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L’enfant prodigue 1er partie Par : Boulki Ghazi

27 septembre 2012

Boulki Ghazi

L’enfant prodigue 1er partie  Par : Boulki Ghazi dans Boulki Ghazi 24_200_150

Résumé : Tandis que la nourrice et l’enfant quittent la pièce avec l’enfant, Yamina s’extasie de nouveau.

La jeune femme entre dans la grande pièce. Elle tient par la main un tout jeune enfant habillé en marin. Les deux femmes, vautrées dans le fauteuil, interrompent leur discussion.
- Mon Dieu, qu’il est mignon !
Celle qui a parlé se reprend aussitôt.
- Allah ibarek ! Que Dieu le bénisse !
Et elle se retourne vers l’autre.
- Ourda, tu ne crains pas qu’on lui jette le mauvais œil !
C’est la jeune femme qui a ramené l’enfant qui répond :
- Ne vous inquiétez pas, Madame Yamina, il a un petit pendentif en forme de main… C’est efficace contre le mauvais œil ! (Elle s’adresse à l’autre femme). Je peux l’emmener au parc, Madame Mériem ?
- Bien sûr, Nora… Mais fais attention à lui ! Ne le laisse pas seul !
- Ne vous inquiétez pas, madame, je le surveillerai !
- Ne le laisse pas se vautrer dans l’herbe, il se fera piquer par quelque bestiole !
- Je le surveillerai madame !
Elle appelle le petit garçon.
- Viens que je t’embrasse !
L’enfant court vers sa mère qu’il enlace.
- Tu obéiras à ta nounou, n’est-ce pas ?
Il fait oui de la tête. Yamina demande avec curiosité :
- Il ne parle pas encore ?
- Il n’a que treize mois… Mais il comprend ce qu’on lui dit. Va embrasser tata Yamina !
Il va vers la femme et il pose un baiser éclatant sur sa joue.
- Que Dieu te garde, mon petit !
Elle lui donne une tape au derrière.
- Maintenant va rejoindre ta nounou !
Tandis que la nourrice et l’enfant quittent la pièce avec l’enfant, Yamina s’extasie de nouveau :
- Comme ton fils est beau ! Tu n’en as qu’un seul, mais on peut dire que toi et Ramdane, vous l’avez réussi !
Ouarda se met à rire.
- Ma chère, tu as de ces expressions !
- Mais si, mais si, vous l’avez vraiment réussi…
- On peut dire que j’ai beaucoup peiné pour l’avoir… J’ai fait fausse couche sur fausse couche, et quand je suis tombée enceinte, j’ai eu ce fibrome… J’ai souffert le martyre pendant toute la grossesse…
- Mais heureusement cela c’est bien terminé… avec le petit Rabah !
Elle fronce les sourcils, puis elle dit :
- Et si tu donnais une petite sœur ou un petit frère à Rabah ?
Ouarda soupire.
- Ce n’est pas que je ne veuille pas, mais, hélas, je ne peux pas.
Comme ses yeux se sont embués, Yamina s’écrie.
- Ne sois pas triste ! Dieu t’a comblé en te donnant un beau garçon… Pense à ceux qui n’en ont pas du tout… Tu élèveras ton fils, tu lui donnera la meilleure instruction… Et il te rendra heureuse, ton mari et toi !
La jeune femme soupire de nouveau.
-Espérons-le, nous attendons tout de cet  enfant !
(À suivre)
G. Boulki

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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14 Réponses à “L’enfant prodigue 1er partie Par : Boulki Ghazi”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 2e partie
    Par : Boulki Ghazi

    Ouarda sursaute : ce bruit de moteur, c’est son mari qui revient… Voilà plus d’une heure qu’elle attend le retour de la nourrice avec son fils.
    “Mon Dieu, pourquoi ne revient-elle pas ?’’
    Son mari la trouve soucieuse.
    - Que se passe-t-il ? Rabah est malade ?
    - Non, non… la nourrice l’a emmené faire une promenade… et il n’est pas encore rentré ! Pourvu qu’il ne se soit rien passé !
    - Que veux-tu qu’il se passe ?
    - J’ai peur qu’il ne soit arrivé quelque chose à
    Rabah…
    - Mais non, tu te fais du mouron pour rien ! Je suppose que la nourrice est allée au parc…
    - C’est ce qu’elle a dit !
    - Pour te tranquilliser, je vais aller à leur rencontre !
    - Alors je viens avec toi !
    - Si tu veux… tu prendras l’air !
    Elle met sa veste et ils sortent tous les deux. Le parc est à une demi-heure de là.
    - Je ne les vois pas, dit Ouarda.
    - Ils n’ont pas dû quitter le parc !
    - Ce n’est pas l’habitude de Nawal de tarder !
    - Patience, nous arrivons au parc, tu vas les voir !
    Mais on ne le trouve pas au parc. Ramdane en fait le tour.
    - Ils ont dû rentrer !
    - Nous ne les avons pas rencontrés !
    Elle aperçoit un viel homme sur un banc. Elle se dirige aussitôt vers lui.
    - Grand-père, vous n’avez pas vu une jeune femme avec un garçonnet blond ? L’enfant porte un costume de marin…
    Le vieux hoche la tête.
    - Effectivement, je crois avoir vu la jeune femme… elle a dit aux policiers que l’enfant portait un costume de marin !
    Ouarda s’écrie :
    - Des policiers ? Rabah a eu un accident ?
    Ramdane accourt.
    - Que se passe-t-il ?
    - Cet homme dit que Nawal a appelé des
    policiers !
    Elle prend les mains de l’homme.
    - Je vous en prie, dites-moi si mon fils est
    blessé !
    - Je n’ai pas vu le garçonnet…
    Ramdane fronce les sourcils.
    - Alors, vous nous menez en bateau ?
    - Moi ? Pas du tout !
    Si je n’ai pas vu l’enfant, c’est parce qu’il a été, selon la nourrice, kidnappé !
    - Kidnappé ? s’écrie Ouarda, mon Dieu !

