de l’admiration qu’elle suscitait.
    En fin de soirée, Sara lui en fera la remarque, en insistant sur le fait qu’elle était encore mariée à Yacine, et que ce dernier aurait pu se douter de leur relation.
    Comme a ses habitudes, Nassim avait rit de ses appréhensions. Il semblait aussi sûr de lui que Sara se sentait vulnérable.
    La fin des vacances approchait. Autant Sara affichait des réticences pour son séjour à Paris, autant elle craignait maintenant de ne pas pouvoir vivre loin de son ami.
    Nassim était triste, mais pour surmonter son chagrin il la noya sous un tas de cadeau, et lui assura qu’il ne tardera pas à la rejoindre au pays.
    Il voulait la revoir, l’aimer et l’épouser :
    -Je veux que tu prennes sérieusement les choses en main Sara, sinon je crois que je ne tiendrais plus… Je suis capable de demander moi-même à Yacine de te répudier… Tu sais très bien que j’irai jusqu’au bout.
    -Non… Tu n’en feras rien… Donne-moi encore un peu de temps…
    - Sara… Ne me fais pas languir je t’en supplie.
    Il les accompagna à l’aéroport.
    Sara embarque dans l’avion, en ayant l’impression d’avoir vécu hors du temps. Elle garde le silence durant tout le voyage. Et dès son arrivée à la maison, prétextant une migraine, elle alla se réfugier dans sa chambre et pleura toutes les larmes de son corps.
    Mettant son état d’âme sur leur séjour à l’étranger et sur la fatigue, Yacine comprit sa mélancolie. Il vint se mettre auprès d’elle et tenta de la réconforter.
    Mais la jeune femme se refusera à lui… Elle sentait que désormais, elle ne pouvait appartenir à un autre homme que Nassim.
    Elle reprend son travail et ses vieilles habitudes et essaya de noyer son chagrin dans un labyrinthe de courses, de tâches ménagères et de sorties.
    Sa sœur aînée Ghania, ainsi que Fella, remarquèrent son air triste et son agitation… Elle devenait de plus en plus nerveuse, et ne tenait pas en place.
    Chacune à sa manière, releva cet état de fait… Elles posèrent des questions et tentèrent d’en connaître davantage sur ce revirement inattendu dans le caractère de Sara.
    Mais elles se heurtèrent à un mur. Sara préférant garder ses secrets replongeait souvent dans ses souvenirs… Yacine subissait ses sautes d’humeurs quotidiennement. Ne comprenant rien à ces scènes brusques qui éclataient entre eux, il préférait souvent retarder son retour à la maison afin de ne pas avoir à affronter les éclats de voix et les mots blessants de sa femme.
    Quelques semaines après leur retour de vacances, Sara se réveillera avec la tête lourde et des nausées.
    Elle courut se soulager dans la salle de bains, puis revint dans sa chambre.
    Yacine qui s’était réveillé et l’avait suivie s’inquiète :
    -Tu ne te sens pas bien Sara… ? Tu es toute pâle.
    Elle secoue sa tête :
    -Ce n’est rien… Une indigestion peut-être.
    -Tu veux rire… Tu ne manges presque rien ces derniers temps.
    Elle s’écrie alors :
    -Dis-donc tu m’espionnes ou quoi ?
    Yacine s’approche d’elle :
    -Je m’inquiète pour toi Sara… Tu dépéris de jour en jour… Que t’arrive-t-il donc ? Ces derniers temps je ne te reconnais plus.
    Elle allait répondre mais une autre nausée la fera encore courir vers la salle de bains.
    Trop faible pour protester, Sara s’alita. La voyant dans cet état, Yacine appelle un médecin.
    Le docteur l’ausculte, puis redépose son stéthoscope et demande :
    -Vous ressentez ces nausées depuis combien de temps ?
    -Heu…Depuis… Ces derniers temps… Il y a deux ou trois jours, je ne me sentais pas très en forme au lever, mais je crois que cela a empiré aujourd’hui
    Elle regarde le médecin et demande d’une voix chevrotante :
    -C’est grave docteur ?
    Il pose une main rassurante sur son front :
    -Pas du tout ma petite dame… Vous êtes en train de vivre ce que vivent toutes les futures mamans…
    -Je ne vous suis pas…

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  44. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 44e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Sara pâlit davantage… Le médecin insinuait-il qu’elle était enceinte ?
    - Vous avez très bien compris. Vous êtes enceinte de quelques semaines.
    Elle se laisse retomber sur son oreiller puis éclate en sanglots.
    - Allons, allons… je comprends fort bien votre émotion mais je suis certain que cela va passer… Il va falloir que j’informe votre mari et…
    Sara se relève brusquement et s’écrie :
    - Non… Non… Surtout pas lui…
    Le médecin est de plus en plus intrigué. Il garde le silence un moment puis se hasarde à demander :
    - Vous voulez garder cet heureux évènement pour vous seule ?
    - Oui… Heu… je veux dire… (elle déglutit) que je vais lui annoncer cette nouvelle une fois que j’aurais fait un test de grossesse.
    - A votre guise, mais je vous informe que mon diagnostic est des plus sûrs. J’ai assez d’expérience dans mon domaine pour reconnaître une femme enceinte.
    Elle l’interrompt :
    - Je ne doute pas de votre bonne foi docteur, mais je préfère attendre un peu avant d’annoncer la nouvelle à mon mari. Il est si émotif…
    Le médecin referme son cartable et lui tendit une ordonnance :
    - Je vous ai prescris des fortifiants et des remontants. Vous me semblez bien maigre… Suivez-vous un régime ?
    - Non… Pas vraiment mais je n’ai pas d’appétit ces derniers temps.
    - Les envies de femmes enceintes, cela vous passera. Mais pensez à vous reposer et à vous alimenter convenablement. Pensez à l’enfant qui naîtra bientôt… Il aura besoin de toute votre énergie morale et physique pour se développer.
    Elle hoche la tête et laisse couler ses larmes. Le médecin lui tapote la main :
    - Il est très courant pour les femmes dans votre état de devenir plus vulnérable psychiquement. Prenez courage et ne vous laissez pas aller… Appelez-moi en cas de besoin… Avant tout, je vais vous orienter chez un gynécologue de ma connaissance qui pourra vous suivre tout au long de votre grossesse et jusqu’à votre accouchement.
    Elle prend la carte qu’il lui tendait et ébauche un sourire :
    - Merci docteur… je… je tenterais de suivre tous vos conseils.
    - Bien, maintenant reposez vous…
    Sara se rallonge. Elle se passe une main sur le ventre et, comme pour se rassurer, se dit que le médecin s’était peut-être trompé dans son diagnostic… Son ventre était encore plat et rien dans son état physique ne laissait supposer une grossesse.
    Yacine revint dans la chambre et se tint à son chevet :
    - Tu te sens mieux ?
    Elle hoche la tête :
    - Oui… cela va mieux.
    - Le médecin m’avait assuré que tu n’avais rien d’alarmant.
    - Il m’avait dit la même chose… Il est certain que c’est juste un peu de fatigue.
    Yacine se racle la gorge :
    - Je pensais qu’après notre voyage en France tu serais bien plus en forme. Je ne comprends pas…
    Elle lève une main :
    - Je t’en prie, n’en rajoute pas davantage… Je me sens si fatiguée ces derniers temps… Je suis un peu mélancolique… C’est peut-être juste un état d’âme passager.
    Yacine lui caresse les cheveux :
    - Je l’espère pour toi. Je… je me sens si écarté ces derniers temps. Nous vivons comme deux étrangers. Tu ne trouves pas ?
    Elle se détourne de lui et met un oreiller sur son visage :
    - Il est temps pour toi de te rendre à ton travail. Je me sens trop lasse ce matin pour discuter d’un sujet qui me paraît futile.
    - Futile ? Mais je parle de nous deux Sara !
    Elle lui fait un signe de sa main et lance :
    - Va travailler… Nous rediscuterons de ce sujet lorsque je me sentirais mieux.
    - Tu ne veux pas que je reste auprès de toi pour aujourd’hui ? Je n’ai pas le courage de te quitter alors que tu es malade.
    Sara rejette l’oreiller et se redresse :
    - Tu ne comprends donc pas que je veux rester seule? Je ne veux personne auprès de moi… Ni toi ni quelqu’un d’autre.
    Yacine se relève :
    - Ok… Ok… Je vais partir, mais promets-moi d’appeler en cas de besoin.
    - Oui… je t’appellerais en cas de besoin.
    Yacine s’en va et Sara retombe sur son oreiller.

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  45. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 45e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle se met à se ronger les ongles et reste un moment à méditer sur son état.
    Etait-elle réellement enceinte.. ?
    Si c’est le cas, comment saura t-elle de qui était l’ enfant.. ?
    Bien sûr un test ADN en déterminera le géniteur, mais es-ce raisonnable de demander à Yacine d’effectuer cette procédure, au risque de soulever des doutes… ?
    Et puis, dans le cas où Yacine était le père, ses projets et ceux de Nassim se verront relégués aux calendes grecques.
    Il va falloir agir très vite…Si Nassim consent à effectuer un test ADN, elle saura qui était le véritable père.
    Pour le moment, il est plus sage de ne pas informer Yacine…..Non….Pas dans l’immédiat….
    Elle décroche son téléphone, et forme le numéro de Nassim. Son portable était éteint, alors elle forme le numéro de son bureau. La sonnerie retentit un moment, avant qu’une voix ne lui réponde :
    -Allo….Cabinet de Nassim B…..Que puis-je pour vous… ?
    -Heu….J’aimerais parler à Nassim s’il vous plait….Je suis Sara….…Une amie…
    Elle attendit un moment, avant que la secrétaire ne vienne lui apprendre que Nassim assistait à une conférence à huis clos.
    Elle laisse un message à son intention et raccroche. Comme elle se morfondait dans sa solitude, elle décida de se lever et de sortir…
    Elle flâne un moment dans la rue, l’esprit embrouillé, avant de se décider à entrer dans une pharmacie pour acheter un test de grossesse.
    Elle revint rapidement à la maison, et effectue le test…
    En quelques minutes elle eut la confirmation : Elle était bel et bien enceinte !
    A ce moment précis, la sonnerie du téléphone retentit. Elle décroche et reconnue tout de suite la voix de Nassim.
    -Allo…Sara..Que se passet-il.. ? Qui y’a-t-il d’aussi urgent… ? La secrétaire vient de m’apprendre que tu avais appelé et que tu avais demandé à ce que je te rappelle le plus rapidement possible.
    Sara ne pu répondre tout de suite…Elle avait prévu de préparer les mots qu’il fallait pour apprendre la nouvelle à Nassim, mais elle était si stressée, qu’aucune phrase ne vint tout de suite à son esprit.
    -Heu…Oui..Il fallait que je te parle Nassim
    -Je t’écoute ma chérie….Que se passe t-il.. ?
    -Une catastrophe vient d’arriver Nassim…
    -Une quoi… ?
    -Une catastrophe…Te dis-je…Tu ne vas jamais croire ce qui vient de m’arriver. ….
    Nassim perdit patience :
    -Que t’arrive t-il Sara… ? Tu es entrain de mettre mes nerfs en boule…Qui y’a-t-il… ?
    -Je…Je suis enceinte.
    Un silence accueille sa phrase…..Elle entendit un souffle, puis une voix à peine audible :
    -Tu es sûre… ?
    -Oui….Ces derniers temps je ne me sentais pas trop bien …..Yacine a appelé un médecin ce matin car j’avais vomis mes tripes…Le diagnostic était formel ….Et puis…Je viens d’effectuer il y’a quelques minutes, un teste de grossesse…C’est positif Nassim….
    Il soupire :
    -Que vas-tu faire.. ? Avorter… ?
    -Quoi… ?
    -Oui…Je veux dire puisque nous nous ne sommes pas encore mariés….D’ailleurs je suis certain que tu n’as même pas encore abordé le sujet du divorce avec Yacine.
    -Mais …Je ne sais pas encore de qui je suis enceinte Nassim…Si c’est Yacine le père je ne pourrais pas divorcer…C’est un crime… !
    -Yacine…. ?
    -Oui…Il se pourrait que ce soit lui le père…Je te dis tout de suite que depuis que je suis rentrée de France, il n’y a pas eu de relations physiques entre nous…Mais comme je suis enceinte de plusieurs semaines, il se pourrait que je sois tombée enceinte durant mon séjour à Paris.
    -Tu crains donc que Yacine n’en soit le père.. ?
    -Oui…Il y’a même de fortes chances.
    Nassim se tût un moment avant de chuchoter :
    -Yacine ne pourra pas avoir des enfants…Il est stérile.
    Sara qui pensait avoir mal entendu demande d’une voix tremblante :
    - Tu …Tu veux dire que Yacine ne pourra jamais être père ?
    -Tout à fait Sara….Yacine est stérile te dis-je.
    -Depuis quand… ?
    -Depuis de longues années…Alors qu’il était adolescent, il avait contracté une maladie qui avait complètement anéantie son système reproductif….
    -Mais je ne le savais pas moi…Personne ne m’en avait parlé…Pas même lui !