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 3e partie
    Par : Boulki Ghazi

    -Vous avez inventé toute cette histoire ! dit Ramdane au vieil homme.
    L’homme a un geste brusque.
    -Moi mentir ? Le commissariat est tout proche, allez vous renseigner !
    Ramdane pointe un index menaçant !
    -C’est ce que nous allons faire : gare à vous si vous nous avez trompés !
    Il se retourne vers sa femme.
    -Allons au commissariat !
    Il la traîne presque, tellement elle est émue.
    -Ramdane, j’ai peur !
    -Je pense que ce vieux fou s’est moqué de nous… Mais nous allons avoir le cœur net !
    Au commissariat, ils sont accueillis par… Nawal. La jeune femme a les larmes aux yeux. Ourdia manque de s’évanouir.
    -Mon fils, gémit-elle
    -Madame, je l’ai bien gardé… J’ai juste eu un moment d’inattention…
    Ramdane ne veut pas écouter ses excuses.
    -Vous l’avez bien cherché dans le parc ?
    -Partout monsieur !
    -Pourquoi n’avez-vous pas appelé ?
    -J’ai eu peur, monsieur !
    -Est-ce que des recherches ont été entreprises ?
    Mais il n’attend pas la réponse de la nourrice.
    -A-t-on lancé les recherches ? demande-t-il à un policier.
    -Je vais appeler l’inspecteur.
    L’inspecteur arrive. Il essaye aussitôt de calmer le couple.
    -Ne vous inquiétez pas, des policiers sont à la recherche du petit !
    Il regarde Nawal qui tremble de tout son corps.
    -Vous devez nous donner plus de détails !
    -Je vous ai tout dit !
    -Vous avez dit que vous avez lié connaissance avec la femme…
    -Oui, je l’ai décrite aux policiers ! Elle a disparu aussitôt que le petit a disparu !
    Ouarda se tord les poignets.
    -Mon Dieu ! Cette femme a dû être envoyée !
    L’inspecteur hoche la tête.
    -C’est ce que nous pensons aussi !
    Ramdane intervient.
    -C’est sans doute pour demander une rançon !
    -Nous le pensons aussi !
    Ouarda s’accroche au bras de son époux.
    -Il faut donner aux ravisseurs tout ce qu’ils demanderont ! Nos économies, mes bijoux, s’il le faut nous mettrons la villa à vendre !
    -Nous allons mettre votre téléphone sur écoute, dit l’inspecteur. Si on vous appelle, nous vous conseillons de ne rien faire, appelez-nous aussitôt !
    -Vous continuez les recherches ? demande Ramdane, inquiet.
    -Bien entendu, dit l’inspecteur. Retournez chez vous ! (Et à la nourrice), vous restez, nous avons des questions à vous poser !

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 4e partie
    Par : Boulki Ghazi