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  46. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 46e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Nassim soupire encore :
    - Je m’en doutais… Yacine n’a jamais voulu prendre femme avant de t’avoir rencontrée. Il avait toujours sous-entendu qu’il ne voulait pas condamner une femme à subir un destin qui ne concernait que lui.
    Il avait souffert de cette situation des années durant. Le jour où j’avais appris qu’il s’était marié, je me suis demandé qui était la femme qui avait accepté cet état de fait…
    Tu ne conçois tout de même pas qu’une femme pourrait aimer un homme au point de devoir sacrifier son instinct maternel… ! Puis, lorsque je t’ai vue, j’ai compris que Yacine était tellement épris de toi qu’il a préféré garder le silence sur une réalité qui a fini tout de même par émerger… La preuve en est là….
    Sara se sentit soudain très mal. Elle titube et s’accroche à la table du salon pour se retenir. Yacine lui avait caché une réalité de taille ! Elle comprenait maintenant pourquoi il était si prévenant avec elle… Pourquoi il déployait autant de gentillesse, et se pliait en quatre pour répondre à toutes ses sollicitations. Mieux encore, il supportait ses sautes d’humeur sans broncher et subissait ses caprices. Il devait sûrement souffrir lui aussi, mais il n’avait pas le droit de lui mentir. Et puis, est-ce le seul mensonge ? Est-ce la seule chose qu’il lui avait cachée ?
    - Allo… Sara… Sara, tu es là… ?
    La voix de Nassim la tire de ses méditations. Elle serre le combiné dans sa main et répondit :
    - Je n’arrive pas encore à croire que Yacine m’a menti…
    - La réalité est souvent dure à avaler mais je le comprends fort bien…
    Yacine avait peur de te perdre… tout comme moi d’ailleurs maintenant…
    Elle porte une main à sa bouche :
    - L’enfant est de toi Nassim !
    - Sans doute ma chérie… Que comptes-tu faire maintenant ?
    - Je… je ne sais pas encore…
    - Je t’en supplie Sara, sois plus consciencieuse… je ne pourrais prendre aucune décision si tu ne m’aides pas.
    - Mais comment pourrais-je t’aider ?
    - Heu… attends un peu… J’aimerais avant tout savoir si tu pourras garder ce secret…
    - Tu veux rire… J’ai été jusqu’à demander au médecin de ne rien dire à Yacine.
    - Parfait… alors ne fait rien jusqu’à ce que je sois auprès de toi. Nous essayerons ensemble de tirer les choses au clair. Cela te va ?
    Elle pousse un soupir :
    - Ai-je un autre choix… ?
    - Alors calme-toi et prends quelques jours de repos, cela t’évitera la fatigue et les nombreuses questions sans réponse.
    - Oui… Je suis déjà saturée… Je n’arrive pas encore à digérer le fait que Yacine m’ait caché sa stérilité.
    - Ne pense plus à ça. Je crois que c’est une raison assez sérieuse pour toi pour demander le divorce au plus tôt.
    - Et s’il refuse… ?
    - Eh bien tu pourras toujours brandir cet argument de taille : le mensonge.
    - Heu… je… je ne sais pas si je pourrais aller jusque-là…
    - Il le faudra pourtant Sara… Sinon nous tournerons en rond, et ta grossesse risque de te trahir…
    Elle trouve que Nassim avait raison. Et comme pour s’assurer encore une fois que son état ne se voyait pas trop, elle passe une main protectrice sur son ventre.
    Est-il seulement vrai qu’une vie avait pris racine en elle ?
    Elle secoue sa tête :
    - Je vais tenter de tenir le coup jusqu’à ton arrivée et, s’il te plaît, ne tarde pas trop.
    - Une semaine tout au plus et je serai près de toi. Tu pourras tenir le coup ?
    - Oui… je le pense…
    Ils raccrochèrent, et Sara se demande si elle devrait se rendre chez un gynécologue ou attendre encore quelques jours. Il était évident maintenant qu’elle était enceinte.
    Elle retourne dans sa chambre et s’allonge sur son lit, en repensant aux paroles de Nassim.
    Yacine lui avait menti… Il lui avait caché sa stérilité… Elle s’était sentie coupable envers lui alors que c’était lui qui avait trahi sa confiance bien avant leur mariage.

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  47. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 47e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle soupire. Sans remord aucun, il l’avait épousé, sans lui dévoiler ce triste côté de son existence.
    Elle se passe une main dans les cheveux et se dit que quelque part, il avait trouvé injuste de se priver d’une vie conjugale, et qu’au fond, il avait trouvé en elle la femme qu’il recherchait : elle n’était pas très jeune, bien qu’elle fut encore en âge de procréer. C’est ce qu’il avait dû penser !
    Il oubliait cependant, que le sujet revendrait sur le tapis tôt ou tard. N’aurait-elle pas au bout d’une année ou deux souhaité avoir un enfant ? Ne se serait-elle pas inquiétée à ce sujet ?
    Maintenant, il y avait cette parenthèse dans sa vie : Yacine était stérile et elle avait rencontré Nassim et était tombée enceinte…
    On dirait que la vie se jouait de ses sentiments. Le destin la punissait-il aussi pour son adultère ?
    Elle se redresse : non, non ! Elle n’était pas fautive, non !
    Elle ne l’avait pas trompé, c’est plutôt lui qui l’avait trompée. Il n’avait pas le droit de lui cacher sa stérilité. Il aurait pu être plus honnête avec elle.
    Elle repense à leurs rencontres, et à leurs premiers rendez-vous. Il avait été si entreprenant avec elle, qu’elle n’avait pas senti qu’il était un étranger. Et ensuite, il y avait eu ce mariage précipité. Elle ne s’était pas plainte, elle voulait se convaincre qu’il avait de bonnes intentions envers elle. Et puis Yacine était toujours ce bel homme convoité par toutes les femmes qu’il rencontrait. Il l’avait choisie, elle, parmi tant d’autres. Et elle ? L’avait-elle accepté parce qu’elle l’avait aimé ?
    Elle secoue encore sa tête :
    “Non, je ne pense pas, se dit-elle, car lorsque j’ai vu Nassim pour la première fois, mon cœur s’est emballé, alors que pour Yacine, il n’y avait que quelques “désirs enfouis au fond de mon être.”
    Et, et si Yacine lui avait avoué auparavant sa stérilité, l’aurait-elle accepté ?
    Elle n’en savait rien.
    Ses oreilles se mettent à bourdonner, et elle ressentit un vertige. Les nausées la reprirent. Elle court vers la salle de bains pour se soulager.
    Une semaine passe.
    Sara avait demandé à Yacine de la laisser passer quelques jours chez ses parents, un subterfuge pour supporter son état et une amère réalité, loin de lui.
    Elle n’arrivait plus à le regarder dans les yeux, ou à l’approcher. Elle le fuyait, le repoussait et ne supportait plus sa présence.
    Et pourtant rien n’avait changé dans son attitude envers elle !
    Hélas ! Maintenant elle en savait trop pour fermer les yeux. Elle était sûre d’une chose : elle ne pourra plus jamais vivre auprès de lui, alors que l’ombre du mensonge planait entre eux.
    Nassim était enfin là !
    Elle était allée l’attendre à l’aéroport, et il fut ému de la voir si faible et si maigre alors qu’elle se jetait comme une désespérée dans ses bras.
    Elle avait pleuré et il avait passé une main caressante dans ses cheveux avant de la serrer contre lui :
    -Chut, chut, ma chérie, je suis là et rien de fâcheux ne t’arrivera.
    -Je ne sais plus quoi faire Nassim.
    -Calme –toi donc, nous aurons le temps de rediscuter de toute cette histoire à tête reposée. Tu es toute pâle et ton air abattu ne me plaît pas. Où est donc passée ma belle princesse?
    Elle tente de sourire à travers ses larmes :
    -Je ne suis plus qu’une loque, une de ces sales mendiantes, au teint crasseux…
    -Allons, je ne veux pas te savoir triste. J’aimerais que tu reprennes tout d’abord tes forces, tu en auras bien besoin si tu veux que nous menions nos projets à bon port.
    Les jours qui suivirent ne furent pas de tout repos.
    Nassim obligea tout d’abord Sara à se rendre chez un gynécologue. Il insiste pour l’accompagner, mais préféra l’attendre dans la voiture.
    -Vas-y Sara, je n’aimerais pas attirer des soupçons sur nous.
    -Pourquoi? Ce médecin ne nous connaît pas.
    Il secoue la tête :
    -Vas-y seule, je t’attendrais ici dans la voiture. La discrétion est toujours de mise pour nous.
    Trouvant qu’il avait raison, la jeune femme n’insista pas.
    La spécialiste, une femme d’un âge mûr la reçoit dans son cabinet. Elle pose à Sara des questions concernant sa santé, sa famille, avant de procéder à une consultation. La jeune femme se verra sommée de faire des prélèvements sanguins et urinaires.
    -Nous allons procéder à quelques analyses routinières, et nécessaire pour les futures mamans. J’aimerais d’abord vous rassurer sur votre état de santé, et celui de votre bébé.
    Elle procéda aussi à une écographie, et confirma la grossesse : 45 jours !
    Sara fit rapidement un calcul : Oui, elle était tombée enceinte durant son séjour à Paris !
    Le médecin lui demande de revenir dans trois jours. D’ici là, elle aura obtenu les résultats d’analyses, et pourra entamer un suivi régulier de sa grossesse.
    Nassim l’emmène ensuite déjeuner dans un restaurant huppé, où il l’obligea à manger et à se détendre.
    Il lui reparla de Yacine, et insista encore une fois sur la seule chance qui leur reste s’ils veulent garder l’enfant : Le divorce!
    Sara acquiesce. Dès son retour chez elle, elle fera ses bagages, ramassera toutes ses affaires, et demandera à Yacine d’entamer une procédure de divorce. S’il refuse, elle le mettra devant le fait accompli : il était stérile et elle é