    Ramdane s’approche du divan où sa femme est étendue, toute pâle. Il a ramené une tasse de café.
    -Prends, dit-il.
    Elle secoue la tête.
    -Tu n’as rien mangé depuis hier soir !
    -Je ne peux pas !
    Elle se dresse sur son séant et se met à pleurer.
    -Mon bébé !
    Elle regarde le téléphone posé sur un guéridon.
    -Et ce maudit téléphone qui refuse de sonner !
    -Calme-toi, les ravisseurs finiront par nous contacter !
    Elle le regarde de ses yeux hagards.
    -Et s’ils ne téléphonent pas ?
    -Pourquoi ne téléphoneraient-ils pas ? S’ils l’ont enlevé, c’est sûrement pour une rançon !
    Elle secoue de nouveau la tête, comme pour chasser une obsession.
    -Et si… et si…
    -Et si quoi ? demande Ramdane qui semble avoir deviné sa pensée.
    -Et si on l’a enlevé pour… le prendre !
    -Le prendre ?
    -Oui… un couple en mal d’enfants !
    Elle se tient la tête.
    -Alors, si c’est le cas, nous ne le reverrons jamais… Peut-être l’a-t-on conduit dans une autre ville, et même dans un autre pays ! Mon Dieu, mon Dieu !
    -Non, dit Ramdane, on l’a enlevé pour une
    rançon !
    Mais au fond de lui-même, il se dit que sa femme a peut-être raison. Autrement, pourquoi les ravisseurs ne les ont-ils pas contactés ? Pour jouer avec leurs nerfs et mieux faire pression sur eux ?
    -Prends ce café !
    -Je ne peux pas !
    Il s’emporte.
    -S’il te plaît, tu vas tomber d’inanition ! On a autre chose à faire que de s’occuper de toi !
    Elle prend la tasse et trempe les lèvres. Il sourit.
    -Voilà, c’est mieux ainsi !
    Il pousse un soupir.
    -L’inspecteur m’a demandé une photo récente de Rabah…
    Elle réprime un sanglot.
    -Je dois faire un portrait complet de lui… On m’a demandé aussi de noter des signes particuliers…
    -Tu les connais !
    -Oui… Une tache de grossesse sur l’épaule
    droite.
    -Une olive, dit-elle… J’en avais envie quand j’étais enceinte !
    Elle pleure doucement.
    Ramdane détourne la tête.
    -Il y a aussi cette cicatrice au front. Elle est toute mince, mais assez caractéristique !
    -Il est tombé quand il a commencé à marcher !
    -Et tu m’as téléphoné !
    Tu étais affolé, tu m’as dit qu’il était perdu, qu’il fallait appeler le Samu, le conduire à l’hôpital, peut-être l’emmener à l’étranger !
    Elle éclate de rire. Il rit aussi.
    Brusquement, ils se taisent tous les deux.
    -Ne t’inquiète pas, dit Ramdane, notre petit Rabah nous reviendra.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 6e partie
    Par : Boulki Ghazi

    Une année a passé et toujours rien. Ouarda s’en remet peu à peu. Elle n’a pas perdu l’espoir de revoir son enfant et, régulièrement, elle se présente au commissariat pour s’informer des recherches toujours en cours. Elle a adhéré à plusieurs associations d’enfants en détresse qui s’occupent de plusieurs centres d’assistance. Elle parraine aussi des orphelins, notamment une fillette d’un an, retrouvée abandonnée. Elle lui achète des jouets et des friandises. Dès qu’elle arrive à l’orphelinat, la petite accourt vers elle et l’entoure de ses petits bras. Un jour, elle l’appelle “maman”, ce qui bouleverse la jeune femme.
    “Mon Dieu ! tu m’as appelée maman !”
    La petite fille l’embrasse.
    -Dis, tu veux être ma maman ’
    Elle la prend dans ses bras.
    -Bien sûr ! Je t’apporterai des bonbons, une poupée…
    La petite fille secoue la tête.
    -Non, non, ce que je veux, c’est aller habiter avec toi !
    Ouarda rentre chez elle, bouleversée.
    -Tu sais, dit-elle à Ramdane, la petite Kenza m’a appelé “maman”.
    Ramdane la regarde : elle semble tellement heureuse.
    -Je suppose que ça te fait plaisir !
    -Oh oui, tu ne peux pas savoir !
    Son regard, d’abord illuminé, s’est alors couvert.
    -ça m’a rappelé mon petit Rabah !
    Ramdane va vers elle et lui prend la main.
    -Tu aimes beaucoup cette petite ?
    -Oh oui !
    -Que dirais-tu de l’amener ici ?
    Elle pousse un petit cri.
    -C’est vrai ? Tu n’y vois pas d’inconvénient ?
    -Et pourquoi, puisque ça te fait plaisir ?
    Il sourit et la regarde.
    -N’est-ce pas ?
    -Oh oui !
    Elle lui serre la main.
    -Oh Ramdane, tu ne peux pas savoir combien elle est adorable ! Je suis sûre que tu l’aimeras !
    -Je vais engager un avocat pour préparer l’adoption !
    Ouarda s’écrie, enthousiaste :
    -Tu veux qu’on l’adopte ?
    -Bien sûr ! Tu ne veux pas la faire venir un temps, puis la renvoyer à l’orphelinat !
    Elle éclate de rire
    -Ce sera notre enfant… Notre fille !
    -Oui ! Nous apprendrons à l’aimer !
    -Moi, je l’aime déjà ! Je voudrais que tu la voies !
    -D’accord, je t’accompagnerai dès que j’aurais le temps !
    Ouarda est agitée.
    -Elle occupera la chambre de Rabah… Et s’il revient, on lui aménagera une autre chambre… Ce n’est pas l’espace qui manque !
    Ramdane sourit. Enfin, sa femme reprend goût à la vie…

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 7e partie
    Par : Boulki Ghazi