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  48. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 48e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Nassim la regarde dans les yeux avant de lancer :
    - Tu préfères attendre les résultats de tes analyses je présume.
    - Je ne sais pas si c’est une bonne
    chose.
    - Pourquoi ?
    - Plus le temps passe, plus le courage me manque. Ne crois-tu pas que je ferais mieux de mettre Yacine au pied du mur dès mon retour à la maison ?
    - Et tu penses rentrer quand ?
    - Demain au plus tard.
    - Parfait, je compte sur toi pour accélérer les choses. Je n’ai pas beaucoup de temps devant moi.
    - Je sais… C’est pour cela que je veux faire vite… Maintenant que tu es là, je sais que j’irais jusqu’au bout.
    - Ma chérie, je vendrais mon âme pour te voir heureuse. Nous allons mener une existence des plus romantiques et notre enfant sera le plus beau au monde.
    Elle ne répondit pas. Occupée qu’elle était à échafauder un plan des plus minutieux afin de venir à bout de toutes les réticences de son mari. Car elle savait que le jeu ne sera pas facile. Yacine ne voudra jamais divorcer.
    Nassim lui prend les mains et les serre dans les siennes :
    -À nous deux, nous saurons arriver à bon port, nous relèverons tous les défis. Il le faudra d’ailleurs, pour nous et pour notre enfant.
    Il se tape la tête :
    -Qui aurait dit que je serais papa à un moment où je n’ai même pas fonder une famille. (Il rit). On dirait que la vie me demande de penser un peu à moi et à mon avenir. Je ne veux pas que mon fils subisse le même destin que le mien. Je ne pourrais le tolérer.
    Il regarde Sara qui jouait avec une cuillère et poursuit :
    -Si tu n’arrives pas à quitter cet homme rapidement, je serais capable de le tuer.
    Elle sursaute :
    -Mais tu deviens fou !
    -Tu peux le dire. J’aurais toléré de vivre encore loin de toi quelque temps, si je ne savais pas que tu étais enceinte. Ma patience ne me sera plus d’aucun secours maintenant que je sais que nous attendons cet enfant. Je mordrais toute la poussière de la terre, je mordrais ma chair jusqu’au sang, pour lui éviter la souffrance et l’humiliation. Je veux que mon fils soit heureux. Et pour son bonheur, je suis prêt à tuer.
    Sara lui serre le bras :
    -Je te comprends, tu as vécu orphelin et tu ne veux pas que ton fils subisse le même sort. Tu oublies cependant que je suis là. Moi je ne l’abandonnerais pas non plus. Ne crois pas que toutes les mères se valent.
    Il pousse un soupir :
    -Je n’en disconviens pas Sara, mais un enfant a besoin de ses deux parents.
    -Certes, mais si la procédure de divorce tarde à…
    -Je t’en supplie ma chérie, l’interrompt-il, je t’en supplie ne me fais pas languir davantage. Prends les choses en main, et ne me pousse pas à commettre l’irréparable.
    Sara le regarde avant de répondre d’une voix calme :
    -Si tu commets l’irréparable, tu ne verras jamais ton enfant.
    Il sursaute et serre son bras à le casser :
    -Alors démène toi, ne tourne plus en rond. Je ne répondrais plus de mes actes, si cette affaire ne connaît pas son dénouement dans les jours prochains.
    Le lendemain, Sara rentre chez elle. Elle n’avait pas averti Yacine et avait préféré prendre un taxi. Elle tourne en rond un moment dans l’appartement, puis se rendit dans sa chambre.
    Le lit n’était pas fait, et une couche de poussière planait.
    Elle toussote et ouvrit toute grande la fenêtre. Une odeur de café lui soulève l’estomac.
    Yacine prenait trop de café ces derniers temps et fumait comme une locomotive. Il y avait des mégots de cigarettes dans le cendrier, sur la table de nuit et même par terre.
    Sara enlève les draps et les couvertures du lit qu’elle alla déposer sur le bord de la fenêtre, puis revint pour soulever le matelas lorsqu’un petit carnet attire son attention. Il venait de tomber vraisemblablement du lit…
    Elle ne voulut pas l’ouvrir, mais quelque chose en elle la poussa à le faire. Elle se demanda en sus pourquoi Yacine l’avait caché sous son lit, alors que d’habitude il laissait ses documents traîner un peu partout dans l’appartement, sans trop s’en préoccuper.
    La jeune femme s’assit sur son lit et ouvrit le carnet d’une main hésitante.
    La première page comportait des numéros de téléphone et des dates. Elle se dit que c’était sûrement des rendez-vous de soins. Yacine recevait tant de patients qu’il avait préféré noter lui-même les dates et les contacts.
    La deuxième page comportait des adresses et quelques notes éparses.
    Elle allait refermer le carnet lorsqu’une photo en tombe… Sara la ramasse et demeure interdite un moment.
    Elle n’en croyait pas encore ses yeux : Yacine entourait les épaules d’une jeune et jolie femme blonde. Cette dernière le regardait d’un air qui ne laissait aucun doute sur ses sentiments.
    Sara retourne la photo et lu : “À toi Kenza avec tout mon amour”.
    Sara demeure muette de stupeur. Quelle idiote elle était !
    Yacine ne rentrait jamais avant vingt-et-une heures, voire même vingt-deux-heures, parfois plus. Elle aurait dû s’en douter.
    Aucun homme sensé n’aurait accepté de donner des rendez-vous nocturnes à ses clients après vingt heures, quel que soit son métier, alors qu’il venait de prendre femme et savait qu’il était pratiquement impossible, surtout lors d’une nouvelle union, de privilégier sa clientèle aux dépens de sa vie privée.
    Nassim l’avait prévenue lorsqu’ils étaient à Paris.
    Yacine entretenait à n’en pas douter une relation extra-conjugale.

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  49. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 49e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Sara n’avait jamais protesté, sauf en de rares occasions. Mais chaque fois que cela arrivait, Yacine lui assurait qu’il avait tardé au cabinet.
    La jeune femme n’avait jamais douté de la fidélité de son mari.
    À cette pensée, elle sursaute !
    Et lui, avait-il douté un jour de sa fidélité ? Mais s’il était en relation avec cette jeune femme, pourquoi l’avait-il épousée, elle !
    Ses idées s’embrouillèrent. Elle ne savait plus quoi penser, ni quoi faire.
    Nassim traverse ses idées. Devrait-elle l’appeler et le mettre au courant de cette découverte impromptue ?
    Elle secoue la tête. Pas encore. Elle prendra le temps de discuter tout d’abord avec Yacine. Peut-être que c’est l’occasion rêvée pour lui demander le divorce. Dans ce cas aussi, elle n’aura pas à lui avouer sa grossesse ni sa propre relation avec Nassim.
    Elle se sentit soudain fiévreuse. Ses nausées revinrent.
    Elle se dit qu’à son prochain rendez-vous médical, elle demandera à son gynécologue de lui prescrire quelque chose pour arrêter ces remontées désagréables.
    Elle repense à son état. Elle sera maman dans quelques mois. Dans d’autres circonstances, cela aurait été une bénédiction. Mais dans sa situation actuelle, c’était plutôt une malédiction.
    Quoi qu’il en soit, elle savait que les prochains jours ne seraient pas pour elle de tout repos.
    Elle regarde encore la photo. Le sourire de la jeune femme semblait la narguer. On dirait qu’elle lui transmettait un message. C’est comme si elle voulait lui démontrer que Yacine n’était pas son mari à elle seule.
    Elle met la main sur la bouche. Et si c’était sa seconde femme ? Une femme, somme toute, légitime ?
    Cela n’arrive pas qu’aux autres. Mais dans ce cas-là aussi, pourquoi ne lui avait-il rien dit ?
    Elle repense aux dires de Nassim : Yacine avait peur de la perdre.
    Et quoi encore ?
    Elle porte la main à la tête qui menaçait d’exploser. Trop de questions restaient sans réponse.
    Elle revint au salon et s’allongea dans un fauteuil. Il y a des jours comme ça où tout se met à tourner de travers.
    Yacine avait-il épousé cette femme en secondes noces ? Ou bien est-ce à elle qu’il avait réservé le second rôle ?
    Elle cherche le livret de famille, mais ne le trouve pas. Elle n’avait jamais demandé à voir ce livret depuis son mariage. Yacine avait toujours pris les devants pour tous les papiers dont elle avait besoin.
    Elle ne s’est donc jamais demandé où il mettait ce satané livret de famille.
    Elle continua longtemps à ruminer des idées noires. La fatigue et le surmenage aidant, elle finit par sombrer dans un profond sommeil.
    Lorsqu’elle ouvrit les yeux, il faisait nuit. Un bruit l’avait tiré de son sommeil. C’était la clef qui tournait dans la serrure de la porte d’entrée. Un coup d’œil aux aiguilles lumineuses de sa montre-bracelet lui apprend qu’il était presque vingt-trois heures. Yacine profitait de son absence pour rallonger ses horaires à l’extérieur. Où était-il donc ? Au cabinet ? Ou bien chez cette Kenza dont elle venait de découvrir l’existence ?
    Elle demeure dans le noir. Yacine n’avait pas donné la lumière et ne savait qu’elle était rentrée. Elle l’entendit parler à quelqu’un. Il parlait au téléphone, et n’avait pas les mains libres pour allumer dans le vestibule ou le couloir.
    Sara retint son souffle. Yacine parlait à une femme. À Kenza probablement… Il riait et semblait heureux.
    À ce moment précis Sara entendit ses pas. Il venait au salon. Un déclic, et la lumière inonda les lieux. Un moment de surprise, puis Yacine vint vers elle son portable encore à la main :
    - Sara. Tu, tu es là ?
    - Tu en doutes ?
    Il avait parlé à haute voix. Puis se rappelant sa communication, il s’excuse auprès de son interlocutrice et raccroche :
    - Je ne savais pas que tu étais là…
    - Ah ! tu espérais me voir prolonger mon séjour chez mes parents. Tu n’es pas content de me revoir ?
    Yacine fronce les sourcils :
    - Mais non… Que vas-tu donc chercher ? Comme tu n’avais pas appelé, je me disais que tu voulais peut-être profiter de ce séjour…
    - Eh bien non… Je suis revenue.
    - À la bonne heure. Je… heu… Pourquoi étais-tu restée dans le noir ?
    -Je t’espionnais.
    - Hein ? Pardon ?
    -Je t’espionnais… Je voulais savoir si tu allais rentrer tôt. Et ce n’était pas le cas. Tes habitudes deviennent de plus en plus dures. Pour ne pas dire qu’elles empirent… Alors que je t’attendais, je me suis endormie. C’est ta voix qui m’avais réveillée. Avec qui parlais-tu donc à cette heure tardive ?

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  50. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 50e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Yacine ne répondit pas tout de suite. Il dépose ses affaires, et allume la télévision avant de s’étirer et de se laisser tomber sur le sofa :
    -Sara… J’ai faim…
    Elle hausse les épaules :
    -Je n’ai rien préparé… Comment fais-tu d’habitude ? Tu mangeais dans des restaurants je présume.
    -Des fois… Mais je préfère manger chez moi… Je pense qu’il y a encore un reste de ragoût de haricots au réfrigérateur, et des escalopes de dinde…
    - Qui a cuisiné ?
    -Moi-même pardi… Où veux-tu donc en venir à la fin Sara par toutes ces questions ?
    -Tu n’as pas encore répondu à celle que je t’ai posée avant de parler du dîner… Tu voulais détourner la conversation n’est-ce pas… ?
    -Mais pas du tout… Que voulais-tu donc savoir ?
    -Tout bonnement qui était la personne avec qui tu discutais au téléphone… Tu semblais tellement concentré sur cette conversation.
    Il lève la main :
    -Ah les femmes ! Je ne parlais qu’à une patiente qui s’était excusée de ne pas avoir respecté ces deux derniers rendez-vous.
    -A cette heure-ci ?
    -Mais il n’est pas aussi tard que ça !
    -Tu trouves ?
    Il hausse les épaules :
    -Tu crois que c’est tout le monde qui se met au lit à 20h ? Tu oublies qu’il y a des gens qui veillent et qui ne trouvent pas les appels nocturnes trop déplacés.
    -Eh bien, moi si.
    -A ta guise… Mais je t’assure que…
    Elle l’interrompt :
    -Ne m’assure rien… Je…
    Elle ne termine pas sa phrase et court dans la salle de bains. Yacine la suit… Sara vomissait ses entrailles.
    -Tu ne te sens pas bien ma chérie… ?
    Elle ne répondit pas et prend une serviette qu’elle mouille dans le lavabo avant de la déposer sur son front brûlant.
    Elle se dirige ensuite vers sa chambre et se laisse tomber sur le lit.
    Yacine s’approche d’elle :
    -Tu es d’une pâleur à faire peur… Veux-tu que j’appelle un médecin… Ta mine défaite ne me plaît pas Sara.
    - Un médecin ?
    Elle sursaute…
    - Surtout pas… Non pas maintenant.
    Elle se redresse et agite la main :
    -Non… Ce n’est pas la peine… Je me suis rendue chez un médecin ce matin même et il a procédé à quelques prélèvements pour des analyses.
    -Des analyses ? Se doute-t-il de quelque chose ?
    -Heu… Non… Juste un petit bilan de routine.
    Yacine la regarde et constate que de grosses cernes entouraient ses yeux… Son visage lui semble plus amaigri… En fait, Sara avait perdu beaucoup de poids.
    -Tu veux que je te dise Sara, tu m’inquiètes sérieusement… Je vais t’accompagner dès demain chez un médecin de ma connaissance pour avoir le cœur net et…
    Elle se redresse encore et lance :
    -Cela suffit Yacine, je ne suis pas aussi mal en point que tu le penses… Je te répète que j’ai déjà vu un médecin.
    Devant son air contrarié, Yacine bat en retraite :
    -A ta guise. Mais si ton médecin ne découvre rien, et que ces vomissements continuent, je t’avertis que je serais capable de te traîner de force chez un spécialiste.
    Elle s’était laissé retomber sur son oreiller et semblait plus reposée. Yacine passe une main dans ses cheveux :
    -Sara… Pourquoi ne veux-tu pas m’écouter ?
    Elle ne répondit pas et se contente de fermer les yeux. Yacine se lève et rabat la couverture sur elle.
    -Veux-tu une tisane ?
    Elle secoue la tête sans ouvrir ses yeux :
    -Non… Va plutôt dîner… Ton ragoût de haricots doit être givré.. Tu devrais le réchauffer.
    Elle se détourne de lui, et replonge dans un sommeil profond.
    Elle n’arrive pourtant pas à trouver le repos… Des cauchemars la perturbèrent une bonne partie de la nuit… Elle entendit Yacine se lever plusieurs fois… Lui aussi ne semblait pas trouver le sommeil… Etait-il inquiet ?
    Sara tendit le bras, et constate qu’il n’était pas auprès d’elle… Avait-il préféré changer de place et aller dormir au salon ? Ou bien avait-il peur de la réveiller ou plutôt que la sonnerie de son téléphone ne la réveille… ?

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  51. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 51e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Excédée par toutes les questions qu’elle se posait sans pouvoir trouver de véritables réponses, Sara se lève et se dirige sur la pointe des pieds au salon. Elle se heurte à la console du corridor et s’arrête un moment en tendant l’oreille… Rien ! Il faisait encore nuit, et aucun bruit ne lui parvenait.
    Elle entendit cependant un léger ronflement lorsqu’elle entrouvrit la porte du salon… Dans la pénombre, elle remarque que Yacine s’était allongé sur le sofa et dormait profondément.
    Elle retourne alors dans la chambre et se remet au lit. Enfin elle put fermer les yeux et dormir d’un bon sommeil jusqu’au matin.
    Elle se réveille sur une bonne odeur de café… Elle se soulève alors avant de s’étirer, mais une nausée l’empêchera de se détendre. Elle alla se soulager, puis se remet au lit… Les vertiges la reprenaient de nouveau… Elle referme les yeux un moment.
    - Alors on a bien dormi ?
    Sara ouvrit les yeux et constata que Yacine se tenait près d’elle, un plateau de petit-déjeuner au bout des bras.
    - Je veux que tu manges un peu ma chérie, tu sembles si faible…
    Elle allait refuser, puis se ravisa. Après tout, elle venait de vomir tout ce qu’elle avait dans ses tripes. Et comme elle n’avait rien avalé durant les dernières vingt-quatre heures, ses forces n’allaient pas tarder à la trahir.

    Elle s’assoit dans son lit, et Yacine lui dépose le plateau sur les genoux avant de caler son dos avec des oreillers.
    -Là, tu seras plus à l’aise pour manger. Et surtout, mange comme il se doit… Un bon petit-déjeuner est toujours nécessaire pour entamer une bonne journée.
    Sara scrute son plateau et remarque que Yacine lui avait préparé non pas un petit-déjeuner, mais plutôt un petit festin : œufs brouillés au miel, croissants, tartine de beurre et confiture, jus de fruits et café au lait.
    Elle se dit qu’elle ne pourra jamais avaler autant de nourriture à la fois… Mais on dit que l’appétit vient en mangeant… Yacine s’était éclipsé, et Sara ressentit sa faim devant les odeurs qui se dégageaient des œufs et des croissants frais.
    Elle prend le verre de jus et l’avale d’une traite, avant de s’attaquer au reste. C’était bon d’avoir enfin quelque chose de consistant dans l’estomac.
    Elle avale une tasse de café noir avant de repousser le plateau et de passer une main sur son ventre en se disant qu’elle ne pourra plus avaler quoi que ce soit avant longtemps. Elle venait de manger comme quatre personnes…
    Le bébé ! Elle se rappelle son état et repasse sa main sur son ventre… Elle mangeait pour deux !
    Yacine revint dans la chambre. Il était déjà habillé et prêt à partir :
    -Alors cela va mieux ?
    Elle hoche la tête sans répondre.
    -Tu as bien mangé… La faim a toujours été un signe de bonne santé chez l’humain et cela me rassure sur ton état… Ce qui ne veut pas dire que tu ne devrais pas revoir ton médecin.
    Elle hausse les épaules et Yacine la débarrasse du plateau qu’il alla déposer dans la cuisine, puis revint :
    -Je m’en vais travailler.
    -Bien…
    -C’est tout ce que tu trouves à dire ?
    -Que veux-tu donc que je dise ?
    -Je ne sais pas… Quelque chose comme : tu me manqueras… Je t’attendrais…
    Elle hausse encore une fois les épaules avant de lancer :
    -Pourquoi devrais-je te dire toutes ces banalités.
    Il sourit :
    -Ce ne sont pas des banalités ma chérie… Je pense qu’entre mari et femme, on devrait de temps à autre faire des concessions.
    Elle fronce les sourcils :
    -Des concessions ?
    Il vint s’asseoir tout contre elle, et lui entoure les épaules :
    -Nous devrions enterrer la hache de guerre, tu ne trouves pas ?
    -Je n’ai jamais utilisé de hache contre toi.
    Il rit :
    -Mais tu m’as fais une de ces scènes de jalousie hier soir…
    -Une scène de jalousie ?
    -Oui… Tu as déjà oublié ? Rappelle-toi donc… Tu étais jalouse parce que je parlais à une de mes patientes au téléphone.
    Sara se rappelle cette scène. Puis comme dans un théâtre, après l’entracte, elle revoit le carnet et les photos qu’elle avait trouvés sous le lit… Tout lui revint alors, et elle se dit qu’elle devrait tout de suite tirer les choses au clair… C’était le moment ou jamais de mettre Yacine au pied du mur et de demander le divorce.
    A ce moment précis, le téléphone du salon se met à sonner. Yacine se lève pour aller décrocher. Elle l’entendit discuter, puis raccrocher. Il revint et lui annonce :
    -Désolé ma chérie je dois partir tout de suite… J’ai une urgence. Je t’appellerai dans la journée… Au cas où tu ne te sentirais pas bien, fais-moi signe.
    Il l’embrasse sur le front :
    -Repose-toi Sara… Il y a des fruits dans la cuisine… Il y a aussi des yaourts et de la viande au frigo… Ne t’amuse pas à faire la diète… Tente de déjeuner convenablement.
    Il se saisit de son cartable et sortit. Sara l’entendit fermer la porte d’entrée derrière lui.
    Elle pousse un soupir et se laisse retomber sur ses oreillers. Soudain elle se redresse : elle avait oublié… Elle avait totalement omis d’appeler Nassim et, de surcroît, elle avait éteint son portable.
    Elle se met à chercher fébrilement son mobile et le trouve sur sa table de nuit. Elle le rallume aussitôt et constate que Nassim avait tenté de la joindre des dizaines de fois.

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  52. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 52e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle compose aussitôt son numéro et comme s’il n’attendait que son appel, il répondit à la première sonnerie :
    - Sara ! Je me faisais un sang d’encre pour toi… J’ai tenté de te joindre mille fois et…
    - Désolée… je… je ne pouvais pas te répondre… J’ai préféré éteindre mon mobile…
    - Tu vas bien ma chérie ?
    - Oh… assez bien. J’ai toujours ces maudites nausées.
    - Tu devrais te nourrir mieux. Si tu continue à vomir ainsi, tu n’auras bientôt que la peau sur les os.
    - Je viens d’avoir droit à un petit-déjeuner consistant… J’étais malade dans la soirée, et ce matin Yacine avait voulu me gâter à sa manière.
    - Yacine… ?
    - Oui… Cela t’étonne ?
    - Non… mais je pense qu’à tes habitudes, tu n’as pas eu le courage de lui dire les choses en face.
    Sara soupire et repense à la découverte de la veille… Devrait-elle mettre Nassim au courant de la photo et du carnet qu’elle avait trouvé sous le lit ? Elle hésite et Nassim, n’ayant pas eu de réponse, poursuit :
    - Je savais que tu allais encore temporiser…
    - Non… je vais en discuter avec lui. Ne sois pas stupide Nassim… je suis bien plus impliquée que toi dans cette affaire.
    - Alors qu’attends-tu ?
    - Eh bien, franchement, je devais entamer le sujet avec lui dès son retour du cabinet mais il avait tardé et nous avions eu une petite dispute. Comme je me sentais trop malade pour lui tenir tête, j’ai préféré me mettre au lit sans attendre, puis je me suis endormie.
    - Et pour se faire pardonner, Yacine t’as servi un copieux petit déjeuner au lit.
    - Oui, mais cela ne veut pas dire que je vais lui pardonner ses incartades…
    - Alors… ?
    - Au moment où je devais reprendre la conversation de la veille et lui parler de mes intentions de le quitter, on l’avait appelé pour une urgence.
    Nassim s’emporte :
    - Toujours la même rengaine… Tu ne penses pas avoir assez tourné en rond ainsi ?
    - Je ne pouvais tout de même pas me coller à ses basques et l’empêcher de partir.
    Nassim pousse un long soupir :
    - Je vois que tu fais traîner les choses Sara… Le temps jouera contre nous, et tu te retrouveras bientôt dans de beaux draps.
    Elle allait riposter, mais il avait raccroché.
    Elle redépose son portable sur la table de nuit. Son regard accroche alors le carnet de la veille qui était déposé là et que Yacine n’avait même pas remarqué.
    La sonnerie de la porte la tire de ses méditations. Elle alla ouvrir. C’était Ghania, sa sœur, qui venait aux nouvelles.
    Elles s’embrassèrent et s’installèrent au salon. Ghania contemple sa sœur un moment avant de demander en souriant :
    - Alors comment te sens-tu ?
    Sara hausse les épaules :
    - Ça va…
    Ghania lui pince la joue :
    - On dirait que tu me caches quelque chose, petite sœur.
    - Que pourrais-je donc te cacher ? Nous avons eu quelques prises de bec Yacine et moi, voilà tout.
    Ghania se met à rire franchement :
    - Ce n’est pas une nouveauté… le contraire m’aurait plutôt étonné.
    - Pourquoi donc ?
    - Eh bien, parce que tous les couples qui se respectent passent souvent par là. Une règle inévitable pour tous…
    Sara pousse un soupir :
    - Mais Yacine semble me cacher des choses…
    Ghania lui pince encore la joue :
    - Cela fait à peine quelques mois depuis que vous êtes mariés… je ne vois pas ce qu’il pourrait bien te cacher.
    Sara serre ses deux mains l’une contre l’autre et lance :
    - Je crois qu’il me trompe.
    - Yacine te trompe… ? Avec qui ?
    La jeune femme se lève et se rendit dans sa chambre. Elle revint avec le carnet et le tendit à sa sœur :
    - Jette un coup d’œil là-dessus.
    Ghania ouvrit le carnet et scrute les premières pages, puis tombe sur la photo de la jeune femme.
    Elle relève les yeux et regarde Sara :
    - Tu vas trop vite en besogne petite sœur… c’est pour cette raison que tu as eu cette prise de bec avec ton mari ?
    - Non, pas précisément… il est rentré tard et je lui en ai fait le reproche.
    - Et pourquoi ne lui as-tu pas montré ces documents ?
    - Je… j’ai hésité… C’est… Je voulais d’abord en discuter avec toi… Je ne sais pas comment m’y prendre…
    Ghania sourit :
    - Non, ce n’est pas le cas. Tu voulais plutôt temporiser les choses, car tu n’étais pas sûre de ce que tu soupçonnais.
    - Comment ça pas sûre ? Regarde un peu ce qui est écrit sur la photo…
    Ghania tourne la photo et lit à haute voix : “A toi Kenza, avec tout mon amour”.
    Elle redépose alors le carnet sur la petite table du salon et revint vers sa sœur :
    - Sara… Yacine t’aime beaucoup… Cette photo avait dû être prise bien avant votre mariage.
    - Qu’est-ce qui le prouve ?
    - Rien, bien sûr… mais si Yacine était encore en relation avec cette femme, il ne t’aurait pas épousée.
    - Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
    - Eh bien, ma chérie, regarde un peu de plus près cette photo… Yacine me semble bien plus jeune… Et puis il y a des dates sur ce carnet qui remontent à plus de trois années.