    La procédure d’adoption est aussitôt lancée et quelques mois après, la petite Kenza est remise à ses nouveaux parents. Ouarda et Ramdane l’installent dans la chambre de Rabah. La fillette regarde autour d’elle. Elle aperçoit un portrait du petit garçon, posé sur la table de nuit.
    -Qui est-ce ? demande-t-elle.
    Ouarda soupire.
    -C’est Rabah…
    -Vous avez un petit garçon ? Où est-il ?
    Ouarda réprime un sanglot.
    -Il est parti… loin !
    La fillette insiste.
    -Il reviendra, n’est-ce pas ?
    -Oui, il reviendra !
    -Et il sera mon frère !
    -Oui, ma petite !
    La petite Kenza apporte de la joie dans une maison plongée, depuis la disparition de Rabah, dans une sorte de torpeur. Le soir, elle attend avec impatience le retour de Ramdane qu’elle appelle affectueusement “papa”. Elle lui fait des dessins, elle lui chante des comptines et, avant de dormir, elle lui met les bras autour du cou et l’embrasse.
    -Bonne nuit, papa !
    Ouarda l’emmène dans sa chambre, la borde et l’embrasse. La petite fille ne manque jamais de jeter un coup d’œil sur le portrait de Rabah.
    -Reviens, petit frère, dit-elle.
    Ramdane ne part pas au travail sans monter la voir dans sa chambre. Comme elle dort encore, il pose un léger baiser sur son front. Bien souvent, ce contact la réveille. Alors, les yeux encore gonflés de sommeil, elle l’enlace.
    -Bonjour, papa…
    À son tour, il s’est mis à l’aimer et il félicite sa femme du choix qu’elle a fait.
    -J’ai tout de suite été attirée par cette enfant ! J’ai compris qu’elle avait besoin d’affection !
    -J’avoue que je n’ai jamais pensé à adopter un enfant ! Au départ, je voulais juste te faire plaisir… Je pensais que tu allais te lasser de la fillette et la rendre à l’orphelinat…
    Ouarda ferme les yeux.
    -Je ne voudrai, pour rien au monde, me séparer d’elle !
    Il sourit.
    -Et moi, tu crois que je voudrais qu’on la reprenne ?
    -Alors, tu es d’accord pour qu’on la garde ?
    -Jusqu’à ce que la mort nous en sépare !
    Il rit.
    -Cette petite est un don de Dieu… Notre fils nous a été enlevé mais il nous a donné cette compensation… Je sais, ça ne le remplace pas, mais au moins, nous ne sommes plus seuls !
    -Tu as raison !
    Elle se tait un moment, puis demande :
    -Et si on retrouve Rabah, on la gardera, n’est-ce pas ?
    -Bien sûr !
    Elle soupire.
    -Merci !

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 8e partie
    Par : Boulki Ghazi

    Les années passent.
    La petite Kenza est maintenant une belle jeune fille. Elle a fait de brillantes études secondaires et vient d’avoir son baccalauréat. Ramdane et Ouarda sont heureux et veulent récompenser les efforts de celle qu’ils considèrent maintenant comme leur fille.
    -Que dirais-tu d’un voyage organisé ? lui dit Ramdane.
    Ouarda pousse un petit cri.
    -Un voyage ? Elle va aller seule, loin de nous !
    -Et alors ? plaisante Ramdane, tu as peur qu’elle ne revienne pas ?
    Il sourit.
    -J’ai un ami qui a une agence de voyages. Il aura bien quelque chose à nous proposer… La Tunisie, le Maroc, la Grèce…
    Kenza lui saute au cou.
    -Papa, j’ai toujours rêvé de voyager !
    -Tu verras le catalogue de mon ami, tu iras où tu voudras !
    Ouarda ne partage pas l’enthousiasme de sa fille.
    -Tu es sûre qu’elle ne courra aucun danger ? dit-elle à son mari.
    -Mais non ! Elle fera un beau voyage et elle nous reviendra, fraîche et dispose pour une année universitaire !
    Kenza regarde sa mère.
    -Maman, si tu ne veux pas que je parte, je ne partirai pas !
    -Je sais que tu veux partir…
    -Mais si tu as peur pour moi…
    -Non, non, je ne veux pas gâcher ta joie !
    Elle l’embrasse.
    -Maman, je t’appellerai tous les jours !
    -C’est vrai ?
    -Oui… tous les jours, c’est promis.
    Les jours suivants, Ramdane l’emmène chez son ami et elle choisit sa destination. Le jour du départ, Ouarda l’accompagne à l’aéroport.
    -Fais bien attention à toi, ma petite !
    -Ne t’inquiète pas, maman.
    Au retour, Ouarda frissonne.
    -Ramdane, j’ai l’impression de revivre des instants dramatiques…
    Il a compris qu’elle fait allusion aux journées sombres de la disparition de Rabah.
    -Ne pense plus à cela !
    -J’ai hâte qu’elle revienne !
    Comme promis, Kenza appelle tous les jours. Elle s’est fait des amis et passe des jours agréables. Mais au retour, elle est heureuse de retrouver ses parents.
    -J’ai passé de bonnes vacances, dit-elle, mais c’est avec vous que je suis heureuse !
    La rentrée universitaire arrive. Kenza est un peu dépaysée au départ, mais elle se retrouve pleinement dans les études qu’elle a entrepris.
    -C’est une grande école, dit Ramdane, tu devras beaucoup travailler !
    -Ne t’inquiète pas, papa, je te ferai honneur !
    Il l’embrasse.
    -Je sais que je peux te faire confiance !

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 9e partie
    Par : Boulki Ghazi

    Ce jour-là, Ramdane rentre, soucieux.
    -Kenza n’est pas encore rentrée ?
    -Non, dit Ouarda.
    Elle remarque son air soucieux.
    -Que se passe-t-il ?
    -Non, non, ce n’est rien !
    Mais le ton n’est pas fait pour la convaincre.
    -Dis-moi ce qui se passe !
    -Eh bien…
    Il hésite, puis parle.
    -J’ai vu Kenza…
    -Tu l’as vue ? Et pourquoi tu ne l’as pas prise ?
    -Elle n’était pas seule !
    -Et alors, tu pouvais prendre également ses copines !
    -Justement, elle était avec… un garçon !
    Ouarda s’exclame.
    -Un garçon !
    Elle se ressaisit.
    -C’est sûrement un camarade… Ils doivent étudier ensemble !
    -Ah oui, dans un salon de thé ! En tête à tête, roucoulants ?
    Ouarda s’affole.
    -Elle a osé !
    -Voyons, calme-toi, elle n’a rien fait de mal… Et puis, c’est de son âge !
    -Elle ne sait rien de la vie !
    -Eh bien, c’est à toi de l’informer !
    Il ajoute :
    -Et puis, ne l’effraie pas, vas-y doucement…
    Kenza rentre. Elle enlace sa mère.
    -Maman, comme je suis heureuse !
    Ouarda la regarde, méfiante.
    -Et qu’est-ce qui te rend si heureuse ?
    -Je suis heureuse, c’est tout !
    Ouarda insiste.
    -Il y a bien quelque chose qui te rend heureuse !
    -Toi, papa…
    -Tu es sûre ?
    La jeune fille rougit et regarde sa mère.
    -Maman…
    -Ton père t’a vue…
    Elle baisse la tête.
    -Maman… C’est un ami…
    -Tu veux dire un camarade ?
    Elle regarde attentivement sa mère et dit d’une voix presque imperceptible :
    -Non, maman… c’est plus qu’un camarade !

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 10e partie
    Par : Boulki Ghazi

    Ouarda fronce les sourcils.
    -Que veux-tu dire ?
    -Maman…
    Elle hésite, puis parle.
    -D’abord, ce n’est pas un camarade… Il finit ses études, mais dans une autre faculté…
    -Mais alors, comment l’as-tu connu ?
    Elle hésite encore.
    -Nous nous sommes rencontrés lors de mon voyage à l’étranger…
    Ouarda est surprise.
    -Comment cela ?
    -N’oublie pas que c’est un voyage organisé… il faisait partie des touristes !
    -Ah, oui ! Vous étiez mélangés, garçons et
    filles ?
    Kenza regarde sa mère, étonnée par la question.
    -Tu croyais qu’on était séparés ?
    -Bon, bon, dis-moi comment tu l’as rencontré !
    -Nous avons fait les visites ensemble… Tu sais, il est très instruit ! Et puis, on allait téléphoner ensemble…
    -Je suppose qu’il appelait ses parents !
    Mise en confiance, Kenza se met à rire.
    -Tu sais, il m’appelle “fille à maman” et je l’appelle “fils à papa” !
    -Il est attaché lui aussi à ses parents !
    -Maman, ils n’ont que lui ! “Son” Ramdane et “sa” Ouarda ont insisté pour qu’il les appelle tous les jours !
    La phrase fait rire Ouarda.
    -Ainsi, “son” Ramdane et “sa” Ouarda !
    -Oui, et cette caractéristique nous a fait rapprocher encore plus !
    Ouarda hoche la tête.
    -Tu as dit, tout à l’heure, qu’il est pour toi plus qu’un camarade… Tu peux m’expliquer ?
    -Maman…
    Elle rougit et baissa la tête. Ouarda sourit.
    -Tu l’aimes, n’est-ce pas ?
    Elle relève la tête.
    -Oh, oui, maman !
    -Mais, lui ?
    -Il m’aime maman… Il voudrait demander ma main !
    Ouarda s’écrie.
    -Quoi ? Te marier ! Mais tu n’as pas idée !
    -Mais maman…
    -Et tes études, tu viens à peine de les entamer…
    -Ce n’est pas maintenant… Nous attendrons que j’aie fini !
    Elle secoue la tête.
    -Non, non, je ne pense pas que ton père
    accepte !
    Kenza veut parler.
    -Laisse-moi d’abord en parler à ton père !