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  53. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 53e partie
    Par : Yasmine HANANE

    - Il y a aussi des dates plus récentes.
    - Oui, c’est un carnet de rendez-vous, tu as dû t’en rendre compte. Seulement, il fallait faire un peu plus attention et comprendre que tous les rendez-vous inscrits remontent à une époque où vous n’étiez pas encore mariés… Cet agenda est vieux de plusieurs années…
    - Je sais, mais la photo…
    - Ne cherche donc pas trop à envenimer les choses… Yacine a dû oublier même jusqu’à l’existence de ce document et de cette photo. Tu ne vas tout de même pas aller jusqu’à penser qu’il a dû vivre comme un prêtre toute sa vie… Il avait eu lui aussi droit à des aventures galantes.
    - Je le conçois… mais je…
    Ghania entoure les épaules de sa sœur de son bras et relève une mèche de cheveux qui traînait sur ses yeux :
    - Tu es jalouse petite sœur. Je suis contente de l’apprendre. Si tu es jalouse, c’est que tu tiens à Yacine. Et j’en suis heureuse.
    Sara demeure muette. Ghania venait de lui dévoiler une chose qu’elle avait tenté d’ignorer jusque-là. Yacine, elle l’aimait ! Elle aimait son mari !
    Elle ferme les yeux et se laisse aller un moment…
    - Ne serais-tu pas enceinte par hasard… ?
    La voix de Ghania lui parvint comme dans un brouillard. Elle sursaute et revint à la réalité :
    - Enceinte ? Hein ? N…non ! Pourquoi ?
    Ghania pose une main apaisante sur son bras :
    - Ce serait une bonne chose pour vous deux…
    - Heu… oui mais je… Pourquoi as-tu pensé à ça maintenant ?
    - Rien de plus simple : tes nausées matinales, tes envies de dormir, ton dégoût envers certaines odeurs culinaires…
    Sara battit l’air de ses deux mains :
    - Je… je crois que tu te goures complètement ma sœur. Je… je serais la première à m’en apercevoir si c’était le cas, tu ne le crois pas ?
    - Si, mais parfois on ne s’en aperçoit même pas. Nous les femmes actives sommes tellement prises dans nos préoccupations que le plus souvent on préfère oublier nos petits malaises quotidiens. As-tu au moins consulté un médecin ?
    - Heu oui… Il m’a prescrit des fortifiants. Il a trouvé que j’étais simplement fatiguée.
    Ghania se lève :
    - J’aimerais bien le croire Sara, mais je persiste dans mes soupçons : tu dois être enceinte d’un mois ou deux. Fais-moi donc plaisir et va consulter un gynécologue.
    Sara déglutit. Ghania était déjà deux fois maman et avait assez d’expérience pour reconnaître les symptômes d’une grossesse. Cependant, étant donné que les choses s’étaient compliquées ces derniers temps et qu’elle était réellement enceinte, mais d’un homme autre que son mari, elle ne pouvait confier à sa sœur, qu’elle attendait effectivement un enfant.
    - Je vais tâcher de trouver un moment pour voir un gynécologue, lance-t-elle d’une voix exacerbée.
    Ghania sourit :
    - Ne te fâche donc pas. Tiens, je présume aussi que tes sautes d’humeur sont à mettre sur le compte d’un état de fécondité. Ah Sara ! Tu ne sais pas ce que c’est que d’être mère ! C’est tellement merveilleux d’attendre un enfant !
    Sara sentit sa gorge se nouer :
    - Certainement. Je n’en doute pas. Mais Yacine…
    - Laisse tomber ces futilités de prises de bec avec ton mari. Yacine t’aime et tu l’aimes. Tu l’aimes au point de devenir jalouse au moindre soupçon de ta part. Allons Sara, dès ce soir, montre-lui cet amour que tu t’entêtes à garder pour toi seule alors qu’il est en droit de se sentir aimé et comblé.
    Après le départ de Ghania, Sara demeure un instant perplexe et ne sachant que penser… Etait-elle amoureuse de Yacine ? A-t-elle fini par l’aimer sans s’en rendre compte ? Et puis il y avait Nassim entre eux. Elle ne pouvait quand même pas aimer deux hommes en même temps !
    Elle se rendit dans la cuisine comme pour chasser cette réalité qui venait de s’imposer à elle et ouvrit toute grande la porte du frigidaire. Yacine s’était bien approvisionné : il y avait des légumes, des fruits, de la viande, des fromages, des yaourts, et des boissons.
    Pour occuper son esprit, elle se met à préparer un véritable repas… Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas cuisiné, et ce soir, elle va tenter de redevenir le cordon bleu qui savait gâter le palais de son mari.
    Tout en épluchant les légumes, elle repense à son état… Yacine lui avait menti… Et elle ? Elle l’avait trahi. Ils étaient tous les deux indignes d’être mariés. Ils avaient violé les liens sacrés du mariage. Et maintenant que vont-ils devenir tous les deux ? Elle sera obligée de lui avouer sa grossesse qui sera visible dans peu temps. Comment va-t-il alors réagir ? Ira-t-il jusqu’à lui avouer sa stérilité tout en la traitant de “femme impure” ? Ou bien sa jalousie l’aveuglerait au point où il ira jusqu’à la tuer… ? Et elle méritait ce sort… Elle était coupable d’une situation qui aujourd’hui la dépassait.
    Elle dépose son couteau et met une marmite sur le feu. Ses pensées revinrent vers Nassim. Comment va-t-il réagir si elle lui apprenait qu’elle ne voudrait pas divorcer parce qu’en vérité elle aimait son mari et que tout ce qu’ils avaient vécu ensemble n’était en réalité qu’une aventure passagère ? Tout comme des adolescents, ils avaient succombé à un moment de faiblesse avant de se rendre compte que la réalité allait rapidement les surprendre.

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  54. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 54e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Nassim ne va pas prendre ses propos au sérieux. (Elle secoue sa tête) Il était tellement heureux d’apprendre qu’il serait bientôt père, qu’elle doute fort d’une compréhension de sa part. Avait-elle bien fait de lui annoncer sa grossesse ? Elle se rendit compte que dans le cas contraire, elle n’aurait jamais su que son propre mari était stérile.
    Sara se laisse tomber sur une chaise : on dirait que la vie la punissait de sa témérité et de son imprudence. Ce sont de moments de folie qu’elle n’avait jamais vécus dans sa jeunesse et son adolescence, elle avait voulu les vivre maintenant, alors qu’elle était liée à un homme qui l’aimait sans limites.
    Elle avait brûlé les étapes de sa vie. C’est pour cette raison qu’elle avait refusé de reconnaître l’amour, enfoui dans son subconscient, pour Yacine.
    Pourquoi avait-elle refusé cet état de fait ? Pourquoi avait-elle succombé au regard brûlant de Nassim, alors qu’elle savait ce qu’elle risquait ?
    Les deux hommes, deviendront dans peu de temps des ennemis jurés. Elle avait détruit à jamais une longue amitié, voire même cette fraternité, incontestable entre eux.
    Elle prépare un repas digne des grandes circonstances et alla se reposer dans sa chambre. Elle avait eu encore des nausées et les odeurs culinaires qui lui parvenaient de la cuisine lui soulevaient l’estomac.
    Elle ouvrit toute grande la fenêtre et aspira une grande goulée d’air avant de s’allonger sur son lit.
    Elle s’endormit et rêva qu’elle planait entre deux montagnes. Un faucon la suivait et elle essayait de s’éloignait de ses griffes. Il s’approchait dangereusement d’elle, et elle poussait des cris effroyables. Une voix l’appelait :
    - Sara, Sara, réveille-toi.
    Elle ouvrit les yeux et constate que Yacine était à son chevet :
    - Tu faisais un cauchemar ma chérie…
    Il passe une main caressante sur son visage :
    - Veux-tu un verre d’eau ?
    Elle acquiesce. Il remplit un verre d’eau qu’il porta à ses lèvres. Sara le regarde. Il était si prévenant envers elle…
    -Aller, encore un peu.
    Elle but quelques gorgées et repousse le verre qu’il dépose sur la table de nuit :
    - Cela va mieux ?
    - Oui. Je… J’ai dormi… J’ai…
    - Tu as bien fait. Le sommeil c’est sain. Mais tu as fais ce cauchemar et…
    Elle met un doigt sur ses lèvres et il lui embrasse la main :
    - Tu veux te lever ou préfères-tu rester au lit ?
    Elle se rappelle alors du dîner :
    - Je vais me lever… J’ai préparé le dîner. Tes plats favoris.
    Elle avait débité cette phrase d’une petite voix. Yacine se baisse et la prend dans ses bras :
    -Ma chérie. Je suis si content de te voir enfin reprendre goût à la vie. Tu me manques tant Sara.
    Elle se dégage de lui et quitte sont lit :
    - Allons dans la cuisine Yacine. Je vais juste réchauffer les plats. Nous pourrions dîner tout en discutant de nous deux.
    - A la bonne heure.
    Elle dresse la table et sers le dîner. Yacine voulu l’aider, mais elle s’y opposa.
    Ils mangèrent en discutant de choses et d’autres, puis Sara débarrasse la table et prépare un thé. Yacine s’était retiré dans le salon pour suivre une émission à la télévision. Elle le rejoint et s’installe à ses côtés. Il lui entoure les épaules de son bras et l’embrasse :
    - Merci pour ce copieux dîner. Tu es vraiment un cordon-bleu…
    Elle hausse les épaules :
    - Toutes les femmes qui aiment cuisiner sont des cordons-bleus.
    - Toi tu es exceptionnelle ma chérie. Je n’ai jamais mangé des plats aussi savoureux. Lorsque j’habitais avec mes parents, ma mère me gâtait. Elle connaissait mes goûts et me préparait des plats succulents. Puis, j’ai changé de ville, et je me suis installé dans cet appartement…Tu imagines un peu la vie d’un célibataire. Les restaurants, les sandwichs avalés sur le pouce, les fast-foods…
    - Tu n’avais jamais pensé à te marier plus tôt ?
    Yacine hésite avant de répondre :
    -Je… Je te cherchais. Je voulais rencontrer la femme dont j’ai toujours rêvé. J’ai attendu… J’ai longtemps attendu… Et j’ai fais le vœu de ne pas me lier à une femme, sauf si c’est celle qui répondra à toutes mes aspirations.
    - Et ensuite ?
    Il sourit :
    - Ensuite. Je t’ai rencontrée… Et voilà nous sommes ensemble.
    Sara repense à la photo de la jeune femme. Elle regarde Yacine qui sirotait son thé et se dit que c’était le moment où jamais de lui poser la question qui lui brûlait les lèvres :
    - Yacine.
    - Oui.
    - Ne me dis pas que tu as vécu comme un moine avant de me rencontrer…
    Il sourit :
    - Bien sûr que non… J’ai connu des femmes… De jeunes et jolies femmes…
    Sara est étonnée par le ton serein de son mari.
    - Et tu me balances cette phrase comme ça. Sans aucune pudeur ?
    -Pourquoi parles-tu de pudeur… ?
    Elle se rendit compte du ridicule de la situation et tente de corriger sa phrase :
    -Heu. Je crois que je me suis mal prise. J’ai parlé trop vite. Je voulais seulement savoir ce qui s’était passé…