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 11e partie
    Par : Boulki Ghazi

    Le soir même, dès que Kenza rejoint sa chambre, Ouarda retrouve Ramdane.
    -Alors, tu lui as parlé ?
    -Oui !
    -Elle est passée aux aveux ?
    -Voyons, Ramdane, elle n’a rien fait de mal !
    Elle lui raconte tout.
    -Quoi ! Il veut l’épouser !
    Ouarda rectifie :
    -Ils veulent se marier !
    Ramdane secoue la tête.
    -Mais ce n’est pas possible, Kenza est un bébé !
    Ouarda sourit.
    -N’exagère pas, elle va avoir dix-neuf ans !
    -Et on se marie à dix-neuf ans ?
    -Quand je t’ai épousé, j’avais seize ans !
    -Ce n’est plus pareil !
    Ouarda soupire.
    -Je sais… Elle a ses études à faire, elle a tout le temps de penser au mariage ! D’ailleurs, je le lui ai dit…
    -Et qu’a-t-elle répondu ?
    -Que ce n’est pas pour maintenant !
    Ramdane secoue de nouveau la tête.
    -Non, non… et puis, ce garçon, on ne le connaît pas !
    -Elle dit qu’il est formidable !
    -Elle dit cela, parce qu’elle est amoureuse de lui !
    -Elle dit aussi que c’est un fils unique et qu’il est très attaché à ses parents !
    Il hausse les épaules.
    -C’est une garantie de sérieux, ça ?
    Ouarda hoche la tête.
    -Non, bien sûr…
    Elle se tait un moment, puis reprend.
    -Moi aussi, j’ai eu ta réaction au début… Disons qu’on ne va pas la marier, mais il ne faut pas contrarier ses sentiments…
    Laissons-la sortir avec ce garçon, nous verrons bien, dans quelque temps, si elle tiendra toujours à lui !
    -Je pourrais le faire suivre par un de mes employés et m’informer sur lui…
    -Non, non, ce ne serait pas correct !
    Ramdane est embarrassé.
    -Je ne sais quoi faire !
    -Faisons comme j’ai dit : laissons-les se fréquenter… Et si’ils nourrissent toujours des sentiments l’un pour l’autre, alors nous pourrons nous renseigner !
    -D’accord, mais avertis-la sur les risques qu’elle peut courir !
    Ouarda sourit.
    -Je crois qu’elle est au courant de tout… N’oublie pas que c’est la génération du portable et de l’internet !
    -C’est vrai !

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 12e partie
    Par : Boulki Ghazi

    Peu après, Kenza s’apprête à fêter son anniversaire. Comme d’habitude, elle invite quelques camarades. Cette fois-ci, elle hésite.
    -J’ai perdu de vue mes camarades, dit la jeune fille, nous nous sommes inscrits dans des facultés différentes…
    -Eh bien, dit Ouarda, invite tes camarades de la fac !
    Elle fait la moue.
    -Je ne les fréquente pas.
    -Tu dois bien avoir une amie, non ?
    Elle ne répond pas.
    -Un ami ? suggère Ouarda.
    Kenza baisse la tête.
    -Ton ami ? Et pourquoi tu ne l’inviterais pas ? Ce sera l’occasion de le connaître !
    La jeune fille relève la tête.
    -C’est vrai ?
    Papa n’y verrait pas d’inconvénient ?
    -On lui demandera…
    -Moi ? je n’oserai pas !
    -Je lui demanderai, moi !
    -Et s’il refuse ?
    Ouarda se renfrogne.
    -Il n’a pas intérêt !
    Un peu plus tard, Ouarda va retrouver Ramdane et lui expose son idée.
    -Quoi, tu voudrais inviter ce garçon ?
    -Pourquoi pas ? Ça nous permettra de le jauger !
    Il fronce les sourcils.
    -Je croyais qu’elle avait oublié ce garçon !
    -Qui te dit qu’elle l’a oublié ?
    -Elle n’en parle plus !
    Ouarda sourit.
    -Tu ne voudrais pas que ta fille te parle de son amoureux ?
    Ramdane hoche la tête.
    -Certes, non…
    -Alors, ne dis pas qu’elle l’a oublié !
    -Bon, bon, il va venir… et après ?
    -Après, nous allons le connaître, voir si c’est le garçon qu’il faut à notre fille !
    -Et s’il ne nous plaît pas ?
    -N’ayons pas de préjugés…
    -S’il vient, il court ce risque !
    -Eh bien, il le courra !
    -Et Kenza, elle est d’accord ?
    -Elle est d’accord pour que son ami vienne, pas pour qu’on le juge mal !
    -Bon, bon tu as raison, pas de préjugés, laissons-le venir, nous verrons ensuite !
    Ouarda informe Kenza que son ami peut venir. La jeune fille lui saute au cou.
    -Maman, tu verras comme il est gentil !
    -Nous ne voulons que ton bien, ma fille !
    -Tu verras, il ne vous décevra pas !