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  55. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 55e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Il l’interrompt et lance d’un petit air taquin :
    - Comme tous les hommes j’ai eu des aventures. Il y avait des femmes que j’ai réellement appréciées sans pour autant m’attacher à elles, et d’autres qui étaient passée comme un simple coup de vent.
    - Et tu … Tu n’as jamais aimé l’une d’elles ?
    Il soupire et Sara remarque son air contrarié :
    - Pour être sincère si… Il y en avait une qui m’avait accrochée. Elle était belle, intelligente, douce, aimante… Elle avait en elle tout ce qui pouvait plaire à un homme normalement constitué.
    - Kenza…
    Il sursaute et se retourne vivement vers elle :
    - Kenza ? Tu la connais ?
    Elle secoue la tête :
    - Pas du tout…
    - Alors comment ?
    Il suspendit sa phrase, car Sara s’était levée :
    - Je vais te montrer quelque chose.
    Elle tendit la main et prend le carnet que Ghania avait déposé sur la table basse. Yacine reconnu tout de suite le document :
    - Où as-tu trouvé ce carnet ? Cela fait des mois que je le cherche.
    - Ne racontes donc pas des bobards… Tu l’avais caché sous le matelas dans notre chambre.
    -Sous le matelas ?
    -Oui. Heu… (Elle toussote). Je suis désolée, je ne savais pas qu’il y avait cette photo à l’intérieure.
    Yacine lui prend le carnet des mains et l’ouvrit :
    - Je voulais justement t’éviter ces surprises… Je n’aurais pas aimé que tu tombes sur quelque chose qui pourrait provoquer un quelconque soupçon.
    Sara croise ses bras :
    -Pourquoi donc ? Cette femme avait compté pour toi à ce que je comprends. Après il y avait eu une rupture. C’est ça ? N’est-ce pas ? Où bien la rencontres-tu encore ?
    Yacine porte une main à son front :
    - Que vas-tu donc chercher ? Bien sûr que je ne vois plus cette femme.Cela fait plus de deux années depuis qu’elle m’a quitté.
    - Ah ! Et tu as gardé cette photo avec l’inscription qu’il y a dessus…
    - Oui. L’interrompt-il…Oui. J’ai gardé cette photo. C’était le seul souvenir qui me restait d’elle.
    - Un souvenir ? Et elle… ? Qu’a-t-elle gardé de toi ?
    - Rien. Elle est partie sans rien prendre avec elle.
    - En somme, si je dois récapituler, je dirais tout simplement, que vous vous êtes rencontré, vous vous êtes aimés et vous vous êtes quittés…
    - Oui. Heu. Oui, c’est un peu ça.
    - Hum… Tu ne la vois donc plus ?
    - Bien sûr que non.
    - Cela ne te tente-t-il donc pas de la rencontrer de nouveau ?
    Yacine se prend la tête entre les mains :
    -Même si c’était le cas, je ne pourrais jamais la joindre là où elle se trouve maintenant.
    -Elle a quitté la ville ?
    Yacine la regarde en face :
    - Elle n’a pas seulement quitté la ville Sara, elle a même quitté ce monde.
    Perplexe, Sara garde le silence un long moment avant de murmurer :
    -Je… Je suis désolée Yacine. Je ne voulais pas te blesser.
    Il s’approche d’elle et la prend dans ses bras :
    - Cette histoire fait partie du passé Sara. J’ai cessé de pleurer Kenza, depuis que je t’ai rencontrée.
    Sara hésite avant de demander :
    - Tu l’aimais donc autant ?
    Il soupire :
    - Oui. Je l’aimais. J’étais aussi amoureux d’elle, qu’elle l’était de moi.
    Emue, Sara se serre contre lui :
    - L’amour peut donc exister pour certains.
    Il lui relève le menton et sourit :
    - Pas pour certains Sara, mais pour tout le monde…L’amour est un sentiment noble…Il se cultive et se transmet. Lorsqu’on le respecte, il sait nous rendre heureux. C’est quelque chose de merveilleux.
    Sara se mordit les lèvres. Oui l’amour est merveilleux. Elle était sûre maintenant de ses sentiments envers son mari. Hélas ! N’était-il pas trop tard ?
    Elle se rappelle son état et se demande si elle ne devrait pas mettre Yacine au courant de sa grossesse… Comment réagira t-il ?
    - À quoi penses-tu ?

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  56. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 56e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Elle tente d’ébaucher un sourire :
    - À nous, à notre avenir ensemble.
    -Ne sommes-nous pas heureux Sara ?
    - Si tu le penses…
    - Nous devrions le penser tous les deux. Je n’aimerais pas me sentir le bouc émissaire d’un sentiment que tu ne partages pas.
    - Pourquoi dis-tu ça Yacine ? Bien sûr que je partage tes sentiments. Sinon je ne serais pas restée.
    Il l’interrompt :
    - Cela fait très longtemps que personne n’a prononcé un “gentil mot” pour moi.
    - Je t’aime Yacine… le coupe-t-elle.
    Il porte ses mains à ses lèvres et les embrasse :
    - Répète-le encore ma chérie.
    - Je t’aime, mon chéri… Je t’aime bien plus que tu ne le penses.
    Cette fois-ci les larmes coulèrent de ses yeux. Son cœur criait famine. Elle avait besoin d’amour, besoin d’aimer et de se sentir aimée. Que demander de plus à la vie, alors que son mari l’aime profondément?
    Il essuie ses larmes d’un doigt caressant :
    - Oh, ma chérie ! J’ai tellement attendu ce moment, que j’ai cru qu’il n’arriverait jamais.
    Il se penche et la soulève dans ses bras :
    - Je ne pourrais plus jamais aimer une autre femme que toi, ma douce moitié.
    Il la dépose sur le fauteuil qui lui faisait face et se met à genoux devant-elle :
    - Que pourrais-je faire pour te voir heureuse et comblée toute ta vie ?
    Elle sourit :
    - Nous aurions des enfants. Tu aimes les enfants n’est-ce pas ?
    - Qui n’aime pas les enfants ? Je suis pressé de faire sauter les nôtres sur mes genoux.
    Sara qui pensait que Yacine allait détourner la conversation est surprise :
    - Tu aimes les enfants, redemande-t-elle
    - Bien sûr, ma chérie. Je serais le plus heureux des hommes si tu peux me donner un enfant dans les prochains mois.
    La jeune femme est déroutée. Yacine cherchait-il à la leurrer ?
    - Je, je ne sais pas si nous ne sommes pas stériles, se hasarde-t-elle.
    Yacine demeure muet de stupeur :
    - Que Dieu nous en préserve.
    - Mais il y a ce risque Yacine. Nous ne sommes pas de la prime jeunesse et…
    - Quoi ? Tu te prends déjà pour une vieille mémère. Non Sara, tu es jeune, et belle à croquer. Tu pourras enfanter sans contrainte.
    - Oui, mais, et toi ?
    Il se passe une main dans les cheveux :
    - Je ne vois pas où tu veux en venir Sara. Jusqu’à ce que je t’épouse, je n’ai pas tenté d’avoir des enfants. Mais nous n’avons jamais souffert de stérilité dans ma famille. Heu, pourquoi as-tu de telles idées ? Nous sommes mariés, et si Dieu le veut, nous aurons nos enfants.
    Sara le regarde, et comme pour dissiper sa gêne se met à rire :
    - Je le disais comme ça. Bien sûr que nous aurons nos enfants, Yacine. Je prierais Dieu de nous combler de ses bienfaits et d’une descendance heureuse.
    Il l’embrasse :
    - Il se fait tard. Allons nous coucher.
    Deux jours passent. Sara est de plus en plus confuse. Elle avait recontacté Nassim, et ce dernier, l’avait encore harcelée pour divorcer mais Sara, qui s’était rendu compte de sa bévue, lui avoua, qu’elle ne voulait plus quitter Yacine.
    Il la menace alors de tout dévoiler à ce dernier. Sara ne reconnaissait plus l’homme aimant et attentionné qu’elle avait connu. Nassim criait et débitait des obscénités. Mais la jeune femme tint bon. Elle ne prendra aucune décision avant d’avoir les résultats de ses analyses.
    Elle raccroche en se demandant si Nassim n’avait pas inventé cette histoire de stérilité chez Yacine.
    Son mari, par contre, lui, avait paru sûr de lui, lorsqu’ils avaient abordé ce sujet la veille. Il s’était montré plus qu’attentionné envers elle, et lui avait promis de revenir un peu plus tôt de son travail afin qu’ils aillent dîner ensemble dans l’un de leurs restaurants favoris sur la côte.
    Avant de se rendre à son travail, il lui avait encore recommandé de se rendre chez un médecin, afin de mettre fin à ses malaises matinaux. En riant, il lui avait certifié que c’étaient les femmes enceintes qui souffraient de ces symptômes.
    Sara avait pris un air détaché et avait haussé les épaules, en lui répondant qu’il n’en était rien.
    Le lendemain, vers la mi-journée, la jeune femme se rendit chez la gynécologue. En attendant de passer, elle se demanda qui des deux hommes disait la vérité. Si Yacine n’était pas stérile, l’enfant pourrait bien être de lui. Et alors ?
    Nassim aussi avait une part là-dessus. Elle se sentit si misérable et si mesquine qu’elle ne savait plus quelle attitude adopter.

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  57. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 57e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Lorsque ce fut son tour, la gynécologue l’appelle dans son bureau et la prie de prendre place en face d’elle.
    Elle avait récupéré les résultats des analyses et relisait attentivement les chiffres étalés devant elle. Elle relève la tête et fixe Sara avant de demander :
    - Votre mari est avec vous ?
    - Non, pourquoi ?
    - Oh, juste une formalité de routine. Souvent les jeune femmes enceintes pour la première fois préfèrent se faire accompagner par le père de l’enfant.
    Elle relit encore ses notes, puis ôte ses lunettes et lance :
    - Madame, je dois refaire vos examens.
    - Vous voulez dire que vous devez procéder à d’autres prélèvements ?
    Le médecin hoche la tête :
    - C’est bien ça.
    Sara sentit l’inquiétude la gagner :
    - Y a-t-il quelque chose d’anormal ?
    Le médecin prend un ton maternel :
    - Mais non, qu’allez-vous penser ? Je veux simplement m’assurer de certains taux. Je préfère éviter toute confusion dans les bilans de grossesse. Il y va de la santé de la mère et de l’enfant.
    Sara garde le silence. Elle avait un mauvais pressentiment, mais elle se dit que, parfois, l’imagination joue de vilains tours… Après tout, pourquoi son médecin ne lui dirait pas la vérité :
    - D’accord. Je suis prête pour les prélèvements.
    - Parfait. Nous allons approfondir votre bilan, je vais indiquer d’autres mentions sur l’ordonnance afin qu’on procède aux prélèvements requis… Suivez-moi.
    Sara se prête à la prise de sang et à d’autres examens. Le médecin qui l’avait suivie l’exhorte à la rejoindre dans son bureau.
    La jeune femme se demande ce qui pouvait bien clocher dans les précédentes analyses. Un autre bilan s’est avéré nécessaire. Ceci n’était pas du tout rassurant.
    Elle revint vers son médecin et demande :
    - On dirait que vous me cachez quelque chose docteur.
    Le médecin tente de prendre un ton rassurant :
    - Voyons ! Je ne vous cache rien. Parfois il y a comme ça des erreurs dans les analyses sanguines, ce qui donne souvent des résultats faux. Je suis certaine que vous êtes en bonne et parfaite santé. Heu. J’aimerais plutôt rencontrer votre mari.
    Sara sursaute :
    - Pourquoi ?
    - Pour l’entretenir sur votre état et lui faire subir à lui aussi quelques examens.
    - Cela me paraît bien curieux.
    - Mais non. Je veux juste faire mon travail comme il se doit. Voulez-vous revenir avec votre mari dans deux jours ?
    Désemparée Sara hésite à répondre tout de suite. Elle se demande si elle devrait informer Yacine, ou tout bonnement revenir avec Nassim. Après tout, ce médecin ne connaissait pas son vrai mari.
    -Heu oui, bien entendu. Je reviendrai dans deux jours et je ramènerai mon mari avec moi. Il va certainement se poser des questions et…
    Le médecin lui tapote la main :
    - Qu’a cela ne tienne. Je saurais répondre à toutes ses interrogations. Un entretien privé avec lui serait indispensable. Je n’aimerai pas courir le risque de laisser le père de votre enfant, à l’écart de vos préoccupations de future jeune maman.
    Sara se sentait toujours mal à l’aise. Une boule s’était formée au niveau de son plexus et elle ne savait plus si elle était angoissée parce qu’elle ne connaissait pas le père de l’enfant, ou bien parce que le médecin semblait lui cacher quelques anomalies relevées dans ses analyses.
    Elle se lève et quitte le cabinet médical tel un automate.
    À l’extérieur, la journée était radieuse. En d’autres circonstances, elle aurait aimé flâner et faire les magasins. Mais aujourd’hui le cœur n’y était pas.
    Son portable se met à sonner. C’était Nassim. Elle lui avait pourtant demandé de ne pas l’appeler à tout bout de champ. En vérité, elle espérait au fond d’elle-même que Nassim ne soit pas le père de l’enfant. Elle se rappelle soudain les recommandations de sa la gynécologue qui voulait rencontrer son mari.
    Elle décroche et la voix de Nassim lui agresse l’oreille :
    - Sara que fabriques-tu ? Cela fait une éternité qu’on ne s’est pas revus. Que se passe-t-il ?
    Elle tente de prendre un ton calme avant de répondre :
    - J’étais un peu souffrante. Je viens de revenir de chez ma gynécologue.
    - J’espère que tout va bien pour le bébé.
    -Euh… oui. Le bébé va bien. Seulement…
    -Seulement?
    -La doctoresse veut rencontrer mon mari et s’entretenir avec lui. Elle m’a donné rendez-vous dans deux jours.