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 13e partie
    Par : Boulki Ghazi

    La sonnette du portail retentit.
    -Va ouvrir, dit Ouarda à Kenza.
    La jeune fille est gênée.
    -Et si tu allais, toi ?
    -Non, non, il serait intimidé.
    Le garçon est, en effet, intimidé. Il a ramené un paquet et un bouquet de fleurs.
    -Entre, lui dit Kenza.
    Il lui fait furtivement la bise.
    -J’ai honte, dit-il.
    -Pourquoi ? Papa et maman sont impatients de te connaître.
    Il entre. Kenza le conduit directement au salon. Ramdane et Ouarda se lèvent.
    -Bonjour…
    -Je vous présente Sofiane, dit Kenza.
    -Bienvenue Sofiane…
    Le jeune homme est comme hébété : il regarde autour de lui, puis il regarde Ouarda et Ramdane.
    -Bonjour…
    On le fait asseoir. Il reste un long moment silencieux. Puis Ramdane engage la conversation avec lui. Ouarda, elle, ne détache pas ses yeux de lui. Dès qu’il s’en va, elle s’exclame.
    -Comme il est gentil !
    Ramdane hoche la tête.
    -Oui, il me semble correct !
    Kenza est aux anges.
    -Alors, il vous plaît ?
    -Oh, oui ! dit Ouarda.
    -Et toi, papa ?
    -J’ai dit qu’il m’a semblé correct… mais il faudra apprendre à le connaître.
    Kenza se retourne vers sa mère.
    -Vous voulez que je vous dise quelque chose ? Eh bien, ce garçon m’est allé droit au cœur ! Il m’a semblé l’avoir toujours connu !
    Ramdane la regarde, surpris.
    -Que veux-tu dire ?
    -Eh bien, pour tout vous dire, il me rappelle Rabah !
    -Rabah ? Tu compares un garçon de dix-huit mois à un garçon de vingt ans ?
    Le regard de Ouarda se trouble de larmes.
    -Mon Rabah aurait son âge aujourd’hui !
    Elle secoue la tête.
    -Tu ne trouves pas qu’il a les yeux de Rabah ?
    Ramdane hausse les épaules.
    -Je ne sais pas…
    -Il aurait une cicatrice au front…
    Kenza intervient.
    -Une cicatrice ? Mais il l’a !
    -C’est vrai ? s’écrie Ouarda
    Ramdane l’arrête.
    -Voyons, ne t’affole pas ! Ce garçon a bien ses parents !

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  12. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 14e partie
    Par : Boulki Ghazi

    Ouarda insiste.
    -Demande-lui comment il s’est fait cette cicatrice au front !
    Sofiane est surpris par la question.
    -Pourquoi ta mère pose-t-elle cette question ?
    Kenza hésite, puis elle lui raconte l’histoire de Rabah.
    -Je suis désolé pour ta mère, dit-il.
    -Cette cicatrice lui rappelle son fils, c’est pourquoi elle pose cette question.
    -Dis-lui que je suis tombé quand j’étais petit…
    Kenza le dit à sa mère. Ouarda soupire.
    -C’est le cas aussi de mon petit Rabah… Le petit avait aussi un autre signe particulier : une envie sur l’épaule droite !
    Kenza sourit.
    -Je ne pense pas que Sofiane ait cette marque !
    -Demande-lui, on ne sait jamais !
    Kenza le lui demande.
    -C’est bizarre, dit-il, j’ai cette tache !
    -Quoi ! Tu l’as vraiment.
    Il se dénude et montre son épaule. Kenza est confondue.
    -Mais tu ne peux pas être Rabah… Tu as tes parents !
    -Oui, j’ai mes parents…
    Il réfléchit.
    -Tu sais, quand je suis rentré chez toi, j’ai eu l’impression d’être déjà venu dans cette maison… Tes parents, surtout ta mère… Il m’a semblé qu’elle m’était familière !
    Il secoue la tête.
    -Non, non… Moi, j’ai mes parents !
    -Tu es sûr que ce sont tes parents ?
    -Oui…
    -Parce que moi, je suis une enfant adoptée !
    Il la regarde, surpris.
    -Ah bon ?
    -Oui, mes parents m’ont adoptée après le rapt de leur fils. Ils m’aiment à la folie, mais ils n’ont pas oublié leur fils. D’ailleurs, on garde toujours son portrait…
    -Tu peux m’apporter ce portrait ?
    Kenza le lui rapporte.
    -C’est bizarre, dit le jeune homme, j’ai une photo quand j’avais l’âge de ce garçon, je lui ressemble…
    La jeune fille se met à trembler.
    -Et si…
    Il secoue la tête.
    -Non, non… je ne peux pas être Rabah… J’ai mes parents, moi !
    -Demande-leur…
    -Que veux-tu que je leur dise ? Que je ne suis pas leur fils ?
    -Montre-leur la photo de Rabah, dis-leur que ce garçon a été kidnappé… Peut-être que s’ils savent quelque chose, ils te le diront !
    -Tu as raison !