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  58. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 58e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Nassim garde le silence un moment puis lance :
    - Sara, je… suis prêt à t’accompagner au bout du monde…
    - Alors rappelle-moi dans deux jours.
    - Tu n’y penses pas ! Je veux qu’on se rencontre tout de suite. Je veux te revoir, te sentir près de moi, te regarder et t’aimer…
    - Non !
    Elle l’avait interrompu d’une voix si sèche et si coupante, qu’il suspendit sa phrase durant quelques secondes avant de demander :
    - Tu ne veux pas me revoir Sara ?
    - Non… Pas avant notre rendez-vous médical.
    Il demeure muet un moment avant de demander :
    - Que se passe-t-il ? Quelque chose me paraît anormal chez toi.
    - Rien d’anormal Nassim. Je me suis rendu compte, hélas avec beaucoup de retard, que nous nous étions trompés tous les deux. Nous avions joué à un jeu très dangereux… Nous avons trahi la confiance de Yacine et nous nous sommes conduits comme des goujats.
    - Je ne te suis pas…
    - Eh bien, tant pis Nassim… Un jour, tu comprendras tout… Tu te rendras compte par toi-même que nous n’avions pas été honnêtes et…
    Furieux il s’écrie :
    - Mais tu portes notre enfant Sara… Il est trop tard pour reculer.
    Sara s’emporte :
    - Qui me prouve que c’est ton enfant que je porte et non celui de mon propre mari ?
    - Parce qu’il est stérile.
    - Non ! Je crois que tu as monté toute cette histoire. Car en réalité c’est toi le stérile et non Yacine.
    Un silence tombe entre eux… Elle entendit la respiration forte de Nassim au bout de son téléphone, et sentit la colère qui bouillonnait en lui… Elle avait peut-être été trop loin aussi… Elle n’était pas encore sûre de ce qu’elle avait avancé, mais elle avait tendu un appât de taille, et il avait atteint son but, à en juger par la réaction de Nassim.
    -Sara tu ne peux pas faire ça !
    La voix semblait provenir de très loin… Un souffle… Un hoquet… Nassim pleurait :
    - Je.. je ne sais pas pourquoi tu me tortures… Je voulais tant cet enfant… Je voulais tant pouvoir bercer un jour mon propre fils dans mes bras… Tu n’as pas le droit de m’empêcher d’être le père de ton fils, ne serait-ce que pour un temps.
    Sara sentit son sang se glacer dans ses veines. Yacine était le père de son enfant !
    En apprenant sa grossesse, Nassim n’avait pas hésité à lui en proposer la paternité. Et pour arriver à ses fins, il avait inventé cette histoire de stérilité chez Yacine… C’était clair : Nassim l’avait peut-être aimée, mais il ne savait pas qu’il allait être aussi bien servi : elle lui offrait en sus un enfant alors qu’il n’espérait pas en avoir… Ce qui expliquait son célibat endurci et son refus de prendre femme.
    - Pourquoi m’as-tu menti ?
    - Parce que je t’aimais, répondit-il dans un sanglot.
    - Le mensonge est une chose ignoble Nassim. Ne l’assimile donc pas à l’amour.
    - Mais je t’aimais… Je t’aime… Je t’aime tant Sara… Je suis prêt à me mettre à genoux devant toi et à faire n’importe quoi pour te le prouver.
    - Mais tu m’as menti, et tu as été jusqu’à me faire admettre que mon mari était stérile. Yacine ne sait encore rien de ma grossesse. J’ai été naïve et j’ai cru à tes mensonges… Tu m’as enduite dans des erreurs dont je m’en serais jamais cru capable !
    - Je l’ai fait pour notre bonheur et celui de notre enfant…
    - Non ! L’enfant n’est pas de toi.
    - Je t’interdis de prononcer encore cette phrase.
    -Tu n’as plus rien à m’interdire ni à me permettre, désormais, nos routes s’arrêteront là. Je regrette Nassim, mais je veux mener une vie tranquille auprès de mon mari, et de notre futur enfant. Désolée, si je te blesse, mais avoue que tu n’as pas été un saint, toi non plus.
    Aveuglé par son désespoir, Nassim prend une voix menaçante :
    -Tu le regretteras amèrement Sara. Je vais tout dévoiler à Yacine… Tu verras qu’il ne sera pas du tout content de découvrir certaines vérités sur toi.
    -Sur toi non plus Nassim. Tu oublies qu’il était ton meilleur ami.
    Un silence tombe entre eux. Chacun savait que Yacine ne devrait jamais connaître la réalité sur leur relation.
    Cependant, Sara mue par une force étrange se sentait capable de tout dévoiler à son mari, et d’aller jusqu’au bout des choses. Yacine sera alors le seul juge dans cette situation qui les dépassait tous.
    Yacine !
    Elle ferme les yeux : elle l’aimait tant !
    - Je vois que tu es encore bien plus têtue que moi Sara, mais… je ne te laisserais pas faire… Je vais tout dévoiler au médecin, puis à ton mari.
    -Tu feras ce qui te plaira… à propos de mon médecin, je penses qu’il serait inutile pour toi de m’accompagner, je vais plutôt apprendre ma grossesse à Yacine, et l’exhorter à venir avec moi au prochain rendez-vous. Il est le père légitime de mon enfant, et a le droit de tout connaître sur mon état et celui de notre bébé.
    - Non !

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  59. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 59e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Nassim avait hurlé, et Sara dû éloigner le portable de son oreille.
    - Non. Tu n’en feras rien. C’est moi qui vais t’accompagner et me rassurer sur l’état de notre… heu… du bébé.
    - Ne t’imagines pas que je vais me laisser faire encore cette fois-ci. Je suis prête à affronter toutes les situations Nassim. Je ne crains plus rien. Je suis redevenue celle que j’ai toujours été, et celle que j’aurais dû toujours être. Avant de te rencontrer, je ne savais pas qu’un jour j’allais tomber bien bas.
    Nassim avait raccroché. Sara garde l’appareil dans sa main un moment, avant de héler un taxi et de rentrer chez elle.
    Elle avait à peine franchi le portail de l’immeuble qu’une main se pose sur son épaule :
    - Je te retrouve enfin !
    Elle se retourne brutalement et fait face à Nassim :
    - Tu oses me suivre ?
    - Oui. Et je te suivrais jusqu’à ce que tu redeviennes plus raisonnable.
    - Je suis redevenue raisonnable à la minute même où j’ai compris que seul mon mari comptait pour moi. Dès maintenant, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour sauver mon ménage, et assurer un avenir serein à notre enfant.
    Nassim la prend par le bras et se met à la secouer :
    - Cet enfant est le mien et personne ne pourra me le prendre.
    Elle se dégage et se met à masser son poignet douloureux :
    - Cet enfant est celui de Yacine. Je suis sa mère, et je le protégerais de tous les maux qui pourraient l’atteindre.
    - Je t’interdis de répéter encore que cet enfant est celui de Yacine.
    Sara allait riposter lorsqu’un violon vertige la porte en avant. Elle tente de s’accrocher à la balustrade de l’escalier, mais sa main touche le vide.
    Nassim la retient de justesse et elle perdit connaissance dans ses bras.
    Lorsqu’elle revint à elle, elle eut de la peine à se repérer. Elle était allongée dans un lit qui n’était pas le sien, et dans une chambre plongée dans la pénombre. Son bras était relié à un flacon de sérum. Sa tête pesait une tonne, et elle eut du mal à maintenir les yeux ouverts.
    Elle tente de se relever ou d’appeler, mais on dirait que le son de sa voix s’éteignait dans sa gorge.
    Que s’est-il passé ? La mémoire lui revint… Ah oui ! Elle avait perdu connaissance dans la cage d’escalier. Elle était avec Nassim.
    Un bruit attire son attention. On dirait que quelqu’un discutait à haute voix juste à l’entrée de sa chambre. Elle entendait maintenant nettement les voix. Oui… Nassim et Yacine discutaient entre eux. Elle tente encore une fois de se relever, en vain. Ses forces l’avaient abandonnée.
    La porte de la chambre s’ouvrit brusquement et Yacine entre en coup de vent :
    - Sara ! Oh ma chérie, j’ai eu la peur de ma vie. Comment te sens-tu ?
    Elle voulu répondre, mais ne le put… On a dû lui administrer un sédatif très puissant. Elle regarde autour d’elle et remarque que Nassim aussi était là.
    Yacine vint lui prendre la main :
    - Pourquoi m’as-tu caché tant de choses Sara ?
    Elle le regarde dans les yeux, et y lu tant d’amour qu’elle se sentit toute mouillée…
    - Ne sois pas triste ma chérie. Tout va s’arranger. Nassim m’a tout raconté.
    Elle sentit une sueur froide inonder son dos : qu’a bien pu raconter donc Nassim ?
    Elle soupire :
    - Je… je…, arrive-t-elle enfin à prononcer.
    - Je sais… tu es fatiguée… Cela fait des jours que je te demandais de voir un médecin Sara. Voilà que j’apprends que tu es enceinte. On a procédé à des prélèvements pour faire des analyses. Le médecin de service m’a rassuré sur ton état mais il préfère te garder en observation jusqu’à demain.
    Nassim se tenait à l’écart. Sara lui jette un regard interrogateur. Il s’empresse de s’approcher :
    - Tu te sens mieux Sara ?
    Elle hoche la tête sans oser lever les yeux sur lui et poursuit :
    - J’ai eu tellement peur tout à l’heure. Tu as perdu connaissance sans crier gare… heu… je dis des bêtises. On ne perd pas connaissance quand on le veut… mais je t’assure que j’ai eu l’estomac dans les talons. J’ai dû appeler les urgences avant d’informer Yacine. Il m’en veut un peu… Il aurait voulu que je l’appelle en premier.
    Sara pousse un soupir de soulagement cette fois-ci. Nassim n’avait rien révélé. Il avait tout bonnement appelé Yacine alors qu’on la transportait à l’hôpital.
    - Je ne savais pas que Nassim était rentré de France, renchérit Yacine. Alors, tu comprends un peu ma surprise lorsqu’il m’avait appelé pour me demander de le rejoindre aux urgences hospitalières.
    Sara tendit sa main vers Yacine :
    - Je… je savais que j’étais enceinte, murmure-t-elle mais c’était encore trop tôt pour t’en parler. Heu… Nassim voulait apparemment nous faire une surprise. Il venait chez nous lorsque…
    - Chut ! pas un mot de plus Sara… Nous aurons le temps de rediscuter de tout ça plus tard… Maintenant, tu dois te reposer.
    Il lui sourit tout en lui caressant la joue :
    - Nous serions bientôt parents… Tu te rends compte du bonheur que tu me donnes ma chérie !
    II se lève et arrange ses couvertures :
    - Je repasserai dans la soirée… D’ici là, tu vas fermer sagement les yeux et dormir.
    Elle hoche la tête et esquisse un sourire, avant de replonger dans les bras de Morphée.

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  60. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 60e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Yacine entraîne Nassim vers la sortie et referme la porte derrière lui :
    -Je ne comprends pas bien ton retour inopiné cette fois-ci, mais je présume que tu voulais nous surprendre moi et Sara.
    Nassim trouvant l’issue à son avantage acquiesce :
    -Oui… C’est… c’est un peu ça… Je voulais faire la surprise à tout le monde. Je ne savais pas que Sara était…
    -Moi non plus, l’interrompt Yacine.
    Il hausse les épaules :
    -Sara aussi voulait m’en faire la surprise… C’est la journée des surprises tu vois… Il y a des jours comme ça… Où vas-tu maintenant… ?
    Nassim qui se dirigeait vers le parking se retourne :
    -Récupérer le véhicule de location et me rendre à l’hôtel… Nous avons tous les deux reçu notre dose d’adrénaline pour aujourd’hui, tu ne trouves pas ?
    -Si… Mais j’aimerais que tu viennes à la maison Nassim… Nous allons dîner et fêter ma prochaine paternité ensemble.
    Nassim hésite, puis lance :
    -Ce sera pour une autre fois Yacine… Je suis épuisé… Je vais tenter de dormir un peu… Merci pour ton invitation… Ce n’est que partie remise.
    Deux jours passent. L’état de Sara ne s’améliore pas… Elle qui pensait pouvoir quitter rapidement l’hôpital se voit contrainte d’y rester encore en observation… D’autres analyses s’avèrent nécessaires… Tout comme sa gynécologue, le médecin ne semblait pas satisfait des premiers résultats.
    Yacine passait régulièrement prendre de ses nouvelles, et semblait très inquiet. Ses parents, Ghania et Fella de leur côté ne comprenaient rien à son état. Selon les médecins, Sara souffrait d’une maladie virale. On tentait de diagnostiquer le mal afin de procéder au traitement adéquat.
    Au troisième jour, Sara est réveillée au milieu de la nuit par une atroce douleur au bas-ventre. Ses cris ameutèrent le personnel médical qui se pressa autour d’elle. Une hémorragie venait de se déclencher. On la transporta d’urgence au bloc opératoire où on procéda à un avortement.
    Quelques heures plus tard, Sara rendit l’âme…
    Le jour se levait sur la ville, lorsque la sonnerie du téléphone obligera Yacine à quitter son lit. Il avait très peu dormi, et une barbe hirsute ornait ses joues.
    Lorsque la nouvelle lui parvint, il se figea un moment, croyant avoir mal entendu. Hélas, aussi amère soit-elle, la nouvelle tombe tel un couperet : Sara n’était plus de ce monde !
    Il pose le combiné et se met à déambuler dans l’appartement tel un automate. Non. Non.
    Ce n’était pas possible… Sara ne l’avait pas quitté ainsi sans l’avertir… C’est insensé… Il y a quelques années, il avait perdu Kenza… Et maintenant il perdait Sara !
    -Non. Non. Non ! s’écria-t-il, en se laissant tomber par terre… Non… Mon Dieu. Non… Pas cette fois-ci encore… Non !
    Il avait tant espéré retrouver un peu de bonheur auprès d’elle… Il avait tout fait pour construire ce bonheur auquel il ne croyait plus… Lorsqu’il avait appris qu’il allait être père, il s’était senti l’homme le plus heureux au monde… Et maintenant ? On dirait que la vie le provoquait, qu’elle lui montrait ses plus belles facettes pour l’appâter davantage avant de l’attirer dans ses filets. Non ! Il ne pourra pas survivre à Sara. Sans elle, sa vie ne sera plus une vie.
    Il donne libre cours à son chagrin, et ses larmes inondèrent son visage et ses vêtements.
    Durant quelques heures, il ne put ni se lever, ni même penser à se rendre à l’hôpital. Il se sentait si malheureux, si seul, et si vulnérable qu’il ne savait même pas comment annoncer la nouvelle à ses beaux-parents et à la famille. Il se rappelle soudain Nassim. Oui. Fort heureusement, il était là… On dirait que la Providence venait à son secours.
    Il se décide alors à l’appeler pour lui annoncer la triste nouvelle, et lui demander de l’aider à affronter ce mauvais coup du sort.
    Nassim qui dormait encore fut surpris tout d’abord par le coup de fil matinal de son ami… Mais en apprenant la nouvelle du décès de Sara, il perdit toute contenance et affuble Yacine de tous les mots :
    - Imbécile… C’est toi qui l’as tuée… C’est toi qui voulait cet enfant… Yacine te rends-tu compte que c’est la deuxième femme que tu aimes, et que c’est la deuxième femme que tu perds… Hein ? Sara était si belle, si pleine de vie… Pourquoi lui faire un enfant alors qu’elle aurait pu encore profiter de la vie. Non ! Tu es un égoïste… Un sale égoïste Yacine… Je ne savais pas que tu étais ignoble à ce point… Tu as tué Sara… Tu as tué Sara. Tu l’as tuée, alors que c’est moi qu’elle aimait. Que dis-je… C’est plutôt parce que tu as découvert cette vérité que tu l’as éliminée… Hein ? Je savais qu’elle était enceinte, moi ! Tu vois… C’est moi qu’elle avait appelé pour m’annoncer sa grossesse. Elle ne savait pas qui était le père. Elle m’a appelé, et je lui ai dis que tu étais stérile, car je voulais cet enfant. Je l’ai même exhortée à aller voir un médecin pour s’en assurer…

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  61. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 61e partie
    Par : Yasmine HANANE

    Sans laisser le temps à Yacine de placer un mot, Nassim poursuit :
    -Elle était si heureuse avec moi… Elle voulait divorcer et partir avec moi loin d’ici. C’est pour elle que je suis venu pardi… Tu ne l’as donc pas compris ? Je suis venu pour elle Yacine. Et elle n’est plus là !
    Yacine, déjà abattu par le décès de sa femme, ne comprenait absolument rien aux remontrances de son ami. Il savait que le chagrin pouvait parfois engendrer des situations inattendues, mais à ce point il n’en revenait toujours pas.
    Nassim avait raccroché. Il avait sangloté et crié à pleins poumons.
    Yacine, hébété, avait gardé le combiné du téléphone dans sa main. Son ami lui avait révélé qu’il était l’amant de sa femme. Est-ce qu’il avait bien saisi ? Ou est-ce son imagination qui lui jouait des tours à un moment où ses facultés mentales s’étaient figées ?
    Sara était enceinte. Elle le savait et l’avait annoncé à Nassim, plutôt qu’à lui. Est-ce possible ? Nassim disait-il la vérité ou est-ce juste un moment de détresse ? Que représentait donc Sara pour lui pour qu’il soit aussi affligé ?
    Yacine se prend la tête entre les mains : cette affaire lui paraissait de plus en plus louche. Il ferait mieux de se rendre dans l’immédiat à l’hôpital pour avoir des clarifications sur les circonstances du décès de Sara. Peut-être en saura-t-il davantage sur elle.
    Et si c’était la vérité ? Si ce que venait de révéler Nassim était juste ? Ils étaient amants ? Et lui ? Et lui dans toute cette affaire ?
    Touché dans son amour-propre, Yacine s’habille hâtivement et se rend à l’hôpital. On avait prévenu le médecin de son arrivée, et ce dernier vint lui confirmer la nouvelle d’un air désolé :
    - Nous avons tenté tout ce qui était en notre pouvoir mon ami, hélas, la médecine ne peut rien devant les coups du destin.
    Yacine hoche la tête d’un air résigné :
    - Oui… oui, je comprends. J’aimerais juste connaître certains détails. De quoi est-elle donc morte ?
    - Justement, je voulais vous en parler. Je croyais qu’on s’était trompé dans les analyses sanguines. Je ne pouvais vous mettre au courant des résultats avant d’en savoir davantage et d’en être sûr…
    Yacine lève la main d’un air suppliant :
    - Docteur, je vous remercie pour votre sollicitude… Mais ma femme est décédée, et plus rien ne pourra m’affliger davantage. Alors, je suis prêt à entendre votre sentence.
    -Oui. Je ne sais comment vous l’annoncer… Mais je vais vous apprendre quelque chose qui va vous surprendre : votre femme était atteinte du sida !
    Yacine demeure interdit un moment, et le médecin lui tapote l’épaule :
    - Désolé de vous l’annoncer ainsi… Mais je dois vous dire que c’est sa grossesse qui a précipité les choses… Votre femme était en parfaite santé, et aucun signe ne dénotait son atteinte par le VIH. Son système immunitaire s’affaiblissait de jour en jour, ce qui explique l’hémorragie et notre obligation de procéder à un avortement… Hélas ! Nous n’avons pas pu la sauver.
    Le sida !
    Le mot résonnait dans les oreilles de Yacine, tels des coups de marteau. Il avait l’impression que son crâne allait exploser.
    Il porte la main à son front et titube. Le médecin le retient, et l’aide à s’installer sur une chaise :
    -Je sais que le choc est trop violent pour vous… Mais je ne pouvais vous cacher cette vérité. Nous allons devoir vous garder vous aussi en observation afin de procéder à des analyses.
    -Non… Vous ne garderez personne d’autre que moi !
    La voix venait de les interrompre… Nassim tout débraillé et en sueur venait d’arriver et se dirigeait vers eux. Il avait entendu la dernière phrase du médecin et s’était empressé de s’interposer.

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  62. Artisans de l'ombre Dit :

    L’amour perdu 62e partie et fin
    Par : Yasmine HANANE

    Le médecin se retourne vers lui. Mais avant qu’il n’ait pu placer un mot, Nassim lance d’une voix forte :
    -Je suis le seul coupable docteur, la contagion est venue de moi. Sara était saine. Elle n’était ni malade, ni faible. C’est moi le coupable. Je l’ai tuée, je suis porteur sain, je suis séropositif.
    Le médecin le regarde un moment avant de se retourner vers Yacine :
    -Je ne comprends pas, vous êtes son mari…
    Yacine se lève alors et prononce d’une voix calme :
    -Oui, je suis son mari et Nassim était mon ami intime, mon ami d’enfance. Celui en qui j’avais une totale confiance et sur qui j’avais fondé tant d’espoirs. Vous comprenez donc docteur que souvent la confiance peut jouer de mauvais tours. Et qui est le perdant dans toute cette affaire ?
    Nassim baisse les yeux, il ne pouvait soutenir davantage le regard brûlant et direct de son ami.
    -Qui est le perdant dans toute cette affaire docteur ?
    Le médecin hausse les épaules :
    -Vous deux, je présume…
    -Nous deux ? Vous voulez parler de mon ami et de moi ? Non docteur, non ! Nous deux savons maintenant à quoi nous mesurer.
    Il laisse couler deux longues larmes sur ses joues :
    -Le perdant dans toute cette affaire docteur, c’est ce pauvre enfant que ma femme portait et qu’on avait conçu avec amour et tendresse, car Sara m’avait aimé. Elle ne s’en était pas rendu compte tout au début, mais elle m’aimait et elle portait mon enfant, je dis bien mon enfant car Nassim ne pouvait pas concevoir un enfant. Il a toujours été stérile. Ça je le savais depuis longtemps, mais ce que je viens de découvrir aujourd’hui, c’est sa perfidie. Cette perfidie qui l’a poussé à se jouer des sentiments d’autrui et à me prendre pour un imbécile.
    Il fait un pas vers Nassim qui recule :
    - J’ai toujours appréhendé notre amitié. Elle était si sincère, si réelle, qu’elle me faisait peur. Je savais qu’un jour, ce sentiment entre nous allait nous ruiner tous les deux. Ce que je n’avais pas prévu par contre, c’était que tu allais détruire mon foyer et ma vie.
    Nassim baisse les yeux :
    -Je ne voulais pas…
    -Non, tu ne voulais pas me faire du mal, bien sûr. Hélas ! Tu l’as fait. Tu savais que tu étais séropositif… Tu as le sida ! Tu as pris la meilleure cible qui se présentait : ma propre femme, l’épouse de ton meilleur ami.
    -Je l’aimais Yacine, comprends-moi. Je l’aimais…
    Yacine le regarde dans les yeux :
    -Pour toi ce n’était qu’un passage. Mais pour moi, c’est tout une vie. Alors, il est trop tard pour regretter ou afficher des remords. Tu nous auras tous sur la conscience jusqu’à la fin de tes jours.
    Il tourne les talons et se dirige vers la sortie.

    Fin
    Y. H.

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