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  13. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 15e partie
    Par : Boulki Ghazi

    Le jeune homme attend que son père lui montre le portrait de Rabah.
    -C’est toi, dit sa mère, quand tu étais petit. Je ne me rappelle pas avoir eu ce cadre.
    Il regarde attentivement sa mère.
    -Ce cadre n’est pas à nous !
    Le père intervient.
    -Ah, bon ? Et il appartient à qui ?
    -À un couple de pauvres gens auxquels on a kidnappé leur fils !
    Le père et la mère pâlissent.
    -On ne comprend pas !
    -Voilà, continue Sofiane, il se trouve que ce garçon, non seulement me ressemble mais il porte deux signes distinctifs que j’ai aussi : la cicatrice au front et la tache sur l’épaule droite !
    Sa mère manque défaillir. Son père se ressaisit.
    -Voyons, Sofiane, ce ne sont que des coïncidences !
    Le jeune homme garde un instant le silence.
    -Papa, maman, je vais vous poser une question…
    Il les regarde attentivement.
    -Eh bien, parle, dit le père qui cherche à avoir un air assuré.
    Sofiane hésite, puis se lance.
    -Est-ce que je suis réellement votre fils ?
    La père réagit le premier..
    -Voilà une question saugrenue !
    -Bien sûr que tu es notre fils, s’écrie à son tour la mère.
    -Vous avez pu m’adopter !
    -Tu es fou ! Qui t’a mis ces idées dans la tête ?
    Sofiane hésite encore, puis il raconte son histoire avec Kenza.
    -C’est le frère de cette fille qui a été enlevé ?
    -Oui !
    -Tu n’as rien à voir avec ce pauvre garçon !
    Mais ces réactions ne sont pas faites pour convaincre le jeune homme.
    -Vous savez, quand je suis entré chez Kenza, j’ai eu l’impression de connaître les lieux !
    -Tu t’es laissé influencer par cette fille !
    -Pas du tout, c’était avant qu’elle ne me parle de ce garçon !
    La mère se met à pleurer.
    -Tu es notre fils chéri !
    Le père, lui, est plus brusque.
    -Je t’interdis de retourner dans cette maison, de revoir cette fille et ses parents ! Et tiens-le-toi pour dit : tu es notre fils, personne ne peut contester nos droits sur toi !
    Sofiane hoche la tête.
    -Je veux bien vous croire, mais je crois qu’il y a moyen de le confirmer. Je vais faire des tests génétiques !
    Comme sa mère ne comprend pas de quoi il s’agit, il lui donne des explications.
    -Et ces tests sont infaillibles ? dit-elle.
    -Oui, dit Sofiane.
    Elle pleure puis dit à son mari :
    -Je crois qu’il est temps de lui révéler la vérité !

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  14. Artisans de l'ombre Dit :

    L’enfant prodigue 16e partie et fin
    Par : Boulki Ghazi

    On sonne à la porte. C’est Ramdane qui va ouvrir. Il est surpris de voir Sofiane avec un homme et une femme.
    -nous pouvons entrer ?
    -bien sûr, dit Ramdane.
    Il se dit que le jeune homme est peut-être venu demander la main de sa fille. Certes, on ne va pas chez les gens, sans avertir, mais il ne montre pas son mécontentement. Ouarda et Kenza les rejoignent au salon. Kenza semble encore plus surprise que ses parents : sofiane ne l’a pas informée de sa visite !
    -voilà, dit Safiane.
    Mais il est étranglé par l’émotion.
    -parlez, dit-il à ses parents.
    -nous ne pouvons pas, gémit la mère.
    Ramdane les regarde.
    -voyons, dites-nous ce qui se passe ! voyons, Sofiane, parle !
    Sofiane se ressaisit brusquement et s’écrie :
    -je ne suis pas Sofiane mais Rabah !
    Ouarda s’écrie.
    -mon Dieu, j’étais sûre !
    Elle ouvre ses bras :
    -mon petit :
    Sofiane s’y jette. elle embrasse son visage, ses cheveux, ses mains.
    -mon petit, mon petit… je savais que j’allais te retouver !
    Sofiane se détache avec peine de sa mère et se jette dans les bras de son père.
    -mon Rabah !
    Tous pleurent, y compris les parents de Sofiane. Puis Ramdane demande des explications.
    -nous n’avions pas d’enfant… On a promis de nous en procurer un… contre une forte somme d’argent. Nous nous sommes posé de questions… On nous a dit que c’était un enfant abandonné… On a pensé à une adoption, mais on nous a dit qu’on risquait de nous la refuser… On nous a dit aussi qu’on devait changer de ville… On n’a pas cherché à comprendre, nous avons pris l’enfant et nous sommes partis… A l’étranger même, pendant six ans… Puis, nous sommes revenus… Et le destin a fait rencontrer ces deux petits.
    La mère s’écrie aussitôt.
    -mon Dieu, mais ils sont frère et sœur !
    -ne vous inquiétez pas, Kenza est notre fille adoptive !
    -nous avons souffert, dit Ouarda.
    -pardon…
    Le père et la mère semblent bouleversés. La mère se met à pleurer.
    -Sofiane est notre vie… Nous vous le rendons :
    Sofiane va vers elle et la prend dans ses bras.
    -je ‘aime, lui dit-il, ainsi que papa !
    Il regarde Ouarda et Ramdane.
    -et je vous aime vous aussi ! (Il se met à rire) et je suis l’homme le plus heureux du monde puisque je suis le seul à avoir deux pères et deux mères !
    Puis il va vers Kenza :
    -quand est-ce je vais demander ta main ?
    -nous te l’accordons ! disent Ouarda et Ramdane, en chœur.

    Fin
    G. B.

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